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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 10:45
Jo napot kivánok !

Pour moi, fils de prolo, l'opéra appartenait à "l'autre monde", celui des riches, des nantis, de ceusses qui pètent dans la soie. Je n'y avais donc JAMAIS mis les pieds, même quand j'aurais pu, jamais ... jusqu'à hier soir, à l'opéra de Budapest !
1ère surprise, ce n'est pas siiii cher, l'opéra, enfin, à Budapest au moins. 3 000 forints la place, soit un peu plus de 10 euros. Bon, je sais, c'est un peu bête, ce que je dis : d'abord, il y a aussi des places beaucoup plus chères (10 000, et plus) et puis, il y a le niveau de vie, une place de cinéma ici coûte 800-1 000 forints, c'est-à-dire la moitié d'une place française. Mais quand même ...
2ème surprise, on n'a pas besoin d'être si "classieux" que ça pour aller à l'opéra, enfin, à Budapest en tout cas. Ma Douce a mis sa petite robe noire toute simple qui lui va si bien, et moi une chemise propre, et voilà ! Et effectivement, dans le public, j'ai pu constater qu'il n'y avait pas que des visons, des smokings et des rivières de diamants. En fait, je crois bien que je n'en ai pas vu du tout !
3ème surprise, on a le droit de prendre des photos à l'intérieur de l'opéra. Je ne m'en suis donc pas privé ! Comme on était un peu à la bourre pour rejoindre nos places (la séance commence à 7 heures), la 1ère, que j'ai prise en montant les escaliers 4 à 4, a donné ça :


Ah oui ! J'ai oublié de vous dire qu'on allait voir-écouter "Fidelio" de Beethoven ... heureusement que Ma Douce m'avait un peu expliqué l'histoire dans le métro qui nous amenait parce que c'est quand même vachement compliqué, un opéra, enfin, celui-là en tout cas. Fidelio, en fait, c'est une femme qui s'est déguisée en homme pour s'introduire dans la prison où son homme à elle est arbitrairement détenu par le directeur, qui en a gros sur la patate contre lui. Comme c'était chanté en allemand (évidemment) et surtitré en hongrois (bien sûr) je dois avouer que j'ai plus d'une fois laissé errer mon regard vers la salle, bien pleine, l'orchestre (qui jouait en direct !), et le plafond très-richement décoré :


N'empêche, c'est vraiment une découverte pour moi ! C'est assez "total", comme spectacle, un opéra : on voit et on entend un orchestre (avec un chef à cheveux blancs qui s'agite, tout bien comme il faut), on voit des acteurs, on entend des chanteurs, tout ça. Je sais que cela peut paraître banal, voire trivial, à certains (en particulier à ceux qui ont pondu, ou lu, des bouquins de 600 pages sur le sujet !) mais voilà, pour un novice, c'est une VRAIE surprise, ne vous en déplaise !
De temps en temps, je regardais l'orchestre, et en particulier les 4 cors, situés juste en face, au fond.


(là, c'est la pause entre les deux actes, et vous pouvez voir leurs 4 chaises vides à gauche contre le mur)

J'ai remarqué qu'il y en avait un qui jouait plus souvent que les autres, et j'ai d'abord pensé que c'était le chef des cors. Celui qui jouait un peu moins, je l'ai pris pour un sous-cor, et les 2 autres, qui ne jouaient presque jamais, en fait seulement quand tout le monde s'y mettait, pour des sous-sous-cors. Mais je ne suis pas sûr, peut-être qu'ils avaient chacun un cor différent et que cette partition-là les sollicitait inégalement ?
En tout cas, ça n'a pas l'air tellement gratifiant, le cor, comme instrument ! Non seulement vous jouez peu, voire très peu, mais dès que vous avez fait trois notes, vous êtes obligé de renverser votre instrument contre votre oreille pour écouter ce qu'il y a dedans, puis d'en démonter certains tuyaux pour les secouer devant vous d'un air faussement négligent ! Ma Douce m'a expliqué ensuite qu'ils devaient probablement cracher dedans quand ils soufflaient, et que c'était de la salive qu'ils tentaient d'évacuer de la sorte ! Mais c'est dégoûtant ! Ils devraient faire quelque chose pour ces foutus cors, je ne sais pas moi. Peut-être y enlever quelques coudes, pour que ça condense moins (c'est vrai, il y en a tellement, des coudes, qu'on dirait des alambics !), ou trouver un nouveau matériau ? Et quand vous pensez que ça dure depuis des siècles, comme ça !

La pause, donc, de vingt minutes environ. Le temps de se déplacer en masse vers le buffet (c'est l'occasion de dire que les Hongrois me semblent former un peuple très "bousculant" : quand il y a une foule, dans le métro ou ailleurs, c'est un peu "pousse-toi de là que je m'y mette", et comme ils, ou elles, sont plutôt solides, les Hongrois-e-s, vous voyez d'ici le problème ...)


, puis de se glisser vers la terrasse pour y fumer une cigarette ...



le temps d'attendre que Ma Douce revienne des toilettes ...


Nous nous réinstallâmes bientôt dans notre petite loge du deuxième étage, mais au deuxième rang seulement, parce que quand même, à 3 000 forints, il faut pas rêver ! Mais Ma Chère Douce, qui n'a pas les yeux dans sa poche, eut vite fait de remarquer que personne ne revenait au balcon de la loge à côté ! Cinq minutes plus tard, nous y étions, avec une vue complètement dégagée sur tout le spectacle !!!

Précisément LÀ, accoudés au balcon vide, au premier plan, à droite. Vous pouvez imaginer ça ???

Deuxième acte donc, auquel je n'ai pas compris beaucoup plus de choses qu'au premier. Le directeur de la prison n'était jamais content, il n'arrêtait pas de chanter comme si on lui avait marché sur le pied. Fidelio était "joué" par deux personnes : un jeune homme muet qui était son corps, et une femme habillée en rouge qui était sa voix. Et quelle voix !!! Cette femme était capable de se faire entendre même quand tout l'orchestre jouait à fond, et du Beethoven joué à fond, ce n'est pas rien quand même ! Dans l'ensemble c'était une mise en scène "moderne", avec des tas de figurants habillés de manières diverses et étonnantes : des fois on se serait cru à Abou Grahib ou Guantanamo (prisonniers avec des cagoules informes et rouges sur la tête), d'autres fois en pleine campagne électorale américaine (Christ avec coeur électrique clignotant sur la poitrine). Le directeur, à la fin, a été bien puni : il s'est fait embarquer par deux types tout droit sortis de "Men in black" !

Pour vous donner une petite idée de la chose :

Et puis voilà, c'était déjà fini !!! Au bout de 3 heures quand même, mais croyez-moi, je ne les ai pas vues passer !

On a jeté un dernier regard sur le grand escalier :


Le monsieur en noir, là, c'est lui qui faisait les entrées et les sorties, et il avait l'air vraiment super-gentil !

Viszontlátásra !



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commentaires

Camille 20/10/2008 09:15

Mince ! Et moi qui vient d'acheter un cor pensant que c'est plus maniable qu'un piano...

Lucas 17/10/2008 22:08

Ben ça... J'm'attendais pas d't'à fait à ça!
Héhé, comme quoi je suis allé à l'opéra avant toi! C'était à l'Opéra Bastille à Paris, en 2de, quand je suis allé voir le Lac des Cygnes.
Intéressant, Beethoven, mais à quand la scène locale, dediou?

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