Le matin, on a fait une longue promenade dans Cluj-Napoca / Kolozsvár : des églises, des Dacia, des statues, des Dacia ... Des portails Renaissance aussi, cachés dans des arrière-cours :
Puisque c'est dimanche, et que c'est plein d'églises, Ma Douce va à la messe. J'en profite pour boire un café tout en sondant la météo, qui me paraît bizarre et incertaine. D'ailleurs il y a une
drôle d'ambiance dans cette ville, où beaucoup de gens d'origines, d'histoires et de religions diverses se côtoient mais où chacun semble rester sur son quant-à-soi.
Après la messe, petit tour dans un marché de brocante sympa, installé dans la cour de l'ancien palais Bánffy ...
Puis la route devient de plus en plus spectaculaire, de plus en plus "dramatique", avec des failles, des gorges et des défilés, et la chaussée de moins en moins bonne. Nous pique-niquons (quand
enfin nous trouvons un espace libre !) au bord d'un mignon petit ruisseau qui court entre ce qu'on ne peut plus appeler des collines mais pas encore tout à fait des montagnes. Bien qu'il y ait
beaucoup de monde, et beaucoup de familles, pas une radio ne hurle le dernier tube du moment, pas de cris non plus, l'ambiance générale est calme, détendue ...
Un peu plus loin, nous nous arrêtons à Rimatea / Torockó, village saxon classé au patrimoine mondial de l'Unesco ... sans que cela soit indiqué quelque part ! (Je dirais que, d'une manière
générale, les Roumains semblent plutôt embêtés avec ce "patrimoine" non-roumain qu'il faudrait protéger, certes, et quelques travaux sont là pour montrer que c'est bien le cas, mais qu'il serait
tellement plus commode d'oublier, voire de faire disparaître ...)
une maison saxonne typique, avec la
"jupe" qui borde le toit, et la cave au rez-de-chaussée
Puis nous prenons une stoppeuse au milieu de nulle part. Il faut savoir qu'en Roumanie, l'auto-stop est une pratique courante : à chaque sortie de chaque ville, des gens de tous les âges sont
là, qui attendent que quelqu'un s'arrête pour les emmener plus loin. C'est d'ailleurs plutôt une forme de taxi "au noir" puisqu'il est courant, et même attendu, que les gens paient quelques
leis pour ce service.
Après avoir déposé notre passagère à Aiud / Nagyenyed, nous poursuivons jusqu'à Valea Viilor / Nagybaromlak. C'est toujours dimanche, et c'est la fête au village. Au moment où nous arrivons
près de l'église fortifiée, une foule est rassemblée, applaudissant à une remise de coupes ; au moment où nous constatons que la porte de ladite église est close, un escogriffe surgit, dont le
regard trouble et brillant montre assez qu'il n'en est pas à sa première pálinka! Avec un air exagérément responsable, et un peu faraud, il montre une grosse clé et nous comprenons que nous
avons affaire au gardien de l'édifice ...Il est bientôt rejoint par un acolyte à peu près dans le même état : ce qui nous rassure un peu, c'est que celui-ci tient un petit enfant dans les bras
! Finalement ils se révèlent très gentils, très contents de parler de "leur" histoire, le tout dans un allemand un peu hésitant auquel Ma Douce s'efforce de répondre. Il s'avère en effet que
nous sommes en présence de 2 authentiques descendants des anciens Saxons, sur les 6 que le village compte désormais ! Ils furent jusqu'à 2 000 ...
Le principe de l'église fortifiée (la fondation de celle-ci remonte au XIII ème siècle) est simple : quand il y avait du grabuge, tout le monde se mettait à
l'intérieur ! On a en vu d'autres, une en particulier du côté de Brasov / Brassó (voir J7) où tout était prévu pour vivre !
En partant, on a découvert qu'un tournoi de ping-pong se déroulait le long de l'enceinte de l'église, et sur le chemin de la voiture on a croisé une dame qui portait un nouveau plateau de
coupes ! Ma parole, mais c'est qu'il s'en passait des choses, dans ce petit village perdu au bout de la route ! Et quel contraste avec la "ville" située à 20 kms de là : coupée en deux par
une route rapide, d'un côté un énorme agglomérat d'usines, qui semblaient toutes plus mortelle l'une que l'autre, et de l'autre des habitations presque neuves, et peintes aux couleurs les
plus pimpantes !!! Complètement mortifère ...
Le soir, on a mangé (assez mal) et dormi (assez bien) à une adresse qu'on nous avait conseillée. Son grand atout : située au sommet d'une côte, juste au-dessus de Medias / Medgyes, elle
offre un point de vue magnifique sur le pays environnant, au fond duquel on peut deviner le pays sicule ... où l'on devait aller le lendemain ...
vous les voyez, les
Carpathes enneigé-e-s ?