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22 septembre 2020 2 22 /09 /septembre /2020 07:43

Nous sommes donc restés cette année une dizaine de jours en Hongrie, d'abord à Budapest, puis au bord du lac Balaton, puis à Baja, avant de revenir à Budapest. Tout ceci aboutit donc à des vacances assez "fragmentées", mais comment faire autrement quand on dispose d'aussi peu de temps et qu'on a tant de gens à voir ?

D'une manière générale j'ai trouvé que les Hongrois respectaient assez bien les dispositions sanitaires liées au COVID. En particulier dans les transports en commun : rares sont celles ou ceux qui ne portent pas de masque. En revanche une chose m'a étonné : contrairement à la France on ne trouve de gel hydroalcoolique pratiquement nulle part ! Une anecdote amusante : chez deux "antikvarium" où j'avais tripoté allègrement des livres anciens, au moment de passer à la caisse, comme je ne savais pas le dire en hongrois j'ai fait le geste de frotter mes mains l'une contre l'autre. Eh bien, vous savez quoi ? Les deux fois, après un éclair de compréhension, on m'a proposé ... un sac en plastique ! Un genre de malentendu culturel, quoi ...

J'ai profité de ce premier séjour à Budapest pour aller au zoo rendre visite à Ingrid, une mignonne girafe que j'ai adoptée officiellement il y a une dizaine d'années. Comme je n'ai pas trouvé de gardien pour me renseigner je n'ai pas pu être sûr de la reconnaître. J'ai hésité entre une très grande qui n'a pas bougé d'un pouce tant que j'étais là et une autre, plus petite et avec des taches plus noires, aux yeux un peu coquins et bordés de très longs cils ... J'ai attendu jusqu'à ce que je sois seul pour chuchoter son prénom mais manifestement les girafes n'en sont pas arrivées à ce degré d'évolution. Une chose m'a fait plaisir : sur la bordure de l'enceinte il y avait une belle plaque qui déclarait que oui, Ingrid avait bien été adoptée en telle année et que tout le monde pouvait en faire autant, moyennant finance, pour un autre animal ...

Dernière minute : vous savez quoi ? J'ai fait une recherche sur Internet : Ingrid girafe zoo Budapest. Et j'ai appris qu'Ingrid est née en janvier 2007, qu'elle est arrivée du zoo de Prague au printemps 2008, qu'elle a eu un premier bébé en 2012, et un autre en 2015 ! J'ai donc été déjà 2 fois grand-père, sans le savoir !

zsir

                                                                                                                                                                                                                                                                   dailynewshungary.com

est-ce elle, avec son bébé ? je ne saurais l'affirmer !

Après nous sommes allés passer quelques jours dans la maison de famille au bord du lac Balaton, et en effet tout le monde était là : Anyu, Apu, le frère, la sœur, le beau-frère, Ma Douce et moi. On aurait pu chanter "Si j'avais un marteau" mais je ne sais pas s'il en existe une version hongroise. En attendant, et en parlant d'outil, j'ai fait à nouveau un peu de maçonnerie pour un ami dans un petit village pas trop loin de là. Manque de chance, et un peu stupidité de ma part, j'avais oublié de mettre ma ceinture de force et dès le premier jour, en voulant bouger une très grosse pierre (première marche d'un futur escalier), je me suis fait ce qu'on appelle couramment un "tour de reins" ! Ouillouillouille, je ne vous dis pas la douleur ! Cela ne m'a pas empêché de continuer tant bien que mal mais l'escalier est loin d'être fini ...

Ensuite nous sommes allés passer quelques jours à Baja, petite ville du sud de la Hongrie, non loin de la frontière serbe. Ah ! arriver à Baja par la route du Gemenc, je vous le conseille ! La route longe un royaume de mystère où l'on sent que des tas de bêtes bizarres doivent habiter ... Une fois de plus on s'est dit qu'un jour il faudrait prendre le petit train touristique qui le traverse, et une fois de plus ... A Baja, Anyu s'est très bien occupée de moi : elle m'a fourni des cataplasmes japonais (pas la peine d'essayer de lire la notice d'emploi) et des pilules calmantes qui m'ont permis de supporter la douleur. Du coup je lui ai offert un des collages que j'ai réalisés pendant le confinement ...

c'est elle qui l'a choisi : un bon choix, je trouve !

Pendant notre séjour à Baja, nous sommes allés passer une journée à Pécs, ville au sud-ouest de la Hongrie qui fut il n'y a pas si longtemps "capitale européenne de la culture". Ou plus exactement dans le "quartier Zsolnay", au bord oriental de la ville. Si vous voulez en voir quelques images, vous pouvez suivre le lien : 2020/09/quinze-jours-en-hongrie-voir-l-article-correspondant-le-quartier-zsolnay-de-pecs.html qui devrait vous y conduire ...

Enfin nous sommes retournés à Budapest. Comme au départ du Balaton, le coffre était plein à craquer !  Je ne sais pas si c'est une habitude hongroise, ou bien si c'est une spécialité de la famille de Ma Douce, mais à chaque fois qu'il faut se déplacer, je vous assure qu'on ne fait pas le voyage à vide ! Ou alors un lointain héritage des tribus nomades qui auraient envahi le bassin carpathien ? Toujours est-il que cela en fait des sacs à charger et à décharger ...

Ils ne sont pas les seuls d'ailleurs ... Je ne sais pas si cela a un vrai rapport avec les couches et les sédiments (qui me semblent un trait typique de la société et de la culture hongroises ...) mais toujours est-il qu'un gros, un énorme, un gigantesque sac a été déchargé non loin du Parlement ... en souvenir du traité de Trianon de 1920. C'est à cette occasion, comme vous le savez tous, que la Hongrie a été punie par les puissances victorieuses, en se faisant amputer des 2/3 de son territoire. Pour commémorer le centième anniversaire de ce triste épisode, un monument a été construit :

comme vous le voyez, une longue tranchée, juste en face de l'entrée du Parlement ...

Un monument au ras du sol donc, presque une catacombe, dans laquelle on descend doucement, environné par les noms des 12000 villes et villages qui formaient autrefois le territoire hongrois, composé de tant de peuples et de nations ...

exemple : Maroshévíz, aujourd'hui Toplita, en Transylvanie roumaine ...

Nagymihály ("le grand Michel") aujourd'hui Michalovce, en Slovaquie...

Et l'on descend ainsi, en piochant un nom par ci, par là. J'ai même trouvé un "Kisaranyos" ("petit doré" ou "petit mignon" en hongrois, aujourd'hui Zlatno en Slovaquie), qui désigne un village de 219 habitants (donnée Wikipédia de 2016) ! Nul ne semble oublié, du plus grand, Budapest évidemment, au plus petit. Et puis la rampe finit par conduire jusqu'à une espèce de déambulatoire souterrain dont une flamme éternelle occupe le centre :

Que vous dire d'autre ? Sinon que ce monument, pour lequel on aurait pu craindre le pire (les Hongrois, comme beaucoup d'autres peuples, ont tendance quelquefois à se laisser dans un délire colossal et mégalomaniaque), m'a paru assez discret et de bon goût, "classe" pour le dire en un mot. En plus la symbolique est assez forte : aligner tous ces noms comme autant de pierres tombales c'est aussi d'une certaine manière accepter d'enterrer le passé tout en lui rendant hommage ...

Les réactions des visiteurs étaient aussi intéressantes à observer : d'une manière générale les plus jeunes allaient à grandes enjambées en souriant (j'ai même cru surprendre quelques sourires goguenards) mais les plus anciens s'arrêtent devant tel ou tel nom, l'examinent encore et encore, leurs épaules s'affaissent un peu plus, et ils ne tardent pas à chercher leurs mouchoirs ...

Szia, en attendant un troisième article sur le retour de Hongrie : arriverons-nous à passer la frontière autrichienne ? en combien de temps ? vous le saurez bientôt en lisant : "Quinze jours en août (3) : le retour de Hongrie" !!!

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