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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 00:00

Bon ... quand on est partis, il faut bien revenir, pas vrai ?

Après trois semaines en Hongrie, dont une à Budapest et une autre au bord du lac Balaton, nous voilà à Baja un dimanche, et voilà qu'on annonce pour le lendemain, jour prévu de notre départ, une température record de 43 degrés ! Comme la climatisation de la voiture ne fonctionne pas et que nous avons un peu de temps jusqu'au 3 août, date à laquelle nous devons assister à un mariage en France, nous décidons de repousser notre retour d'une journée ... Nous profitons de ce lundi, effectivement très chaud, pour essayer de faire réparer la climatisation, en vain car un tuyau est cassé et que nous ne disposons pas du temps nécessaire pour faire venir la pièce de remplacement, et pour nous mettre d'accord avec l'amie qui nous accompagnera sur les grandes lignes de notre voyage : 4 jours et 3 nuits en passant par la Croatie et l'Italie du nord ...

Et le mardi nous partons pour un nouveau trajet de presque 2000 kilomètres ...

Avant de passer la frontière croate, nous nous arrêtons à Pécs que nous retrouvons avec plaisir ( voir l'article du 6 août ... 2009 ) d'autant qu'il y fait presque frais, après quelques orages de nuit qui ont fait nettement chuter la température. Je ne connais pas encore la cathédrale, et Ma Douce nous ( n'oubliez pas que cette fois nous sommes trois, et que l'amie vient pour la première fois en Hongrie) y emmène.

Après l'énorme portail en fer forgé, on pénètre dans un immense édifice tout décoré mais assez froid. Ce n'est qu'en s'approchant de l'entrée de la crypte que l'on découvre des choses vraiment particulières et intéressantes :

 

MG 4419 relief Pécs (2)

des bas-reliefs qui ont quelque chose d'assyrien, vous ne trouvez pas ?

 

Nous poursuivons notre balade dans la ville par la découverte de quelques vestiges romains et paléochrétiens ( ils sont nombreux à Pécs) et par un retour à la grande mosquée transformée en église :

MG 4429 mosquée-église Pécs

dans le coin inférieur droit, un mihrab, et au plafond une série d'anges : coexistence pacifique !

 

Après avoir acheté quelques fruits, nous reprenons la route vers le sud. Ma Douce veut nous faire découvrir un mémorial, érigé à Szigetvár en souvenir d'une grande bataille magyaro-turque qui eut lieu en 1566. L'endroit est fort mal indiqué mais grâce aux informations données par Beau-Papa, qui est un féru d'Histoire, nous le trouvons sans trop de peine au bord d'une route de campagne : 

MG 4433 monument Szigetvár

Les deux adversaires d'autrefois, Zrínyi Miklós et Soliman le Magnifique, accueillent côte à côte les rares visiteurs. Ils moururent tous deux en 1566 à Szigetvár, le premier lors d'une sortie héroïque à la tête des 300 hommes (sur 2500) qui lui restaient, le second de maladie dans sa tente. La légende veut que le corps de Soliman ait été attaché à son trône pour cacher sa mort à ses troupes jusqu'à la victoire finale.

Nous traversons ensuite la petite ville qui semble assez jolie. Curieusement, alors que le mémorial reste très discret, le nom de Zrínyi y est utilisé à toutes les sauces : volonté d'occulter la défaite pour ne plus retenir que la figure du héros national ?

Et puis c'est la frontière, avec la petite appréhension dont on n'arrive pas à se défaire, bien que la Croatie fasse elle aussi partie de l'Europe depuis peu. Mais la douanière est jeune et jolie, et elle consent même, en souriant, à rajouter un tampon souvenir sur mon passeport.

Direction Zagreb : c'est d'abord une petite route avec de nombreux villages où nous n'avançons guère. Beaucoup de nids de cigogne sur les poteaux électriques et aussi beaucoup de maisons en briques non crépies et qui, du coup, paraissent inachevées. Pourtant des gens y habitent, comme le montrent les rideaux aux fenêtres. Alors ? mode croate ? manque d'argent ? amour de la brique brute et sans apprêt ? Puis c'est l'autoroute jusqu'à la capitale ... 

Pour ce que nous en avons vu, on circule assez facilement dans Zagreb mais c'est plus difficile de s'en sortir avec les parcmètres si on n'a pas des kuna en petite monnaie ! Nous nous réfugions donc dans un parking souterrain où nous espérons pouvoir payer avec une carte bancaire ... Au cas où, je change 20 euros, qui me font 144 kunas ...

Au début, terrasses bondées, rues piétonnes, boutiques internationales, on pourrait se croire dans n'importe quelle grande ville européenne ... Ce n'est qu'un peu plus loin, après nous être cassé le nez sur la visite de la cathédrale qui était déjà fermée (du moins c'est ce qu'un prof d'histoire qui faisait office de gardien nous a affirmé), que nous avons un aperçu du charme spécifique de Zagreb :

MG 4441 rue Zagreb

 

MG 4450 façade Zagreb

  joli effet de reflet, n'est-il pas ?

 

Nous errons un moment dans toutes ces rues baroques et tranquilles, et nous finissons par déboucher sur un grand terre-plein d'où l'on peut découvrir une bonne partie de Zagreb. Il y a là un café ombragé où il ferait bon boire une bière bien fraîche mais ma suggestion ne rencontre guère de succès ... Je ravale donc ma soif, et nous redescendons vers la ville basse par un long escalier qui fait un peu penser à celui de Fourvière quand on redescend sur Lyon. Vous avez peut-être déjà remarqué qu'il est plus facile d'entrer dans une ville que d'en ressortir ? Comme s'il y avait une volonté de retenir le visiteur ... Eh bien, à Zagreb, pas du tout, et nous n'avons aucune peine à trouver la direction de l'autoroute qui nous emmène directement à la côte adriatique.Chemin faisant nous traversons une belle région montagneuse et assez sauvage. D'ailleurs Ma Douce croit avoir vu un ours sur le bord de la route ! En fait il ne s'agit que d'un panneau de bois censé indiquer la présence du féroce plantigrade ... Il est vrai qu'Elle était en train de conduire ...

Nous arrivons à Opatija en début de soirée, et nous sommes accueillis par un couple qui nous loue très professionnellement un appartement complet pour la nuit. Heureusement celui-ci ne donne pas sur la route qui surplombe la côte car la circulation y est assez infernale ! Pas si facile à traverser pour rejoindre la plage en contrebas ... que nous atteignons pourtant sans encombre à la nuit tombante ... et nous empruntons le Lungomare (n'oublions pas qu'Opatija fut également Abbazia, une ville italienne) à la recherche d'un restaurant bon et pas trop cher. D'après Wikipédia, cette promenade de "bord de mer", longue aujourd'hui de 15 kms, a été aménagée dès 1900. Il faut dire qu'Opatija eut son heure de gloire à la fin du 19ème siècle, devenant la villégiature des rois, des empereurs et des petits princes. Elle en a gardé de beaux restes, comme l'hôtel Kvarner ouvert en 1885, ou toutes ces luxueuses villas donnant sur l'Adriatique et qui jalonnent notre chemin.

MG 4458 villa Opatija

 

Après la chaleur de la journée, l'air semble doux et presque frais ... La mer sent bon et clapote doucement à nos pieds ... Un pêcheur installé sur une plate-forme rocheuse surveille ses cinq ou six cannes, tendues dans autant de directions ... Au loin, de l'autre côté de la baie, nous apercevons les lumières de Rijeka/Fiume que nous visiterons demain ...

MG 4456 soir Opatija

 

Un grand moment de paix, juste un peu troublé par nos estomacs qui crient famine ... Alors nous découvrons une mignonne petite crique, abritant quelques voiliers et presque autant de restaurants. L'endroit est bruyant, artificiel et un rapide coup d'oeil sur les cartes nous l'apprend, trop cher pour nos modestes bourses ... Heureusement nous trouvons un peu plus loin un estaminet tout à fait correct et davantage en rapport avec nos moyens dans lequel je commande avant toute chose une grande bière bien fraîche, ce qu'elle est bonne à boire enfin !!!

Le lendemain, après la baignade des "filles", nous reprenons le Lungomare dans l'autre sens, vers le centre d'Opatija où nous apprécions la fraîcheur du jardin botanique, la tonicité active d'un marché couvert et l'amoncellement coloré des villas de tous genres ...

L'arrivée à Rijeka est un peu glauque : grands immeubles défraîchis datant probablement de l'ère socialiste, port industriel avec ses voies ferrées et ses terrains on ne peut plus vagues, on a hâte de voir autre chose de la mythique Fiume ! Après nous être garés sur un immense parking sans une goutte d'ombre (bonjour le four !) nous partons à la découverte du centre ancien. Tout près d'une haute tour d'allure médiévale, nous avisons une église qui ne paie pas de mine, mais quand nous y entrons .... mazette ! quelle émotion !

 

MG 4525 rokoko Rijeka

Ma Douce hésite un peu : peut-on, ou pas, parler de "rococo" ?

 

Comme Ma Douce a emmené un guide (en hongrois) nous pouvons assez facilement repérer l'emplacement des divers monuments. Le seul problème est que ledit guide est ancien et que pratiquement tous les noms de rues ont changé : fini les boulevards Staline, les places Lénine et autres avenues du Socialisme Triomphant ! Place à autre chose, même si on ne sait pas trop quoi ...

Nous parvenons néanmoins à une esplanade où trône une grande église ronde, dédiée à Szent Vitus, Saint Guy, le patron de la ville. L'intérieur est plutôt de style néo-classique, avec quelques touches de baroque pourtant ...

MG 4531 baroque Rijeka

 

Nous redescendons ensuite vers la mer par de petites rues où se sent, ici et là, la présence de l'antiquité romaine ... Sur le Korzo, grande avenue élégante du centre ville, c'est plutôt le passé austro-hongrois qui se fait sentir. N'oublions pas que jusqu'en 1918, Fiume fut le seul port maritime de ce vaste empire ! Encore une Histoire très compliquée et parfois sanglante, pour cette ville-territoire faisant l'objet de féroces convoitises.

Nous réintégrons tant bien que mal notre autocuiseur à quatre roues, et prenons la direction de Trieste, c'est à dire de l'Italie. Ce ne fut pas toujours le cas, et ici encore l'Histoire fut bien mouvementée ! Vous n'avez qu'à taper "foibe", par exemple, pour faire une recherche sur internet et vous verrez bien ...D'ailleurs l'arrivée dans la ville n'est pas des plus tranquilles non plus puisqu'une voiture de police barre la route vers le centre. Ceci nous oblige à un long détour, fait principalement de voies aériennes, d'où nous survolons des zones industrielles et des banlieues. Une longue cheminée crache son poison tout près des immeubles d'habitation ...à la Seveso, en quelque sorte ...

Nous parvenons enfin sur le front de mer et c'est peut-être le plus étonnant à Trieste, la façon dont l'eau côtoie la ville, au même niveau, et semble toute prête à entrer dedans ! Nul doute que les jours de tempête tout cela doit se mélanger un peu ..

Au fond d'une immense place, autour de laquelle s'alignent les "palazzi", nous remarquons une étrange fontaine :

 

MG 4557 fontaine Trieste

vous ne rêvez pas ! ce monsieur est bien un Indien d'Amérique !

 

C'est la fameuse "fontaine des quatre continents", construite au milieu du 18ème siècle alors que Trieste appartenait encore à l'empire autrichien. Située face au port, sur la plus grande place de Trieste, elle est bien sûr destinée à montrer la puissance et l'universalité de la domination habsbourgienne ! Passant sous les arcades du fond de la place nous montons vers une basilique où nous sommes à peu près certains, d'après notre guide antique, de trouver "du" Baroque. Mais juste avant cela nous ne pouvons nous empêcher de visiter une jolie église romane située tout près :

MG 4566 fenêtre Trieste

jolie fenêtre romane en fine dentelle de pierre ...

 

La basilique, dite des Jésuites, date du 17ème et elle est en effet très baroque. Avant de sortir, je remarque dans le coin d'un autel de marbre la statue d'un ange souriant, voire coquin de par son déhanchement ...MG 4570 ange Trieste

pour moi maintenant, une grande partie du Baroque réside là !

 

Nous enfilons ensuite une série de ruelles étroites qui ont le grand mérite d'être ombragées. Si l'on en doutait encore, à force de traverser des frontières, il suffit de lever les yeux pour s'assurer que nous sommes bien en Italie :

MG 4584 rues Trieste

En nous disant qu'il serait bon de revenir ici et de rester un peu plus longtemps, nous retournons sans nous presser à la voiture, à côté de laquelle nous nous octroyons un bref casse-croûte. Ceci nous donne l'occasion de faire connaissance avec deux mendiants : le premier est noir de peau et je lui offre un oeuf dur qu'il regarde avec un air déçu mais qu'il finit par manger en s'éloignant, le second est une naine qui a droit à des biscuits, ce qui semble la satisfaire. Alors que nous quittons Trieste, les deux, postés sur le trottoir, nous font de gentils signes de la main ! Oui il serait bien doux de revenir un jour à Trieste ...

Mais en attendant il nous faut continuer, d'autant que nous avons réservé pour le soir une chambre à Padoue !

Notre prochaine étape se nomme Aquileia, ce qui est un beau nom. Ma Douce connaît déjà, y étant allé petite, mais elle tient absolument à nous faire voir ce joyau de l'art roman. A l'origine, avant JC, Aquileia était une cité latine très importante de par son port fluvial non loin de l'Adriatique. Elle devint donc une plaque tournante entre le bassin méditerranéen et les régions de l'intérieur, rhénane ou danubienne. Elle servit également de base pour l'évangélisation vers l'Est, ce qui lui valut, en retour, d'être rasée par Attila en 452 !

Aujourd'hui, c'est un peu perdu, Aquileia, et on a du mal à en trouver le chemin. Soit dit en passant, c'est régulièrement le cas quand on voyage en Italie. Chaque pays semble avoir sa propre logique de signalisation qu'il faudrait pouvoir comprendre sur-le-champ ! Heu ... en Italie on a encore des progrès à faire !

Il n'empêche que nous finissons par trouver un grand parking quasi désert, face à un très haut portail après lequel nous nous engageons sur un long chemin bordé de cyprès, et au bord duquel s'échelonnent des ruines romaines.  Même si un accès plus direct existe de l'autre côté du site, comme nous nous en apercevrons plus tard, c'est une bien douce entrée en matière pour aborder cette fameuse basilique ...

 

MG 4647 vue Aquileia

 

Comme souvent le bâtiment actuel est le résultat de diverses reconstructions sur plusieurs siècles, ici du IVème (pour le sol) au XVème (pour le plafond) ! De l'église originelle subsiste la plus grande mosaïque paléochrétienne au monde, puisqu'elle fait 760 m2 :MG 4598 basilique Aquileia

 

MG 4605 mosaique Aquileia

l'inscription de l'évêque Théodore permet de dater la mosaïque : début du IVème siècle !

 

Il ne faut pas non plus manquer de visiter la crypte qui se trouve tout au fond, derrière le maître autel.  Une fois passé le "barrage" de deux petites femmes babillantes qui vous font acquitter le droit d'entrée, quel étourdissement, quelle slendeur !!!

 

MG 4617 crypte Aquileia

heureusement, avec le droit d'entrée est fourni un guide lecture des fresques car il y a de quoi perdre la tête, non ?

 

La structure de la crypte date du IXème siècle alors que les fresques sont du XIIème. Outre les scènes quasi obligatoires ( Christ en majesté, Passion, ...) elles racontent principalement l'histoire d'Hermagoras, un évangélisateur local qui mourut en martyre après avoir réalisé plusieurs miracles, dont celui d'avoir converti son gardien de prison ... Elles sont parfois d'une étonnante modernité :

MG 4624 fresque Aquileia

une descente de croix du 12ème siècle : le croirait-on ???

 

Après toutes ces saines émotions mais aussi toute cette chaleur accumulée (n'oubliez pas que pendant ce temps, sur le parking, l'autocuiseur fonctionne à plein) les "filles" ressentent le besoin d'un petit bain et c'est pourquoi nous piquons droit au sud vers Grado, petite ville bâtie sur une île en ... 452, allez savoir pourquoi !

Un petit coin bien accueillant, ce Grado, plein de ponts et de canaux qui rendent la circulation un peu compliquée mais si pittoresque à la fois. D'ailleurs je ne sais pas s'il y a un rapport étymologique dans les noms mais cela me fait un peu penser au Grau du Roi ... Ainsi, pendant que ces dames piquent une tête je m'en vais boire une bière bien fraîche à la terrasse d'un petit bistrot d'où je peux apercevoir la voiture, on ne sait jamais ... Cela me donne l'occasion d'observer les us et coutumes locaux, ce dont je ne me prive pas ...

Quand ces dames reviennent, rafraîchies et souriantes, nous prenons la route de Padoue où nous arrivons tout de même un peu tard ... mais Fiume, Trieste, Aquileia : quelle journée !

 

Le lendemain, nous quittons notre rez-de-chaussée d'un pavillon de banlieue (les aléas du B&B ...) pas trop tard pour entreprendre la visite du centre de Padoue. Ici encore, près d'une porte de la ville (qui était entourée de remparts), nous trouvons un grand parking déjà écrasé de soleil, pour lequel nous ne saisissons pas immédiatement le mode de paiement. En fait, après mûre réflexion et avec l'aide d'une jeune gitane dont ce semble être le gagne-pain, nous comprenons que la plaque d'immatriculation de la voiture a été photographiée à l'entrée : ultra-moderne, le stationnement à Padoue !

En essayant autant que possible de rester à l'ombre (qui veut voyager loin ...) nous contournons une immense place parsemée de statues d'allure antique, le Prato della Valle. Ici et là, des vendeurs noirs ont étalé leur bimbeloterie ...

 

MG 4674 place Padoue

 

Nous atteignons rapidement un bâtiment d'allure massive, et même un peu rébarbative, qu'on aperçoit à gauche sur la photo ci-dessus, c'est la basilique Santa Giustina, une des plus grandes d'Europe. Nous y découvrons à nouveau quelques beaux échantillons de Baroque :

MG 4659 baroque Padoue

MG 4666 fillette Padoue

l'apprentissage du Baroque commence tôt !

Continuant notre tour de la place, nous nous engageons dans des rues heureusement bordées d'arcades, et tout à fait pittoresques. L'animation y est intense, et pas seulement touristique : Padoue est une ville très vivante ... du moins avant la grosse chaleur ! Notre but, bien sûr, est la basilique de Saint Antoine qui renferme le tombeau du Saint. Malheureusement, et c'est bien dommage, les photographies y sont rigoureusement prohibées, et des moines sont là, entre autres, pour veiller à faire respecter l'interdiction. Pour ce qui est de la chapelle renfermant la tombe, honnêtement, je n'ai jamais vu un tel délire décoratif ! Autel, sculptures, hauts-reliefs, tout y est incroyablement travaillé ! Une file de pélerins s'aligne d'un côté du tombeau, chacun attend son tour pour poser la main sur une plaque grise qui se trouve au dos de l'autel et y murmurer une prière, c'est assez impressionnant ... Faute d'images, une fois n'est pas coutume, je me permets d'indiquer un lien : www.basilicadelsanto.org

Et puis, comment quitter Padoue sans voir les fresques de Giotto ? Nous reprenons donc, après avoir versé notre obole à la petite gitane, notre véhicule qui a eu tout le temps d'autocuire et nous mettons à la recherche de la chapelle des Scrovegni ... Pas si facile, de circuler dans le centre de Padoue ! Nous avons une idée assez précise de la direction à prendre mais il nous faut louvoyer un grand moment en raison de la multiplicité des sens uniques et autres petits canaux ... Finalement nous parvenons à stationner, à l'ombre en plus, non loin de la place Eremitani. Mais pas si simple, d'entrer dans la chapelle ! D'abord c'est très mal indiqué, enfin pour nous en tout cas ! Et puis une fois que nous avons trouvé le chemin d'accès, on nous vend des billets, cher, avec lesquels nous ne savons pas tout de suite quoi faire. En effet, les visites sont hyper-organisées : elles ont lieu toutes les 30 minutes environ, et se décomposent en deux temps : 15 mn d'un film explicatif dans une salle climatisée, histoire de faire baisser la température des visiteurs, si j'ai bien compris (et effectivement, nous la sentons baisser ...) et 15 mn dans la chapelle même, ce qui est trop peu quand on découvre la richesse des fresques. Là encore, quel émerveillement, quelle splendeur, et quelle douceur aussi de pouvoir se perdre quelques minutes dans un univers si ancien, si beau, et si humain !!! Mais là non plus les photos ne sont pas autorisées (on s'en serait douté ...), ce qui est assez étonnant quand on voit le nombre de clichés, y compris de particuliers, sur internet ... cette fois je vous laisse faire votre moisson ... ;)

Mais le temps, qui s'est arrêté un moment dans la chapelle, passe pourtant ! Le troisième jour de notre voyage, prévu en quatre, est déjà bien entamé et nous avons à peine dépassé la mi-chemin de notre trajet ! Nous conservons néanmoins la volonté de nous arrêter à Vérone, étape romantique s'il en est, après nous être résolus d'entrée à sacrifier Venise ...

C'est certain, Vérone attire beaucoup de monde : une foule de touristes, autour des arènes, dans les rues, sur les places et, bien sûr, aux terrasses des innombrables bistrots ! Nous nous frayons un passage vers la maison de Juliette que nous atteignons en même temps que beaucoup d'autres, et il nous faut attendre un long moment pour pouvoir photographier le balcon vide, car des greluches prennent un malin plaisir à s'y faire tirer le portrait !

 

MG 4697 balcon Véronesi si je vous assure, ceci est le VRAI balcon de la VRAIE Juliette !

 

Nous échappant de la foule sentimentale, nous errons un moment dans les petites rues de la ville. Finalement, en dehors du circuit "obligatoire", elles sont assez tranquilles. Nous remarquons beaucoup de belles choses ici et là et comme à Trieste, comme à Padoue, nous nous disons que ce serait une bonne idée de revenir ici quelques jours pour se donner le temps d'une meilleure découverte ...

 

MG 4703 façade Vérone

sur une façade, un mélange assez surprenant de styles de tous âges !

 

Nous ressortons de la ville par une porte antique avec, croirez-vous, une seule idée : faire le plus de kilomètres possible avant la nuit ! Ah mais non ! ce serait trop simple ! Ces dames ont eu chaud, figurez-vous, et ces dames ont bien besoin d'un petit rafraîchissement, et comme le lac de Garde n'est pas loin ... Va pour le lac, donc, va pour la dolce vita et tutti quanti ... C'est très joli d'ailleurs, même si la plage que nous trouvons est un peu encombrée de ragazzi ... Quant à moi, selon une tradition qui commence à s'établir, je m'attable à une terrasse devant une bière bien fraîche ...

 

MG 4750 pont Lac de Gardedernière image de ce voyage retour : une belle carte postale du lac de Garde ...

 

La fin du voyage n'est plus qu'une longue suite de kilomètres pour lesquels nous nous relayons à la conduite. Nous parvenons à dormir le soir pas trop loin de Turin, dans un motel comme il en existe tant. Au petit déjeuner, je me fais piéger par la machine à café qui ne sert que des doubles expresso. Pour atteindre la quantité de café nécessaire, j'appuie sept fois sur le bouton, je bois donc l'équivalent de quatorze cafés italiens, ce qui n'est pas rien ! Je conduis dans la banlieue de Turin, et je m'aperçois que ni les limitations de vitesse ni les lignes blanches n'ont le même sens que chez nous. Puis ce sont les Alpes, avec une nausée persistante probablement due à l'overdose de café. Le tunnel du Fréjus semble fermé (?) et nous franchissons la frontière à Montgenèvre, ce qui nous amène droit (façon de parler !) sur Briançon et son fort ...

 

Recherche du Baroque 4755 vue Briançonde Belfort à l'aller à Briançon au retour : un voyage sous le signe de Vauban, finalement !

 

 

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