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2 juillet 2009 4 02 /07 /juillet /2009 14:14
C'était tout de même curieux, d'être hébergés dans cet atelier d'artiste, au milieu des plaques de cuivre et du matériel de soudure. Sans compter les travaux en cours ...


Vous aurez peut-être reconnu Saint Augustin, avec son grand livre sous le bras ? A ses côtés, plus difficile à identifier, sa maman, Sainte Monique, qui n'est encore qu'à l'état d'ébauche ! Cette commande de Géza est destinée à une  église de Miercurea Ciuc / Csíkszereda, mais il travaille beaucoup pour l'Eglise en général, un artiste "religieux" en somme, et qui ne doit pas manquer d'ouvrage étant donné le nombre de bâtiments ecclésiastiques dans la ville, et plus largement en Transylvanie et même en Hongrie !
Après le petit déjeuner, je suis sorti fumer une cigarette sur le perron de l'immeuble, où était installé le "coin fumeurs". C'est là que j'ai fait connaissance avec la voisine qui, manifestement, avait "beaucoup vécu". Nous nous sommes suffisamment entendus pour procéder à un échange : poison américain (le mien) contre poison russe de contrebande (le sien) ... de marque Red ! Je l'ai revue plusieurs fois avec plaisir ...

Ce qu'il faut dire aussi, car comment faire autrement ?, c'est que chaque année, le samedi précédant le dimanche de Pentecôte, Miercurea Ciuc / Csíkszereda constitue le lieu de rassemblement de centaines de milliers de pèlerins, venus pour y prier la Vierge Marie. Pour Ma Douce, croyante-pratiquante, nul doute qu'il s'agissait de l'apogée de notre voyage en Transylvanie ...
Elle était pourtant bien faible, et la météo bien dissuasive : cela ne nous a pas empêchés de faire, sous la pluie, les quelques kilomètres à pied entre l'atelier de Géza et Simleu Ciuc / Csíksomlyó, où une foule immense (250 000 personnes ?) se rassemblait peu à peu. Cela ne nous a pas empêchés de grimper jusqu'au pré où un autel immense avait été installé, et pourtant quelle grimpette dans l'herbe mouillée !


Pour reprendre un peu notre souffle (enfin le mien surtout  !) et parce que Ma Douce semblait au bord de s'évanouir, nous nous sommes octroyés une petite halte dans la chapelle que vous voyez en haut à gauche de la photo. Pas mal de gens y étaient assis, certains se levant pour aller frotter des mouchoirs, des linges sur les statues. Sur la rangée devant la nôtre une femme essayait de convaincre son mari d'en faire autant mais celui-ci, la tête rentrée dans les épaules, se contentait de bougonner sans bouger d'un poil ...

Quand nous sommes arrivés en haut de cette petite colline, nous nous sommes trouvés en surplomb du lieu de rassemblement, et la vue générale était assez impressionnante, il faut l'avouer :


Ils étaient venus de partout, de toute la Transylvanie, bien sûr, mais aussi de Hongrie (la veille, la route vers Miercurea Ciuc / Csíkszereda s'était peuplée peu à peu de plaques hongroises ...) et même d'au-delà les frontières, les montagnes et les océans ... L'ambiance générale était calme, sereine mais un brin morose, soit en raison des difficultés actuelles soit à cause du ciel gris et bas ... Quelques drapeaux d'Árpád, quelques casquettes noires signalant des membres de la "Garde", mais pas tant que cela. Des Tsiganes passaient dans la foule en essayant de vendre des branches feuillues évoquant le souvenir de la bataille de "Tolvajos tető" (1567) où les catholiques résistants avaient triomphé des troupes du prince János Zsigmond, qui voulait leur imposer le protestantisme.

Comme un parfait gentleman que je suis, j'ai ôté mon vêtement de pluie et je l'ai étalé par terre pour que Ma Douce puisse s'allonger dessus. S'en sont suivis plusieurs discours, interminables et ennuyeux ... surtout quand on ne connaît pas suffisamment le hongrois ! J'ai réussi à pêcher quelques mots par-ci par-là, "Dostoïevski" par exemple ... Tout était très bien organisé : les secours, les toilettes, et même la communion qui fut donnée après la messe par une escouade de prêtres aisément repérables grâce aux oriflammes blancs qui les précédaient ...

Il y avait même des chiottes fortifiées !

J'observais les gens mais je ne trouvais pas la ferveur à laquelle je m'étais attendu ... Chacun-e écoutait les sermons, concentré-e certes, mais sans rien laisser transparaître de la supposée émotion qui devait l'étreindre. Après tout, peut-être était-ce suffisant d'avoir fait ce chemin, et d'être ici, avec tous les autres ? Il est vrai que nous ne sommes pas restés jusqu'à la fin, au moment où la foule chante l'hymne national hongrois ...
Un moment émouvant pourtant fut la courte visite que nous avons faite à la chapelle de l'ermite ... qui ne devait plus savoir où donner de la tête !


Les gens y entrent en file indienne, longent le mur de droite en touchant dévotement chaque statue, puis s'agenouillent pour passer derrière l'autel où ils progressent un moment à genoux avant de ressortir par une autre petite porte et de longer à nouveau le mur de gauche jusqu'à la porte de la chapelle ; le tout sans coups de coudes ni bousculade, ce qui est tout de même assez rare pour des Hongrois !
La pluie ne nous a pas empêchés de faire les kilomètres du retour à pied, car comment faire autrement ? On aurait bien bu quelque chose de chaud mais évidemment les terrasses couvertes étaient bondées. On a donc courageusement regagné "notre" atelier où nous nous sommes empressés de mettre des vêtements secs !
Nous nous sommes rattrapés le soir en mangeant dans un bon petit restau ... où toutes les tables étaient occupées !

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