Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 octobre 2017 1 16 /10 /octobre /2017 10:29

Une nouvelle fois je voudrais vous parler d'un livre hongrois que je suis en train de lire ... Cette fois il s'agit de "Katalin utca" (ou Rue Katalin en français), un roman de Szabó Magda (Magda Szabó en français) paru en 1969, et édité chez Viviane Hamy en 2006 ...

Quelques mots de l'auteur tout d'abord : Magda Szabó est née en 1917 et elle est morte en 2007. Entretemps elle a remporté de nombreux prix littéraires, dont le prix Fémina étranger pour son roman le plus connu, "La Porte", paru en 1987. D'après Wikipédia, elle adhéra à un cercle d'écrivains dissidents, baptisé Nouvelle Lune, qui jurèrent de ne pas avoir d'enfants pour empêcher le régime d'avoir un moyen de pression sur eux... cela me paraît important pour ce qui va suivre ...

Et j'ouvre ce livre, parce que je le lis tout en vous écrivant ... Et sur quelle phrase je tombe ? :

"J'ai déjà décrit qui nous étions, aussi comprendrez-vous sans peine pourquoi je fus la seule à qui Bálint et le commandant révélèrent où se trouvait Henriette, et pourquoi tous crurent ce qu'ils voulaient leur faire croire : Henriette avait rejoint ses parents et ils avaient quitté la ville ensemble." Et je crois que beaucoup de choses du livre sont dites dans cette phrase ... D'abord, qui est ce "je" qui parle ? Comme souvent dans ce roman, le lecteur n'identifie le narrateur (celui ou celle qui raconte) qu'au bout d'un moment, et encore n'est-ce pas toujours tout-à-fait sûr ... Ensuite, pourquoi en appelle-t-il à la compréhension, voire la complicité du lecteur sur la façon dont les événements s'enchaînent ? Il y a là un degré d'intimité que le lecteur est invité à atteindre ...

Et c'est bien ce qui se passe la plupart du temps : on a l'impression de connaître intimement chacun des personnages, et les filles en particulier. Henriette, bien sûr, oiseau effarouché, dont l’œil si aigu finit par transpercer le cœur, Irén, si rangée au dehors et si volcanique dedans, Blanka, dont on ne sait si c'est une folle ou une sainte ...

Et même si le roman est divisé en deux parties : Lieux / Moments et épisodes (1934, 1944, 1956, 1961, 1968) ce sont pourtant des "gens" que nous rencontrons, dont nous partageons les peurs et les espoirs, les bonheurs et les angoisses ...

Mais ce sont surtout les enfants qui font ce roman. Ceux qui meurent, comme Henriette et tant d'autres en 1944, ceux qui grandissent, comme Bálint et Irén et tous les autres depuis, ceux qui refusent de le faire, comme Blanka et certains autres ... Quatre enfants un jour réunis pour une représentation théâtrale en l'honneur du commandant, au terme de laquelle Henriette s'évanouit, Irén et Bálint tombent amoureux, et Blanka se prend une fessée pour avoir fait l'idiote !

Et un peu plus tard, si Henriette meurt au fond de son jardin c'est parce que Blanka a innocemment recloué les planches qui lui auraient permis de passer dans le jardin d'à côté, mais si Blanka a recloué les planches c'est pour faire plaisir à Irén qu'elle croyait fâchée contre elle, mais ce n'est pas contre Blanka qu'Irén est fâchée au fond, non, c'est contre Bálint qui a parlé d'un peu trop près à Henriette ... et la boucle est bouclée ...

Bref, un bon roman, comme on aimerait en lire plus souvent !

Szia !

Partager cet article
Repost0

commentaires