Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 21:54

Nous nous réveillons assez tôt en ce vendredi 13 juillet : même si nous avons sacrifié l'étape à Vienne (pour admirer quelques trésors de l'Art Nouveau) le programme reste chargé !

Nous commençons par une petite balade dans České Budějovice, et bien nous en prend. Presque à la sortie de l'hôtel nous remarquons une église ouverte et nous y entrons, sans rien demander à personne. En fait des hommes sont en train d'installer dans la nef des bancs restaurés et nous profitons de l'occasion pour une visite en bonne et due forme ... Beaucoup de peintures murales, dans le cloître en particulier :

est-ce que vous voyez bien la Vierge qui protège tous les petits n'enfants ?

Beaucoup d'arcades dans cette ville, non seulement autour de la place principale, comme en Italie, mais aussi le long des rues principales et ce n'est pas dommage parce qu'il commence déjà à faire très chaud ...

un petit air de certaines villes d'Italie du nord qui, après tout, n'est pas si loin ...

Après avoir acheté quelques Budweiser dans une supérette locale, histoire de faire des cadeaux à notre arrivée, nous reprenons la route vers le sud et sortons bientôt de Tchéquie. Avant d'arriver à Vienne, que nous sommes de toutes façons obligés de traverser, nous faisons une halte au bord du Danube pour pique-niquer puis une autre pour découvrir le monastère de Klosterneuburg, situé non loin de la capitale autrichienne.

L'abbaye a été fondée en 1134 mais, comme souvent, une grande partie en a été reconstruite aux XVIIIème et XIXème siècles. Donc beaucoup de baroque et de néo-machin, gothique principalement :

du baroque donc ...

beaucoup de baroque ...

et aussi du gothique ... mais pas mal de néo ...

Ce ne fut donc pas une halte inoubliable, d'autant que le billet d'entrée (9 euros) ne nous donna droit qu'à une visite très partielle. La photo intérieure de l'abbaye, par exemple, celle du milieu ci-dessus, a dû être prise à travers une grille qui nous en interdisait l'accès ...  Nous avons pu cependant visiter la salle du trésor, où nous avons découvert quelques merveilles ... en particulier un pluvial (à l'origine manteau destiné à protéger de la pluie, qui est devenu synonyme de "chape") très "Art Nouveau" :

une alliance de l'objet et du style assez surprenante !

En reprenant la voiture nous nous apercevons assez vite qu'en fait nous étions déjà dans la grande banlieue de Vienne ... Au lieu de la session "Art Nouveau" initialement projetée, qui nous aurait pris au moins une journée supplémentaire, et puisque décidément Ma Douce ne peut pas passer par Vienne sans s'arrêter quelque part, elle nous propose, à l'amie prof et à moi, une rapide découverte d'un bâtiment tout à fait étonnant, la KunstHaus construite par un architecte tout à fait délirant, Friedrich Stowasser, plus connu sous le nom d'Hundertwasser.

une vue de la façade côté rue ...

Pour écrire cet article j'ai consulté l'article de Wikipédia consacré à ce monsieur, et on peut dire qu'il a eu une vie aussi riche et mouvementée que son architecture ! Pionnier de l'écologie, il acquiert dans les années 70 372 ha de terres en Nouvelle Zélande où il expérimente des techniques qui deviennent seulement d'actualité : capteurs solaires, filtration par les plantes, toits plantés ... Avant de le quitter laissons-lui la parole : "Il est dit dans la Bible : "remplissez la terre et dominez-la". L'homme moderne a détourné cette pensée et assassiné la terre.C'est à nous maintenant de nous soumettre à la nature, ce qui doit être compris de façon à la fois symbolique et pratique." (1991)

Le contraste est d'autant plus grand avec la suite immédiate du voyage puisque le GPS, pour nous éviter les embouteillages qui s'accumulent du côté de l'aéroport, entreprend de nous faire traverser une zone industrielle digne d'une dystopie hollywoodienne ! C'est grand comme une ville, c'est plein de tours et de tuyaux, c'est laid à en mourir, et ça s'appelle Schwechat. Il y a même un gazomètre qui a été transformé en immeuble d'habitation !

Bien étouffant tout cela et nous sommes bien contents de retrouver un coin de nature du côté de Carnuntum ...

rarement une ruine m'aura paru aussi reposante ...

Ah Carnuntum ! Peut-être l'acmé de ce voyage, en particulier pour l'amie, prof de latin-grec, je vous le rappelle. Mais pour nous aussi, qui ne connaissions pas ce lieu, et qui ne nous attendions certes pas à une telle découverte !

Cela a commencé modestement avec l'arc ci-dessus, perdu dans la campagne déserte d'un soir ... Cela s'est poursuivi laborieusement avec la recherche d'un restaurant ... Dans le premier, à la terrasse bondée, le serveur solitaire eut à peine le temps de nous jeter un coup d’œil affolé ... Nous avons donc pris le temps de faire le tour d'une chapelle avoisinante, bien jolie mais un peu délabrée :

Après avoir mangé, correctement ma foi, dans ce qu'on pourrait appeler sans mépris un "bouiboui autrichien" nous nous sommes dirigés vers le motel où nous avions réussi in extremis à louer une chambre par internet. En effet c'était la première fois (et la dernière heureusement !) que nous n'avions pas réservé à l'avance, à cause des incertitudes pesant sur cette partie de notre périple ... Au bord de la route nous avons découvert ceci :

Nous devions l'apprendre le lendemain, il s'agissait en fait d'un petit amphithéâtre destiné au divertissement des militaires, et dont l'entrée était payante ... Nous y pénétrâmes sans nous poser de questions, et nous y errâmes un moment, seuls, dans la belle lumière du soleil couchant ... Moment de magie ...

Le choc fut d'autant plus rude en découvrant (avec difficulté) le motel qui nous attendait. Un bâtiment complètement impersonnel, une espèce de hangar à dormir situé juste au bord d'une route (normal pour un motel, me direz-vous) qui menait à Bratislava des véhicules innombrables ... C'est un des dilemmes de ce genre de voyage : ou bien vous réservez à l'avance votre séjour, et vous avez le temps de choisir, de lire les avis d'utilisateurs, etc, mais dans ce cas il vous faut obligatoirement arriver à une heure correcte pour être reçus ou bien vous vous fiez à votre bonne étoile et vous commencez à chercher un logis vers 19 h, vous êtes donc plus libre mais c'est "advienne que pourra". C'est le plus souvent ce qu'on avait fait avec Ma Douce dans nos voyages précédents et les mauvaises surprises avaient été rarissimes. Mais là ce fut vraiment la cata ! Le bruit de la circulation quasi incessante, la chaleur sans clim : que faire ? laisser la fenêtre ouverte aux vrombissements mécaniques ou la fermer et baigner dans notre jus toute la nuit ? Par pure charité chrétienne vous n'aurez aucune photo de cet endroit mortel que nous préférons oublier !

 

Partager cet article
Repost0

commentaires