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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 12:23

Sziasztok !!!

Je ne sais pas chez vous mais ici, bien qu'on soit le 3 juillet, il pleut, il fait froid ... bref un temps à chercher un peu de réconfort dans la poésie ... alors voilà...

Et maintenant nous sommes le 16 juillet, et je ne vous dis pas l'ambiance, vous la connaissez comme moi, alors voilà encore plus ...

L'automne est passé par Paris (1906)

Hier, à Paris, l'automne s'est glissé sans bruit.

Il descendait la rue offerte à Saint Michel

Et, sous les arbres qui dormaient dans la chaleur,

Il est venu vers moi.

M'en allant à pas lents j'approchais de la Seine.

Dans mon âme chantait le feu dans du bois mort

Et la chanson était étrange, pourpre, grave

Et parlait de ma mort.

L'automne m'a rejoint. Il a dit quelque chose

et le boulevard Saint Michel a frissonné.

Tout le long du chemin des feuilles guillerettes

S'amusaient à danser.

Ce ne fut qu'un instant. L'été n'a pas bronché

Et l'automne en riant quittait déjà Paris.

Il est passé. Je suis le seul à le savoir

Sous les arbres pesants.

Párizsban járt az Ősz

Párizsba tegnap beszökött az Ősz.

Szent Mihály útján suhant nesztelen,

Kánikulában, halk lombok alatt

S találkozott velem.

Ballagtam éppen a Szajna felé

S égtek lelkemben kis rőzse-dalok

Füstösek, furcsák,búsak, bíborak,

Arról, hogy meghalok.

Elért az Ősz s súgott valamit,

Szent Mihály útja beleremegett

Züm, züm : röpködtek végig az úton

Tréfás falevelek.

Egy perc : a Nyár meg sem hőkölt belé

S Párisból az ősz kacagva szaladt.

Itt járt, s hogy itt járt, én tudom csupán

Nyögő lombok alatt.

Ady Endre ( 1877-1919)

Ady Endre (André) est né le 22 novembre 1877 à Ermindszent – ce village qui porte désormais son nom - Il va abandonner des études de droit pour devenir journaliste à Nagyvàrad. Il mène une vie de bohème entre cafés, boîtes de nuit et articles ravageurs et tapageurs dans cette petite ville très moderne et imprégnée de la mode parisienne.

Il rencontre à Nagyvàrad la femme de ses poèmes et de sa vie Adel Brull, dite Léda, Adel à l’envers, une juive hongroise mariée à un homme d'affaires cossu.

Elle sera sa formatrice et elle l’entraînera hors de son horizon étroit. Léda venait de Paris qu’elle ne pouvait oublier. Totalement subjugué et attaché à Léda, complexe et d’une perversité raffinée, il va se laisser modeler par elle qui voulait dégrossir « ce paysan hongrois », et par Paris, ville des vies nouvelles.

Faisant des aller-retours entre Budapest qu’il aimait peu, et Paris qu’il appelait « son maquis », il ne voulait ni ne pouvait se fixer. Nomade il était, fougueux il vivait. Toujours fauché, toujours avide de femmes et de drogues, il se détruisait consciencieusement. Miné par une maladie vénérienne, il était le déraciné, l’errant, le barbare.

Il ne pouvait habiter que dans les corps des femmes.

Pourtant il va se marier en 1914 avec une inconnue touchante, Berta Boncza qui s’offre comme une rédemption, ses vingt ans et sa pudeur paysanne, son innocence, tout entier donnés. Il y trouva un calme apparent et mit son désespoir sous le boisseau. Il la rebaptisera d’un nom polonais Csinska, car il aimait tout retourner.

Il quitte ainsi l’étoile noire de Leda, pour la douce régression de Berta.

Ainsi vécut Ady, toujours au bord du gouffre de l’extase, de la transgression. Il était un cœur furieux. Destruction et auto-destruction l’habitaient.

Extraits biographiques copiés du très bon site :

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/ady/ady.html

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