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24 novembre 2008 1 24 /11 /novembre /2008 15:47

Baja est une petite ville du sud de la Hongrie, sise au bord du Danube. C'est là que Ma Douce est née et qu'elle a vécu pendant 14 ans, avant de partir étudier dans un lycée de Budapest. Elle y a vu son premier ciel, son premier arbre, et son premier oiseau. Elle y a connu sa première rage de dents et son premier émoi amoureux. Elle y a probablement donné, et reçu, son premier baiser. Voilà pourquoi Baja m'intéresse ...

En fait, la ville est située juste à l'endroit où le Danube forme un bras de rivière qu'on appelle la Sugovica et qui  rejoint à nouveau le Grand Fleuve quelques kilomètres plus au sud, en direction de la Serbie, dont la frontière n'est qu'à 30 kms de Baja. En quittant le Danube, la Sugovica prend le temps de faire une jolie boucle, au creux de laquelle se trouvent deux îles : la plus petite, qui est aussi la plus peuplée, porte le doux nom de ... Petöfi ! C'est également le nom du pont qui rejoint l'île à la ville ... et celui de la rue où Ma Douce a habité pendant presque toute son enfance !

Celle-ci ayant des affaires familiales à régler, j'en ai profité pour explorer un peu la ville.

Comme c'était un samedi, j'ai commencé par le marché ...Vachement ordonné, le marché de Baja ! Une suite interminable d'étals, disposés en rangées rectilignes, on est sûrs de ne rien rater, et on est certains de ne pas se perdre ! Alors je me suis mis en quête de quelques spécialités, afin de pouvoir vous les présenter.

La première, omniprésente en Hongrie, c'est le fameux, l'incontournable PAPRIKA !!! Il en existe de toutes tailles et de toutes couleurs :

C'est le phtographe Edward Weston qui aurait été content, lui qui avait fait une fixation sur les innombrables formes du poivron !

Le paprika peut également se manger en poudre et, bien sûr, c'est ainsi que nous autres les Français le connaissons :Le mot "Erös" que vous pouvez lire à gauche n'a rien à voir avec ce que vous pensez : cela veut simplement dire "fort" en hongrois, donc une diversité de goûts également pour ce légume sans prétention ...

Ne reculant devant aucun sacrifice (pour vous, chères lectrices et chers lecteurs, uniquement pour vous, bien entendu ...) j'ai poursuivi ma quête, picorant ici et là :

Un autre "incontournable" de la table hongroise, surtout le soir, au dîner, quand on mange froid. Il s'agit de gros cornichons marinant dans je ne sais quoi qui leur donne un goût bizarre et pas très réussi à mon avis.

Encore une marinade, ou une saumure, d'oignons probablement, agrémentés de quelques ... paprikas, et d'une petite tomate, enfin je crois ...(ben non finalement c'est AUSSI un paprika !)

Quant à ça ... des paprikas décolorés ? mais par quoi ? par la saumure ? ou alors une autre race qui ne se vend pas en tant que légume frais ? palpitant, vous avouerez ...

Au beau milieu du marché, il y avait un grand bâtiment couvert, un peu comme un hangar ou une grange. Là, ça faisait davantage penser au marché Saint Bruno de Grenoble, avec des gros tas de trucs pas cher (téléphones portables, jouets, vêtements d'occasion, invendus de toutes sortes) posés sur le sol, près desquels étaient assises de grosses matrones enveloppées d'étoffes et/ou de parkas. Je crois bien que je voyais là mes premiers gitans ! Là, dans cette situation marchande (dont on n'aurait pas été autrement étonné qu'elle dissimulât des commerces moins légaux ...) elles me firent immédiatement penser à nos Maghrébins et autres Africains qui animent si bien nos marchés provinciaux ! Je ne me risquai pas à prendre des photos ...

En revanche, dans un coin du bâtiment, je découvris quelques artisans locaux, qui m'autorisèrent gentiment à les portraiturer avec leur production :

Voilà le brodeur (ou le vendeur de broderies de sa femme ?), qui ne dit rien mais qui n'en pense pas moins, ça se voit bien ...

Et voici le sculpteur sur bois, aux personnages tellement expressifs ...

Après les artisans, il y avait une pièce étrange, comme une enclave dans le bâtiment, dont je n'ai pas bien réussi à comprendre ni l'identité ni le fonctionnement. D'après ce que j'ai pu voir, il n'y avait qu'une entrée, sur le fronton extérieur, celle-ci donnant sur une première pièce à peu près vide. On pouvait deviner que le lieu avait un rapport avec les produits laitiers. Au fond de cette pièce, face à l'entrée, une autre porte, fermée. Et c'est là apparemment que les gens allaient acheter des saucisses, de la viande peut-être. En tout cas il y avait du monde, j'avais pu le vérifier en regardant à travers la partie vitrée qui donnait sur l'intérieur du bâtiment ...

En sortant de là, je me suis décidé à errer parmi les étals que je n'avais pas encore visités, et là j'ai rencontré quelqu'un ! J'avais repéré quelques beaux paprikas et j'aurais bien voulu faire la 36ème photo de la série. J'en demandai donc la permission à la marchande, qui aussitôt prit la pose avec un beau chou ...

Surprenant, non ? Mais après tout, pourquoi pas ? Peut-être cette dame croyait-elle à quelque reportage agricole (et international) ? peut-être voulait-elle justifier sa présence sur la photo, parce qu'il fallait bien quelqu'un pour tenir le chou ? peut-être aimait-elle particulièrement ce chou-là, dont elle avait surveillé avec amour la respiration et le développement ? peut-être était-ce au contraire un autre chou qu'elle voulait protéger, en offrant celui-ci en victime sacrificielle ? ah non, croyez-moi, c'est vraiment passionnant de voyager et de se poser toutes ces questions !

Quoi qu'il en soit, je la remerciai grandement (mais je ne crois pas lui avoir baisé les mains : "csókolom" en hongrois) et m'apprêtai à suivre mon chemin. Mais cette gente dame ne l'entendait pas de cette oreille : voilà-t-il pas qu'elle se met à me poser des questions : et d'où je venais, et comment je m'appelais, et d'autres encore que je n'ai pas comprises. Mon premier échange "authentique" avec une autochtone ! Je me suis reservi du mieux que j'ai pu de mes leçons de hongrois, et j'ai à peu près saisi qu'avant elle avait connu une Française qui s'appelait Louise. Je crois que ça aurait pu durer un moment (les autres marchandes écoutaient tout sans en avoir l'air) mais je commençais à fatiguer un peu, alors je lui ai dit "viszontlátásra" et j'ai quitté le marché ...

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commentaires

Vera 13/05/2015 16:26

Merci pour tout ces renseignements sur Baja.
Nous avons couché dans cette ville agréable en 2007.
Seule déception, le halàszlé! La pomme de terre a était remplacée par des pâtes!
En plus c'était fait "pour les touristes" sans erös paprika!
Peut être nous nous rencontrerons un jour à Budapest, que j'ai quittée en 1956!

Léo 15/05/2015 08:30

Bonjour Vera, et merci de votre message ! Ah, le halàszlé, c'est toute une histoire ! Avez-vous vu que j'ai écrit également un article sur la révolution de 1956, à partir du livre de Meray Tibor ? Viszontlàtasra !

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