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8 novembre 2008 6 08 /11 /novembre /2008 17:13
Jó estét kívánok !
(en effet, ici, il est 5 h et il fait déjà nuit)

Quand vous vivez quelque part vous ne pouvez pas, à un moment ou à un autre, ne pas rencontrer d'autres personnes expatriées comme vous. Ce fut le cas au Maroc et à Madagascar, la particularité étant que cela se faisait essentiellement "entre Français" (mais pas toujours, cf John, l'Américain rencontré à Diégo-Suarez, et puis Andrew et ses parents, bien sûr). Mais il s'agissait d'ex-colonies françaises, et le système de l'ex-colon était encore bien présent. Ici, c'est différent. Il y a un journal, le Journal des Français de Budapest, le "JFB" je pense, qui n'est pas mal du tout mais je n'ai pas du tout cherché à contacter le milieu français de Budapest. Je crois cependant qu'il y en a un. Adrian, le prof d'anglais à qui je donne des leçons de français, est marié à une Française. Et il m'a dit au début du cours qu'un de ses objectifs était de mieux se débrouiller dans les "partys" françaises ! J'ai simplement envoyé un CV à l'Institut Français, et un autre au Lycée, pour lesquels on ne m'a même pas accusé réception : ça ne m'a pas trop donné envie de continuer !
Non, ici les "expats" que je rencontre sont celles et ceux qui, comme moi, ont décidé de tenter l'ascension de l'Everest des langues : le hongrois ! Ah ! que n'ai-je pas entendu dire sur le hongrois et sur son extraordinaire difficulté ! Et par les Hongrois-e-s même parfois, qui n'en sont pas peu fier-e-s, je pense.  Il n'y a qu'à voir le respect, l'estime dans lesquels les écrivains hongrois sont tenus, et cela peut aller jusqu'à l'adulation, comme pour Pétöfi Sándor.
Nous, les téméraires, nous nous retrouvons chaque semaine, les lundis et  mercredis, de 10 h à 12 h 30 dans une des salles de la Hungarian Language School, dont vous avez déjà pu apprécier quelques photos extérieures dans "Mon école de hongrois". L'intérieur n'est pas mal non plus :


Les séances sont coupées par une pause à 11 h 30, pendant laquelle une gentille dame nous sert thé, café et petits gâteaux :


Mais pas moyen de prendre correctement la gentille dame en photo, étant donné qu'elle bouge tout le temps !
Pendant ce temps, dans la salle de cours ...c'est évidemment beaucoup plus calme !!!

Mais où sont donc passés nos Indiana Jones de la linguistique finno-ougrienne ? Ont-ils définitivement baissé les bras, plantant là cahiers et crayons, pour aller hurler leur frustration et leur désespoir à la sortie du métro Astoria ?
Que nenni, en voici quelques-un-e-s en train de reprendre des forces pour la deuxième partie du cours :
Bien sûr, on n'entend pas beaucoup de hongrois, à la pause ! Les Anglais-e-s parlent anglais entre eux, les Espagnol-e-s parlent l'espagnol, les Turc-que-s le turc, et moi le français, avec Saskia qui vient de Suisse francophone. D'ailleurs, voilà Saskia :


Très jolie, n'est-ce pas ? Et très sympa, en plus ! On a pas mal discuté de l'intégration en Hongrie, pas évidente d'après elle qui est là depuis 8 mois. Elle est dessinatrice en bâtiment et vit avec Tamás, un étudiant en Relations Internationales, mais leur projet est plutôt de repartir pour Berlin (où ils se sont connus ... dans un cours d'allemand !) et de vivre un moment là bas. J'ajoute que c'est une championne de ski de fond, et qu'elle a été sélectionnée pour l'équipe suisse des "joeunes" (comme elle dit) et qu'à mon avis il devait y avoir de la concurrence !
Parfois Saskia, qui est ma voisine de table (ce qui fait qu'elle n'arrête pas de copier sur moi quand on fait des exercices !), discute de l'autre côté avec Heidy :

Heidy, qui fume le cigare à la pause, est née en Allemagne juste après la guerre. Elle y a étudié la musique, aussi bien folk que d'église. Puis elle a émigré en Afrique du Sud en 1962, où elle est restée jusqu'en 1977, date à laquelle elle est revenue en Allemagne pour y travailler comme organiste. Elle a ainsi alterné les séjours puisqu'elle est retournée vivre à Johannesbourg en 1989 et elle y fut guide touristique. Maintenant elle vit à nouveau à Budapest après s'être remariée avec son 2ème mari, qui est hongrois. Elle s'est enfin décidée à apprendre la langue ...
Bien sûr, comme dans toute classe de langue qui se respecte, nous travaillons régulièrement en groupes de 2, 3 ou 4. Or donc, la 4ème mousquetaire avec qui il m'arrive de peiner, outre Saskia et Heidy, se nomme Amy :

Vous la voyez ici qui fait semblant de réfléchir pour la photo !
Je ne sais pas si c'est parce qu'Amy vient de Birmingham, en Angleterre, mais c'est la championne des retards ! Elle arrive toujours dix minutes après le début du cours, et se confond en "bocsánat, bocsánat" ce qui, vous l'aurez compris, signifie "excusez-moi, pardon, désolée ..." Elle est venue à Budapest pour y étudier pendant un mois, et elle y vit maintenant depuis plus d'un an en enseignant l'anglais. Elle est venue par curiosité, et l'amour d'un Hongrois l'y a faite rester ! Elle est très sympa, toujours prête à éclater de rire !
Dans la catégorie "retards", Amy est suivie de près par Svetlana :

Svetlana, comme son nom l'indique, est une Russe de St Petersbourg et elle adore le lait, la lecture, les longues balades et la photographie. C'est l'amour d'un escrimeur qui l'a amenée à Budapest. Elle aime également la vie, le patin à glace (normal !) et celui à roulettes, voyager, apprendre une langue (c'est probablement celle qui a le plus de facilité parmi nous), les dessins animés soviétiques, le cinéma mais, par dessus tout, La Vie ! Elle travaille pour des communautés d'accueil de voyageurs (CouchSurfing.com et HospitalityClub.org) et elle est végétarienne aussi. L'été dernier, elle a survécu à un campement improvisé quelque part dans une forêt de Crimée, et elle a trouvé ça super !
Je pense que l'on peut décerner la médaille de bronze des retardataires à Serap :Serap vient d'Antalya, en Turquie. Elle a commencé des études d'Administration publique à l'université d'Akdeniz mais elle les a interrompues pour venir travailler à Budapest comme "European Volunteer", un programme soutenu par la Commission Européenne. Elle travaille avec des jeunes femmes en difficulté et prépare pour elles des activités (stages, séminaires, et même camping) autour de thèmes de réflexion actuels (SIDA, relationnel, leadership, ...) Elle est très discrète mais très attentive, bien impliquée dans son apprentissage du hongrois.

Après les "retardataires", voyons les étudiants "à éclipses", c'est-à-dire celles et ceux qui viennent ... ou qui ne viennent pas, c'est selon ! Dans cette catégorie, la palme revient sans conteste à Angelos :Angelos est un Chypriote qui vient de Limassol, et il vit en Hongrie depuis 4 ans. Il suit des études de médecine à l'université Semmelweis. J'ai cru comprendre que la sélection pour entrer en fac de médecine était moins grande en Hongrie qu'ailleurs (un peu comme pour les études de kiné en Belgique, peut-être) et que par conséquent cela attirait pas mal d'étudiant-e-s europén-ne-s.

La médaille d'argent des "éclipses" sera décernée à Gökhan :

Gökhan, qui manifestement est en train de se demander à quoi ça sert d'apprendre une langue aussi compliquée que le hongrois, vient de Turquie, comme Serap. Comme elle également, il est "Volontaire Européen" mais lui s'occupe de garçons de 6 à 11 ans qui se sont réfugiés en Europe avec leurs parents. Ces garçons viennent d'un peu partout : Afrique, Moyen-Orient, Asie, ... Je pense que sa tâche essentielle est de leur redonner un peu de joie de vivre et de les laisser être des enfants ...

Sur la 3ème marche du podium "éclipses", nous trouvons Harlan :
Harlan est un Anglais d'origine écossaise. Il est venu vivre à Budapest pour un an avec sa femme Elmina, qui est hongroise et cuisinière, et sa belle-fille Laurien, qui a 16 ans. Il est écrivain et il réalise (écriture et mise en scène) des films vidéo. Il joue de la guitare et de la basse également, et cette année il a réalisé 2 CD : l'un avec son groupe en Angleterre (le groupe s'appelle "In Bob we trust", en révérence à Bob Dylan !), l'autre avec sa belle-fille en Hongrie. Il se déclare très heureux d'être à Budapest !
Avant de passer à la catégorie des "assidu-e-s" (dont je me glorifie de faire partie !) il convient probablement de parler de Mike :

Mike (qu'on appelle aussi Michka) est un jeune Londonien qui a rejoint le groupe un peu plus tard. Une grande partie de sa famille est hongroise. Il est donc venu à Budapest apprendre le hongrois pour mieux communiquer avec elle, mais aussi pour faire le lien entre cette partie et l'autre partie qui vit à Londres. Il y a également du "business" en jeu car, comme il le dit lui-même, "Hungary is a growing prospect of a future expanding market in multiple fields". Son projet, quand il retournera en Angleterre, est d'y étudier les Relations Internationales et la Politique.

Alors, voyons maintenant les "pur-e-s et dur-e-s", celles et ceux qui n'arrivent jamais en retard et qui sont toujours là. Précisons que Saskia et Heidy en font partie. Ils méritent tous une médaille d'or, comme Anna :
Anna, qui voudrait se faire oublier, comme le montre bien la photo, est une jeune Espagnole de Cadix et elle a également "des yeux de velours" ! Comme Angelos, elle est venue en Hongrie pour faire des études de médecine. Très discrète, sérieuse, travailleuse, je pense que dans le groupe c'est elle qui a fait les plus gros progrès en hongrois.
Avec un profil un peu similaire (discrétion + sérieux) mais dans un tout autre genre, nous trouvons Anh :

que tout le monde appelle The Anh, mais ce semble être une erreur d'après le petit papier qu'il m'a donné ! Anh a une passion dans la vie, ce sont les Echecs ! Il est déjà Maître International, avec un classement Elo de 2420, si ça dit quelque chose à quelqu'un. Il est venu à Budapest pour s'entraîner, améliorer son jeu et participer à des tournois. Il est d'une gentillesse et d'une douceur incroyables ! Tellement d'ailleurs que quelquefois on a bien du mal à entendre ce qu'il dit ! Lui aussi a fait d'énormes progrès, surtout dans la prononciation du hongrois avec laquelle il avait vraiment du mal au début.
Voilà, j'ai vérifié, je crois (j'espère !!!) que je n'ai oublié personne. Voilà notre petit groupe de 12, très cosmopolite, et dans lequel règne une bonne entente. Chacun-e a sa vie, sa personnalité, ses centres d'intérêt mais c'est resté un plaisir, après 16 cours de hongrois quand même, d'aller à la HLS et d'y retrouver les compagnons d'infortune !
Je n'aurai garde d'oublier nos professeures.
Il y a d'abord Idilko :qui fait l'andouille parce qu'elle n'aime pas les photos. On travaille avec elle depuis le début donc on commence à la connaître un peu. Mine de rien, elle dirige son cours d'une main ferme et évite que nous nous perdions en considérations superfétatoires ce qui, avec le hongrois, ne saurait manquer d'arriver. On apprend surtout un hongrois "de communication" et récemment j'ai épaté deux amis français qui faisaient une virée à Budapest en commandant, au café, deux thés (dont un au lait) et un café sans l'ombre d'une hésitation. Et même que le serveur n'a pas tiqué ! Mais bon, ne nous faisons pas d'illusions : pour vraiment apprendre le hongrois, il faudra quelques années !
Notre deuxième professeur est Bogi :
que nous voyons ici en train de guider Svetlana et Gökhan sur le sentier ardu du suffixe possessif de la 3ème personne. Nous ne travaillons avec elle que depuis assez peu de temps, et ses cours sont donnés en alternance avec ceux d'Idilko. Tout ce que je peux dire, c'est qu'avec elle, ça bouge beaucoup : on se lève, on va au tableau, on s'assoit, on se relève, il y a même une fois où il aurait fallu faire de la gymnastique ! A mon âge !

Personnellement, j'ai pris des cours jusqu'au mois de février mais dans la mesure où l'enseignement est un peu "à la carte", avec différentes formules, je ne sais pas ce que le groupe deviendra d'ici là. Certain-e-s, je crois, commencent à se poser des questions sur le fait de consacrer autant de temps à un apprentissage qui leur sera probablement de peu d'utilité par la suite ... s'ils ne restent pas en Hongrie ! heureusement, JE ne me pose pas ce genre de questions parce qu'avec Ma Douce, c'est vraiment du sérieux et on espère bien qu'on est partis pour faire un bon bout de chemin ensemble ...

Viszontlátásra !

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commentaires

L
Je comprends plus rien, tes nouveaux messages apparaissent en bas des derniers!
En tout cas ça fait plaisir de voir du monde aussi... Ça m'a l'air bien vivant et de bonne compagnie tout ça!
Et qui sont donc ces deux français venus te voir?
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S
He is a fencer, not a hockey player :)
http://www.flickr.com/photos/costadelsol/sets/72157604096305813/
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