communauté Ca et là

Jeudi 8 octobre 2009
Comme je le pressentais dans le dernier article, je n'ai vraiment pas beaucoup de temps pour penser à mon blog ces derniers temps, et encore moins pour y écrire ... Voilà 4 semaines que j'ai repris le travail de professeur de collège, et il me semble que je commence tout juste à savoir où je vais et comment ... En plus, comme je suis nouveau dans l'établissement, j'ai droit au traitement spécial "nouvel arrivant" : pas de salle attribuée (alors que chaque collègue dispose de "sa" salle), trois niveaux d'enseignement (alors que toutes les autres, il n'y a que des femmes dans l'équipe de français, n'en ont que deux !), un horaire vraiment étrange, avec des semaines A à 22 heures, et des semaines B à 16 heures, à se demander si tout cela est bien légal ... M'enfin, je suis loin de me plaindre : "prof" est vraiment un boulot que j'adore, et j'ai juste besoin d'un peu plus de temps pour à nouveau l'apprécier pleinement, voilà tout !

Et la Hongrie dans tout ça ? me direz-vous... Eh bien j'ai l'immense chance d'en avoir un joli petit "bout" à la maison, en la personne de Ma Douce, qui m'a suivi dans mon retour hexagonal. Et son charmant accent d'Europe Centrale, avec "o" fermés et "r" roulés m'enchante toujours autant ! Elle est là quand je rentre, harassé, d'une série de cours où il m'a fallu batailler avec les phrases et les propositions, le schéma narratif et autres terminaisons des verbes du premier groupe. Elle m'attend avec des bons petits plats ... Et chaque ouiquenne nous allons marcher dans les collines autour de la ville, et nous sommes heureux de nous sentir vivants ...

Ceci dit, la tenue d'une maison, la lessive, le repassage, la cuisine, et même les recherches en histoire de l'art, ne suffisent plus à remplir la vie d'une jeune femme moderne "en disponibilité" et c'est pourquoi Ma Douce a décidé de tenir, à son tour, un blog sur ses découvertes, ses rencontres, les choses vues et ressenties lors de son séjour en France : chacun-e son tour ! Il sera écrit en hongrois, au moins dans les premiers temps, mais je sais que nombre de lecteurs du "Budablog" parlent cette langue et nous espérons qu'ils nous suivront lors de ce changement de point de vue !

Rendez-vous donc sur   http://vienne.over-blog.org  pour passer "de l'autre côté du miroir" !!!

Szia everybody !!!
Par Léo
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Mercredi 19 août 2009
Sziasztok !

J'ai longtemps hésité pour le titre de cet article. Pas si facile en effet de rendre compte d'une réalité telle que j'ai pu la voir et la ressentir lors d'une boucle Hongrie-Serbie-Croatie-Hongrie, en essayant d'être "vrai" sans être trop simpliste ...

Je vous plante le décor : nous étions à Baja, non loin de la frontière serbe donc, et j'ai dit à Ma Douce : "J'aimerais bien avoir quelques tampons supplémentaires sur mon passeport". Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voilà partis vers le sud par une matinée dominicale et radieuse. Autour de nous une grande plaine bordée de bosquets et d'allure assez riche ...


Et puis, très vite, on est arrivés à la frontière avec la Serbie. Il a fallu insister un peu mais j'ai quand même réussi à obtenir un cachet d'entrée sur mon passeport ! Si le paysage est resté quasiment identique, l'ambiance n'était plus tout à fait la même : beaucoup de vieilles voitures, de nombreuses charrettes, des gens assez pauvrement vêtus et à l'expression relativement fermée ... Et puis les panneaux au bord de la route :

Trois écritures donc : en haut (donc en première position) le serbe cyrillique, au milieu le serbe "international", et en bas le hongrois reconnaissable à l'accent sur le "á". Souvenez-vous en effet que ces frontières n'ont pas un siècle d'existence, et que cette petite ville de Bezdan/Bezdán appartenait encore il y a peu à ce que certains appellent aujourd'hui la "Grande Hongrie". A ce sujet, très compliqué, je me permets (une fois n'est pas coutume) de vous renvoyer à l'analyse de M. Pierre Waline, qui a l'air de savoir de quoi il cause ...
http://www.causeur.fr/les-hongrois-n%E2%80%99ont-pas-digere-l%E2%80%99affront-de-trianon,955
Juste une phrase de citation pour vous donner une idée de la "problématique", comme on dit à l'Université ...
"Hier, Roumains, Slovaques et Serbes constituaient des minorités en Hongrie. Aujourd’hui, ce sont les Hongrois qui forment une minorité en Roumanie, Slovaquie, Serbie (et Ukraine)."
Ben oui, et pour moi, "franchouillard de base", ça reste quand même une sacrée énigme. Pour moi (comme pour beaucoup d'autres, j'imagine ?) les frontières c'est quelque chose de donné, qui ne se discute pas : on a les Pyrénées, les Alpes, le Rhin, et puis ... le reste ! C'est vu, c'est acquis, c'est digéré. Et même qu'à l'heure de l'Europe, on peut se permettre de les oublier un peu, ces frontières, et que peut-être, dans pas longtemps, on aura tous un beau passeport européen ? Alors, forcément, se battre férocement pour un bout de grande prairie, à l'aube du XXI ème siècle, ça semble un peu appartenir à un autre âge, non ? Et pourtant ...


Pourtant, voilà le mémorial qu'on trouve au centre de  Сомбор/Sombor/Zombor, charmante petite ville par ailleurs, avec de longues allées ombragées et des terrasses pleines de gens qui rient au soleil en prenant l'apéro du dimanche. Vous lisez bien les dates : 1990-1999, dix ans seulement que la guerre est finie ici, et cette mère serbe pleure sur ses enfants disparus ... âmes vaillantes, fleurs aux fusils, tombés pour défendre leur chère Serbie ...

Cependant, en continuant la promenade, ce sont des souvenirs d'un tout autre genre que l'on peut découvrir :


Fièrement dressés au fronton de ce bâtiment dont l'origine austro-hongroise ne laisse aucun doute, ailes déployées, que trouvons-nous, si ce n'est deux "turuls", oiseaux divins appartenant à la mythologie magyare et qui eurent Attila pour premier descendant ! A noter encore au centre du fronton une belle étoile dont le rouge a disparu ...
Et ce sera ainsi tout au long de cette boucle : d'un côté une même campagne parsemée de coopératives (anciennes ou modernes) et les mêmes vestiges d'un glorieux et impérial passé (plus ou moins bien entretenus selon la politique nationale) et de l'autre l'affirmation incessante, par la langue, les monuments, les traces encore fraîches d'une guerre récente, d'une identité serbe, une identité croate, une identité hongroise qu'il ne s'agit surtout pas de confondre ou de mélanger !

Entre Сомбор/Sombor/Zombor et la frontière croate, pas plus de 50 kilomètres que nous avons allègrement franchis dans notre petite auto ...



Au passage, un beau tampon sur mon passeport mais aussi ... un examen minutieux du coffre arrière ! On ne plaisante pas avec les visiteurs venant de Serbie ... surtout quand leur plaque minéralogique est hongroise ?

Sur la place centrale de Osijek/Eszék, jolie ville de Croatie allongée au bord de la Drave (qui rejoint le Danube un peu plus loin, à la frontière serbe) j'ai pris une photo qui m'a semblé symbolique :

"Only the laws of God and Nature are above the sovereign will of the people of Croatia"
GOD AND CROATS

Je pense que l'inscription se passe de tout commentaire ? Probablement une citation (inoubliable, j'en conviens) de l'homme statufié, probablement un des "pères de la nation" ...
Ce qui me paraît intéressant tout d'abord, c'est qu'elle soit rédigée en anglais, et pas en croate : par "modernisme" ? par volonté d'universaliser le message ? Quand on voit ce qui se passe en Slovaquie en ce moment, où une nouvelle loi impose, entre autres choses, d'ajouter aux monuments qui en sont dépourvus (et inutile de vous dire que du côté de la frontière hongroise ça ne manque pas !) la traduction exacte en langue nationale de toutes les inscriptions qui y figurent, et cela dans des caractères d'une grosseur au moins égale à celle des susdites inscriptions ...
Le décor ensuite : un arrière-plan fait de maisons néo-baroques du 19ème siècle, qu'on peut trouver aussi bien en Slovaquie qu'en Transylvanie ou à Budapest et Vienne.
Et enfin, les "marques", bien sûr ! Palmers, Triumph, NafNaf, etc ... Des marques comme on peut en voir en Serbie, en Croatie, en Hongrie, et un peu partout ailleurs dans le monde ... Et au dessus de tout ça, quoi ? Le logo d'une banque, du fric, de l'oseille, du pèze, bonhomme, c'est ça l'avenir !!! Alors, oui, Bon Dieu, si jamais il vous arrive d'exister, veuillez faire en sorte que les petits Croates, les petits Serbes, les petits Hongrois, et tous les petits autres parviennent à trouver leur voie, entre un glorieux passé et un futur de pacotille, sans avoir besoin de bousiller celle des autres, d'accord ?


Dans le soir qui tombait nous avons traversé la grande plaine. L'auriez-vous deviné ? Nous étions en Hongrie ...

Sziasztok !!!
Par Léo
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Jeudi 6 août 2009
Szia !

Voilà un moment qu'on voulait aller à Pécs, Ma Douce et moi. C'est là qu'elle a fait sa première année d'université, là qu'elle a connu la liberté, au sortir d'un lycée religieux assez strict, qu'elle a connu la magie du choix, entre tous ces enseignements, qu'elle a collectionnés, et tous ces beaux jeunes gens. C'étaient donc beaucoup de souvenirs pour elle et pour moi, à part tout ça, c'était la découverte d'une ville renommée.
On a donc loué une voiture (12 000 forints du vendredi soir au lundi matin, je peux donner l'adresse à ceux que ça intéresse ...) et on est partis vers 18 h le vendredi. La route est jolie dans le soir qui se couche, surtout à partir de Szekszárd (prononcer sex hard ...), on roule entre des collines habitées sur la droite et le Danube sur la gauche, ça fait un peu penser aux bords de Loire, et on est arrivés à Pécs quand la nuit tombait. On a garé la voiture (pas facile de trouver une place non-payante à Pécs !) et on a posé nos affaires dans une mignonne petite chambre louée par la fondation Kolping aux bonnes familles chrétiennes, d'après ce que j'ai compris. En tout cas il y avait un crucifix au-dessus du lit, et aussi une télé grand écran, et câblée avec ça !
Puis on est ressortis pour trouver de quoi se restaurer. Sur la place devant "l'hôtel" beaucoup de monde, beaucoup de jeunes personnes qui parlaient fort en marchant, en riant, en buvant, assis ou debout. En même temps la ville paraissait très tranquille : très peu de circulation, très peu de postes hurlant une resucée d'un tube des anciens temps, AUCUNE sirène d'ambulance, ni de pompiers, ni de police, ce qui est une vraie bénédiction pour quelqu'un qui habite Budapest !

Voilà le plan de Pécs : le trait brun que vous apercevez en haut (juste en dessous du boulevard jaune), et aussi un peu sur la gauche et en bas, figure les anciens remparts de la ville. Nous on logeait au bord de Szent István tér, la place mentionnée plus haut. On a pris en face la rue Apáca pour arriver, un peu plus loin, sur Széchenyi tér (du nom d'un grand homme malheureux dont j'espère avoir l'occasion de vous reparler), LA place centrale de Pécs. Sur des indications que la soeur de Ma Douce nous avait données, on a fini par trouver l'Afium, un restau en sous-sol dans Irgalmasok utcája. Un cadre sympa, certes, mais une bouffe passable, et un service un peu ... limité. Là aussi les gens, plus âgés, buvaient beaucoup et parlaient fort ...

Le lendemain, après un copieux petit déjeuner, nous sommes retournés à la place Széchenyi pour voir la Grande Mosquée. Il faut vous dire (ou vous rappeler ?) que Pécs a été une des villes hongroises les plus tôt conquises par les Turcs de Soliman le Magnifique :


Quand on regarde cette carte des principaux points d'occupation turque sur le territoire de la (Grande) Hongrie, on s'aperçoit qu'ils avaient de la stratégie quand même, ces barbaresques ! Ils ont foncé directement sur Buda et Pest en passant par Szeged (1541), puis ils ont élargi peu à peu leur domination : Tata, Esztergom, Székesfehérvár (1543) Visegrád, Nógrád, Hatvan (1544) tout en se ménageant un couloir le long du Danube : Pécs, Siklós (1543) Ozora (1544), peut-être pour garder un cordon ombilical avec la "mère-patrie" ? Après les occupations s'échelonnent entre 1551 et 1663, sur plus d'un siècle !

Mais revenons à la grande mosquée de Pecs ... qui n'en est plus une puisque, après la reconquête et la libération du "joug ottoman", elle redevint ce qu'elle était, c'est-à-dire une église ! Ce mélange des genres, à l'intérieur de l'édifice, ça donne ça :


avec la coupole caractéristique de l'art musulman, décorée de plein d'anges roses avec leurs deux ailes, tous plus chrétiens l'un que l'autre ! Au niveau du sol, ce n'est pas mal non plus :


Les "niches" musulmanes (ainsi que les suspensions ?) ont été conservées et même restaurées. On leur a "simplement" adjoint là un Christ en croix, ici une statue de saint ...

Après cela, comme à notre habitude, nous nous sommes promenés un peu au hasard, en suivant l'inspiration du moment. On est tombés assez vite sur le bâtiment où l'on prépare (fiévreusement ?) Pécs à son rôle de "capitale culturelle européenne" pour 2010, autant dire demain ! Beaucoup de rumeurs négatives courent sur la gestion des affaires à Pécs : détournement des subventions, corruption, blocages politiques, etc ... Que ce soit pour ce "capitalat" ou pour l'autoroute qui est censée être achevée à temps pour relier Budapest à Pécs, les Hongrois ne se privent pas de commenter sur un ton aigre-doux la désespérante lenteur de l'avancée des travaux. C'est vrai que la façade dudit bâtiment elle-même inspire un sentiment ... curieux :

Comme on dit, il n'y a rien de fait ...

Mais foin de ces questions politico-financières ! Après tout, nous n'étions pas là pour nous lamenter sur les difficultés internes de Pest, et sur les tribulations de ses gestionnaires ! Nous poursuivîmes donc notre chemin le coeur léger, glanant ici et là quelques fragments de beauté, comme beaucoup de villes hongroises peuvent en recéler ...

Et puis nous sommes arrivés sur une placette du centre ville et là, au milieu des touristes qui léchaient leurs glaces, nous sommes tombés en arrêt devant un spectacle assez étrange et inattendu ...


Des membres de "Falun Gong" étaient plongés dans une intense méditation, qui contrastait avec l'ambiance commerciale environnante. Je dois avouer que je ne suis pas allé voir les photos qui illustraient leurs revendications. Il fut une époque où je recevais (je me demande bien pourquoi) dans ma boîte mail des messages émanant de leur part et dont chacun contenait son lot d'atrocités bien senties. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi on ne parle pas plus d'eux alors qu'on n'hésite pas à en faire des tonnes avec les Thibétains, les Ouïgours, ... Est-ce parce que c'est une "secte" ? parce que l'on considère qu'après tout ils l'ont bien cherché ? que s'ils veulent à tout prix être des martyrs, grand bien leur fasse ? Je ne sais ...

Mais baste de ces questions politico-métaphysiques, nous avons continué notre route sans sourciller ... Ma Douce, qui commence à connaître mon goût un peu pervers pour le szocreal m'a emmené dans un bistrot qu'elle fréquentait autrefois, aux temps lointains où elle ne me connaissait pas encore ...

où l'on retrouve "celui qui dit comment il faut faire" ...

Combien de bisous échangés sous ces fresques glorieuses ? combien de regards brûlants ? de rendez-vous donnés et reçus ? de frôlements furtifs sur les banquettes de moleskine ? Bien sûr que je ne lui ai pas demandé, vous me prenez pour qui ?
Nous sommes ensuite descendus tout au sud de la ville, jusqu'à Rákóczi út que nous avons longé un bon moment avant d'arriver à l'autre mosquée de Pécs. Celle-ci est en travaux et abrite un petit musée assez inintéressant à l'entrée duquel une grosse dame s'ennuie à mourir en écoutant de la musique vulgaire sur sa radio portative. Cela devrait-il être permis ? En tout cas cela se fait ...


A l'intérieur de l'édifice, on retrouve bien des traits similaires à ceux de la "Grande Mosquée" de la place centrale, mais dans un tout autre état, évidemment ...


Pour finir, un clin d'oeil : non loin de la mosquée, Ma Douce a pris la photo d'une tête de satyre qui sert de fontaine ... La voyez-vous ?


Sziasztok !!!
Par Léo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Samedi 1 août 2009
Puisque :
- l'on ne peut pas toujours être "en disponibilité" ...
- l'on ne peut pas non plus éternellement survivre grâce à quelques leçons particulières, aussi agréables soient-elles, et elles le furent
- les quelques portes auxquelles j'ai frappé pour travailler de manière plus "sérieuse" sont demeurées muettes et closes
- j'aime le métier de professeur de français en collège, que j'ai hâte de reprendre
- Ma Douce a besoin de temps de son côté pour continuer ses recherches en Histoire de l'Art
- elle n'est pas opposée au fait de prendre à son tour un an de "disponibilité"
- elle se verrait bien tenir un blog sur la France et les Français, mais en hongrois cette fois

les dés en sont jetés : nous irons vivre quelque part dans l'Hexagone à partir du 1er septembre prochain !
Si je vous dis ça, chère lectrice, cher lecteur, c'est bien sûr par rapport à ce blog qui risque fort, étant donné la charge de travail d'un professeur de nos jours (si, si, il ne faut pas croire ...), de se trouver en sommeil, voire en catalepsie, dans un délai d'un mois à peu près. D'ici là, j'essaierai encore de publier un ou deux articles. Je voudrais bien, en particulier, vous faire part de ce qui, après un an de séjour (je suis arrivé ici le 20 août 2008), me rattache désormais à la Hongrie. Mais pour cela j'ai besoin d'un tantinet de réflexion ...

En attendant, sziasztok, et merci encore de votre fidélité !!!


Par Léo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 27 juillet 2009
- Les Hongrois ont une façon un peu particulière de se saluer : ils se serrent vigoureusement la main, se regardent droit dans les yeux, et se présentent par leur nom puis leur prénom. Exemple, moi je dirais : "Debuda Léo vagyok (je suis)" Mais je ne sais pas encore dans quel ordre ça doit se faire : est-ce à moi de commencer ? dois-je attendre que l'autre le fasse ? Et après on peut rajouter "nagyon örülök", ce qui veut dire "je suis bien content".
- comme la Hongrie est un petit pays, il arrive souvent que des personnes qui se voient pour la première fois aient au moins une connaissance commune. On s'aperçoit que les Hongrois vivent dans un réseau de relations beaucoup plus serré que le nôtre, en France ...
- en hongrois, expliquer se dit "magyaráz", c'est-à-dire parler en bon hongrois. C'est un peu comme si, au lieu du verbe expliquer, on employait, je sais pas moi, "franciquer" par exemple.
- l'autre jour, je me suis dit que la démocratie hongroise n'était pas si éloignée de la démocratie malgache, qu'il m'a été donné d'observer pendant 5 ans. Dans les deux cas, il s'agit d'un modèle imposé (d'ailleurs il n'en existe plus d'autre n'est-ce pas ?) à des populations qui n'étaient pas prêtes pour le vivre : Madagascar avec l'indépendance, la Hongrie avec le "changement".  Bien sûr les situations et les histoires sont complètement différentes mais dans les 2 cas, on assiste à des effets identiques : un fossé énorme entre les riches et les pauvres, une lutte féroce pour s'emparer du pouvoir et de la richesse, sans aucun souci du bien public, la démocratie étant perçue avant tout comme l'opportunité offerte à chacun, s'il est assez dur et assez malin, de marcher sur la tête des autres en s'en mettant plein les poches ! Et le pire, c'est que c'est clair et accepté par chacun !
- en hongrois, le verbe "avoir" n'existe pas ! (Plutôt sympathique, me direz-vous ...) Vérifiez dans votre dictionnaire français-magyar favori, et vous trouverez avoir : Il a van . Mais "Van" veut dire "il est", "il existe". Pour dire "j'ai une maison", le Hongrois dit : "Egy hazam van" soit "une maison à moi existe". Je me demande si cela change quelque chose au "sentiment de propriété" ... cela implique-t-il une distanciation, ou au contraire une fusion possessive ?
- un matin, comme nous sortions pour aller travailler, nous fûmes étonnés de trouver au coin de la rue tout un tas d'ambulances, voitures de police, etc ... Ma Douce me dit qu'il y avait un mort allongé sur le trottoir, mais je ne le vis pas. Quand, mon cours fini, je repassai par là une heure et demie plus tard, le mort était toujours là, bien enveloppé dans un plastique noir d'où ses chaussures dépassaient, bien rangé au bord du trottoir. Les voitures clignotantes avaient disparu mais dans une entrée d'immeuble, deux flics à chapka rigolaient doucement ...
- en hongrois, les genres "féminin" ou "masculin" n'existent pas ! Bien sût il y a des mots pour dire "femme" (nő) ou pour désigner tout autre élément du sexe féminin, mais pour dire "il" ou "elle", c'est le même mot : ő (à prononcer comme des "oeufs" mais un peu allongé). Et le soleil n'est ni masculin, ni féminin, il est, tout simplement !
Par Léo
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés