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5 avril 2009 7 05 /04 /avril /2009 16:01
Sziasztok !

En ce moment je lis deux livres : le premier, d'István Bibó, s'intitule "Misère des petits Etats d'Europe de l'Est", paru chez L'Harmattan en 1986. C'est un gros livre de plus de 400 pages rassemblant plusieurs essais. "Les raisons et l'histoire de l'hystérie allemande" a été écrit en 1942, et je ne l'ai pas encore lu. Le second, datant de 1946, donne son titre au livre : il est très éclairant sur la question des litiges territoriaux et sur ce que Bibó appelle "l'irrédentisme" et le "nationalisme linguistique", notions qui sont encore vivaces aujourd'hui, comme en témoignent nombre de discours de droite et d'extrême droite. Le suivant m'a particulièrement intéressé, il s'agit de "La question juive en Hongrie après 1944" écrit en 1948, et Bibó n'y est pas vraiment tendre, ni avec lui ni avec ses compatriotes ! Je n'ai pas encore lu non plus le dernier, "La déformation du caractère hongrois et les impasses de l'histoire de la Hongrie", écrit en 1948 également. Mais rien que le titre me met l'eau aux neurones !!!
Mais j'en vois qui s'impatientent déjà : et le poème coquin, alors ? C'est pour ça qu'on est venu-e-s ! J'y arrive, car c'est le deuxième livre que je suis en train de lire, pour alléger de temps à autre le poids des mots de Bibó. Il s'agit d'une magnifique "Anthologie de la Poésie hongroise", que les Editions du Seuil ont fait paraître en 1962 et que Ma Douce m'a offerte pour mon dernier anniversaire. La préface, écrite par László Szabó, est vraiment passionnante : plusieurs siècles de poésie et de poètes y sont passés en revue en l'espace de 20 pages, avec des aperçus sur l'histoire hongroise qui me font réaliser à quel point j'en sais encore peu sur l'histoire de ce peuple, si riche, et si tourmentée.
MAIS LE POÈME COQUIN ???
Ok, ok, le voilà :

LE VOILE

Ma mie se déshabille
Elle s'apprête au bain.
Muse, vois sous la charmille
Le bijou sortir de l'écrin.
Quoi ! la perfide dissimule
A mes yeux son plus cher trésor !
Un mince tulle 1
Me cache l'objet que j'adore !
Croirait-on pas l'astre du jour
Quand d'un sombre nuage il surgit brusquement ?
Et le voile éthéré 2 dont alors il s'entoure
Le fait aimer plus tendrement.
Tels sont les charmes de ma belle.
Ses tristes atours 3 sont jetés
Et voilà qu'elle étincelle
Dans tout l'éclat de sa beauté.
De rayons qui surgissent
D'un cercle de lumière,
Ses charmes resplendissent,
Majestueux et clairs.

Ombre douce, nuage soyeux et rebelle,
Ne dissimule plus le soleil que j'adore,
Bien que dans l'Orient t'ait tissé la plus belle,
Si savamment, à si grand prix 4, de ses doigts d'or.

Notes : 1) sorte de petite culotte
             2) toujours la petite culotte !
             3) autres fringues, moches apparemment
             4) le poète, mesquin, ne peut s'empêcher de rappeler, au dernier vers, qu'elle lui a quand même coûté bonbon, cette
             petite culotte ...

Ce poème si coquin, traduit par Lucien Feuillade, a été écrit par Mihály Csokonai aux alentours de 1800.
Euh ... pas trop déçu-e-s, j'espère ?

Sziasztok !

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