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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 10:29

Après avoir fait la réservation d'un logement pour le soir sur booking.com, nous avons repris la route en direction de l'Allemagne et de Trier, que nous autres appelons Trèves, où nous sommes arrivés trop tard pour visiter quoi que ce soit. Il faut dire (mais nous le savions déjà : voir articles précédents!) que la circulation n'est pas toujours aisée en Allemagne : ou bien vous choisissez l'autoroute, régulièrement encombrée de travaux et saturée de camions (un peu plus tard nous avons réussi à capter une radio où on débitait une liste d'embouteillages divers d'un ton parfaitement blasé) ou bien vous optez pour les routes plus petites, encombrées de villages, de tracteurs et de limitations de vitesse … Nous avons fait un tour dans la ville, quelques courses pour manger le soir dans le home réservé à quelques kilomètres de là. Nous sommes arrivés à la nuit tombée dans un quartier résidentiel où nous avons fini par dénicher l'adresse indiquée : aucune lumière, pas de réaction au coup de sonnette, répondeur au numéro donné … on a commencé à se sentir mal … allions-nous être obligés de chercher un autre logement ? À cette heure ? Assis sur les marches de l'escalier, on a donc téléphoné à booking.com à Paris pour leur signaler le problème. Une gentille dame devait avoir un autre numéro à joindre car au bout de quelques minutes la porte s'est ouverte et le propriétaire est apparu et nous a expliqué qu'ils étaient en train de jouer aux cartes dans le jardin de l'autre côté et qu'ils n'avaient rien entendu ! Bon … un peu léger quand même ! Mais on a fait des sourires en disant que ce n'était pas grave … d'ailleurs le proprio n'avait visiblement qu'une hâte, c'était d'empocher son billet de 50 euros ! Nous avons dîné de chou en conserve (à déconseiller si vous devez dormir dans la même pièce!) et d'un vin local dont je préfère vous taire le nom …

Le lendemain nous avons commencé une visite approfondie de Trier et, croyez-moi, cela en vaut le coup ! D'abord, la Porta Nigra, imposant vestige romain, qui était une des trois portes de la ville, du temps de l'empire du même nom. Incroyable qu'une église complète ait été bâtie dessus, c'est pourtant ce que montrent quelques colonnes formant triforium et ayant échappé à la destruction.

les restes du triforium, ce sont les minces colonnes sur la deuxième tour

les restes du triforium, ce sont les minces colonnes sur la deuxième tour

Après nous être rapprochés du centre (et nous être garés à nouveau dans un parking souterrain : attention, dans les villes allemandes, beaucoup de places sont réservées aux résidents!) nous sommes tombés en arrêt devant un splendide palais rococo dont nous n'avons pas pu visiter l'intérieur en raison de travaux. Le curieux, dans l'affaire, c'est que ce bâtiment du 18ème est collé contre la basilique de Constantin qui, elle, date du 3ème - 4ème siècle ! Aujourd'hui on pinaille, on chochote pour intégrer le nouveau à l'ancien mais il fut une époque où l'on faisait fi de ce genre de scrupules !

hein ? qu'est-ce que vous dites de ça ?

hein ? qu'est-ce que vous dites de ça ?

Immense, la basilique … d'ailleurs elle servait de salle du trône impérial et pour montrer leurs biscottos les Romains n'hésitaient pas devant la démesure … Là encore une petite surprise : un monsieur s'est mis au micro et s'est mis à lire l'Evangile, accompagné par quelques mesures d'orgue … Ne jamais bouder son plaisir …

vous le voyez, le petit monsieur ?

vous le voyez, le petit monsieur ?

Décidés à visiter Trier de fond en comble, nous avons poursuivi par la visite de la cathédrale (que les Allemands appellent « Dom », je ne sais pas pourquoi) où nous en avons pris plein les yeux d'un mélange exubérant de tous les styles : des merveilles de plafond, de marqueteries, de statues, d'autels débordants d'angelots et de saints lascifs ou torturés, des orgues dont le « cul » (pardonnez le mot mais je n'en vois pas d'autre!) ressemblait vraiment à une montgolfière …

le "cul" des orgues vu d'en dessous !

le "cul" des orgues vu d'en dessous !

Pratiquement collée à la cathédrale, il y a une autre église assez curieuse au plan presque circulaire, et qui partage un cloître avec sa glorieuse voisine. Malgré la chaleur qui nous attendait à la sortie, nous sommes allés jusqu'aux archives de la ville qui contenaient une exposition d'incunables et de codex, je ne vous dis que ça ! Des manuscrits superbement enluminés, et pour les débuts de l'imprimerie une grosse bible de Gutenberg himself …

le "dom" + l'église jumelée à côté

le "dom" + l'église jumelée à côté

Toujours pas rassasiés, nous avons poussé jusqu'au musée régional où nous avons pu constater l'importance du passé antique de Trier : songez que cette ville, à une époque, était la capitale d'un empire s'étendant de l'Afrique du nord jusqu'aux îles Britanniques ! Une collection de tombeaux grands comme des maisons, des fresques, des mosaïques … bref, tout l'attirail romain ! Et une dernière surprise avant de quitter la ville : nous avons découvert que Trier abritait la maison natale de ce bon vieux Karl Marx, devant laquelle je me suis fait photographier, poing levé et mine farouche ! Plutôt cossue la maison, d'ailleurs …

une sculpture romaine de 4 mètres de long, au moins ...

une sculpture romaine de 4 mètres de long, au moins ...

Et nous avons repris la route, direction Worms ...

D'abord, évidemment, la cathédrale, qui date du temps des carolingiens ! Elle est très reconnaissable, comme sa cousine sise à Speyer (que nous verrons plus tard), grâce à ses quatre tours destinées à montrer l'égalité entre le Pape et l'Empereur : deux à l'est pour le premier, normal, mais aussi deux à l'ouest (le « westwerk ») pour le deuxième, comme ça pas de jaloux !

le côté de l'Empereur, à la lumière du couchant ...

le côté de l'Empereur, à la lumière du couchant ...

Comme nous sommes arrivés un peu tard, le bâtiment était déjà fermé et nous n'avons pu qu'en faire un tour extérieur ce soir-là. Cela nous a permis de découvrir un hôtel tout proche dans lequel, cassant notre tirelire, nous avons pris une chambre et mangé. Et nous avons donc dormi avec « vue sur la cathédrale » … Le lendemain nous n'avions que deux pas à faire pour approcher ce joyau : à l'intérieur beaucoup de baroque surajouté, contrairement à Speyer, comme nous le verrons plus loin. Dans l'ensemble, malgré la monumentalité, ou à cause d'elle ?, je n'ai pas été super-impressionné, pas touché par ce haut-lieu de la chrétienté primitive …

joli, certes, mais un tout petit peu chargé ...

joli, certes, mais un tout petit peu chargé ...

Moins touché que par la petite église Saint-Martin que nous avons visitée ensuite, plus modeste mais aussi plus chaleureuse … D'ailleurs peut-être est-ce dû à l'environnement de la cathédrale … si l'on observe une maquette de l'ancien domaine qui était le sien on s'aperçoit du massacre qui a été commis au fil du temps : la plupart des bâtiments ont disparu, dont un baptistère qui semblait tout à fait intéressant, pour être remplacés par des bâtisses pseudo-modernes, et sans aucune âme. Et le pire est que ça continue ! Entre l'hôtel où nous étions et la cathédrale, c'est à dire tout contre elle, se construisait, si nous avons bien compris, un parking souterrain !!!

à part la cathédrale ... :(

à part la cathédrale ... :(

Avant de quitter Worms, nous sommes allés visiter la synagogue et son bain rituel, et découvrir un « musée multimédia » consacré à la légende des Nibelungen car, oui, c'est bien par là qu'ils sévissaient …

l'entrée du bain, très ancien ...

l'entrée du bain, très ancien ...

l'escalier central du musée, très moderne ...

l'escalier central du musée, très moderne ...

Sur la route de Speyer (Spire) nous nous sommes arrêtés à Lorsch, ancienne abbaye surpuissante dont il ne reste pas grand-chose, si ce n'est une jolie porterie (et vous ne savez pas combien de kilomètres Ma Douce est prête à faire pour ça!) … Par ailleurs une petite église en hauteur : intérieur moderne et quelconque, mais cadre charmant, abritant une collection de Paeonia, plus simplement appelées pivoines … Nous en avons profité pour pique-niquer à l'ombre, agréablement rafraîchis par une brise continuelle …

ce qui reste de l'abbaye, vu depuis la porterie ... c'est à dire à l'ombre !

ce qui reste de l'abbaye, vu depuis la porterie ... c'est à dire à l'ombre !

Fut-ce la brise ? Ou le pique-nique ? Toujours est-il que, comme un c..., je proposai de passer par Heidelberg … Quel nom prestigieux, pas vrai ? Et puisqu'on passait pas loin de là … pourquoi ne pas en profiter … ? Toujours se méfier quand ce maudit verbe vient trop facilement à l'esprit … Je dois dire que je fus servi, et que je m'en mordis fort les doigts ! Après avoir fait tours et détours dans une ville assez insignifiante nous nous approchâmes enfin du château … perché tout en haut d'une colline plutôt raide. Et là, que faire d'autre, pour profiter, que de grimper des escaliers malcommodes, aux marches qui tuent presque autant que celles des Romains ? Et il y en avait, des marches ! Et en haut, un tas de belles ruines, c'est vrai, mais qu'on n'a pas eu le temps ni même le goût de visiter … Et la redescente ne fut pas vraiment plus facile …

de belles ruines, d'accord, mais mince il faut les mériter !

de belles ruines, d'accord, mais mince il faut les mériter !

Et puis ce fut Speyer (que nous autres appelons Spire) où, cette fois, nous sommes arrivés assez tôt pour visiter la cathédrale avant la fermeture. Très très belle, d'une pureté, d'une simplicité, je dirais presque d'une humilité, malgré les dimensions, qui m'a fait un peu penser aux cisterciens … hé oui, qu'est-ce que vous voulez, l'avantage, quand on n'y connaît rien, c'est de pouvoir mélanger les genres !

Speyer à comparer avec Worms, un peu plus haut ...

Speyer à comparer avec Worms, un peu plus haut ...

Et puis une immense crypte, dans un style aussi dépouillé, où s'alignent les tombeaux des rois les plus fameux, ce qui en fait l'équivalent de notre basilique Saint Denis.

touchants, ces tombeaux impeccablement rangés, depuis combien de temps ?

touchants, ces tombeaux impeccablement rangés, depuis combien de temps ?

Et une autre surprise : alors que nous nous apprêtions à quitter l'endroit, un apprenti organiste s'est mis aux claviers, bientôt rejoint par un maître qui lui donnait des conseils … Dans l'ensemble Speyer nous a fait bien meilleure impression que Worms, à laquelle on ne peut pas s'empêcher de la comparer, j'espère que vous aurez compris pourquoi. Une ville beaucoup mieux conservée, « restée dans son jus » en quelque sorte, où la vie s'écoule paisiblement … Pour vous dire, sur la place qui longe la cathédrale, des gens jouaient aux boules, tranquillement … ce n'est pas à Worms qu'on aurait vu ça !

touchante aussi, cette leçon d'orgue dans la grande cathédrale !

touchante aussi, cette leçon d'orgue dans la grande cathédrale !

Le soir, cassant une fois de plus le cochonnet, nous avons mangé et dormi dans un hôtel campagnard, dont la principale originalité consistait à servir les clients dans des tonneaux couchés dont le dessus avait été découpé en forme de guichet. Probablement voulait-on signifier par là le passé viticole de l'endroit ? Car il y en a des vignes, dans la région, et du bon vin aussi, comme on a pu s'en rendre compte ce soir-là ! Au matin nous avons fait un petit tour au château dominant le village, ce qui nous a permis un point de vue intéressant sur les vignobles environnants …

so "pittoresque", isn't it ?

so "pittoresque", isn't it ?

Le but de la journée suivante était d'arriver pas trop tard à Munich où nous devions visiter des amis avec enfants. Malgré les difficultés prévisibles de circulation (cf supra, comme on dit …) ceci ne nous a pas empêché de faire quelques détours, comme à Schwäbisch Hall par exemple, où nous avons eu probablement la plus belle surprise de ce voyage. En effet nous y étions allés sur une indication assez vague, en somme : comme le nom l'indique cela se situe dans le pays des Souabes, et les Souabes et la Hongrie c'est toute une histoire puisque nombre de ces Allemands ont émigré vers le pays magyar qui, après l'occupation ottomane, se trouvait un peu dépeuplé. Donc, allons-y pour savoir à quoi ça ressemble, le pays des Souabes ! Eh bien, c'est très joli, figurez-vous ! D'abord on n'a pas eu trop de mal à se garer et rien que cela, ça fait du bien … Ensuite nous avons descendu une mignonne vieille petite rue qui nous a menés directement à un des plus beaux musées que nous ayons vus (et pourtant on en a vu!) : une église transformée de manière à abriter une collection de chefs d'oeuvre, essentiellement fin Moyen Age, début Renaissance. Cranach, Holbein, bien d'autres encore : de pures merveilles ! Dommage qu'on ne puisse pas faire de photos …

Nous sommes ressortis des étoiles plein les yeux … Puis nous avons traversé la ville : une grande place entourée de hautes maisons à colombages, un pont de pierres, un grand escalier au sommet duquel se trouvait une très belle église gardée par un archange Saint-Michel ...

la très-grande-place ..

la très-grande-place ..

et tout en haut du grand escalier ...

et tout en haut du grand escalier ...

quelle dentelle ! quel réseau !

quelle dentelle ! quel réseau !

Voilà, chers lecteurs, nous sommes presque arrivés au terme de ce parcours, qui nous aura quand même pris cinq jours. Ensuite ce fut l'autoroute, miraculeusement désencombrée, jusqu'à Munich, où nos amis nous attendaient : les enfants avaient préparé des morceaux de pomme au sucre sur des piques, et les parents un assortiment de bières locales, que nous avons soigneusement sifflées avec de drôles de saucisses !

Et le lendemain, l'autoroute à nouveau jusqu'à Budapest où nous sommes arrivés pas trop tard, grâce à notre petite C3,chargée comme une mule !

En espérant vous avoir donné envie de nouvelles découvertes, sziasztok et portez-vous bien !

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