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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 07:59
On aurait dû se méfier ... Une terrasse déserte, comme ça, en pleine ville, c'était bien pratique pour dîner en amoureux mais quand même ... Pourtant Ma Douce, qui n'était pas affamée, avait commandé une soupe simple, et tout ce qu'il y avait d'innocente ... Pour ma part je m'étais octroyé un solide ragoût à la Brasov / Brassó / Kronstadt arrosé d'une Ursus, la bière locale ... Le croiriez-vous ? C'est elle qui fut malade !
Après une nuit faite d'allers et de retours, elle parvint tout de même à se lever en souriant faiblement ... Dans un voyage un peu long, il est probable qu'il y ait inévitablement un jour comme celui-là, où le programme se fait modeste et doux en attendant de flamboyer à nouveau : eh bien, nous y étions, ce fut le huitième jour ...
On s'est traînés (enfin, elle surtout !) jusqu'à un salon de thé pour y prendre un solide petit déjeuner (enfin, moi surtout) et là, sur la place, je n'ai pas pu résister à l'appel du szocreál :

Quel peut bien être le sens de ce truc ? L'intrépide travailleur du futur s'opposant courageusement à l'affreux dinosaure du capitalisme préhistorique ? En tout cas, c'était vraiment très laid ...

Le temps lui-même était au diapason, et ce fut sous un ciel maussade que nous arrivâmes à Dalnic / Dálnok, village natal de Dózsa György, un de mes héros favoris. Mais peut-être ne le connaissez-vous pas ? En deux mots, ce fut lui qui prit la tête d'une grande révolte paysanne au début du16ème siècle. Pour prix de son échec, et pour narguer ses prétentions, il fut assis sur un trône en fer chauffé à blanc, avec une couronne chauffée à blanc sur la tête et un sceptre chauffé à blanc dans la main, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Je me plais à imaginer qu'il ne desserra pas les dents ...


C'est drôle : les gens de Dalnic / Dálnok avaient tous l'air contents de nous voir, comme si ça leur faisait plaisir que "leur" héros ne soit pas complètement oublié. Pourtant il existe une station de métro (bien rétro, il est vrai) et deux places, quatre routes, et trois rues qui portent son nom à Budapest (sans parler de toutes celles qu'on trouve dans les villes et villages de Hongrie), et aussi une énorme statue de lui au pied du château mais peut-être en parla-t-on un peu trop dans les temps socialistes ? C'est sûr que comme exemple pour la jeunesse pionnière il devait se poser un peu là !
Nous avons même pénétré dans la petite église du village, en nous faufilant par l'entrée de derrière, celle qui donne sur la tribune où se tient l'orgue :

Emouvant de penser que le petit György a peut-être fait sa première communion dans cet endroit ...

A la sortie de Dalnic / Dálnok, nous avons à nouveau pris une passagère que nous avons déposée dans une petite ville. La route, qui s'enfonçait dans les montagnes, devenait de plus en plus pittoresque ("dramatique" me dit Ma Douce, qui n'est pas à un anglicisme près ...) et c'est dans un superbe décor alpestre que nous arrêtâmes quelques minutes à Băile Bálványos / Bálványosfürdő pour y remplir quelques bouteilles d'une eau presque aussi ferrugineuse qu'à Homoródfürdő...
Bien que la météo ne fît qu'empirer (et c'est à ce moment-là, je crois, que nous réalisâmes que nous ne pourrions guère rouler sous une pluie un peu forte avec des essuie-glaces aussi pourris !) un pique-nique était au programme. Que voulez-vous, quand on est en disponibilité on ne peut pas se permettre de manger au restaurant midi et soir ! Hé bien, malgré la météo, malgré l'état de Ma Douce, nous le fîmes, ce pique-nique au bord du lac Szent Anna, parce qu'on est comme ça, en Hongrie, ce qu'on dit on le fait !

franchement, je n'aurais pas aimé être à la place du gars qui s'occupait de la location des pédalos !

Rapidement tout de même, et en sautillant sur place pour nous réchauffer un peu ... Ce que je n'ai pas du tout apprécié dans cet épisode, c'est qu'avant de commencer la descente vers le lac (qui s'est formé au fond d'un cratère volcanique, comme la photo le laisse un peu deviner) il faut acquitter un péage, et pas des plus petits, pour emprunter une route complètement pourrie, avec des trous à faire pâlir d'envie la Plus Grosse Poule Faiseuse de Nids du Monde Entier ! Une escroquerie pure et simple, si vous voulez mon humble avis ...

Au retour du lac (virages ? froid ? fatigue ?) Ma Douce se sentait de plus en plus mal, alors on a abrégé ses souffrances en filant directement sur Miercurea Ciuc / Csíkszereda. Et là, comme un chaud rayon de soleil dans toute cette grisaille, l'accueil de Géza, un ami sculpteur-peintre qui accepte de nous héberger pour 2 nuits dans son atelier. On a dû se coucher vers 5 heures pour 14 heures de sommeil environ ...

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