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3 mai 2009 7 03 /05 /mai /2009 18:15
Szia !

Je viens de faire quelques recherches sur internet et voilà ce que j'ai trouvé à propos de Győr : ville de 130 000 habitants, 3ème centre industriel après Budapest et Miskolc, située au confluent de la Rába et du Danube, tire son nom de l'Avar "gyürü", ce qui voulait dire "forteresse circulaire", a toujours eu beaucoup d'importance étant située à mi-chemin entre Budapest et Vienne, a été conquise par les Turcs puis reconquise par les Autrichiens, dans la cathédrale une chapelle abrite le buste du roi Ladislas le Saint, chef d'oeuvre de l'orfévrerie médiévale (vers 1405)
                                                                                                                                                     

kukucs, justement le voilà !!!

 

Mais ces quelques informations, comme d'habitude, je ne les ai cherchées qu'après notre escapade à Győr. Nous, là-bas, on a eu droit à quelques bonnes surprises.

En sortant de la gare, tout d'abord :

 

 

MessieursDames, votre attention, s'il vous plaît ! Vous êtes en présence d'une ode véritable au socialisme triomphant ! En effet, en haut vous avez le travail, agricole sur la grande partie gauche, industriel à droite, sur fond de soleil rayonnant, en bas les arts (danse, théâtre), les sciences (médecine, radiotechnie, puis une femme avec on ne sait pas trop quoi) ; dans le coin inférieur gauche, la Maternité (mais pas la famille, attention, il ne faut surtout pas confondre !). Ceci dit, il semble bien qu'il manque "un bout" à droite de l'arbre : était-ce un papa ? est-il tombé tout seul, ou bien l'a-t-on aidé un peu à l'occasion d'une campagne maternisante ?


Puis, comme cela arrive quelquefois dans une ville hongroise, quand on sort de la gare de Győr, on se retrouve bientôt à devoir traverser une grande avenue. Ainsi qu'à Baja, par exemple, la ville est coupée en deux par un axe routier important, ici la route de Budapest à Vienne, beaucoup plus fréquentée bien sûr avant la construction de l'autoroute. C'est tout droit, assez moche, il y a des feux interminables, on dirait que c'est toujours dimanche, bref, je vous le déconseillerais bien si vous pouviez faire autrement.

Heureusement que cela vaut le coup de patienter un peu ...


 

En effet, de l'autre côté, on arrive assez vite dans la "vieille ville", avec des rues pavées et piétonnes. Pas de doute, ici, dans ce quartier, Győr "fait riche". Cela a dû être une cité florissante, bien établie au bord du fleuve, et disposant de nombreux droits de passage ...

 


 

Mais il soufflait un vent terrible à Győr, et on acherché l'abri des petites ruelles. Au coin de l'une d'entre elles, on a découvert un "truc" surprenant :


Surprenant, non ?

Il s'agit ni plus ni moins d'un bâton infiniment clouté ! Comme me l'a expliqué Mon Doux Guide, les "mesters", équivalents de nos "compagnons", qui accomplissaient leur parcours d'apprentissage dans la Hongrie et même dans les pays voisins, passaient tous par Győr et y laissaient ainsi la trace de leur venue.
Vraiment beaucoup de jolies choses, à Győr ...
un atlante, façon baroque du 18ème

un vitrail de la cathédrale, pas loin du bon Ladislas (voir plus haut) : il est chou, non ?, avec ses grosses marguerites, ses poissons rouges et ses petits lapins ... ça change des saints et des martyrs ...

 

et ça, une mosaïque un peu étrange et très belle, dans la même cathédrale ...

 

On commençait à avoir un peu faim, alors on s'est mis à chercher un restau. Dans la vieille ville, ce n'est pas ce qui manque ! Mais wouahou, bonjour les prix ! Ou bien Győr est une ville hyper-touristique, ou bien c'est parce qu'elle est frontalière (de l'autre côté du Danube, c'est la Slovaquie, l'Autriche n'est pas loin, et toutes deux marchent à l'euro ...), ou plus vraisemblablement c'est une combinaison des deux ...  Au cours de nos recherches on est tombés sur ça :

Je vous avouerai que ces monuments baroques et lourdement dorés, comme on en voit dans pratiquement chaque ville, érigés en remerciement de tous ceux ayant échappé à la peste, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé ! Mais celui-ci a une histoire particulière : une procession se déroulait là il y a quelques décades. Or, au même moment, pas très loin, un criminel prenait la poudre d'escampette. Il eut l'idée de se cacher à l'intérieur de la procession ... où les gendarmes le poursuivirent ! S'ensuivit une certaine confusion bien compréhensible au cours de laquelle le ciboire tomba sur le pavé !!! Ni une ni deux, pour se faire pardonner et ne pas s'aliéner les faveurs célestes, il fut bientôt décidé de paf ! mettre un beau monument à l'endroit précis où fut commis l'involontaire sacrilège ...

 

On finit par trouver un restau correct et pas hors de prix (l'équivalent de 10 euros, soit 3000 forints doivent suffire pour se payer un bon repas, après c'est cher), et dont l'intérieur n'était pas dénué de recherche esthétique :

 

Nous y mangeâmes correctement, en remarquant que la carte des desserts était nettement plus étoffée que d'ordinaire. Mais le plus étonnant fut le nombre d'enfants qui se mirent à remplir la salle. Chaque famille qui arrivait comprenait un, et même deux lardons, tout petits pour la plupart. Et bientôt la salle résonna de couinements, piaillements et gloussements, sans parler des rires cristallins ! Croyez-moi, après quelques mois à Budapest, où les enfants se font aussi rares que les trèfles à 4 feuilles dans le désert de Gobi, c'était plutôt rafraîchissant !

 

En sortant, nous constatâmes que le vent était toujours aussi froid. Aussi ne nous fîmes-nous pas prier pour entrer dans un petit musée (incroyable, le nombre de petits musées qu'il y a en Hongrie !) abritant les oeuvres de Kovács Margit. Comment définir ce qu'elle fait ? de la poterie ? de la sculpture ? de la céramique ? un peu tout cela à la fois, avec un résultat souvent très "parlant" :

 

vous aurez reconnu, bien sûr, la danse de Salomé devant Hérode : 69, année érotique ?

 

Les oeuvres de cette gentille dame au visage toujours souriant (c'est du moins ce que montrent les photos) sont également exposées dans un musée de Szentendre, petite ville "artistique" au nord de Budapest, régulièrement inscrite au programme des circuits proposés aux touristes. Mais Győr peut s'enorgueillir d'être sa ville natale, ce qui n'est pas rien ...

 


Il faisait bon dans le musée, il y faisait même chaud, mais on ne pouvait pas y rester éternellement non plus, n'est-ce pas ? Alors nous avons repris notre bâton de touriste, et nous avons continué notre route vers le fleuve. Au moment de traverser le pont sur la Rába, passage obligé pour rejoindre le Danube, le vent soufflait si fort que nous avons renoncé à poursuivre et que nous avons préféré marcher un peu le long de la petite rivière avant qu'elle ne rejoigne le grand fleuve. Bien nous en a pris car nous étions plus ou moins à l'abri et que l'endroit était d'une paix toute dominicale ...

 

Etrange statue, probablement "szocreál", mais dont le symbolisme (cheval/sirène/femme ou déesse portant une torche) nous échappe totalement ...

 

Enfin, le vent tomba un peu et le soleil perça à travers les nuages ... Rassérénés, nous reprîmes notre route, glanant les images de beauté

 

parfois presque comiques ...

 

parfois presque inquiétantes ...

 

Enfin, j'eus le plaisir d'apprendre que la synagogue de Győr était toujours une "vraie" synagogue, avec culte, fidèles, et tout ! En effet, j'en avais déjà vu quelques-unes, des synagogues, mais dans le meilleur des cas elles avaient été transformées en musée, ou en bibliothèque, comme à Baja. Dans le pire, elles tombaient en ruines, comme dans cette petite ville de Slovaquie ou bien elles avaient tout bonnement disparu, comme à Sopron ...

Celle de Győr était là, et bien là :

 

mazette, le gros gâteau à la crème que voilà, avec sa belle étoile de David toute dorée !

 

Je ne sais pas pourquoi, peut-être à cause de l'antisémitisme rampant dans lequel mon enfance prolétarienne a baigné, j'ai toujours eu une attirance pour les Juifs, la culture, l'humour, la danse juifs, j'ai toujours été fasciné par la somme de souffrances que ce peuple a accumulées et, malgré le comportement actuel de certains, cet intérêt et cet attrait ne se sont pas encore démentis. J'étais donc tout content d'entrer, pour la première fois de ma vie, dans une "vraie" synagogue, avec des "vrais" Juifs et tout ! Il nous a d'abord fallu faire tout le tour de ce gros bâtiment pour trouver l'entrée, qui était presque dissimulée. Et là, surprise, on apprit que se tenait une fête juive, le Pourhim, ce qui expliquait le grand nombre d'allées et venues devant la porte ! On était prêts à repartir mais une petite dame boulotte et excitée nous assura que non, il n'y avait pas de problème, on pouvait visiter l'exposition quand même. Car j'ai oublié de vous dire : la synagogue abritait également une grande exposition d'artistes hongrois du XXème siècle, en fait la collection de Vasilescu, avec quelques oeuvres qui se révélèrent vraiment intéressantes.

Comme d'habitude, on demanda à la petite dame si on pouvait prendre des photos du bâtiment, à l'exclusion des oeuvres d'art et comme souvent on nous répondit que oui, moyennant un supplément. Des fois on est d'accord, comme au musée de Margit Kovács par exemple, et des fois non. Là ce fut non, mais ne me demandez pas pourquoi !Comme vous le voyez, au rez-de-chaussée se déroulait la fête, avec un orchestre, des chanteurs et un public, et tout autour, sur les 3 niveaux, étaient exposées les oeuvres de la collection, et ça en faisait vraiment beaucoup. Tout en passant d'une oeuvre à l'autre, on écoutait le discours qui se tenait en bas, devant l'assemblée. Et là Ma Douce comprit (et me traduisit) qu'en fait le statut de la synagogue de Győr était un peu plus compliqué que cela : le bâtiment appartient à la ville, qui l'a fait rénover, et est en quelque sorte prêté à une association juive qui peut ainsi y tenir certaines réunions et fêtes. Cependant il n'est pas consacré et ne peut donc abriter des prières. Encore raté donc pour voir une "vraie" synagogue !

Mais puisque vous aviez refusé de payer, comment se fait-il que vous ayez pris cette photo, me direz-vous ? Avez-vous truandé la synagogue de Győr, par exemple ? Que nenni ! Je vous explique : la petite boulotte du début, suant et soufflant, nous suivait partout en prenant grand soin de chuchoter, because la fête. Nous réussîmes à lui extorquer la permission de prendre gratuitement UNE photo, une seule, mais on la rata. Comme elle était partie, toujours aussi affairée, je ne pus résister au plaisir d'en prendre une autre, juste UNE ... Nous retrouvâmes notre guide grassouillet dans l'escalier où je ne tardai pas à lui avouer ma "faute", espérant déclencher tout au plus un sourire. Grave erreur ! La petite dame se mit à rouler des yeux d'un air exaspéré, à se tordre les mains d'un air désespéré ... Avant qu'elle ne se mette à maudire mes descendants jusqu'à la 7ème génération, et parce qu'elle me portait vraiment sur les nerfs, je lui tendis rageusement un billet de 500 forints, montant de la surprime pour photos ... D'où les quelques images (la plupart floues d'ailleurs ...) que nous avons pu conserver.

 

Voilà, ce furent quelques heures à Győr ...

Szia !

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commentaires

mich 05/05/2009 02:42

Bravo! Passionnant comme d'habitude - et comme je l'ai déjà dit là:
http://www.hongrieforum.com/viewtopic.php?p=39467#39467
Alors à bientôt pour le prochain épisode -:))

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