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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 22:52

Sziasztok !

"Vegyes" en hongrois, ça veut dire "mélangé", composite, fait de choses et d'autres ...

par exemple, ça, c'est une "vegyes bolt", c'est-à-dire une boutique où l'on vend de (presque) tout !

par exemple, ça, c'est une "vegyes bolt", c'est-à-dire une boutique où l'on vend de (presque) tout !

et c'est bien ce que cet article va être, un mélange de petits faits et de réflexions, glanés ici et là lors d'un nouveau séjour en Hongrie à l'occasion du 70ème anniversaire de "Anyós", c'est à dire de belle-maman ...

L'anniversaire d'Anyós :

Ah Anyós, ou Anyu comme l'appellent ses enfants, elle en a de la chance d'être aimée à ce point ! Figurez-vous que pour son 70ème anniversaire Ma Douce, son frère et sa sœur lui avaient préparé une surprise de 1ère catégorie : ils ont carrément loué un wagon du "train des enfants" (appelé Gyermekvasút en hongrois) dont je vous ai déjà parlé dans un article précédent (voir "Dans les collines de Buda"). Créé en 1948 il s'agit là d'une survivance curieuse de la période communiste où il s'agissait dès le plus jeune âge d'intégrer les valeurs de rigueur et de travail bien fait, et c'était un honneur que de pouvoir participer à son fonctionnement. Aujourd'hui, dans la mesure où il traverse les collines de Buda c'est un itinéraire conseillé aux touristes, propre à découvrir le panorama sur Budapest ...

Quand on est arrivé au terminus d'Hűvösvölgy pour prendre livraison du wagon ça s'annonçait plutôt mal ... Après quelques recherches dans un dépôt désert, mais sévèrement gardé par des chiens, on a fini par trouver une porte grillagée à laquelle on a frappé. On nous a dit d'entrer et on a découvert 3 personnes posées devant leurs bières, et qui manifestement n'avaient pas trop envie de bouger de là ...Il faut dire qu'on était samedi, qu'il était presque 15h et que le week-end était déjà entamé ... Finalement, après quelques explications, on est tous sorti sur les voies et on nous a montré ... ça !

 

hé oui, c'est bien votre serviteur qui vous accueille à la porte !

hé oui, c'est bien votre serviteur qui vous accueille à la porte !

C'est sûr que ce n'était pas l'Orient Express qu'on nous proposait là ! Mais quand on a découvert l'intérieur on a été plutôt rassuré : c'était "vintage" à souhait, probablement que rien n'avait été changé depuis 1948, même pas les 2 étagères vitrées et poussiéreuses contenant des collections de minéraux ! On a tout installé vite fait : les boissons, les gâteaux, les décorations, et puis une locomotive est venu nous prendre pour nous emmener à Hűvösvölgy, la gare de départ, et puis les invités sont arrivés et puis, bonne dernière, Anyós, accrochée au bras de son grand fils, dont les yeux se sont arrondis en découvrant le train. Il faut dire que pendant des années elle avait travaillé pour la M.A.V., qui est la SNCF hongroise ...

Alors, tout en cheminant parmi les collines de Buda, on a bu et mangé, on a ri et chanté, on s'est demandé et donné des nouvelles et on a souri, bref, c'était vachement sympa ! Pour les enfants qui étaient là, un vrai bonheur que d'avoir tout un wagon à soi, par les fenêtres duquel ils pouvaient faire fièrement coucou à des passants médusés !

Et puis on est arrivé au terminus de Széchenyihegy, à l'autre bout de la voie, où on est resté une demi-heure, le temps que le train suivant vienne nous chercher. Cela m'a laissé le temps de faire une curieuse découverte. J'étais dehors, en train de fumer une cigarette, quand j'ai vu arriver un petit groupe conduit par ce qui ressemblait à un chef de gare. Casquette vissée sur la tête, clope au bec, il était tout petit et marchait d'un petit pas pressé ... Un des invités de la fête, qui faisait partie du groupe, m'a fait signe de suivre le mouvement. Un peu plus loin, on est arrivé à une espèce de bâtiment carré qui abritait un poste d'aiguillage, avec de grandes manettes à roues dentées. Le petit chef s'est bientôt évertué sur un téléphone avec une manivelle qu'il s'est mis à tourner comme un fou sans que cela produise le moindre résultat : ma parole il n'y avait que dans les films sur la deuxième guerre mondiale que j'avais vu ça !

Et puis la nuit est arrivée, elle arrive vite en Hongrie, alors on s'est embrassé et séparé, on est remonté dans nos petites voitures et on a regagné la ville ...

Une expo au Vigadó :

Un matin, avec Após, que ses enfants appellent Apu, (vous aurez compris j'espère qu'il s'agit cette fois de "beau-papa"), on a décidé d'aller au Vigadó pour voir une expo ...

Le Vigadó c'est vraiment un endroit impressionnant, immense et très beau, presque "trop". Quand on entre là, on est soufflé par les dorures, les marbres, les décorations qui se bousculent pour vous chavirer l'œil...

voilà ! ça c'est le grand escalier du Vigadó !

voilà ! ça c'est le grand escalier du Vigadó !

et ça, c'est le petit, un genre d'escalier de service, quoi !

et ça, c'est le petit, un genre d'escalier de service, quoi !

Après nous être baladés un peu partout, après en avoir bien pris plein les mirettes de toute cette splendeur, nous sommes donc allés voir cette expo. Il s'agissait de découvrir l'œuvre d'un certain Prutkay Péter, né en 1947 à Budapest, toujours vivant, dont je n'avais fichtre jamais entendu parler ...

Dans la 1ère salle figuraient quelques gravures, dont certaines m'ont paru très intéressantes :

on sent déjà poindre une certaine ironie ... non ?

on sent déjà poindre une certaine ironie ... non ?

Dans la très grande salle suivante une série d'"objets", c'est ainsi qu'ils sont identifiés, et qu'on pourrait assimiler à des collages en 3 dimensions. Je vous en ai fait une toute petite sélection parmi les quelques dizaines qui y étaient présentées :

 

Un article "vegyes" ...

Celui-ci tout d'abord, qui pourrait faire penser à une collection de médailles, ou à un arbre généalogique ...Sur la rangée inférieure, sur la plaque en 2ème position à partir de la gauche, est écrit "Nem ! Nem ! Soha !" ce qui veut dire "Non ! Non ! Jamais !", cri de refus du traité de Trianon et de ses désastreuses conséquences, le territoire de la Hongrie ayant été de ce fait amputé des deux tiers ... La légende indique qu'il s'agit d'un artefact archéologique, ce qui me fait furieusement penser à un article intitulé "Empilement et sédimentation" qui est paru dans ce blog ...

Cet autre ...

A la mémoire des informateurs ...

A la mémoire des informateurs ...

Un peu grinçant, n'est-ce pas ? Les informateurs, bien sûr, ce sont ceux qui prêtaient main forte aux services de sûreté de l'État, les "indics" du pouvoir ... Dans cette composition harmonieusement symétrique vous pouvez trouver tous les moyens utilisés pour ce faire : les yeux qui guettent par le trou de la serrure, les oreilles, le téléphone, la machine à écrire. En bas une plaque de récompense où figurent l'étoile rouge et l'inscription "Jó munkáért", ce qui signifie "Pour le bon travail" ..., scellée de la date de l'année fatidique, 1956 ...

Et enfin celui-ci :

le "match du siècle" !!!

le "match du siècle" !!!

On n'a pas pu s'empêcher, avec Após, de regarder les 6 buts de l'équipe nationale hongroise, emmenée par l'immense Puskás, et il y en avait de superbes, croyez-moi ! Ah, on devait avoir l'air fin, serrés l'un contre l'autre, nos yeux rivés sur le minuscule écran, au milieu de cette grande salle toute vide ! N'empêche, c'était un bon moment ... et une exposition très intéressante aussi, qu'en dites-vous ? Je précise pour finir que ces quelques photos n'ont pas été prises dans la salle d'exposition, mais sur le catalogue, édité par la Magyar Művészeti Akadémia (MMA 2017)

Retour à Déli :

Ah, pourquoi est-ce que je vous impose ça ? Déli, c'est Déli pályaudvar, la gare du Midi, qui est moche comme tout, mais que moi j'aime beaucoup, je ne sais pas pourquoi ... On parle depuis longtemps de la démolir, cette pauvre Déli et beaucoup de travaux ont été réalisés à Kelenföld, qui est censée la remplacer. Et puis aux dernières nouvelles, non, on va la garder ... mais ça n'arrête pas de changer ! Moi j'y suis retourné par une après-midi bien grise et j'y ai trouvé comme un mélange d'affairement et d'abandon ...

Un article "vegyes" ...

ça c'est l'esplanade en contrebas de Déli ... Il y a une dizaine d'années, quand je vivais à Budapest, c'était un vrai petit centre commercial où toutes les boutiques étaient ouvertes ... combien le sont encore aujourd'hui ?

Un article "vegyes" ...

et ça c'est le tableau des trains au départ et à l'arrivée ... on voit donc que ça bouge encore à Déli ! Pendant la petite heure durant laquelle j'ai tourné dans la gare il y a au moins 2 trains qui sont arrivés et 3 autres qui sont partis, allons il y a encore de l'espoir pour Déli !!!

Et pour finir ... un trousseau de clés !

alors il y a un machin bleu  qui permet de se servir de l'ascenseur. Ensuite, et dans l'ordre des aiguilles d'une montre :

- la clé qui sert à ouvrir la porte du vestibule, qui est commun à l'appartement d'Após et à celui de sa voisine

- deux clés qui servent à ouvrir la grille en fer qui protège la porte de l'appartement

- la clé qui sert à faire tourner la barre en fer sur toute la largeur de la porte

- deux clés qui servent à ouvrir la porte elle-même (c'est bizarre, il devrait y en avoir trois, il en a peut-être perdu une ?)

- en haut, regroupées, la clé de la boîte aux lettres, celle de la cave, et deux ou trois autres dont il ne sait plus à quoi elles servent mais qu'il est toujours bon d'avoir dans la poche ...

Moralité : quand vous habitez en Hongrie, essayez de ne pas oublier le parapluie avant de sortir et de fermer toutes les serrures, et tant pis pour vous si vous avez trop envie de faire pipi en rentrant chez vous !!!

Sziasztok !

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