Après cette très impressionnante découverte, le plan de route de ce jour-là prévoyait celle du château de Dracula, direction plein sud. Ouiche, mais pour ça il fallait traverser
Brasov / Brassó / Kronstadt (ça continue !) ... Et ce n'est pas une mince affaire, croyez-moi ! Il est vrai qu'on a dû le faire vers 13h30, ce qui n'est peut-être pas l'heure la plus
tranquille, mais quand même ... Imaginez des feux de circulation dont on ne sait, dont on ne peut savoir s'ils sont rouges, orange ou verts, ou quoi que ce soit d'autre, des
files de circulation qui n'ont de files que le nom, des dizaines, des centaines de véhicules de tous genres et de tous acabits qui ne suivent qu'une seule loi "Pousse-toi de là que je
m'y mette !" et vous aurez une idée du stress éprouvé par un étranger relativement respectueux des règles dans la traversée de Brasov / Brassó / Kronstadt ... Il n'empêche, on s'en
est sortis sans une seule égratignure à la Ford Escort obligeamment prêtée ...
Le château de Dracula donc (rappelez-vous que j'étais quand même venu pour ça !) ... ouais ... il SERAIT situé à Bran / Törcsvár, là encore aux confins (sud cette fois) du royaume de
Hongrie ... Et effectivement quand vous mettez pied à terre devant le château, vous êtes accueilli par une multitude de vendeurs qui "font" du Dracula : masques grotesques en
plastique mou, panoplies et déguisements à deux balles, et même des bouteilles de vin portant la mention "cuvée Dracula" ! Mais il faut bien que le monde vive, n'est-ce pas ? C'est
sûrement pour cette raison qu'outre le prix d'entrée il fallait payer un supplément pour faire des photos ...
Un joli petit château par ailleurs, tout en escaliers, cours intérieures et recoins :
Des détours et des tours, en veux-tu, en voilà, des enfilades verticales de pièces "cosy" dont les murs étaient parsemés de photos "début de siècle" où revenait sans cesse la
physionomie de la reine Marie de Roumanie dont c'était une des demeures favorites ... comme Sissi avec le château de Gödöllő ? Rien de bien inquiétant donc, pas de portes grinçantes,
ou de traces de sang vieilles de plusieurs siècles, rien que quelques andouilles qui s'efforçaient, avec un succès plus que mesuré, de faire frémir et couiner leurs petites amies en
poussant de pitoyables hurlements.
Personnellement, après le choc de Prejmer / Prázsmár / Tartlau, j'ai trouvé ce "château de Dracula" un brin factice et décevant ...
Mais il était temps de regagner ... Brasov / Brassó / Kronstadt que, de toutes façons, nous devions retraverser pour ensuite aller dormir une 3ème nuit à la Diófa Panzió, bien
pratique pour rayonner tout alentour. Etait-ce déjà l'habitude ? ou l'heure (moins frénétique) à laquelle nous sommes arrivés ? Il m'a semblé que ce deuxième parcours dans la ville
était bien moins éprouvant que le premier. Après nous être garés un peu à l'écart (quand même !) nous avons commencé par longer les remparts en nous promenant le long d'une colline
boisée. Brasov / Brassó / Kronstadt, c'est TRES fortifié, un peu comme Carcassonne ... en plus petit. On a fini par trouver une porte qui nous a permis d'entrer dans la ville : rues
piétonnes, terrasses, pas de doute, la ville se veut aussi TRES touristique. Nous avons donc sagement joué les touristes, admirant "l'église noire" (ainsi nommée parce qu'elle a
brûlé), de belles façades du 19ème, une superbe porte dans les remparts. Et puis nous avons continué un peu en dehors de la ville car nous voulions voir l'église orthodoxe et là, nous
n'avons pas été déçus :