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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 19:17

Hé oui ! quand on a fait le choix de se marier à une Douce hongroise, il y a des petits voyages qui s'avèrent inévitables ...

Ainsi donc prîmes-nous l’avion le 21 décembre pour la Hongrie, où nous devions passer un Noël familial. Après un voyage dans notre toute nouvelle voiture un peu stressant (un bouchon sur l’autoroute nous a fait prendre le train au vol à Bellegarde, vu qu’on ne pouvait pas voyager à l’étranger, donc en Suisse, car on n’avait pas reçu la nouvelle carte grise de notre véhicule récemment acheté ; et puis le vol d’Easy Jet était archi-plein, à tel point qu’il a fallu qu’on donne nos bagages à main pour qu’ils soient mis en soute ; et qu’il a fallu attendre que tout le monde soit descendu de l’avion pour récupérer nos cartes d’embarquement nécessaires, soi-disant, pour récupérer nos bagages à main, mais en fait, pas du tout, ils ont défilé sur le tapis comme les autres) quel bonheur d’atterrir encore une fois à Budapest, où le bon József, papa de Ma Douce, nous attendait !

Il ne faisait pas trop froid, aux alentours de zéro, mais à 16h30 il faisait déjà nuit sur la longue route qui mène de l’aéroport à la ville … Et puis on est arrivés à Astoria, Deák tér, et comme c’était bientôt Noël, on est allés faire un tour au marché de Noël, sur la place Vörösmarty, et on a bu un vin chaud. Sur le chemin qui nous menait chez József, un Hare Krishna a réussi à m’extorquer 500 forints en échange d’un livre sur le « Kingdom of Wiseness » ou quelque chose comme ça … En arrivant, on a découvert la grande merveille : l’immeuble était maintenant équipé de plusieurs ascenseurs extérieurs, vitrés, et qui, ma foi, ne juraient pas trop avec l’ensemble des bâtiments. Bien pratique pour József et ses packs d’eau minérale, et pour nous aussi qui arrivons toujours chargés comme des mulets !

Après la pálinka traditionnelle de bienvenue, on s’est mis à table et là on a vu que notre hôte avait vraiment mis les petits plats dans les grands ! On a mangé un délicieux ragoût de bœuf, un peu relevé d’ « erös paprika » qui équivaut à du piment. Et on a bu « the best wine in the world » comme a dit József, ce qui, bien que ce vin fût hongrois, m’a paru quand même un peu exagéré …

Le lendemain, jeudi 22, peut-être à cause du vin hongrois, on s'est octroyé une première grasse matinée ... et puis, c'étaient les vacances, après tout ! Mais comme à chaque fois qu'on est à Budapest, Ma Douce avait mille et une choses à faire. Je me suis donc retrouvé seul assez vite, à Ferenciek tere, où j'ai pris quelques photos (pas très réussies) en attendant le bus n°178 ... 

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  no comment, n'est-ce pas ?

 

Je suis allé jusqu'au terminus, à Naphegy ( "la colline du soleil"), où on s'était donné rendez-vous. On devait y retrouver le frère de Ma Douce, qui est journaliste à la télé, et à qui on prêtait notre appartement en France pendant quelques jours de ces vacances. Il y avait donc un certain nombre de détails à régler : comment récupérer la voiture à Bellegarde, comment aller chercher la nouvelle carte grise à la poste avec la procuration, comment laisser le véhicule à l'aéroport de Genève pour notre retour, comment ne pas faire peur à la voisine du dessous, etc ...Devant le bâtiment de la télé, point de grévistes de la faim tels qu'on en avait vu à la télé française mais peut-être qu'ils étaient devant un autre bâtiment, je n'ai pas bien compris.Il faut vous dire que, comme dans de nombreux secteurs de la société hongroise, on assiste en ce moment à un dégraissage féroce des effectifset que tout un chacun se retrouve, plus ou moins, sur un siège éjectable. J'ai entendu parler de gens qui quittaient le bureau le vendredi, et qui apprenaient le lundi qu'ils étaient licenciés, sans autre forme de procès ! Tout ceci évidemment alourdit un tantinet l'atmosphère, d'autant que des soupçons de "partialité politique" pèsent sur les choix qui sont effectués : en clair, si on est "FIDESZ" (le parti du 1er ministre Viktor Orbán) on aurait moins de chances de perdre son emploi ...

 

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Après avoir mangé à la cantine (excellente par ailleurs) et réglé tous ces détails, nous voilà en route pour l'Institut Français pour lequel Ma Douce devait participer à un colloque un peu plus tard. Nous en avons profité pour visiter l'expo d'Illés, un ami photographe qui, si nous avons bien compris, avait mis en scène la recherche de son militaire de père ... Puis retour à Vörösmarty pour "faire" quelques boutiques du marché de Noël, avec la surprise de "tomber" sur un stand consacré à la Camargue et à ses beaux chevaux blancs ! Nous avons également retrouvé József, avec qui nous avons bu une Guiness dans un tout nouveau pub irlandais. Ensuite il nous a prêté sa voiture pour qu'on puisse aller dîner chez des cousins dans une banlieue assez lointaine. Sur la route arrêt chez Auchan ... pour acheter des produits typiquement hongrois à ramener en France : kolbász (saucisse), túró (fromage blanc), etc ... ! Et enfin le dîner chez les cousins et leurs 3 enfants, tous très sympas. Ils avaient dressé une grande table, à la hongroise, c'est-à-dire pleine de choses diverses et variées, chacun picorant à sa convenance. On a eu droit, en particulier, à de la très bonne charcuterie de "mangalica", un cochon local que je vous recommande chaudement !

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A un moment je suis sorti fumer sur la terrasse et le cousin, comme à son habitude, m'a gentiment accompagné malgré le froid. C'est généralement dans ces moments-là que nous discutons "entre hommes" et, bien sûr, la politique n'a pas tardé à venir sur le tapis. En effet, ayant vécu plusieurs années à l'étranger, j'ai déjà pu constater l'écart, parfois énorme, entre ce qui peut être rapporté d'un pays dans les médias et la réalité de ce qui est vécu par les gens dudit pays. J'étais donc curieux de savoir comment un Hongrois honnête, de bonne volonté, avec des principes moraux et humanistes forts, pouvait vivre ce qu'on nous présente systématiquement comme une dérive autocratique, voire un début de dictature "orbanesque".¹ Nul doute qu'il faille remettre les choses en perspective : les Hongrois, comme les autres "frères", ont subi pendant 40 ans la dictature communiste. Pendant tout ce temps ils se sont forgé une image de l'ouest presque paradisiaque, en tout cas bien fantasmée. Et avec le "changement" des années 90, avec l'invasion des investisseurs fondant sur la grande braderie (par les socialistes en particulier !) des richesses nationales, cette image s'est effondrée, la liberté dont ils avaient tant rêvé devenant essentiellement celle de faire rendre gorge au plus faible et sur ce terrain-là ils n'étaient pas les mieux préparés ! Bref, ce qu'il faut comprendre c'est que tant la politique d'Orbán que les manifestations destinées à le soutenir sont avant tout "nationales", et qu'elles signifient plus que tout le rejet d'une autre forme de colonisation, financière celle-là, par le FMI, la Banque Européenne et ses consoeurs de tout poil. Un exemple, tenez : beaucoup de Hongrois se sont endettés pour acheter leur appartement. Je crois qu'ils ont un des pourcentages les plus élevés de propriétaires. Le problème c'est que les banques, principalement allemandes et autrichiennes, peu confiantes dans la stabilité du forint (et bien décidées à ne rien faire pour qu'il en soit autrement, on comprend aisément pourquoi), ont indexé ces emprunts sur des monnaies "fortes", majoritairement l'euro ou le franc suisse. Mais bien sûr les mensualités de remboursement ont fluctué à la même vitesse que le forint par rapport à ces monnaies ! Ainsi Ma Douce, qui remboursait son appartement avec des mensualités de 40 000 forints au moment de son achat, devait-elle en acquitter 70 000 par mois cinq ans plus tard ! Entretemps le franc suisse était passé de 140 à 260 forints ... Et quand vous saurez que le salaire net moyen est aux alentours de 130 000 forints, vous aurez vite compris toute l'acuité du problème ! Or, qu'a fait ce terrible M. Orbán ? Il s'est tourné vers les banques et leur a imposé l'accord suivant : les Hongrois pourront rembourser de manière anticipée la totalité de leur emprunt à un taux ramené à 180 forints pour un franc suisse, par exemple. Eh bien croyez-moi, pour beaucoup de Hongrois (dont Ma Douce) ce fut une sacrée bonne nouvelle !!! Evidemment on peut toujours dénoncer une mesure qui ne profite qu'aux  riches, ou du moins à ceux qui ont les moyens de ce remboursement, mais est-ce que cela en fait pour autant une mesure "injuste" ? Peut-être bien que certains banquiers l'ont pensé après tout ...

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La fin de la discussion avec le cousin fut un peu plus inquiétante. Il pensait que les Hongrois n'étaient pas encore complètement mûrs pour la démocratie (mais si on cherche bien : quel peuple l'est vraiment ?) et que donc dans cette situation difficile ce qu'il leur fallait c'était un homme fort, capable de maintenir le cap contre vents et marées. Bon ... si on va par là, les situations difficiles et les hommes forts, ce n'est pas ce qui manque dans l'Histoire, pas vrai ?

 

¹ Pour ceux que ces questions de politique intérieure hongroise intéressent, je signale le bon article paru dans le Télérama n° 3242 (semaine du 3 au 9 mars) et dans lequel le journaliste, N. Delesalle, a le courage et l'honnêteté de reconnaître que la situation est bien plus compliquée qu'elle ne le semble ...

 

Le lendemain, nouvelle grasse matinée ... le mangalica peut-être ? Comme Ma Douce devait s'occuper de ce fameux remboursement, je me suis retrouvé seul encore une fois et comme j'avais très froid, et un peu faim, j'ai mangé une soupe au goulas délicieuse dans un petit restau sur mon chemin. Après, le bus 105 jusque chez mon "beauf" qu'on devait accompagner à l'aéroport avec sa copine, en échange de quoi on disposerait de sa voiture et de son appartement pour le reste de notre séjour. Au retour on est passés voir une copine qui a fait un bébé "toute seule", enfin pas tout à fait, mais elle vit avec lui et l'élève sans le papa. Ils semblent très heureux tous les deux dans leur petit appartement ...C'est au moment de monter dans la voiture que je me suis aperçu que je n'avais plus mon portable, damned ! On a cherché un peu partout fiévreusement mais il a bien fallu se rendre à l'évidence, je l'avais perdu, probablement dans le bus 105 ... Alors on a profité d'une visite chez une autre copine, qui a des responsabilités au ministère des affaires sociales ainsi qu'un très bon whisky, pour téléphoner à la BKV, la compagnie de bus de Budapest. Malheureusement point de nouvelles du portable égaré ... Il a donc fallu téléphoner d'urgence à Bouygues pour bloquer la carte SIM, au cas où l'appareil serait tombé dans des mains indélicates ... Et puis retour chez József pour prendre la voiture direction Baja où nous sommes arrivés vers 23 heures ...

 

Nous voici donc samedi 24 décembre, jour du réveillon. J'ai très mal dormi, je me réveille malade et je serai "entre deux eaux" toute la journée ... Je ne me rappelle plus la matinée, juste que j'ai jeté un coup d'oeil rapide sur le blog et que j'ai trouvé que c'était bien dur d'arriver à 25 000 pages vues ! L'après-midi j'ai un peu dormi pendant que ces dames (Ma Douce, sa soeur et sa mère) décoraient le sapin de Noël. En effet, en Hongrie, c'est seulement la veille de Noël que cela se fait. Elles n'ont pas manqué non plus d'ajouter au pied du sapin, outre les cadeaux, les pousses de blé traditionnelles, symbole de renouveau et de fertilité pour l'année à venir :

 

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vous le voyez bien, le blé, là, au milieu ?

 

Après ça ressemble beaucoup à la France : on a mis ses plus beaux habits et on s'offre les cadeaux en buvant l'apéro. On passe un coup de fil aux parents qui ne sont pas là pour leur souhaiter un joyeux réveillon. Une différence quand même, en tout cas pour moi : on a chanté quelques cantiques, en regardant le sapin droit dans les yeux. 

Puis on s'est mis à table autour d'une carpe "à la Rácz", un plat vraiment typique de cette occasion ! Inutile, je pense, de vous dire que belle-maman est une fine cuisinière, jugez-en plutôt :

 

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et c'est aussi bon que beau : il faut juste faire attention aux arêtes !

 

Pour en finir avec ce 24 décembre, la maman et la soeur sont sorties pour assister à un concert dans lequel une amie un peu excentrique jouait du violoncelle, avant de participer à la messe de Noël. Ma Douce a eu la gentillesse de rester avec moi, pour m'assister dans cet état un peu pitoyable ...

 

Mais le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, ça allait beaucoup mieux ! Et comme il faisait un beau soleil, bien froid et bien sec, on en a profité pour aller faire une promenade au bord de la Sugovica, la petite rivière qui se jette dans le Danube à hauteur de Baja.On a rencontré d'autres amis avec lesquels on a parlé un peu en échangeant des bons voeux, on a évoqué l'enfance de Ma Douce au bord de l'eau, l'été, quand les jours semblent n'avoir pas de fin ...

 

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deux mois plus tard, la rivière était toute gelée ...

 

On est revenus lentement, en s'arrêtant dans des églises. On a vu que là aussi, au pied des statues, sur les autels, un peu partout, on trouvait les mêmes petits pots remplis de blé en herbe. On a admiré des crèches aussi, bien sûr, mais la plus surprenante était celle qui avait été installée dehors, à l'entrée de l'église qui se situe non loin de l'appartement de belle-maman :

 

IMG_8750.JPG Dans cet enclos somptueux devait, si j'ai bien compris, se tenir une crèche vivante, avec un vrai homme, une vraie femme, un vrai boeuf et un âne véritable. J'ai en effet aperçu l'homme, la femme et le baudet mais je crois qu'ils n'ont pas pu résister au froid malgré le soutien des nombreux passants qui s'arrêtaient pour leur parler un petit moment. En revanche pas trace de boeuf ou d'un vrai bébé ! Dernière précision : sur le petit papier blanc épinglé à gauche de la poutre maîtresse il est clairement indiqué que l'endroit est surveillé par une caméra de sécurité, alors gare aux voleurs de paille, qu'ils passent leur chemin !!!

 

Et puis ce fut à nouveau l'heure de manger ... Cette fois nous eûmes droit à un autre plat, non moins traditionnel : de la dinde farcie aux pommes et aux pruneaux, illustration :

 

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avec une bonne purée en accompagnement, bien sûr !

 

Dans l'après-midi nous eûmes la visite d'une famille d'amis, le père très élégant, la fille animée qui vivait et travaillait en Angleterre, le fils handicapé qui se remettait lentement d'un deuxième accident vasculaire cérébral. Ils étaient tous étonnamment grands ! Et il y avait le père du monsieur aussi, qui mangeait sans rien dire, assis au bout de la table. A un moment il a relevé la tête, m'a regardé bien en face et a dit : "La guerrrre dans le Norrrrd c'était trrrrès durrr !"  J'ai ainsi appris qu'il avait été fait prisonnier pendant la seconde guerre mondiale et qu'il avait envoyé travailler dans les mines quelque part du côté d'Arrrras ! Pour finir la journée nous avons rendu une visite à József et nous lui avons fait des cadeaux ...

 

Le 26 décembre est également un jour férié en Hongrie. Traditionnellement, c'est le jour réservé pour aller voir les amis ou de la famille un peu plus éloignée, ce que nous n'avons pas manqué de faire. Mais avant de partir, nous avons mangé un bon chou farci, histoire de supporter le froid ! La preuve :

 

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c'est sûr qu'en Hongrie il vaut mieux avoir un bon coup de fourchette !

 

Les cousins que nous avons visités en premier étaient vraiment adorables : il y avait là le frère, la soeur et leurs époux respectifs, plus la (grand)maman hyper-dynamique plus les enfants des uns et des autres, plus un chien un peu fou mais très gentil aussi. Une fois que nous avons été tous réunis dans le salon, une des filles s'est mise à chanter, et c'était très beau, on aurait cru voir un paysage de Transylvanie par un beau jour de printemps. Après on s'est tous assis autour de la table de la cuisine, on a bu de la palinka très forte et très bonne, on a mangé des gâteaux et on a regardé des photos en discutant en anglais. On s'est quittés enchantés d'avoir fait connaissance ...

Après cela je me suis éclipsé un moment parce que j'avais pris rendez-vous avec József. En effet nous avons pris l'habitude de nous retrouver "entre hommes" (encore une fois !) pour boire une bonne bière. De la Dreher pour moi, de préférence ...

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József et moi nous éloignant dans la nuit de Baja ...

 

Quand nous sommes à Budapest, c'est généralement dans son bistrot préféré, juste en face de la grande synagogue. Ici, à Baja, nous nous sommes attablés dans une espèce de pub (avec tables en chêne massif de deux doigts d'épaisseur) au bord de la Sugovica. Et bien sûr, nous avons parlé ... politique ! József est plutôt d'une droite traditionnelle, cela ne fait aucun doute, mais ce que j'aime, c'est qu'on peut discuter ensemble sans que personne ne s'énerve. Il m'a donc redit tout ce qu'il reprochait aux socialistes, je lui ai redit ma croyance dans le rôle de l'Etat pour assurer un peu plus de justice et d'équité entre les citoyens. Finalement on a bien rigolé en évoquant le bruit qui courait d'une nouvelle loi qui taxerait les propriétaires de chiens, sauf ceux de race hongroise !

Ensuite j'ai rejoint les femmes pour une deuxième visite, chez des amis de la famille, qui a commencé un peu comme la première : après notre installation au salon, la jeune fille de la maison s'est levée et a chanté en notre honneur ! D'autant mieux qu'elle suit les cours d'une école d'art à Budapest, et qu'elle ambitionne de devenir comédienne professionnelle. Nous avons donc eu droit, un peu plus tard, à la vidéo du spectacle de fin d'année sur laquelle les élèves montrent tous leurs talents en danse, chant et comédie. Bien sûr les parents n'étaient pas peu fiers ! D'ailleurs ils sont en quelque sorte "de la partie" eux aussi, lui dirigeant (avec quelques difficultés semble-t-il) l'école de musique et elle dirigeant une chorale ayant remporté un tas de distinctions dont tout un mur est tapissé. Bref, une famille d'artistes bien sympas, même si l'atmosphère était un peu plus guindée que chez les cousins, enfin c'est ce qu'il m'a semblé ...

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...


Je ne me rappelle plus grand-chose du mardi 27 si ce n'est une lecture forcenée de "David Golder" d'Irène Nemirovski, dans une vieille édition que j'avais dénichée dans une brocante au bord du Rhône. Pourquoi forcenée ? Parce que j'avais décidé de l'offrir à belle-maman avant de partir, pour qu'elle puisse améliorer son français en le lisant. Drôle de livre d'ailleurs, à la coloration assez nettement antisémite, et d'autant plus drôle qu'une recherche internet m'a appris que l'auteure elle-même était juive. Mais il est vrai qu'on lui a reproché d'avoir tout essayé pour le faire oublier ...Bon, j'espère que belle-maman ne m'en aura pas trop voulu de mon cadeau !

Nous sommes rentrés à Budapest le mercredi 28, et notre gros boulot a été de "faire les banques" pour régler cette fameuse histoire d'emprunt avant l'expiration du délai, le 31 du mois. J'ai donc accompagné Ma Douce avec des gros paquets de forints dans les poches de ma veste, c'est drôle, j'avais l'impression d'être une espèce de coffre-fort ambulant ! Pour décompresser un peu, nous nous sommes réfugiés dans l'appartement du (beau) frère où je me suis jeté dans une autre lecture : "La mort est mon métier" de Robert Merle. Franchement impressionnant !Où on réalise que l'auteur des "Bienveillantes" n'a finalement pas inventé grand-chose ... Le soir nous sommes allés manger chez des amis qui habitent à une vingtaine de kilomètres, dans une somptueuse villa. Il faut dire qu'ils sont très riches, quoique de gauche, et qu'ils en ont profité pour prendre une année sabbatique et aller vivre à Santa Monica, une banlieue chic de Los Angeles. Ils nous ont montré leur album de photos où j'ai trouvé qu'ils paraissaient bien seuls ... Après avoir bu quelques excellentes (bien sûr !) bouteilles, il nous fallait bien rentrer ... Il fut question un moment d'appeler un "chauffeur" pour qu'il nous ramène. Mais, passablement échaudé par tout ce luxe, j'ai refusé tout net ! Malgré la "tolérance zéro" en vigueur en Hongrie, j'ai pris le volant (pour la première fois depuis quelques années) et au volant de la vieille voiture du (beau) frère, sans freins, et avec presque pas de lumière, je nous ai ramenés sains et saufs à nos pénates provisoires : quel con quand j'y pense !

Le jeudi 29, grasse matinée obligatoire ... Vers midi nous sommes allés visiter une exposition consacrée à Yona Friedman, un architecte d'origine hongroise dont Ma Douce m'avait fait découvrir l'existence et l'oeuvre à la Biennale de Lyon. C'est pour dire ! Très intéressant, très visionnaire, et tout à fait "raccord" avec les préoccupations actuelles concernant l'urbanisme et l'occupation de notre chère petite planète.

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Des habitats comme suspendus : dingue, non ?

 

Au retour, Ma Douce, qui avait des rendez-vous avec un vieil ethnologue et avec une fille de sculpteur, m'a laissé à Kossuth tér, devant le Parlement, pour que je découvre une très belle expo de photos sur les Noëls traditionnels hongrois organisé par sa soeur, c'est à dire ma belle-soeur ! Et en effet c'était très beau et très intéressant ... Il y avait sur la place une cinquantaine de grands panneaux où figuraient des reproductions d'anciennes photos, les plus anciennes datant de la fin du 19ème !

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Ils ne vous rappellent rien, ceux-là ? Quoi ? vous n'avez pas encore lu l'article sur les Busos ?

 

Et puis la nuit est tombée, il était temps de boucler la boucle ... Nous nous sommes donc retrouvés, Ma Douce, József et moi, sur la place Vörösmarty où nous avons bu un dernier vin chaud ... et peut-être même deux ! 

Nous avons quitté encore une fois la Hongrie le vendredi 30. Nous nous sommes croisés avec le (beau) frère et sa copine à l'aéroport "Ferenc Liszt" : leur avion s'est posé sur le tarmac alors que nous étions déjà dans le bus qui nous conduisait au nôtre ... qui s'est avéré être le même ! Echange bref par le portable : l'appart ? OK ... la voiture ? pas de problème, vous la trouverez à la place n°58, 3ème sous-sol du parking 1B ... vous allez bien ? super c'était génial on a pu visiter plein de trucs, et vous ? oh oui c'était bien, on a bien mangé, bien bu, et on a vu plein de gens pour ce Noël hongrois en famille, à bientôt ! à bientôt, portez-vous bien ! oui, vous aussi, bisous, szia, szia ! sziasztok, hello ...

Hello ...

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commentaires

Michael 18/04/2012 13:49

La carpe "à la Rácz" a vraiment l'air excellente!

Et oui je fais partie de 5 à 15 personnes qui suivent votre blog chaque jour, le mien tant également sur la Hongrie :

http://www.vuesdebudapesthongrie.com

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  • : Choses vues, ressenties, rencontres, photos prises pendant mon séjour à Budapest, en Hongrie.
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