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22 octobre 2018 1 22 /10 /octobre /2018 21:50

Après tout cela, qui nous avait pris un peu de temps (surtout la boutique équitable, d'ailleurs ...), nous ne sommes arrivés à Brescia qu'en début de soirée.

Heureusement Ma Douce nous avait résrevé une chambre dans un endroit assez étonnant, un ancien monastère ou une ancienne maison de retraite pour prêtres vieillissants, bref, quelque chose de très ecclésiastique ...

ça par exemple c'est une vue de l'escalier d'honneur dudit refuge

et ça une vue du plafond de la petite église qui était forcément là ...

Un endroit assez spécial donc, mais pas si cher que ça et avec en plus un accueil très sympa, presque chaleureux. Le seul inconvénient pour nous voyageurs c'est que ce soir-là le restaurant était fermé. Force nous fut donc d'aller chercher notre pitance sur une petite place non loin de là qui était, elle, couverte de terrasses. Après avoir un peu fureté parmi les cartes, nous nous sommes assis et nous avons patienté en supportant du mieux possible le bruit ambiant ... Quel barouf, surtout au sortir des Alpes autrichiennes ! Musiques de toutes sortes (chaque établissement voulant imposer la sienne), discussions à très hautes voix (forcément, comment faire autrement ?), cris, rires ...Bon, j'arrête ... Heureusement nous avons pu manger assez rapidement et nous nous sommes esquivés avant que l'immense tablée de sportifs, qui s'étaient installés juste derrière nous, ne commence à entonner des chants de leur club !

Slalomant entre tables et chaises, nous avons enfin atteint une longue rue, aussi déserte et nue qu'un couloir d'hôpital ... Rassemblant notre courage nous avons poursuivi dans la nuit et nous avons enfin débouché sur une grande place, où se trouvait la cathédrale, qu'on appelle en italien le "Duomo".

Enorme, le Duomo, et fermé bien sûr à cette heure-là ! Mais ce qui nous a encore plus touché, juste à côté, c'est un bâtiment rond, plus ancien et moins "tape-à-l'oeil" que la cathédrale :

Nous avons continué à marcher dans les rues de la ville, tranquilles, et nous avons entraperçu bien d'autres merveilles, ce qui nous promettait un programme de visites bien intéressantes pour le lendemain. Et à ce moment-là nous ne savions pas que nous n'avions pas encore vu LE PLUS intéressant ...

Après une nuit réparatrice, et un petit déjeuner tout ce qu'il y a de roboratif dans la cour de l'établissement, nous nous sommes donc mis en route pour découvrir un peu plus les beautés entrevues au cours de notre périple nocturne ... Nous avons retrouvé le Duomo sans aucune difficulté :

ouf, ça en jette, hein ? un tantinet écrasant tout de même : quand vous vous trouvez là-dessous vous priez pour qu'un bout ne se détache pas malencontreusement de la façade ... l'intérieur était de la même veine : immense, riche ... et froid. C'est donc assez rapidement que nous nous sommes dirigés vers le bâtiment voisin qui nous paraissait bien plus sympathique :

mmmh ... ? un autre charme, tout de même, non ? un côté très antique, presque romain ... bon, en fait il s'agit d'une chapelle romane de style lombard, reconnaissable à ses bandes verticales et aux rangées de petites arcades dites arcatures ... et à l'intérieur c'était tout aussi rond et antique ... normal puisque le Duomo vecchio a été édifié au XIIème à l'emplacement d'une basilique paléochrétienne du VIIème siècle. C'est peut-être pour cela qu'on y trouve une crypte tout à fait intéressante :

Puis nous avons suivi le déambulatoire, admiré quelques peintures murales, un immense tombeau en marbre rouge, un Christ poignant ... et sommes ressortis au soleil pour poursuivre notre visite. Nous avons erré un peu au petit bonheur dans la ville, heureusement nous n'avons croisé aucune boutique équitable ! Nous n'étions pas au bout de nos découvertes ... sur une grande place où se tenait un marché nous avons remarqué une architecture assez particulière, typique des années 30 et du style mussolinien :

Ceci est l'hôtel de la Poste et juste à côté, sur la même place se trouve un autre bâtiment tout aussi intéressant :

tout en briques, celui-là, avec des motifs industriels et techniques, datant de l'époque radieuse où le Progrès était Roi ... Quel bonheur d'aller ainsi, à côté de Ma Douce, qui me dispense de sa douce voix quelques informations concernant l'histoire de l'art ...

Après les années 30, nous sommes remontés à la Renaissance, période qui n'est pas loin d'être notre favorite, en arrivant sur la place de la Loggia. Là aussi, un ensemble très impressionnant et très homogène datant de la fin du XVème et du début du XVIème siècles. La "Loggia" sert aujourd'hui d'hôtel de ville, ce qui fait que nous avons pu y entrer ...

un détail de la façade devant laquelle nous avons longtemps hésité : s'agissait-il VRAIMENT d'une oeuvre datant de la Renaissance ou bien n'était-ce pas plutôt du "néo" ? Rien n'indiquant une quelconque reconstruction nous avons fini par nous en tenir à la première solution. Nous sommes entrés donc, et là :

ah on peut dire qu'ils ont un joli cadre de travail, les employés de la mairie de Brescia ! Sans parler des différentes salles que nous avons pu visiter ici et là, avec un accueil très gentil, d'ailleurs, mais pas très conscient apparemment de la valeur du cadre : l'habitude sans doute ? Et tout cela serait authentique ? Incroyable, non ? Et pourtant il nous restait à voir LE PLUS intéressant ...

Sur la longue route qui y menait nous avons fait halte dans une église qui s'offrait à nous. Une halte qu'on avait prévue plus courte mais la dame qui nous y a accueillis était si bavarde, elle aimait tellement la France et parler le français que nous n'avons pas pu partir aussi rapidement ... Dans cette église, extrêmement riche et décorée, nous avons surtout remarqué :

au milieu de tous ces marbres et ces angelots, une Vierge allaitant beaucoup plus ancienne (à qui un pélerinage était dédié, si je me souviens bien) touchante de grâce et de simplicité. Nous avons fini par quitter la dame si volubile et nous avons suivi une longue rue sans beaucoup d'ombre ... Cela a commencé assez modestement :

Oui, je sais, certains d'entre vous seront peut-être impressionnés mais pour nous qui avions vu tant de vestiges romains pendant notre voyage aller, ma foi, ce n'était jamais qu'un forum de plus ! Nous avons eu un peu de mal à comprendre comment il fallait y entrer mais finalement il semblait que c'était gratuit et que la visite était libre. Cela ne nous a pas empêchés de tomber sur une guide qui s'échinait en plein soleil pendant que la majorité des membres de son groupe se réfugiait dans une ombre bienfaitrice ... Nous avons fait courageusement le tour de ces vieilles pierres, notant ici un amphithéâtre, là les restes d'un hypocauste, chauffage par le sol fort usité par les Romains. Rien que de très ordinaire, en fait, non LE PLUS sensationnel restait à venir ... Nous y voilà :

Le monastère de Santa Giula, fondé en 753 sur l'emplacement d'une villa romaine, est aujourd'hui un musée, et QUEL musée ! Eglise, chapelle, cloître, crypte, tous ces lieux regorgent de richesses incroyables !!! Voyez-en un petit aperçu :

ici il s'agit du premier étage d'une chapelle qui a été entièrement peinte au 16ème siècle ...

là il s'agit d'une autre partie, l'église elle-même, où je ne pouvais pas manquer, bien sûr, l'image de mon saint favori. Moins alangui tout de même qu'à l'époque baroque, il ressemble presque à une pelote d'épingles, le pauvre ! Et partout, partout, de la beauté, de la beauté sous toutes ses formes, dans tous ses matériaux ...

Bon là on fait carrément dans l'antique, mais peu importe, vous avez vu le soin, la finesse, la précision. Moi qui pensais il n'y a pas si longtemps que les Romains n'étaient que des brutes soldatesques, je m'aperçois que certains d'entre eux étaient des as de la délicatesse, et c'est tant mieux ! Et regardez un peu ce que nous avons trouvé dans la crypte :

oui, oui, c'est bien un Saint Sébastien moderne dont les flèches ont été remplacées par des petits oiseaux ! Merveilleuse idée, vous ne trouvez pas ? Bref, au bout de 3 heures de visite on était morts, vidés, sonnés ... mais le voyage n'était pas fini car le soir-même nous devions être à Susa, pas loin de la frontière française ... Ah c'est dur parfois, la vie de voyageur ...

Sur la route pas grand-chose à dire, sinon qu'il faisait toujours très chaud et que nous avons suivi l'autoroute en contournant Milan d'abord et Turin ensuite. Ah si tout de même : un nouvel étonnement devant les tarifs pratiqués sur les autoroutes italiennes : une fois ça paraît donné, et l'autre carrément exorbitant ! Mais comme nous avions déjà expérimenté les routes nationales et secondaires, sur lesquelles on n'avance guère ...

Nous avons fait une avant-dernière halte à Rivoli, juste après Turin. Pourquoi Rivoli ? A cause du nom qui fait penser à une élégante rue de Paris ? A cause de la victoire napoléonnienne qui a donné son nom à la rue ? Que nenni ! Tout simplement à cause du château de Rivoli qui est vraiment particulier, pour ne pas dire unique en son genre ...

eh oui ! tout en briques ou presque, ce château ! et pas petit, je peux vous le dire ! je ne sais pas vous mais moi je trouve qu'avec les briques c'est inépuisable tout ce qu'on peut faire, et souvent très joli ...

Comme ce château se trouvait sur une butte, un courant d'air circulait tout autour, ce qui était bien agréable et rafraîchissant ... En plus nous avons très vite découvert que de là on avait une vue imprenable sur la ville de Turin :

Vers l'est, Turin et tout au fond les Alpes qui commencent ...

Décidément il faisait bien bon à Rivoli, c'est pourquoi nous avons prolongé notre halte en prenant un pot au café du château ... Puis nous avons fini notre exploration des lieux, en nous contentant de l'extérieur puisqu'il était déjà trop tard pour visiter quoi que ce soit.  C'est un peu désolant d'ailleurs qu'en été, quand les journées se rpolongent jusqu'à 22 h les musées continuent de fermer à 18 !

mais même l'extérieur était très joli ...

Ensuite il ne nous restait plus beaucoup de route à faire pour atteindre Susa, notre halte de la nuit. Mais comme il faisait encore jour nous avons décidé de ne pas nous presser et de prendre la petite route qui suivait la vallée de la Dora, ce qui nous a permis de découvrir une autre charmante petite ville au doux nom d'Avigliana. D'ailleurs Ma Douce avait repéré un autre lieu qui avait l'air intéressant, quelque chose comme San Michele, mais lui nous n'avons pu qu'en faire le tour. C'est sûr que même de la route ...

En fait, une espèce de "Mont Saint-Michel" perdu au milieu des Alpes, quoi !

Et quand on va sur le site de la "Sacra di San Michele", on apprend que cet endroit a inspiré "le Nom de la Rose" d'Umberto Eco, ce qui n'est pas rien ! On y apprend aussi l'existence d'un itinéraire de pélerinage de plus de 2000 km qui relie le Mont Saint-Michel, en France, au Monte Sant’Angelo, aux Pouilles.  Avis aux amateurs !

Quand nous sommes arrivés à Avigliana par cette charmante petite route, le soleil était bas sur l'horizon, et la lumière dorée à souhait. Là aussi il fallait monter bien raide pour arriver sur la place centrale ...

Comme vous pouvez le constater, il n'y avait pas foule dans le village ! Et tout autour de cette placette, dans toutes les directions, des vues à couper le souffle ...

"Que la montagne est belle !" comme dit la chanson. Et c'est sûr que là aussi cela donne envie de rester, de goûter le temps, de mieux connaître les gens, leurs us et coutumes, Mais c'est la destinée du voyageur que d'accumuler les aperçus, en se promettant régulièrement de revenir ... Si on devait aujourd'hui revenir dans tous les endroits où on s'est promis de le faire, je crois bien qu'une vie entière n'y suffirait pas !

hé oui, interdiction de stationner, c'est là notre destin !

Alors est-ce que vous vous rendez bien compte de TOUT ce que nous avons fait en une seule journée ? Et encore ce n'était pas tout à fait terminé puisque après avoir déposé notre bagage à l'hôtel de Susa (plutôt cher pour ce qu'il était), après avoir mangé dans un petit restaurant qui alliait simplicité et bonne ambiance, nous avons encore trouvé la force de nous promener un moment de nuit dans les rues de Susa ... ah ce n'est pas une sinécure, croyez-moi, d'être marié à une historienne de l'art aussi acharnée que Ma Douce !

mais demain sera un autre jour ... et un autre article !

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