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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 18:26

Hé oui, on l'a refait ! Cette année encore notre bonne vieille C3 nous a emmenés jusqu'en Hongrie, via une voie nouvelle, et nous a ramenés en France, via une autre voie ...

L'aller :

Au départ, nous n'étions pas pressés ... C'est pourquoi nous ne sommes pas allés très loin : nous avions décidé de mieux visiter Autun, qui vaut vraiment la peine qu'on s'y arrête. Bien sûr, il y a la cathédrale avec son magnifique portail

the portail of the cathédrale ...

mais aussi le musée Rolin (où nous avons découvert la "Tentation d'Eve", attribuée à Gislebert),

Assez lascive, cette Eve, n'est-il pas ?

des portes romaines de la ville (comme la Porta Nigra de Trêves, mais en plus petit),

En plus petit, mais quand même ...

un temple de Janus (que nous avons trouvé tout près de notre hôtel)

avec Autun en arrière-plan ...

 

et puis, en plus de tout ça, une petite ville où il fait bon se promener dans la douceur du soir ...

Douceur du soir ... petit chemin, où nous mèneras-tu ?

 

Le lendemain, puisque c'était sur notre route, nous avons visité l'église d'Audincourt (non loin de Montbéliard), édifice tout à fait particulier construit entre 1949 et 1951.

l'église, édifiée exprès dans un quartier ouvrier ...

Comme le dit joliment Wikipedia, elle "symbolise les attentes des chrétiens et artistes entre architecture minimaliste, utopie pacifiste et art sacré". Le baptistère et ses vitraux (créés par Jean Bazaine

une ambiance très particulière ...

alors que Fernand Léger a dessiné ceux de la nef, figurant la Passion) sont tout à fait remarquables !

y compris à l'intérieur de l'église ...

Après, cela faisait un moment que nous voulions visiter la "VitraHaus", située à la périphérie de Bâle, à la frontière germano-suisse. Nous l'avions déjà frôlée lors d'un de nos voyages et nous nous étions promis de nous y arrêter un jour, et voilà, le moment était venu ! C'est vraiment un lieu à l'architecture étonnante, comme vous le montrera le lien suivant : https://www.vitra.com/fr-fr/campus/architecture/campus-architecture

En fait il s'agit bien d'une "usine" de production de meubles, et de tout ce qui peut embellir un espace intérieur, augmentée d'un lieu d'exposition tout à fait surprenant (ces boîtes empilées dans tous les sens, présentées dans un des numéros de l'excellente série "Architectures" d'Arte)

étonnant, non ?

et d'autres réalisations architecturales signées Frank Gehry, Zaha Hadid ou encore Renzo Piano, pour ne citer que ceux-là !

un aperçu du site, avec une usine au fond !

 

Et cela me rappelle une discussion récente avec Ma Douce, cependant que nous cheminions dans la chaleur de l'été ... Pourquoi, nous disions-nous, n'y a-t-il pas davantage d'endroits utilitaires ET beaux ? Pourquoi tous ces cubes gris et quasiment identiques pour des usines, des hangars, des entrepôts, et même des grands magasins ? Et corollairement, de quel droit nous impose-t-on toute cette laideur ?

Après il nous fallait trouver une route que nous n'avions pas encore suivie et, après avoir un moment caressé l'idée du Lichtenstein (et de Vaduz, sa capitale), nous avons plus sagement opté pour le lac de Constance, Bodensee en langue indigène. Cela nous a donc amenés insensiblement sur une petite route de montagne au bout de laquelle nous avons trouvé un petit hôtel tout à fait charmant, du côté de Untermettingen ...

Village au fond de la vallée ... (air bien connu)

Le lendemain, direction le lac où nous voulions explorer l'île de Reichenau. On y trouve plusieurs monastères très anciens dont celui de Saint Pierre et Saint Paul, fondé en ... 724 ! Malheureusement nous n'avons pas pu le visiter car on n'y organise que de rares visites guidées pour des groupes à effectif limité. Bien sûr on peut le comprendre, surtout si c'est pour préserver la qualité des fresques mais bon, quand on est "sur le chemin" (et apparemment nous n'étions pas les seuls !) ce n'est pas forcément le plus pratique ... Cela ne nous a pas empêchés de visiter deux autres lieux saints, tout aussi beaux, puis de pique-niquer sous les arbres, au bord d'un parking, avant de reprendre la route ...

dommage que là il ait fallu faire très vite parce qu'il était midi et que ça fermait !
le collage entre les fresques médiévales du fond et le baroque devant, j'adore !!!

Toute petite la route, d'ailleurs, car après Constance nous sommes passés en Suisse où nous avons soigneusement évité les autoroutes. En effet, en Helvétie, il faut s'acquitter de l'achat d'une vignette annuelle (40 francs suisses, soit 38 euros quand même) pour emprunter les autoroutes et autres voies rapides. A l'année ce n'est pas cher mais quand on ne fait que passer ... Des petites routes donc jusqu'à Saint Gallen, ou Saint Gall, où nous voulions visiter, bien sûr, la fameuse bibliothèque du monastère ... fondé en 613 ! Eh bien ... comment dire ? Je crois que somme toute nous fûmes un peu déçus ... un accueil pas très sympa, avec des gens qui semblent "se la péter", beaucoup de chichis (obligation de mettre des pantoufles de feutre pour respecter le parquet, il est vrai magnifique) et puis puis cette fameuse bibliothèque de Saint Gâââll elle ne nous a pas autant impressionnés que cela, pas autant que celle d'Admont en Autriche, que nous avions visitée lors d'un précédent voyage ! Ben oui, qu'est-ce que vous voulez, à force de voir des merveilles, on devient difficile !!! En plus vous n'aurez pas de photos parce qu'il était interdit d'en prendre, les appareils étant carrément confisqués ! Heureusement un petit tour dans l'église de l'abbaye nous a rappelé toute l'intensité noire du baroque ...

Quelle violence ! Quelle épouvante !!!
Carrément flippante, l'abbaye, avec tous ces oiseaux noirs au plafond !!!

 

Puis nous sommes passés aussi vite que nous avons pu en Autriche, qui paraît tout de même beaucoup plus accueillante. Je dis "aussi vite" parce que pour éviter les autoroutes il faut en faire, des détours ! Pour avancer un peu, nous avions choisi la voie rapide vers Innsbruck mais au bout de quelques kilomètres on nous prévint d'une déviation ! Décidément il valait mieux prendre son temps ... Quand vous quittez la vallée, en Autriche, ça monte tout de suite bien raide. Et c'est ainsi qu'au soir nous nous sommes arrêtés dans un nouveau petit village, Saint Anton, qui s'était transformé en station de sports d'hiver : beaucoup d'hôtels, de chalets, et même des tire-fesses !

une jolie petite église du bord de la route ...

Le lendemain, nous avons décidé d'innover en passant par le col du Brenner, vers l'Italie. Très beau, le Brenner, même s'il faut payer une taxe supplémentaire pour l'emprunter ... Nous avons roulé un moment en Italie, en suivant une vallée tranquille puis retour en Autriche où, après Lienz nous avons pris l'autoroute (oui mais la vignette autrichienne ne coûte que 8,90 euros pour 10 jours !) qui nous a amenés à moins de 20 kms de la frontière hongroise. Comme il était un peu tard et que nous n'avions pas envie de rallonger encore le trajet du jour, nous avons décidé de dormir à Körmend, petite ville qui, il faut bien l'avouer, ne présente pas un grand intérêt ... si ce n'est celui d'abriter un des nombreux châteaux de la famille Batthyány, que vous devez probablement connaître, au moins de nom !

Le retour :

Sûrement qu'on est tous comme ça : il y a des noms, dans l'atlas de notre jeunesse, qui nous ont fait rêver plus que d'autres. Eh bien, moi, parmi tous ceux-là, il y avait Maribor ! C'est toujours beau de réaliser un rêve de jeunesse, pas vrai, et c'est donc vers cette ville de Slovénie que nous dirigeâmes nos roues ... Comme nous étions à Baja, il nous fallut un moment pour y arriver : Bátaszék, Pécs que nous contournâmes cette fois sans nous y arrêter, Szigetvár, que nous avions déjà visités, pour passer la frontière croate à Barcs. Et là le sketch ! Le douanier prit nous passeports, tapota sur son clavier, fronça les sourcils, qu'il avait fort épais, et sortit pour référer, comme on dit dans tous les jargons militaires. Il revint avec un chef, qui avait l'air aussi embêté que lui ... Enfin une demoiselle s'approcha de la voiture et me fit remarquer en anglais que mon passeport était périmé depuis plus d'un an ! je le savais, bien sûr, mais nous étions en Europe et je n'aurais jamais pensé (ou alors très peu, "vite fait" comme dirait mon plus jeune fils) que cela pouvait poser un problème ! Eh bien si ! Oh pas grave, le problème, puisqu'il a suffi que je me confonde en plates excuses pour qu'on nous laisse repartir mais quand même Ma Douce n'était pas très contente, c'est le moins qu'on puisse dire !

Ensuite nous avons pris la route n°2, qui longe la frontière jusqu'en Slovénie. Chaude, très chaude même, la n°2 ! Il devait faire pas loin de 40°, et nous n'avions toujours pas la climatisation ! Et puis, interminable avec ça, un village succédant à l'autre pendant une centaine de kilomètres ! Et puis, je ne sais pas, ce n'est pas la première fois que je me fais la réflexion, il y a un côté triste et laid dans ces villages bourrés de maisons pas finies, en briques nues, sûrement pour ne pas payer les impôts ? Nous nous sommes arrêtés un moment (pas assez pour Ma Douce!) dans la ville de Varaždin, qui fut un temps capitale de la Croatie, figurez-vous ! On y trouve un beau château

THE beau château ...

et aussi probablement tout un tas de choses intéressantes que nous ne prîmes pas le temps de voir ... il faut dire que le nom de Maribor me trottait de plus en plus dans la tête ! Bah, nous reviendrons, nous dîmes-nous comme souvent... Puis ce fut la frontière slovène, et une nouvelle remarque sur mon passeport ...

Quelques kilomètres plus loin, nous avons fait une halte à Ptuj, pour faire quelques photos de son gros château. Là encore, sûrement, d'autres choses à voir ... et puis, enfin, enfin, ce fut Maribor !!! Et ... heu ... comment dire ? peut-être que j'avais un peu trop rêvé ? En tout cas, Maribor, sans être moche (quoique dans certains quartiers ...) était loin d'être aussi belle que je l'avais imaginée. Nous avons marché un moment au bord de la Drava, sur laquelle flottaient des cygnes

Les cygnes sur la Drava à Maribor ... (snif !)

puis dans le quartier ancien

ce qui donne ça ... (bouououh ...)
mais aussi ça, avec un Saint Sébastien pas piqué des hannetons !

et puis ... nous sommes repartis ! Pas grave, j'étais bien content d'être venu quand même ...

Direction l'Autriche donc, qui est quasi incontournable entre la France et la Hongrie. Et le fait est que nous apprécions de plus en plus ce pays, dont nous commençons à entrevoir toutes les richesses ! Avant de passer la frontière pourtant nous nous sommes arrêtés dans un hôtel de Dravograd, sur la terrasse duquel nous avons pris notre dîner. Il faut dire que c'était le 10ème anniversaire de notre rencontre et que l'idée de le fêter sur la route, dans un bled de montagne slovène dont nous n'avions jamais entendu parler, nous paraissait on ne peut plus romantique ! Ce romantisme fut encore accentué par un orage soudain et violent, comme il arrive en montagne, et qui nous obligea à déplacer notre table pour être un peu plus à l'abri des bourrasques qui nous encerclaient !!!

Sur la route ... un beau grenier à séchage ...

Retour en Autriche donc, où nous avons fait le plein pour pas cher du tout avant de passer en Italie où les prix sont carrément exorbitants ! Nous avons repris la route de Klagenfurt et de Villach mais dans l'autre sens, c'est d'ailleurs le seul tronçon que nous avons suivi dans les deux sens. Puis nous avons poursuivi vers Arnoldstein pour atteindre Travisio. Eh bien je peux vous dire que la traversée des Alpes, dans ce coin-là, est on ne peut plus cool, ce dont la C3 ne s'est pas plainte, bien sûr !

Et puis un peu plus loin nous avons découvert une petite ville dont nous n'avions jamais entendu parler, Venzone ! Une étonnante ville fortifiée de 3 remparts, avec sa cathédrale, son baptistère abritant une collection de momies, et sa maison communale du 14ème siècle.

Les remparts de Venzone : il y faisait très chaud !!!
Dans la cathédrale, une très émouvante Déploration ...

Le plus étonnant peut-être est que cette ville fut quasiment détruite par un tremblement de terre en 1976 (y compris la cathédrale) et qu'elle fut reconstruite à l'identique grâce au courage et à la ténacité de ses habitants !

Comme si on n'avait pas encore assez chaud on a poursuivi vers le sud, en direction d'Udine; Mais comme il fallait commencer à se diriger vers la France on a coupé vers l'ouest pour prendre l'autoroute à Portogruaro. Et puis, pouf, d'une seule traite jusqu'à Bergame, où nous sommes arrivés vers 18 heures. Là encore, un nom qui me faisait rêver, peut-être à cause de la bergamote ou des "bergamasques" de Paul Verlaine ? Il y a deux villes à Bergame : la basse, plutôt moderne d'après ce que nous avons pu en voir en la traversant, et la haute, ancienne, près de laquelle nous nous empressés de nous garer. Après avoir grimpé une très longue rue en pente nous sommes arrivés dans le centre ancien, où de nombreux panneaux indicateurs permettent de se repérer. Et c'est ainsi qu'au delà d'une grande place , tout près de la cathédrale, nous avons découvert la chapelle Colleoni qui était une des raisons de notre visite ...

voici la façade dans son ensemble ...
et un détail pour que vous ayez une petite idée du boulot !!!

Un grand délire typique de la Renaissance, cette façade !!! on aurait pu rester des heures à observer chaque détail. Bien sûr cela faisait furieusement penser à celle de la Chartreuse de Pavie, et nous ne fûmes pas surpris d'apprendre qu'elles étaient toutes deux des oeuvres du même artiste, Giovanni Antonio Amadeo.

Et puis nous avons fait un grand tour dans la vieille ville en suivant des rues pavées, et en notant au passage nombre de choses étonnantes et belles ...

vous la voyez, la différence avec Maribor ? (re-snif ...)

En regagnant la voiture le long des remparts, nous nous sommes fait la réflexion que Bergame, d'une certaine manière, ressemblait un peu à Pampelune ... C'est ça, quand on voyage, on en arrive à faire des parallèles saisissants !

un petit air de Pampelune, en effet, pour ceux qui connaissent !

Le rêve de Ma Douce c'était d'aller à Vigevano. Après Maribor et Bergame, je pouvais bien lui accorder ça ... Mais pourquoi Vigevano ? Vous avez déjà entendu parler, vous, de ce Vigevano ? Moi pas. Eh bien je peux dire maintenant que ça vaut le coup d'y aller, à Vigevano ! On arrive assez rapidement à une grande place centrale :

La Piazza Ducale, vraiment très grande, et très belle aussi ...

Le Duomo, au fond, est d'époque baroque mais tout le reste date de la Renaissance, du temps de Ludovic Sforza, dit Il Moro. Et c'est sous les arcades de droite qu'on trouve un escalier qui mène au château et à la tour de Bramante. Nous débouchons sur une vaste esplanade entourée de plusieurs bâtiments et comme Ma Douce est une fan absolue de Léonard de Vinci (parfois cette adoration me semble teintée d'un rien de gérontophilie mais comment être jaloux d'un tel génie ?) nous commençons par visiter les écuries qui ont été réalisées d'après ses plans.

ça en jette, pas vrai ?

Ensuite nous visitons une deuxième écurie qui sert de cadre à un musée d'archéologie locale, puis nous arrivons au bâtiment qui abrite le musée Leonardiana. Et devinez à qui il est consacré, ce musée, hein ? hein ? En tout cas une surabondance d'utilisation des "nouvelles technologies" mais d'une manière assez traditionnelle, ce qui entraîne parfois un pesant didactisme. Mais là aussi interdiction de faire des photos !

... sauf de l'extérieur, bien sûr !

Puis nous avons arpenté un long passage couvert qui, il y a des siècles, permettait d'accéder au vieux château, aujourd'hui disparu ...

vraiment long, le passage ... mais couvert !

Puis nous avons crapahuté dans un souterrain sans autre intérêt que celui de sa fraîcheur relative ... Je vais vous dire un truc : c'est que quand Ma Douce visite quelque chose elle le fait vraiment de fond en comble, de A à Z, de long en large et même en travers ! D'ailleurs elle m'a planté là, en train de finir ma pizza, pour retourner photographier un truc qu'on avait eu le malheur de ne pas encore voir ... Bon, j'ai fini ma pizza ...

Et évidemment le temps passe pendant ce temps-là ... Alors comme il fallait qu'on soit en France le même soir, pour cause de baptême le lendemain on a regagné l'autoroute vers Novara et on l'a suivie pratiquement jusqu'à la frontière qu'on a traversée au col de Montgenèvre avant de redescendre sur Briançon ...

une belle image des Alpes, pour se quitter en beauté !

Voilà ... j'espère que vous aurez pris autant de plaisir à suivre ce voyage que nous en avons eu à l'effectuer ... mais ça m'étonnerait ! :)

Sziasztok !!!

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