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6 juillet 2009 1 06 /07 /juillet /2009 14:13
Nous étions donc le dimanche 31 mai ... Malgré la pluie, malgré la maladie et la fatigue, nous avions pu participer au pèlerinage de Simleu Ciuc / Csíksomlyó. Et maintenant, que faire ? Ma Douce avait prévu de reprendre le travail le mardi ... ou le mercredi ! Allions-nous nous précipiter sur la route, comme des milliers d'autres Hongrois contraints de retrouver la routine quotidienne dès le lundi matin ? En bons voyageurs que nous sommes, nous décidâmes de prendre une chose après l'autre, et de voir venir ...
C'est donc sans hâte que nous avons bu le café avec Géza, à qui nous avons fait des adieux pleins de reconnaissance pour sa gentillesse et son hospitalité. Sans précipitation aucune que nous avons changé les essuie-glaces de la Ford Escort, parce que la météo était pessimiste, et qu'il n'était pas question de rouler dans ces conditions-là. A cette occasion, j'eus une fois de plus la preuve de la suprématie de l'esprit pratique féminin puisque, passant outre les efforts désordonnés de deux représentants du sexe fort (en l'occurrence l'employé de la station-service et votre serviteur), Ma Douce, avec grâce, avec élégance, parvint à insérer les accessoires récalcitrants en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire ! En vérité je vous le dis, les mecs, ne voyagez jamais sans une nana ! Sans le moindre énervement que nous sommes parvenus enfin à quitter Miercurea Ciuc / Csíkszereda, dont plusieurs sorties étaient bouclées par la police sans qu'on comprenne bien pourquoi.

Pour reprendre le voyage là où on l'avait laissé, quoi de mieux que de visiter une mignonne petite église ? ce qui fut fait à Delnita / Csíkdelne ...


Comme le temps était plutôt beau et semblait vouloir se maintenir, on a décidé de poursuivre notre périple en Siculie en prenant la direction de Ghimes / Gyimes, au pays des Csángó. Le nom de ce peuple très particulier (dont le groupe le plus important vit en Moldavie, dans la province de Bucovine) viendrait du verbe hongrois "csángálni" qui signifie "errer, vagabonder". Ce ne sont pourtant pas des "cigány", loin de là, mais plus probablement une minorité magyarophone contrainte de se déplacer encore et encore au fil des siècles et des invasions ...
Sur la route nous avons dépassé des pèlerins qui rentraient chez eux :

la plupart à pied, mais certains à cheval, ou même en chariot !

La route s'élevait peu à peu dans les montagnes, et le paysage était superbe : petites vallées, rivières torrentueuses, villages ombragés de vieux conifères... Cependant nous ne pûmes aller bien loin : sans véritable explication des policiers nous arrêtèrent et nous ordonnèrent de nous garer sur le bas-côté. C'est en discutant avec d'autres que nous apprîmes la tenue d'un festival Csángó (un "opéra rock folklorique" si j'ai bien compris !) à  Ghimeş-Făget / Gyimesbükk qui s'honore par ailleurs d'être la dernière station de chemin de fer de la "Grande Hongrie". On a donc marché un peu "dans la beauté" ...

Les policiers nous avaient parlé d'un kilomètre à pied. Au bout de deux, on a commencé à se poser des questions. Renseignements pris auprès des passants, il fallait plutôt en compter quatre ou cinq ! Comme on n'avait pas envie d'y passer la journée on est retournés à la voiture et on a repris la route ... où on a croisé d'autres pèlerins !

l'homme sur la droite a mis son beau gilet "Csángo" ...

Nous sommes arrivés à Racu / Csíkrákos, où se trouve une église dont le clocher est couvert de peintures et de signes vraiment étranges, et qui donnent lieu à diverses théories et interprétations ...


Survivances d'un culte païen ? Croyances astrologiques, comme semblent l'indiquer les diverses roses des vents, lunes et même écrevisses ? En tout cas l'impression générale est de l'ordre du "primitif restauré", plutôt violent et au final assez laid, non ? Ben oui ... on n'est pas obligé de tout trouver joli non plus ...

Continuant notre passage en revue des différentes croyances et religions de Transylvanie, c'est par une église ... arménienne que nous avons continué à Gheorgeni / Gyergyószentmiklós. Je précise qu'il s'agit également de la ville natale de l'autre grand-père de Ma Douce, côté maternel, qui est lui aussi d'origine arménienne.


Après avoir revu l'endroit où se tenait la maison familiale (qui était toute en bois, et qui a brûlé dans les années 90), nous nous sommes à nouveau enfoncés dans les Carpathes, passant des cols, longeant des ravins et des vallées, pour arriver au Lacu Rosu / Gyilkostó au bord duquel, une fois de plus, nous avons pique-niqué. Un endroit très touristique, avec beaucoup de monde, des cars, des motos, des chiens, des enfants ... ce qui n'a pas empêché Ma Douce de s'essayer à la photo inspirée :

il y a des fois où je me demande si Elle n'est pas un peu mystique, cette Douce ...

Histoire de nous faire un vrai grand coup de Carpathes, nous avons même poussé un peu dans le défilé du Cheile Bicazului / Békás-szoros, dont le nom a un rapport avec les grenouilles, mais je me demande bien lequel ... Pics spectaculaires, gorges romantiques, vous l'avouerai-je ?, pour moi qui ai vécu huit ans à Grenoble et qui ai écumé les environs (Vercors, Chartreuse, Belledonne, j'en passe et des meilleurs ...) rien de vraiment nouveau, sauf qu'on était en plein coeur des Carpathes, évidemment ... Mais pour une Hongroise dont le sommet culminant avoisine les 1015 mètres ... alors j'ai consciencieusement pris des photos depuis la voiture ... dont très peu sont regardables, ne me demandez pas pourquoi !

Ensuite nous avons pris la route de Lazarea / Szárhegy pour y voir un joli château Renaissance dont une partie sert de résidence d'artistes.

c'est pourquoi on peut y voir dans le parc quelques sculptures ça et là ...

Un beau petit château, pas de doute, celui de Lazare qui donna son nom au village ... Malheureusement, nous y sommes arrivés juste au moment de la fermeture ... qui était aussi l'heure de chercher un logement. Ma Douce, en compagne prévoyante, avait quelques adresses de chambres d'hôtes : au premier coup de fil, l'affaire fut faite et dix minutes plus tard nous vîmes arriver une Dacia que nous n'eûmes plus qu'à suivre dans le dédale de rues boueuses et crevées de cratères remplis d'eau.
Nous avons été TRES bien accueillis par un couple de fermiers : jolie chambre à l'étage, bon repas précédé d'une pálinka "maison" que le propriétaire des lieux ne fut que trop heureux de partager avec nous. Il était tout fier d'ailleurs de parler quelques mots de français appris en recevant des compatriotes. Et très satisfait quand j'écrivis un petit paragraphe en "francia" dans le livre d'or de la maison ... A part nous la maison était pleine de familles hongroises ayant participé ensemble au Grand Pèlerinage, et leur repas du soir dut être bien arrosé si l'on en juge par les chansons braillées avec une justesse de plus en plus approximative au fur et à mesure que la soirée avançait ...
Pour nous (qui avions décliné l'invitation de nous joindre à ces agapes alcoolisées et nostalgiques), réfugiés sur le balcon tout en haut, nous regardions le soir tomber sur la vallée ... en pensant à la route du lendemain ...






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