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26 avril 2019 5 26 /04 /avril /2019 19:40

Finalement ce n'est que cinq heures et demie plus tard que nous sommes arrivés à la gare routière de Budapest, après avoir longé un moment le lac Balaton et reconnu au loin notre cher Badacsony ... Et là, patatras, le métro ne fonctionnait pas, pour cause de travaux, et il fallait prendre un bus de remplacement pour aller jusqu'à la station de la ligne M3. Bien sûr un bus nous a filé sous le nez juste quand nous arrivions ... A la station de métro Apu nous attendait et nous sommes bientôt arrivés chez lui, où la pálinka traditionnelle nous attendait. Tout en mangeant un délicieux "rakott krumpli" nous avons échangé quelques nouvelles mais pas trop parce que le lendemain nous devions nous lever tôt pour prendre le train pour Győr.

A la descente du train un chauffeur nous attendait, qui nous a emmenés jusqu'à la fameuse abbaye de Pannonhalma. Je dis "fameuse" mais peut-être que vous ne la connaissez pas ? Eh bien sachez, bande d'ignares, que c'est une abbaye bénédictine fondée en 996, et classée au patrimoine mondial de l'humanité.

Elle abrite également une école, un lycée de garçons de 350 élèves en internat, les logements des moines, un foyer pour personnes âgées, une bibliothèque et une école supérieure de théologie. Mais j'aurai l'occasion d'y revenir. Quelques chambres (vendégszoba) sont aussi destinées aux visiteurs qui, comme nous, viennent y passer quelques jours. Désolé mais là non plus, vous ne saurez pas pourquoi.

Ma Douce, en tout cas, y était pour une raison bien précise mais moi, qu'allais-je bien pouvoir faire pendant quatre jours et demi que nous devions rester ?

errer dans les couloirs, telle une âme en peine ?

descendre et remonter les escaliers, jusqu'à en avoir les mollets en feu ?

attendre que le soir tombe ... lentement ?

me planter devant l'un des nombreux portraits figurant dans les couloirs jusqu'à en extraire la substantifique moelle ?

Eh bien en fait j'ai fait tout ça, et même plus. D'abord je suis sorti de l'abbaye et je me suis baladé dans les environs. C'est étonnant comme les environs sont aménagés : arboretum, sentiers, passerelles, belvédère au-dessus de la vallée, un gymnase tout moderne, un restaurant de haute tenue, si haute qu'il n'a même pas été possible d'y boire une simple bière ... C'est presque comme un campus tout autour du bâtiment. Mais comme nous sommes en Hongrie, il y a de l'Historique également :

témoin ce temple néo-classique, érigé en 1896 pour marquer le millénaire de la Glorieuse Nation

Et puis j'avais plein de choses à faire : Ma Douce m'avait confié la lecture d'un livre "savant" consacré au voyage du roi Charles IX en 1564-1566, des fois que j'aurais pu y trouver des informations intéressantes pour son travail. Je me suis tapé consciencieusement les 349 pages et je ne peux pas dire que mes recherches aient été bien fructueuses ... En plus, je ne sais pas si c'est souvent le cas dans les livres "savants", mais l'auteur m'a semblé obsédé par les statistiques. Exemple : la correspondance de Catherine de Médicis qui, bien sûr, accompagnait son rejeton. Eh bien saviez-vous que pendant le séjour à Moulins (qui a duré 90 jours) elle a écrit 0,39 lettre par jour alors que, tenez-vous bien, pendant celui de Troyes (qui n'a duré, il est vrai, que 23 jours) elle en a écrit 0,96 ? Cela vous la baille belle, n'est-ce pas ? Eh bien moi aussi. Inutile de vous dire que j'étais bien content en tournant la dernière page ...

Une fois ma mission accomplie je suis allé prendre l'air. J'ai cherché la bibliothèque, dont je me disais qu'elle devait contenir des incunables, parchemins, manuscrits d'une incroyable beauté. La première fois je fus déçu à la fois par la toute petite porte, et par le fait qu'elle était fermée ...

une toute petite porte de rien du tout, mais là elle est ouverte

Mais la deuxième fois nous pûmes enfin y pénétrer ... Quel bonheur de voir tous ces vieux livres accumulés, alignés sur d'innombrables étagères. Et dans les vitrines de véritables trésors, plus que millénaires. Ajoutez que l'ami archiviste qui nous fit faire la visite nous indiqua que sous nos pieds il y en avait encore autant mais que ceux-ci n'étaient pas accessibles aux visiteurs. Que de mystères ...

Et puis il y a tout le temps plein d'activités à Pannonhalma ... Un soir, un match de foot inter-classes où les supporters poussaient des cris de bêtes sauvages ; un matin la visite d'une expo d'art contemporain dans la salle dédiée à cet effet ; un autre matin des recherches (infructueuses) dans des cartons de vieux livres destinés à la vente ; encore un matin une visite guidée par des élèves dans différents lieux de l'abbaye avec comme fil conducteur "l'accueil de réfugiés Juifs pendant la seconde guerre mondiale". Car en effet l'abbé de l'époque a permis à plusieurs personnes d'échapper aux rafles et à la déportation. Nous avons d'abord assisté à une lecture de textes dans l'église, agrémentée de psaumes et d'un solo au saxophone puis j'ai déambulé avec un groupe, en nous arrêtant ça et là à des endroits bien précis où des élèves nous attendaient pour dire des textes. Evidemment je n'ai pas tout compris mais c'était quand même émouvant de voir la concentration (oups, pardon) de tous ces beaux jeunes gens ...

une "installation" dans le cloître de l'abbaye ...

une photo un peu volée du plafond du bureau de l'abbé, de qui j'ai eu l'honneur de serrer la main ...

Que vous dire d'autre ? Pas grand-chose sinon qu'un jour nous nous sommes échappés de l'abbaye en bus pour aller à Györ, qui n'est pas très loin. Nous y avons retrouvé une amie très chère avec qui nous avons mangé dans un restaurant dégueulasse. Nous avons fait un tour en ville, puis nous avons échoué à la poste (j'adore la poste hongroise, dès qu'on met le pied dedans on SENT qu'on a affaire à une véritable institution) pour timbrer des cartes postales. J'en ai profité pour jouer au Lotto hongrois mais hélas j'ai perdu. Et puis on a vu arriver un autre ami très cher, photographe de son état, qui m'a fait visiter l'intérieur du lycée : un orchestre y répétait dans la salle de spectacle. Et puis, et puis ce fut l'heure de partir, de quitter Pannonhalma, mais il se pourrait bien qu'on y revienne un de ces jours ...

Szia everybody ! so long ... so long ... ("On the road again" Canned Heat)

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