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5 mars 2012 1 05 /03 /mars /2012 19:17

Hé oui ! quand on a fait le choix de se marier à une Douce hongroise, il y a des petits voyages qui s'avèrent inévitables ...

Ainsi donc prîmes-nous l’avion le 21 décembre pour la Hongrie, où nous devions passer un Noël familial. Après un voyage dans notre toute nouvelle voiture un peu stressant (un bouchon sur l’autoroute nous a fait prendre le train au vol à Bellegarde, vu qu’on ne pouvait pas voyager à l’étranger, donc en Suisse, car on n’avait pas reçu la nouvelle carte grise de notre véhicule récemment acheté ; et puis le vol d’Easy Jet était archi-plein, à tel point qu’il a fallu qu’on donne nos bagages à main pour qu’ils soient mis en soute ; et qu’il a fallu attendre que tout le monde soit descendu de l’avion pour récupérer nos cartes d’embarquement nécessaires, soi-disant, pour récupérer nos bagages à main, mais en fait, pas du tout, ils ont défilé sur le tapis comme les autres) quel bonheur d’atterrir encore une fois à Budapest, où le bon József, papa de Ma Douce, nous attendait !

Il ne faisait pas trop froid, aux alentours de zéro, mais à 16h30 il faisait déjà nuit sur la longue route qui mène de l’aéroport à la ville … Et puis on est arrivés à Astoria, Deák tér, et comme c’était bientôt Noël, on est allés faire un tour au marché de Noël, sur la place Vörösmarty, et on a bu un vin chaud. Sur le chemin qui nous menait chez József, un Hare Krishna a réussi à m’extorquer 500 forints en échange d’un livre sur le « Kingdom of Wiseness » ou quelque chose comme ça … En arrivant, on a découvert la grande merveille : l’immeuble était maintenant équipé de plusieurs ascenseurs extérieurs, vitrés, et qui, ma foi, ne juraient pas trop avec l’ensemble des bâtiments. Bien pratique pour József et ses packs d’eau minérale, et pour nous aussi qui arrivons toujours chargés comme des mulets !

Après la pálinka traditionnelle de bienvenue, on s’est mis à table et là on a vu que notre hôte avait vraiment mis les petits plats dans les grands ! On a mangé un délicieux ragoût de bœuf, un peu relevé d’ « erös paprika » qui équivaut à du piment. Et on a bu « the best wine in the world » comme a dit József, ce qui, bien que ce vin fût hongrois, m’a paru quand même un peu exagéré …

Le lendemain, jeudi 22, peut-être à cause du vin hongrois, on s'est octroyé une première grasse matinée ... et puis, c'étaient les vacances, après tout ! Mais comme à chaque fois qu'on est à Budapest, Ma Douce avait mille et une choses à faire. Je me suis donc retrouvé seul assez vite, à Ferenciek tere, où j'ai pris quelques photos (pas très réussies) en attendant le bus n°178 ... 

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  no comment, n'est-ce pas ?

 

Je suis allé jusqu'au terminus, à Naphegy ( "la colline du soleil"), où on s'était donné rendez-vous. On devait y retrouver le frère de Ma Douce, qui est journaliste à la télé, et à qui on prêtait notre appartement en France pendant quelques jours de ces vacances. Il y avait donc un certain nombre de détails à régler : comment récupérer la voiture à Bellegarde, comment aller chercher la nouvelle carte grise à la poste avec la procuration, comment laisser le véhicule à l'aéroport de Genève pour notre retour, comment ne pas faire peur à la voisine du dessous, etc ...Devant le bâtiment de la télé, point de grévistes de la faim tels qu'on en avait vu à la télé française mais peut-être qu'ils étaient devant un autre bâtiment, je n'ai pas bien compris. Il faut vous dire que, comme dans de nombreux secteurs de la société hongroise, on assiste en ce moment à un dégraissage féroce des effectifs et que tout un chacun se retrouve, plus ou moins, sur un siège éjectable. J'ai entendu parler de gens qui quittaient le bureau le vendredi, et qui apprenaient le lundi qu'ils étaient licenciés, sans autre forme de procès ! Tout ceci évidemment alourdit un tantinet l'atmosphère, d'autant que des soupçons de "partialité politique" pèsent sur les choix qui sont effectués : en clair, si on est "FIDESZ" (le parti du 1er ministre Viktor Orbán) on aurait moins de chances de perdre son emploi ...

 

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Après avoir mangé à la cantine (excellente par ailleurs) et réglé tous ces détails, nous voilà en route pour l'Institut Français pour lequel Ma Douce devait participer à un colloque un peu plus tard. Nous en avons profité pour visiter l'expo d'Illés, un ami photographe qui, si nous avons bien compris, avait mis en scène la recherche de son militaire de père ... Puis retour à Vörösmarty pour "faire" quelques boutiques du marché de Noël, avec la surprise de "tomber" sur un stand consacré à la Camargue et à ses beaux chevaux blancs ! Nous avons également retrouvé József, avec qui nous avons bu une Guiness dans un tout nouveau pub irlandais. Ensuite il nous a prêté sa voiture pour qu'on puisse aller dîner chez des cousins dans une banlieue assez lointaine. Sur la route arrêt chez Auchan ... pour acheter des produits typiquement hongrois à ramener en France : kolbász (saucisse), túró (fromage blanc), etc ... ! Et enfin le dîner chez les cousins et leurs 3 enfants, tous très sympas. Ils avaient dressé une grande table, à la hongroise, c'est-à-dire pleine de choses diverses et variées, chacun picorant à sa convenance. On a eu droit, en particulier, à de la très bonne charcuterie de "mangalica", un cochon local que je vous recommande chaudement !

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A un moment je suis sorti fumer sur la terrasse et le cousin, comme à son habitude, m'a gentiment accompagné malgré le froid. C'est généralement dans ces moments-là que nous discutons "entre hommes" et, bien sûr, la politique n'a pas tardé à venir sur le tapis. En effet, ayant vécu plusieurs années à l'étranger, j'ai déjà pu constater l'écart, parfois énorme, entre ce qui peut être rapporté d'un pays dans les médias et la réalité de ce qui est vécu par les gens dudit pays. J'étais donc curieux de savoir comment un Hongrois honnête, de bonne volonté, avec des principes moraux et humanistes forts, pouvait vivre ce qu'on nous présente systématiquement comme une dérive autocratique, voire un début de dictature "orbanesque".¹ Nul doute qu'il faille remettre les choses en perspective : les Hongrois, comme les autres "frères", ont subi pendant 40 ans la dictature communiste. Pendant tout ce temps ils se sont forgé une image de l'ouest presque paradisiaque, en tout cas bien fantasmée. Et avec le "changement" des années 90, avec l'invasion des investisseurs fondant sur la grande braderie (par les socialistes en particulier !) des richesses nationales, cette image s'est effondrée, la liberté dont ils avaient tant rêvé devenant essentiellement celle de faire rendre gorge au plus faible et sur ce terrain-là ils n'étaient pas les mieux préparés ! Bref, ce qu'il faut comprendre c'est que tant la politique d'Orbán que les manifestations destinées à le soutenir sont avant tout "nationales", et qu'elles signifient plus que tout le rejet d'une autre forme de colonisation, financière celle-là, par le FMI, la Banque Européenne et ses consœurs de tout poil. Un exemple, tenez : beaucoup de Hongrois se sont endettés pour acheter leur appartement. Je crois qu'ils ont un des pourcentages les plus élevés de propriétaires. Le problème c'est que les banques, principalement allemandes et autrichiennes, peu confiantes dans la stabilité du forint (et bien décidées à ne rien faire pour qu'il en soit autrement, on comprend aisément pourquoi), ont indexé ces emprunts sur des monnaies "fortes", majoritairement l'euro ou le franc suisse. Mais bien sûr les mensualités de remboursement ont fluctué à la même vitesse que le forint par rapport à ces monnaies ! Ainsi Ma Douce, qui remboursait son appartement avec des mensualités de 40 000 forints au moment de son achat, devait-elle en acquitter 70 000 par mois cinq ans plus tard ! Entre-temps le franc suisse était passé de 140 à 260 forints ... Et quand vous saurez que le salaire net moyen est aux alentours de 130 000 forints, vous aurez vite compris toute l'acuité du problème ! Or, qu'a fait ce terrible M. Orbán ? Il s'est tourné vers les banques et leur a imposé l'accord suivant : les Hongrois pourront rembourser de manière anticipée la totalité de leur emprunt à un taux ramené à 180 forints pour un franc suisse, par exemple. Eh bien croyez-moi, pour beaucoup de Hongrois (dont Ma Douce) ce fut une sacrée bonne nouvelle !!! Évidemment on peut toujours dénoncer une mesure qui ne profite qu'aux  riches, ou du moins à ceux qui ont les moyens de ce remboursement, mais est-ce que cela en fait pour autant une mesure "injuste" ? Peut-être bien que certains banquiers l'ont pensé après tout ...

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La fin de la discussion avec le cousin fut un peu plus inquiétante. Il pensait que les Hongrois n'étaient pas encore complètement mûrs pour la démocratie (mais si on cherche bien : quel peuple l'est vraiment ?) et que donc dans cette situation difficile ce qu'il leur fallait c'était un homme fort, capable de maintenir le cap contre vents et marées. Bon ... si on va par là, les situations difficiles et les hommes forts, ce n'est pas ce qui manque dans l'Histoire, pas vrai ?

 

¹ Pour ceux que ces questions de politique intérieure hongroise intéressent, je signale le bon article paru dans le Télérama n° 3242 (semaine du 3 au 9 mars) et dans lequel le journaliste, N. Delesalle, a le courage et l'honnêteté de reconnaître que la situation est bien plus compliquée qu'elle ne le semble ...

 

Le lendemain, nouvelle grasse matinée ... le mangalica peut-être ? Comme Ma Douce devait s'occuper de ce fameux remboursement, je me suis retrouvé seul encore une fois et comme j'avais très froid, et un peu faim, j'ai mangé une soupe au goulas délicieuse dans un petit restau sur mon chemin. Après, le bus 105 jusque chez mon "beauf" qu'on devait accompagner à l'aéroport avec sa copine, en échange de quoi on disposerait de sa voiture et de son appartement pour le reste de notre séjour. Au retour on est passés voir une copine qui a fait un bébé "toute seule", enfin pas tout à fait, mais elle vit avec lui et l'élève sans le papa. Ils semblent très heureux tous les deux dans leur petit appartement ...C'est au moment de monter dans la voiture que je me suis aperçu que je n'avais plus mon portable, damned ! On a cherché un peu partout fiévreusement mais il a bien fallu se rendre à l'évidence, je l'avais perdu, probablement dans le bus 105 ... Alors on a profité d'une visite chez une autre copine, qui a des responsabilités au ministère des affaires sociales ainsi qu'un très bon whisky, pour téléphoner à la BKV, la compagnie de bus de Budapest. Malheureusement point de nouvelles du portable égaré ... Il a donc fallu téléphoner d'urgence à Bouygues pour bloquer la carte SIM, au cas où l'appareil serait tombé dans des mains indélicates ... Et puis retour chez József pour prendre la voiture direction Baja où nous sommes arrivés vers 23 heures ...

 

Nous voici donc samedi 24 décembre, jour du réveillon. J'ai très mal dormi, je me réveille malade et je serai "entre deux eaux" toute la journée ... Je ne me rappelle plus la matinée, juste que j'ai jeté un coup d’œil rapide sur le blog et que j'ai trouvé que c'était bien dur d'arriver à 25 000 pages vues ! L'après-midi j'ai un peu dormi pendant que ces dames (Ma Douce, sa soeur et sa mère) décoraient le sapin de Noël. En effet, en Hongrie, c'est seulement la veille de Noël que cela se fait. Elles n'ont pas manqué non plus d'ajouter au pied du sapin, outre les cadeaux, les pousses de blé traditionnelles, symbole de renouveau et de fertilité pour l'année à venir :

 

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vous le voyez bien, le blé, là, au milieu ?

 

Après ça ressemble beaucoup à la France : on a mis ses plus beaux habits et on s'offre les cadeaux en buvant l'apéro. On passe un coup de fil aux parents qui ne sont pas là pour leur souhaiter un joyeux réveillon. Une différence quand même, en tout cas pour moi : on a chanté quelques cantiques, en regardant le sapin droit dans les yeux. 

Puis on s'est mis à table autour d'une carpe "à la Rácz", un plat vraiment typique de cette occasion ! Inutile, je pense, de vous dire que belle-maman est une fine cuisinière, jugez-en plutôt :

 

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et c'est aussi bon que beau : il faut juste faire attention aux arêtes !

 

Pour en finir avec ce 24 décembre, la maman et la sœur sont sorties pour assister à un concert dans lequel une amie un peu excentrique jouait du violoncelle, avant de participer à la messe de Noël. Ma Douce a eu la gentillesse de rester avec moi, pour m'assister dans cet état un peu pitoyable ...

 

Mais le lendemain, après une bonne nuit de sommeil, ça allait beaucoup mieux ! Et comme il faisait un beau soleil, bien froid et bien sec, on en a profité pour aller faire une promenade au bord de la Sugovica, la petite rivière qui se jette dans le Danube à hauteur de Baja.On a rencontré d'autres amis avec lesquels on a parlé un peu en échangeant des bons vœux, on a évoqué l'enfance de Ma Douce au bord de l'eau, l'été, quand les jours semblent n'avoir pas de fin ...

 

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deux mois plus tard, la rivière était toute gelée ...

 

On est revenus lentement, en s'arrêtant dans des églises. On a vu que là aussi, au pied des statues, sur les autels, un peu partout, on trouvait les mêmes petits pots remplis de blé en herbe. On a admiré des crèches aussi, bien sûr, mais la plus surprenante était celle qui avait été installée dehors, à l'entrée de l'église qui se situe non loin de l'appartement de belle-maman :

 

IMG_8750.JPG Dans cet enclos somptueux devait, si j'ai bien compris, se tenir une crèche vivante, avec un vrai homme, une vraie femme, un vrai bœuf et un âne véritable. J'ai en effet aperçu l'homme, la femme et le baudet mais je crois qu'ils n'ont pas pu résister au froid malgré le soutien des nombreux passants qui s'arrêtaient pour leur parler un petit moment. En revanche pas trace de bœuf ou d'un vrai bébé ! Dernière précision : sur le petit papier blanc épinglé à gauche de la poutre maîtresse il est clairement indiqué que l'endroit est surveillé par une caméra de sécurité, alors gare aux voleurs de paille, qu'ils passent leur chemin !!!

 

Et puis ce fut à nouveau l'heure de manger ... Cette fois nous eûmes droit à un autre plat, non moins traditionnel : de la dinde farcie aux pommes et aux pruneaux, illustration :

 

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avec une bonne purée en accompagnement, bien sûr !

 

Dans l'après-midi nous eûmes la visite d'une famille d'amis, le père très élégant, la fille animée qui vivait et travaillait en Angleterre, le fils handicapé qui se remettait lentement d'un deuxième accident vasculaire cérébral. Ils étaient tous étonnamment grands ! Et il y avait le père du monsieur aussi, qui mangeait sans rien dire, assis au bout de la table. A un moment il a relevé la tête, m'a regardé bien en face et a dit : "La guerrrre dans le Norrrrd c'était trrrrès durrr !"  J'ai ainsi appris qu'il avait été fait prisonnier pendant la seconde guerre mondiale et qu'il avait été envoyé travailler dans les mines quelque part du côté d'Arrrras ! Pour finir la journée nous avons rendu une visite à József et nous lui avons fait des cadeaux ...

 

Le 26 décembre est également un jour férié en Hongrie. Traditionnellement, c'est le jour réservé pour aller voir les amis ou de la famille un peu plus éloignée, ce que nous n'avons pas manqué de faire. Mais avant de partir, nous avons mangé un bon chou farci, histoire de supporter le froid ! La preuve :

 

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c'est sûr qu'en Hongrie il vaut mieux avoir un bon coup de fourchette !

 

Les cousins que nous avons visités en premier étaient vraiment adorables : il y avait là le frère, la soeur et leurs époux respectifs, plus la (grand)maman hyper-dynamique plus les enfants des uns et des autres, plus un chien un peu fou mais très gentil aussi. Une fois que nous avons été tous réunis dans le salon, une des filles s'est mise à chanter, et c'était très beau, on aurait cru voir un paysage de Transylvanie par un beau jour de printemps. Après on s'est tous assis autour de la table de la cuisine, on a bu de la palinka très forte et très bonne, on a mangé des gâteaux et on a regardé des photos en discutant en anglais. On s'est quittés enchantés d'avoir fait connaissance ...

Après cela je me suis éclipsé un moment parce que j'avais pris rendez-vous avec József. En effet nous avons pris l'habitude de nous retrouver "entre hommes" (encore une fois !) pour boire une bonne bière. De la Dreher pour moi, de préférence ...

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József et moi nous éloignant dans la nuit de Baja ...

 

Quand nous sommes à Budapest, c'est généralement dans son bistrot préféré, juste en face de la grande synagogue. Ici, à Baja, nous nous sommes attablés dans une espèce de pub (avec tables en chêne massif de deux doigts d'épaisseur) au bord de la Sugovica. Et bien sûr, nous avons parlé ... politique ! József est plutôt d'une droite traditionnelle, cela ne fait aucun doute, mais ce que j'aime, c'est qu'on peut discuter ensemble sans que personne ne s'énerve. Il m'a donc redit tout ce qu'il reprochait aux socialistes, je lui ai redit ma croyance dans le rôle de l'Etat pour assurer un peu plus de justice et d'équité entre les citoyens. Finalement on a bien rigolé en évoquant le bruit qui courait d'une nouvelle loi qui taxerait les propriétaires de chiens, sauf ceux de race hongroise !

Ensuite j'ai rejoint les femmes pour une deuxième visite, chez des amis de la famille, qui a commencé un peu comme la première : après notre installation au salon, la jeune fille de la maison s'est levée et a chanté en notre honneur ! D'autant mieux qu'elle suit les cours d'une école d'art à Budapest, et qu'elle ambitionne de devenir comédienne professionnelle. Nous avons donc eu droit, un peu plus tard, à la vidéo du spectacle de fin d'année sur laquelle les élèves montrent tous leurs talents en danse, chant et comédie. Bien sûr les parents n'étaient pas peu fiers ! D'ailleurs ils sont en quelque sorte "de la partie" eux aussi, lui dirigeant (avec quelques difficultés semble-t-il) l'école de musique et elle dirigeant une chorale ayant remporté un tas de distinctions dont tout un mur est tapissé. Bref, une famille d'artistes bien sympas, même si l'atmosphère était un peu plus guindée que chez les cousins, enfin c'est ce qu'il m'a semblé ...

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...

 

Je ne me rappelle plus grand-chose du mardi 27 si ce n'est une lecture forcenée de "David Golder" d'Irène Nemirovski, dans une vieille édition que j'avais dénichée dans une brocante au bord du Rhône. Pourquoi forcenée ? Parce que j'avais décidé de l'offrir à belle-maman avant de partir, pour qu'elle puisse améliorer son français en le lisant. Drôle de livre d'ailleurs, à la coloration assez nettement antisémite, et d'autant plus drôle qu'une recherche internet m'a appris que l'auteure elle-même était juive. Mais il est vrai qu'on lui a reproché d'avoir tout essayé pour le faire oublier ...Bon, j'espère que belle-maman ne m'en aura pas trop voulu de mon cadeau !

Nous sommes rentrés à Budapest le mercredi 28, et notre gros boulot a été de "faire les banques" pour régler cette fameuse histoire d'emprunt avant l'expiration du délai, le 31 du mois. J'ai donc accompagné Ma Douce avec des gros paquets de forints dans les poches de ma veste, c'est drôle, j'avais l'impression d'être une espèce de coffre-fort ambulant ! Pour décompresser un peu, nous nous sommes réfugiés dans l'appartement du (beau) frère où je me suis jeté dans une autre lecture : "La mort est mon métier" de Robert Merle. Franchement impressionnant !Où on réalise que l'auteur des "Bienveillantes" n'a finalement pas inventé grand-chose ... Le soir nous sommes allés manger chez des amis qui habitent à une vingtaine de kilomètres, dans une somptueuse villa. Il faut dire qu'ils sont très riches, quoique de gauche, et qu'ils en ont profité pour prendre une année sabbatique et aller vivre à Santa Monica, une banlieue chic de Los Angeles. Ils nous ont montré leur album de photos où j'ai trouvé qu'ils paraissaient bien seuls ... Après avoir bu quelques excellentes (bien sûr !) bouteilles, il nous fallait bien rentrer ... Il fut question un moment d'appeler un "chauffeur" pour qu'il nous ramène. Mais, passablement échaudé par tout ce luxe, j'ai refusé tout net ! Malgré la "tolérance zéro" en vigueur en Hongrie, j'ai pris le volant (pour la première fois depuis quelques années) et au volant de la vieille voiture du (beau) frère, sans freins, et avec presque pas de lumière, je nous ai ramenés sains et saufs à nos pénates provisoires : quel con quand j'y pense !

Le jeudi 29, grasse matinée obligatoire ... Vers midi nous sommes allés visiter une exposition consacrée à Yona Friedman, un architecte d'origine hongroise dont Ma Douce m'avait fait découvrir l'existence et l'oeuvre à la Biennale de Lyon. C'est pour dire ! Très intéressant, très visionnaire, et tout à fait "raccord" avec les préoccupations actuelles concernant l'urbanisme et l'occupation de notre chère petite planète.

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Des habitats comme suspendus : dingue, non ?

 

Au retour, Ma Douce, qui avait des rendez-vous avec un vieil ethnologue et avec une fille de sculpteur, m'a laissé à Kossuth tér, devant le Parlement, pour que je découvre une très belle expo de photos sur les Noëls traditionnels hongrois organisé par sa soeur, c'est à dire ma belle-soeur ! Et en effet c'était très beau et très intéressant ... Il y avait sur la place une cinquantaine de grands panneaux où figuraient des reproductions d'anciennes photos, les plus anciennes datant de la fin du 19ème !

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Ils ne vous rappellent rien, ceux-là ? Quoi ? vous n'avez pas encore lu l'article sur les Busos ?

 

Et puis la nuit est tombée, il était temps de boucler la boucle ... Nous nous sommes donc retrouvés, Ma Douce, József et moi, sur la place Vörösmarty où nous avons bu un dernier vin chaud ... et peut-être même deux ! 

Nous avons quitté encore une fois la Hongrie le vendredi 30. Nous nous sommes croisés avec le (beau) frère et sa copine à l'aéroport "Ferenc Liszt" : leur avion s'est posé sur le tarmac alors que nous étions déjà dans le bus qui nous conduisait au nôtre ... qui s'est avéré être le même ! Echange bref par le portable : l'appart ? OK ... la voiture ? pas de problème, vous la trouverez à la place n°58, 3ème sous-sol du parking 1B ... vous allez bien ? super c'était génial on a pu visiter plein de trucs, et vous ? oh oui c'était bien, on a bien mangé, bien bu, et on a vu plein de gens pour ce Noël hongrois en famille, à bientôt ! à bientôt, portez-vous bien ! oui, vous aussi, bisous, szia, szia ! sziasztok, hello ...

Hello ...

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11 janvier 2012 3 11 /01 /janvier /2012 09:56

Bonjour ! Jo napot kivanok !

 

Malgré ma paresse fondamentale, je m'étais promis de le faire : quand le nombre de pages visitées sur mon blog atteindrait 25 000, j'écrirais quelques lignes pour exprimer ma gratitude et remercier mes visiteurs.

Alors, chères visiteuses et visiteurs, je ne sais pas qui vous êtes, ni où vous habitez : beaucoup en France bien sûr, mais aussi en Afrique, à Madagascar, dans bien d'autres pays encore ... D'après un site bizarre que j'avais trouvé une fois je ne sais plus comment, et que j'ai perdu depuis, mon blog était au 33ème rang en France et valait la bagatelle de 1 million d'euros ! Bon, moi je veux bien (d'ailleurs s'il y a un preneur ... cela me permettrait de voir venir pour ma retraite ...) mais avec une moyenne de 10,23 visiteurs par jours, j'ai un petit peu de mal à y croire !

Et d'ailleurs peu importe, ce n'est pas ça qui compte le plus, vraiment. Non, ce qui est sincèrement étonnant, c'est que ce "petit" blog, ouvert il y a maintenant plus de 3 ans quand j'ai commencé à vivre à Budapest, et sur lequel j'interviens uniquement quand j'ai quelque chose à dire sur la Hongrie (ou sur les arbres), ce qui se produit 2 ou 3 fois par an, continue à recevoir son petit lot quotidien de visiteurs, entre 5 et 15 par jour ... suivant la météo, peut-être ?

C'est rigolo de lire comment vous y êtes arrivés. Dans les statistiques d'Overblog, on peut voir ce que les gens ont tapé pour arriver sur le "budablog".

Passons sur celui qui pointe régulièrement le bout de son nez (ou d'autre chose ...) et qui cherche désespérément une "pute à Budapest". Je lui souhaite bien du courage ! A mon avis, peu éclairé il est vrai, la réputation faite aux "filles de l'Est" est on ne peut plus fallacieuse et il a à peu près autant de chances d'aboutir que s'il tapait ... Romorantin, par exemple !

Il y aussi celles et ceux qui m'ont rencontré un jour ou l'autre, qui connaissent l'existence du blog, et qui viennent prendre des nouvelles, voir s'il y a du nouveau du côté de Léo : je leur fais un petit coucou (kukucs) amical.

Il y a les plus nombreux : ceux qui font des recherches "sérieuses" sur la Hongrie, sa langue, sa culture, ses contrées, ses monuments. Pour tous ceux-là j'espère que mon blog leur apporte un moment fructueux et les conforte dans leur idée de visiter ce pays si spécial et intéressant. Vous vous rendez compte qu'avant-hier quelqu'un "s'est tapé" TOUT le journal de Transylvanie d'un bout à l'autre ? Voilà qui fait vraiment plaisir !

Enfin il y a des parcours plus surprenants : hier, par exemple, quelqu'un a fait une recherche sur "avant-bras cloutés" qui l'a amené sur mon blog ! J'a beau faire un gros effort de mémoire, je ne me souviens pas d'avoir jamais parlé d'avants-bras ni de clous, et encore moins de la combinaison des deux ! Mais voilà, c'est comme ça, ce sont les mystères du surf sur internet !

Je ne vais pas être plus long, je ne voudrais pas être taxé de nombrilisme ! Je conclus donc sur 2 choses : d'abord je voudrais encourager celles et ceux qui hésitent un peu à franchir le pas pour écrire un blog. Croyez-moi, c'est un sacré plaisir et une sacrée aventure ! Vous n'imaginez même pas le nombre et la "nature" de tous vos lecteurs !

Enfin, encore une fois, merci à toi, bel(le) inconnu(e), qui t'es arrêté(e) un instant plus ou moins long sur le "budablog", et qui lui a permis de vivre pendant tout ce temps !!!

Sziasztok !

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19 décembre 2011 1 19 /12 /décembre /2011 11:19

 Ami(e)s des arbres, bonjour !

 

J'ai repensé à vous dernièrement en lisant "L'élégance du hérisson" de Muriel Barbery, que je ne saurais trop vous recommander !

En même temps, j'ai comme un doute : recommander un livre fait de papier à des ami(e)s des arbres, n'y a-t-il pas là quelque chose de paradoxal, voire provocateur ? Les ami(e)s des arbres sont-ils toutes et tous des fans du livre numérique, par exemple ? Ou bien font-elles/ils la distinction entre les "arbres à papier" et les autres ? Après tout, les ami(e)s des animaix ne sont pas forcément végétarien(ne)s, n'est-ce pas ?

 

Mais, bref, foin de scrupules, voici le passage qui m'a fait penser à vous :

 

"Ça me fait le même effet quand on parle des arbres, de n'importe quel arbre : le tilleul dans la cour de la ferme, le chêne derrière la vieille grange, les grands ormes maintenant disparus, les pins courbés par le vent le long des côtes venteuses, etc. Il y a tant d'humanité dans cette capacité à aimer les arbres, tant de nostalgie de nos premiers émerveillements, tant de force à se sentir insignifiant au sein de la nature ... oui, c'est ça : l'évocation des arbres, de leur majesté indifférente et de l'amour que nous leur portons nous apprend à la fois combien nous sommes dérisoires, vilains parasites grouillant à la surface de la terre, et nous rend en même temps dignes de vivre, parce que nous sommes capables de reconnaître une beauté qui ne nous doit rien."(pages 179-180 de l'édition Gallimard)

 

Voilà, ami(e)s des arbres, le petit cadeau que je voulais vous faire en ces temps de Noël !!!

 

Portez-vous bien, et n'oubliez pas de "marcher dans la beauté" !

 

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22 octobre 2011 6 22 /10 /octobre /2011 17:46

Sziasztok !

 

Bon, je vous ai épargné la garden-party, pas vrai ?

Après une semaine passée à Budapest, on a loué une autre voiture pour un petit voyage de noces en Slovaquie !

Il faisait un temps exécrable quand on est partis de la capitale, et cela s'est maintenu sur le même mode pendant à peu près tout le voyage : aussi puis-je l'affirmer d'emblée, un petit voyage de noces en Slovaquie pluvieuse, il n'y a rien de tel pour cimenter l'entente d'un couple fraîchement uni !!!

 

Bon ... la vie et le temps passant, cela devient de plus en plus difficile d'écrire cet article ! Que faire ? Vous joindre un bel album photos avec quelques commentaires ? ben oui ... c'est ce qui me paraît possible aujourd'hui, en sachant qu'il y a des photos que vous ne verrez pas ... parce qu'elles n'ont pas été prises. Et en particulier celles qui auraient pu rendre compte de la situation de Roms en Slovaquie, non loin de la frontière hongroise, à côté de Jasov pour être un peu plus précis. Je lis moi aussi les nouvelles effrayantes qui nous viennent de Hongrie, mais je n'avais encore jamais vu quelque chose de pareil : un campement énorme, fait de différentes formes d'habitations, ça commençait avec des petites maisons presque pimpantes pour s'achever dans un bidonville innommable, avec au milieu de tout ça quelques immeubles ravagés, entrées défoncées, noircies de fumée, grouillements de population aux alentours, dehors et dedans, dans la fumée, le noir et la boue, bref, la "Guerre du feu" au XXI ème siècle ! Et comme il fallait qu'on fasse demi-tour sur la petite route qui longeait ce camp, vu qu'on avait raté la route qui menait au monument historique local, la gentillesse et le bon sourire d'un pépé, qui tenait ses petits-enfants par la main, et qui nous a fait signe que oui, c'était bon, on pouvait y aller en toute sécurité... de quoi chialer, je vous jure !!! Mais comment oser prendre des photos ?

 

Quoi d'autre qui surnage dans ma mémoire ?

Les Slovaques ne s'y prennent pas très bien avec les touristes. Il est interdit de faire des photos pratiquement partout, et celles de l'album sont en grande partie "illégales". Ce n'est pas très malin, je trouve, avec toutes les merveilles qu'ils ont, ce serait plus intelligent d'en laisser prendre et circuler les images, non ? Tout ça pour pouvoir vendre 3 cartes postales et demie ?

L'introduction de l'euro a eu des effets bizarres en Slovaquie : une place de cinéma coûte dans les 5 euros, mais un bon gros gâteau bien crémeux seulement 30 centimes !

Et je ne vous parle même pas du prix d'une chambre qui peut, selon l'endroit, varier de 20 à 60 euros, sans que le pourquoi de la chose soit tout à fait transparent !

Enfin, quand on voit du slovaque écrit, et même si on sait que c'est une question idiote, on ne peut s'empêcher de se demander comment diable font les Slovaques pour le parler !

 

Viszontlatasra !

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4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 18:14

Ma Douce est croyante, ce qui ajoute à son charme et, je dois le dire, à son mystère ... En effet, de mon côté, je n'ai reçu aucune éducation religieuse et ma "foi", si l'on peut dire, se résume à un grand point d'interrogation. Pourtant Elle tenait beaucoup à ce que notre union civile fût consacrée religieusement, ce à quoi je consentis sans trop de difficultés. Mon principal souci dès lors était de mieux comprendre ce que ça voulait dire, "se marier à l'église", pour ne pas être un simple spectateur de ce qui allait se passer ...

Mais savez-vous qu'un mariage religieux, ça se prépare ? C'est pourquoi nous avons passé 2 soirées chez un couple accueillant qui nous a gentiment aidés à y voir un peu plus clair dans cette affaire de bénédiction nuptiale. La 1ère fois fut la plus intéressante, parce que nous étions 3 couples de "candidats au mariage" avec des histoires et des sensibilités vraiment différentes ! Nous avons également rencontré le curé de Vienne à 5 reprises, et à chaque fois pendant 2 heures ! Je ne veux pas citer son nom ici, mais je tiens à rendre un hommage sincère à sa grande ouverture d'esprit, qui lui a permis de ne pas s'offusquer de toutes les questions et remarques que je lui ai adressées, et il y en avait ! Le mariage était fixé au 16 juillet, dans une petite chapelle au bord du lac Balaton ...

 

Nous sommes arrivés à l'aéroport de Budapest (qui ne s'appelle plus Ferihegy mais Liszt Ferenc ; on verra plus loin que d'autres changements de noms, et pas des moindres, sont intervenus ici et là) : 39° à la sortie de l'avion, un vrai four ! Malgré la canicule, le bon papa de Ma Douce était là pour nous accueillir et nous emmener à l'appartement de son fils et de mon beau-frère, où nous devions passer une nuit avant de partir pour le Balaton.

 

Le lendemain nous avons retrouvé avec plaisir la maison familiale de la rive nord qui, même si elle n'est pas très jolie avec ses gros blocs de grès rouge, vous a un air de robustesse des plus rassurants !

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Et puis le grand jardin, si beau quand il s'étend à la lumière du couchant ...

 

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Et puis Ma Douce qui est si heureuse quand on est là bas, au pays de son enfance ...

Nous avons passé là quelques jours paisibles, vraiment bienvenus après une année de travail un peu difficile. Le soir, sur la terrasse, nous écoutions les grenouilles en regardant les étoiles ...

 

Et puis, peu à peu, les choses se sont accélérées. La météo, tout d'abord, devint franchement menaçante. Le jeudi soir par exemple, alors que nous étions allés manger des poissons frits à Badacsony, il y eut un coup de vent terrible comme il y en a quelquefois n'importe où en Hongrie. La pluie semblait inévitable. Pourtant ce soir-là il ne tomba pas une goutte. Le vendredi, c'est à dire la veille du mariage, la gardienne de la petite chapelle que nous étions allés visiter nous assura qu'il pleuvrait sans nul doute le lendemain. Il fallait pourtant s'affairer, et tout le monde s'y est mis en essayant d'oublier ses craintes ! Mon plus jeune fils avait pu venir depuis Bruxelles, ce qui m'a fait bien plaisir. Aucun stress d'ailleurs dans ces préparatifs, chacun(e) mettant de son mieux la main à la pâte pour que tout soit prêt à temps.

 

Le samedi matin, il faisait un temps magnifique, pas trop chaud, et surtout sans le vent qui aurait pu faire plier les tentes de la garden-party ! Le traiteur arriva à temps avec tables, verres et vaisselle ; les tentes furent montées sans trop de difficultés, et arrimées autant que possible, on ne sait jamais ! Les invités arrivèrent les uns après les autres, le plus souvent en droite ligne de Budapest. Les uns après les autres, ils garèrent leurs voitures sur la pelouse, là où j'avais artistement disséminé des pétales d'hibiscus la veille, en harmonie avec la décoration opérée par une amie de la mère de Ma Douce, un peu originale mais très sympa ...

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Et puis, bon, le moment est venu où il fallait y aller, hein ? Heureusement la rencontre avec le prêtre hongrois qui devait nous marier s'était également très bien passée, et la franchise de son regard et la largesse de ses épaules avaient elles aussi quelque chose de rassurant ! On avait quand même un peu le trac en entrant dans la petite chapelle au son de la "Marche nuptiale" jouée sur un orgue de campagne !  

Que vous dire ? Je ne vais pas vous retracer l'événement dans son détail, ce qui serait ennuyeux à la fois pour ceux qui connaissent bien et pour ceux qui n'y connaissent rien ! Il y eut beaucoup d'émotion, bien sûr, beaucoup de douceur et de force aussi dans cet engagement solennel parmi une communauté de croyants. La petite chapelle était juste assez grande pour contenir la trentaine d'invités présents ...

 

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Une particularité pourtant : la cérémonie fut bilingue, mon beau-frère étant non seulement mon témoin mais aussi mon traducteur pour les passages-clés qui réclamaient une compréhension pleine et entière. Des textes furent lus, en français et en hongrois, des serments furent prononcés, main sur le coeur et main sur la croix ...

 

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Des chants furent chantés ...

 

A la sortie, des bisous furent donnés, beaucoup, des mains furent serrées, des voeux formulés ... et nous on avait le coeur qui dansait devant la petite chapelle, au bord du lac Balaton !

 

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  Mais il fallait aussi faire "danser les corps", ce qui était le but de la garden-party qui allait suivre ...

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5 septembre 2010 7 05 /09 /septembre /2010 17:10

Il faut du temps pour arriver à Csepel, quand on vient du centre ville. Le mieux est de prendre le tram n°2, qui longe le Danube en direction du sud, et de descendre à Petőfi híd où il faut prendre le HÉV (l'équivalent de notre RER) jusqu'à son terminus. Compter une bonne demi-heure de trajet au total.

 

Mais pourquoi aller à Csepel ? C'est la question que j'ai lue dans tous les yeux de la famille de Ma Douce, quand je leur ai fait part de mon intention. Csepel le bastion communiste, le fief socialiste, Vörös Csepel, Csepel "La Rouge", comme on l'a longtemps appelée. Il n'y a rien là-bas, aucun objet d'intérêt et donc de tourisme ; seulement des usines et des lakótelep, ce que nous appelons des "grands ensembles". Voire ...

 

Des lakótelep, certes, il y en a, et pas qu'un peu. De toutes couleurs, tailles et dimensions ...

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Mais, vous l'aurez compris, quel que soit l'habillage, l'idée générale reste à peu près la même : caser un maximum de gens dans un espace minimum, et pas trop loin de leur lieu de travail, c'est à dire l'Usine, dont l'entrée est en effet située juste de l'autre côté de la voie du HÉV ...

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Mais, si vous le voulez bien, nous reviendrons plus longuement dans l'Usine, quand nous aurons un peu mieux exploré la partie "habitable" de Csepel ...

 

Si vous avez un peu suivi ou exploré ce blog, vous n'êtes pas sans savoir que je suis particulièrement friand de ce qu'on appelle le "szocreál", le style "socialiste-réaliste", dont vous pouvez avoir une meilleure idée en allant lire l'article consacré à Dunaújváros, qui en est en quelque sorte la capitale. J'espérais donc qu'en un lieu comme Csepel je pourrais "mettre l'appareil" sur quelques belles réalisations. Cependant les recherches préalables sur Internet n'avaient pas montré grand-chose, ce qui me fut confirmé sur le terrain, par un jeune homme très aimable qui tenait une petite boutique où il vendait un peu de tout. Il m'a expliqué que la plupart des immeubles avaient été rénovés dans les vingt dernières années, et que pratiquement toutes les statues et monuments que je recherchais avaient été transférés au "Memento Park", au sujet duquel j'ai écrit un autre article !

Il n'empêche, grâce en particulier au concours de Ma Douce, j'étais en possession d'une petite liste susceptible de contenir quelques choses intéressantes. Il me fallait d'abord trouver Béke tér, la place de la Paix. Et là, en effet, je l'ai rencontré, celui pour qui j'avais fait tout ce chemin :

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N'est-il pas beau ? N'est-il pas admirable, ce travailleur aux manches retroussées qui, après sa journée de dur labeur, prend bien soin de se cultiver ? Eh oui, dans les années cinquante, on croyait qu'un travailleur devait aussi se cultiver. Aujourd'hui même les chômeurs n'ont plus cette obligation, alors ...

En plus ce travailleur si soucieux d'apprendre est placé juste en face de l'entrée ... du stade de Csepel !

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"Mens sana in corpore sano" : quoi de plus grand, quoi de plus beau ?

 

Fort de cet enthousiasme, je suis entré résolument dans le stade en me disant que peut-être, derrière une haie, devant les vestiaires, le long d'une piste oubliée, quelque petite chose avait pu échapper à l'entreprise générale de dé-szocrealisation. Au bout de vingt mètres je me suis planté devant un grand panneau indiquant la disposition des lieux. Je ne tardai pas à être interpellé. Me retournant j'avisai deux hommes poireautant à l'extérieur d'un guichet-guérite. Le plus petit, qui était aussi le plus âgé, s'adressa à moi en ces termes : ....... Mais allez donc comprendre un Hongrois en colère, quand en plus il est bègue et qu'il lui manque toutes ses dents ! Néanmoins, le sens général du message était clair : je n'avais rien à faire ici, et surtout pas des photos, et que je déguerpisse vite fait !

Une mésaventure du même genre m'est arrivée un peu plus tard, ce qui m'a conduit à quelques réflexions générales, mais avant de vous les livrer j'aimerais vous raconter un incident qui a marqué ma journée.

Je venais de traverser, une fois de plus, la voie du HÉV (qui coupe la ville en deux, un peu comme à Győr ou à Baja, se reporter aux articles correspondants) et j'abordais une large avenue piétonnière, avec jolis pavés,  lampadaires rococo, et arbres en pots :

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(Je voudrais bien voir une photo de cette rue-là il y a une quarantaine d'années !)

 

J'abordais, donc, quand là, juste devant moi, à 2 mètres, un homme chargé de deux gros sacs soudain s'écroula. Il avait les cheveux très noirs et un peu longs, portait un gilet de cuir noir, était manifestement rond comme une queue de pelle alors qu'il était midi à peine. Qu'auriez-vous fait, je vous le demande ? Moi j'ai vu son beau gilet sombrer vers le sol, je l'ai entendu gémir ou pester, j'ai vu que ce n'était pas grave, qu'il était toujours conscient (il avait eu un drôle de mouvement de biais en tombant, fruit d'une longue habitude peut-être, comme pour prendre la tangente du pavé sans le heurter trop violemment) ... et j'ai poursuivi mon chemin sur la belle avenue. Ici et là, des gens regardaient, certains commentaient, l'oeil froid et la lèvre dédaigneuse. Dix mètres plus loin, j'ai jeté un coup d'oeil en arrière : le type s'était relevé, et zigzaguait péniblement avec ses sacs vers une destination tout à fait personnelle. C'est alors que j'ai croisé deux autres Tsiganes, une mère et sa fille de 14 ans. Au discours maternel, la fille a répondu : "Nem baj, nem baj ...", ce qui peut se comprendre par : " Il n'y a pas de mal, pas de problème" mais aussi par : "Il n'a pas de mal, il va bien". Je dois dire que ça m'a un peu réconforté, même si le souvenir m'a poursuivi ensuite, et jusqu'à maintenant.

 

Je suis parvenu à Szent Imre tér, la place principale de Csepel. Il y a là un très grand parc entourant une église toute rose, et parsemé de statues appartenant à diverses époques.

Cela va du monument moderne à la mémoire des "événements" de 1956, auxquels Csepel, malgré sa position exemplaire au sein du système socialiste hongrois, a participé plus qu'activement (en fournissant des armes aux révolutionnaires, d'après ce que j'ai pu lire) à la statue baroque de St Jean Népomucène, le patron des ponts, ce qui fait qu' on se demande un peu pourquoi il est là :

 

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Et puis ce fut La Poste, et le deuxième "événement" montrant que Csepel s'efforce de gommer radicalement son image du passé. Le bâtiment est classé "monument historique" en raison d'une grande peinture murale des années cinquante s'étendant au-dessus des guichets, et représentant diverses scènes de distribution du courrier. Fort de mon expérience du stade, j'ai fait une photo dès mon entrée, sans rien demander à personne. Et grand bien m'en a pris parce qu'aussitôt un garde s'est levé, s'est approché et m'a fait comprendre qu'il était interdit ("tilos") de faire des photographies. Il ne rigolait pas du tout, le garde, et j'ai même craint qu'il ne m'oblige à détruire celle que j'avais prise sans permission, tant il regardait méchamment mon appareil. Après avoir parlementé avec lui, puis avec une de ses collègues de guichet qui parlait un peu l'anglais, j'ai décidé de pousser le bouchon jusqu'au bout, et de monter au 1er étage, où on m'intimait d'aller depuis le début. Qu'allais-je trouver là-haut ?

Au bout d'une pièce longue comme un couloir, deux hommes parlaient chiffres en comparant des listes. Soucieux de ne pas braquer l'autorité, je m'arrêtai à un mètre du bureau au-dessus duquel ils étaient penchés et attendis qu'ils daignent s'apercevoir de ma présence. Comme j'étais toujours là au bout de cinq minutes, ils se séparèrent enfin et le plus jeune, qui était assis, me demanda ce que je voulais. Je tentai de lui expliquer le sens profond de ma démarche, mon goût pour le "szocreál", l'intérêt de témoigner ... Il se leva avec un petit sourire et disparut dans le bureau voisin. Il en revint accompagné d'une femme qui avait l'air plutôt sympa. Mais hélas là encore c'était "tilos", sans l'ombre d'une question. Quand je demandai pourquoi, le jeune homme me répondit en rigolant que c'était "top secret". Et c'est là que je crus comprendre que ces interdictions de témoigner d'une époque révolue participaient d'une entreprise générale de "réhabilitation" de l'image de Csepel, et qu'on était donc plutôt pointilleux sur la question.

 

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Voilà donc la seule photo que j'ai pu prendre de La Poste de Csepel, et c'est dommage, car elle était bien fine et délicate, cette guirlande de scènes postales !!!

 

Mais il était temps d'aller juste en face, à l'Usine ... Et figurez-vous que là, où les entrées et les sorties ont dû être strictement surveillées pendant des décennies, on peut entrer comme dans un moulin, et photographier tout ce qu'on veut sans que personne ne dise rien !!! csepel-6705.JPG

Juste de l'autre côté de la voie du HÉV : vous imaginez la vie dans le quartier quand toutes ces cheminées d'industrie lourde crachaient joyeusement ?

 

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A cette époque-là, par exemple ...

 

Parce qu'il y en a vraiment beaucoup, des cheminées ...

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Je ne sais pas exactement sur combien d'hectares s'étend l'Usine. Je n'en ai exploré, en deux heures, qu'une toute petite partie, c'est sûr ... De temps en temps une odeur caractéristique témoignait que quelque chose fonctionnait encore, mais en fait ce ne sont plus que quelques locaux qui sont occupés par des entreprises privées, la plupart d'entre elles ayant, quand même, un rapport avec le métal.csepel-6715.JPG

 

L'état général des bâtiments, conçus pour durer, n'est pas si mauvais, meilleur en tout cas que bien d'autres, plus jolis mais qui n'ont pas eu la chance de naître "industriels" ! Et là encore, comme dans le quartier d'habitations, un seul mot d'ordre : "Du passé faisons table rase !" Ou presque, étant donné que la "table rase" n'est pas une spécialité hongroise ... Il faut donc tourner la page, et ré-ha-bi-li-ter ! On trouve partout des petits, moyens et grands panneaux portant tous la même inscription : "Eladó   Eladó   Eladó   Eladó  !!!!!! ", c'est-à-dire "A vendre ! " comme vous l'avez deviné. Il semble même que certains investisseurs se soient mis dans l'aventure :

csepel-6706.JPG Je ne pourrais pas tout vous traduire, mais quand vous saurez que "Olcsó" ça veut dire pas cher, "Kiadó" "à louer", et "Eladó", vous savez déjà, vous comprendrez que l'Usine (née à la fin du XIXème, elle a été nationalisée après la 2ème guerre pour accomplir quarante ans de bons et loyaux services socialistes) est devenue l'objet d'une gigantesque braderie !!!

csepel-6720.JPGUn autre, pour ceux qui croient que j'exagère ! Approchez, MessieursDames, pas cher, on vous dit !!! Ne ratez pas l'affaire du siècle !!! Peut-être que dans pas si longtemps, l'Usine se sera transformée en lofts bourrés de bobos et de bobotes, qui feront du vélo sur ses beaux pavés jaunes ?csepel-6723.JPG

Dans certains coins, on dirait bien que ça a déjà commencé ...

 

Eh oui ! J'étais venu trop tard à Csepel, trop tard pour voir les hordes de travailleurs épuisés mais radieux, trop tard pour m'en mettre plein les bronches de fumées hautement toxiques, trop tard pour siroter au comptoir d'un rade crasseux un verre de "pálinka" d'Etat ... Vörös Csepel, Csepel "La Rouge", n'existe plus, ne veut plus exister, et qu'on ne vienne surtout pas lui en parler !

Tiens ... mais qu'est-ce que je vois dans cet arbre ???csepel-6683.JPG

Ma parole, c'est tout ce que j'ai vu de rouge à Csepel, ce jour-là !!!

Sziasztok !

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3 mai 2010 1 03 /05 /mai /2010 08:48

Kukucs everybody !

 

Eh oui, j'ai eu envie de "repiquer au truc" du blog ces derniers temps, et je profite des derniers jours des vacances de Pâques pour (commencer à) mettre ce beau projet à exécution ...

(D'abord je voulais remercier mes lectrices et mes lecteurs, réguliers ou d'occasion : penser que durant tout ce  temps où je n'ai pas écrit, il y a eu chaque jour entre 5 et 10 personnes qui ont lu une page de ma prose (ou 2, ou 10), c'est quelque chose de vraiment agréable, et qui m'a tenu chaud au coeur pendant ces longs mois d'hiver ... Merci !!!)

 

Or donc, Ma Douce (de plus en plus douce) et moi-même sommes allés passer quelques jours en Bretagne, dans les Côtes d'Armor plus précisément, non loin de Tréguier pour être tout à fait clair. Nous y avons fait plusieurs excursions qui nous ont conduits aussi bien aux rochers de Ploumanach qu'au viaduc de Morlaix, nous avons monté les 140 marches qui conduisent à Brélévenez et nous avons sillonné bois et prairies à la recherche d'un menhir perdu. Pour plus de détails (et de photos) je me permets de vous renvoyer au blog de Ma Douce : vienne.over-blog.org

 

Car moi c'est du voyage de retour dont je veux vous parler, d'où le titre de cet article.

Nous sommes partis de Pontrieux le samedi matin pour arriver à Vienne (Nord Isère) le mardi en fin d'après-midi, soit 4 jours entiers pour faire moins de mille kilomètres : à l'heure du TPV, du toujours plus vite, quel luxe, quelle insolence, n'est-il pas ? Ben oui, on est comme ça, Ma Douce et moi ...

 

Au sortir de Pontrieux (capitale des lavoirs), au lieu de filer sud-est comme la logique d'un point à un autre l'aurait voulu, nous avons commencé par musarder au sud-ouest à la recherche de "vrais" calvaires bretons. En effet, nous n'en avions pas réellement rencontré lors de nos récentes pérégrinations, et cela nous manquait. A Bulat-Pestivien (qui signale en fait le rassemblement de 2 villages) point de calvaire encore, mais la charmante chapelle de Pestivien, et la belle église de Bulat :

 

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la charmante chapelle de Bulat ...

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et la belle église de Pestivien ...

 

et puis, un peu plus loin, à Kergrist (la maison du Christ), un calvaire, un vrai de vrai, tout en pierre de Bretagne, présentant différents moments de la Passion. Les sculptures allient précision et naïveté de manière assez surprenante. C'était là pratiquement notre adieu à la Bretagne bretonnante ...

 

rouler-dans-la-beaute-1902---Kergrist-Moelou--ND.jpg

Adieu, adieu, Bretagne bretonnante ...


Ensuite, sur mon instigation, nous avons gagné la forêt de Paimpont, au sud-ouest de Rennes, dans laquelle circulent quelques légendes ayant trait à la geste du roi Arthur. Nous y avons mangé au bord d'un lac, en nous demandant quelle serait notre réaction si tout à coup une main surgissait de l'eau, brandissant une épée, tandis qu'une voix nous intimerait de, je ne sais pas moi, faire rendre gorge à tous les traders de Wall Street ... Heureusement, il n'en fut rien et nous pûmes finir nos tartines de paté de foie tout à notre aise. En face, de l'autre côté du lac, une grosse maison dont le nom, d'après la carte, n'était autre que Brocéliande ...

 

rouler-dans-la-beaute-1928-Broceliande.jpg

la voilà ... assez banale, somme toute, non ?


Stimulés par cette ambiance légendaire, à moins que ce ne fût le pâté de foie, nous décidâmes de retourner un moment sur nos pas pour rendre visite au tombeau de Merlin himself, ainsi qu'à la Fontaine de Jouvence qui était indiquée tout à côté. Le parking bondé signalait assez la curiosité pour que nous n'ayons aucune chance de la manquer. Pour nous en approcher, ce fut un peu plus difficile ... En attendant qu'un groupe organisé libère la place nous avons choisi de partir à la recherche de la fontaine ... comme d'autres qui erraient par-ci, par-là, dans le petit bois. Et ce fut un moment assez drôle que de voir et d'entendre ces gens au bord de la crise de nerfs, ayant perdu le chemin du parking, ayant chacun son idée pour le retrouver. Et encore je me suis dit comme il était bon de voyager avec Ma Douce ... Faute de fontaine, nous sommes retournés au "tombeau" qui consistait en fait en deux grosses pierres superposées, dont l'une était cassée en deux. On a dû attendre que deux fillettes parfaitement mignonnes et agaçantes, que la maman mitraillait sous tous les angles, veuillent bien en descendre pour pouvoir faire, à notre tour, une photo convenable ... D'ailleurs la même scène s'est reproduite à la fontaine (que nous avons fini par trouver, remplie d'une eau vaguement croupissante et qui sentait assez fort le soufre) avec des adultes cette fois : et que je prends ma photo, et que je reste planté(e) devant sans me soucier de savoir si d'autres auraient besoin du champ. Est-ce que la saturation "communicationnelle" ne ferait pas de nous des autistes, oublieux des autres, voilà ce que je me, et vous, demande ...

 

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voilà ... ce SERAIT la fontaine de Jouvence, d'accord ?


Notre prochaine destination était l'abbaye de Fontevrault, au bord de la Loire. Nous y sommes descendus tranquillement, en ne prenant QUE des départementales et en savourant la beauté des paysages ... Nous sommes arrivés à Angers vers six heures du soir et comme il était trop tard pour songer à une visite digne de ce nom (pas question d'expédier Fontevrault !) nous avons longé la Loire en direction de Saumur dans la douce lumière du soleil déclinant. Comme il était impossible de s'arrêter, vous ne verrez pas de photos mais croyez-moi sur parole, voilà une douceur qui vous reste un moment au coin de l'oeil et du coeur ! Nous avons traversé plusieurs petits villages de maisons blanches, avons longé un certain nombre de caves au fronton desquelles figuraient les noms de grandes marques de ... champagne (étrange ! est-ce que les producteurs de ce vin gazeux viennent y faire mûrir leur nectar ? s'agit-il de consortiums vinicoles ? quels liens entre Reims et les bords de Loire ?). Un je ne sais quoi de prétentieux dans l'air, en tout cas ... qui nous faisait un peu craindre pour les tarifs de l'hébergement. Eh bien, figurez-vous que non : nous avons trouvé un hôtel tout à fait correct (l'hôtel de Londres que je me permets de vous recommander) pour un prix abordable, et nous avons très bien mangé pour une somme raisonnable, en arrosant en outre le repas d'un Saumur de chez Berteau, je ne vous dis que ça !

 

Fontevraud donc, le lendemain matin. Immense, énorme abbaye royale, aussi blanche que la pierre du pays et, de prime abord, un peu trop propre, un peu trop "neuve", et ainsi un peu décevante pour l'amateur de patine séculaire que je suis. Et pourtant, que de merveilles entre ces murs ! Et quel chemin parcouru depuis la fondation il y a plus de neuf siècles jusqu'à la prison centrale, une des plus dures de France, où l'on comptait en moyenne deux décès par semaine ! Bien que Jean Genet y soit présenté comme un de ses plus illustres prisonniers, Wikipédia met en doute la réalité de cette incarcération ...

 

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ça ? c'est l'intérieur des cuisines, tout simplement !


Nous avons repris la route plein sud, direction Poitiers. Comme c'était un dimanche, la ville était bien tranquille et nous avons pu admirer tout à notre aise le splendide portail de l'église Notre Dame la Grande ... l'horror vacui, ça vous dit quelque chose ? non ? eh bien allez-y voir à Aulnay ou à Poitiers ... la preuve :

 

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Après Poitiers, nous avons obliqué plein est vers Chauvigny et Saint Savin, où se trouvent encore 2 magnifiques églises romanes, avec portails, chapiteaux, fresques, cryptes, et tout le toutim ... On n'y peut rien, on est fous de Roman, Ma Douce et moi ...

 

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Comme on avait le soleil dans le dos, et que c'était bien agréable, on a continué à l'est vers La Châtre (quel drôle de nom !) avec un petit arrêt à Neuvy Saint Sépulchre et sa basilique toute ronde qui, malheureusement, était fermée. Et puis l'idée était de se rapprocher de la magnifique forêt de Tronçais, où il me souvenait d'avoir loué un gîte dans une clairière avec des copains, et d'avoir écouté le brâme du cerf dans les lointains.  On s'est donc dirigés vers Ainay le Vieil qui, dans ma mémoire, était fort joli. C'était le cas, en effet, autant que nous avons pu en juger mais en revanche pas l'ombre d'un endroit où manger ni dormir ! Il nous fallut donc aller jusqu'à Saint Amand Montrond qui se targue, comme d'autres, d'être plus ou moins le centre de la France, rien que ça. Et là je dis : voyageurs, attention ! à St Amand, chaud devant !  nous avons trouvé en tout et pour tout 2 hôtels dans la ville : après avoir jeté un coup d'oeil aux tarifs exorbitants du premier, nous nous sommes rabattus sur le confort sommaire, mais abordable, du second. Pour manger, nous nous sommes contentés d'une gargote où nous fut servi un plat familial de tomates farcies, à 10 euros par personne, quand même ! Donc je le redis : à St Amand, fous ton camp !

 

Heureusement, toute peine mérite salaire et en l'occurrence c'est l'abbaye de Noirlac, à quelques kilomètres de là, qui fut notre récompense. Curieusement, Ma Douce n'en avait jamais entendu parler et ce fut donc une vraie découverte ce matin-là. Et franchement, après Fontevraud la veille, cela se confirmait : rien de tel qu'une visite d'abbaye, cistercienne si possible, de bon matin pour vous mettre en forme pour la journée !

 

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Mais il n'y a pas que cela dans la vie, non plus, et il était donc temps de traverser la forêt de Tronçais, ce que nous fîmes sans nous arrêter mais en jouissant pleinement des jeux de l'ombre et de la lumière de cette cathédrale naturelle. Vers l'est encore : Cerilly, Bourbon-l'Archambault, une halte fort sympathique sur la petite place d'Autry-Issards où, d'après ce qu'on a vu, un rouquin tient boutique qui vend de tout ! Une jolie petite église aussi, mais dont nous écourtâmes un peu la visite, alertés par un envahissant bourdonnement qui nous sembla signaler l'arrivée toute proche d'un essaim furieux et démesuré !

 

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Vers l'est toujours : Souvigny, traversée de la N7, Neuilly le Réal, Jaligny, Le Donjon (sans donjon visible), Marcigny pour gagner Charlieu, où Ma Douce croyait trouver ... une cathédrale, rien de moins ! Et une grande, une connue ... moi, la cathédrale de Charlieu, ça ne me disait rien, mais bon ... ce n'était pas une preuve, vous l'aurez compris !

Pas de chance : pas de cathédrale à Charlieu, mais une bonne grosse abbaye, encore une, dont le jour de fermeture était le lundi, tout comme l'office de tourisme ! N'importe, j'ai tiré quelque liquide, nous avons fait quelques emplettes et roulez jeunesse ! nous avons fait le tour de Roanne par le nord, en passant par La Bénisson-Dieu (si ! si ! je vous assure que ça existe) et, bien sûr, son église. Ensuite, c'est Ma Douce qui a eu une inspiration : "Et si, a-t-elle dit, nous allions dormir au bord des gorges de la Loire ?" Ni une ni deux, nous avons continué notre tour de Roanne par l'ouest, et nous sommes arrivés dans un charmant village : St Jean-St Maurice, perché au dessus du lac de Villerest. Il nous a fallu chercher un peu pour trouver un logis : l'hôtel ne faisait plus hôtel, la 1ère chambre d'hôtes ne pouvait pas nous accueillir et finalement nous nous sommes retrouvés aux "3 ponts", sur la route de Bully, où nous avons été très bien reçus : un bon repas avec "que des bonnes choses", une chambre confortable, des hôtes très sympas, une adresse recommandée !

 

Le lendemain, quatrième et dernier jour de notre voyage, nous avons commencé par visiter de fond en comble ce St Jean-St Maurice, et nous avons admiré le panorama sur la Loire et son confluent avec l'Isable. J'ai même vu sauter hors de l'eau un poisson grand comme ça, si ce n'est pas plus !

 

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Puis nous sommes redescendus en longeant le Forez à main droite, et c'est sûr que cela donne envie de revenir, tous ces villages perchés ici et là, de chaque côté de la route ...

Sue les conseils de notre hôtesse, qui semblait sur le point de défaillir quand elle en parlait, nous avons fait halte à Champdieu, son église, son monastère dans l'ancien réfectoire duquel nous avons pu admirer une très belle fresque représentant la Cène, évidemment !

 

Mais j'allais oublier Pommiers, où nous sommes passés juste avant ! Pommiers, son abbaye solidement fortifiée et son église aux magnifiques chapiteaux romans, Pommiers où nous avons fait la rencontre d'un curieux bonhomme qui s'est jeté sur nous dès notre entrée dans ladite église ! Et "êtes-vous croyant ? êtes-vous pratiquant ? militant ? qu'est-ce que vous pensez de la politique actuelle ? etc ..." C'est quand on a pu discerner dans sa logorrhée vindicative des expressions comme "aller aux putes" ou "pédophilie" qu'on a considéré qu'il valait mieux prendre un peu de recul ... Je me rappelle encore ses petits yeux de fouine fanatique, qu'il fermait d'ailleurs la plupart du temps quand il parlait ... comme quoi la beauté est un combat de chaque instant, n'est-il pas vrai ?

 

Photo0067.jpg

Pommiers en Forez, vu d'un peu plus loin, évidemment !


Et c'est là-dessus que je voudrais conclure, cher lectrice, cher lecteur : ne lâche rien ! Prends ton temps, regarde autour de toi les merveilles que les hommes des temps plus ou moins anciens ont disséminées, repais tes yeux de tout ça, emplis-en ton esprit, voire ton âme, sans te soucier des modes et des sollicitations d'un monde qui désespère d'agoniser, la panse débordante de victuailles périmées dans leurs emballages plastiques ...

Oublie résolument ce sac à merdre et ... roule (toi) dans la beauté !!!

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8 octobre 2009 4 08 /10 /octobre /2009 15:35
Comme je le pressentais dans le dernier article, je n'ai vraiment pas beaucoup de temps pour penser à mon blog ces derniers temps, et encore moins pour y écrire ... Voilà 4 semaines que j'ai repris le travail de professeur de collège, et il me semble que je commence tout juste à savoir où je vais et comment ... En plus, comme je suis nouveau dans l'établissement, j'ai droit au traitement spécial "nouvel arrivant" : pas de salle attribuée (alors que chaque collègue dispose de "sa" salle), trois niveaux d'enseignement (alors que toutes les autres, il n'y a que des femmes dans l'équipe de français, n'en ont que deux !), un horaire vraiment étrange, avec des semaines A à 22 heures, et des semaines B à 16 heures, à se demander si tout cela est bien légal ... M'enfin, je suis loin de me plaindre : "prof" est vraiment un boulot que j'adore, et j'ai juste besoin d'un peu plus de temps pour à nouveau l'apprécier pleinement, voilà tout !

Et la Hongrie dans tout ça ? me direz-vous... Eh bien j'ai l'immense chance d'en avoir un joli petit "bout" à la maison, en la personne de Ma Douce, qui m'a suivi dans mon retour hexagonal. Et son charmant accent d'Europe Centrale, avec "o" fermés et "r" roulés m'enchante toujours autant ! Elle est là quand je rentre, harassé, d'une série de cours où il m'a fallu batailler avec les phrases et les propositions, le schéma narratif et autres terminaisons des verbes du premier groupe. Elle m'attend avec des bons petits plats ... Et chaque ouiquenne nous allons marcher dans les collines autour de la ville, et nous sommes heureux de nous sentir vivants ...

Ceci dit, la tenue d'une maison, la lessive, le repassage, la cuisine, et même les recherches en histoire de l'art, ne suffisent plus à remplir la vie d'une jeune femme moderne "en disponibilité" et c'est pourquoi Ma Douce a décidé de tenir, à son tour, un blog sur ses découvertes, ses rencontres, les choses vues et ressenties lors de son séjour en France : chacun-e son tour ! Il sera écrit en hongrois, au moins dans les premiers temps, mais je sais que nombre de lecteurs du "Budablog" parlent cette langue et nous espérons qu'ils nous suivront lors de ce changement de point de vue !

Rendez-vous donc sur   http://vienne.over-blog.org  pour passer "de l'autre côté du miroir" !!!

Szia everybody !!!
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19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 17:28
Sziasztok !

J'ai longtemps hésité pour le titre de cet article. Pas si facile en effet de rendre compte d'une réalité telle que j'ai pu la voir et la ressentir lors d'une boucle Hongrie-Serbie-Croatie-Hongrie, en essayant d'être "vrai" sans être trop simpliste ...

Je vous plante le décor : nous étions à Baja, non loin de la frontière serbe donc, et j'ai dit à Ma Douce : "J'aimerais bien avoir quelques tampons supplémentaires sur mon passeport". Aussitôt dit, aussitôt fait, nous voilà partis vers le sud par une matinée dominicale et radieuse. Autour de nous une grande plaine bordée de bosquets et d'allure assez riche ...


Et puis, très vite, on est arrivés à la frontière avec la Serbie. Il a fallu insister un peu mais j'ai quand même réussi à obtenir un cachet d'entrée sur mon passeport ! Si le paysage est resté quasiment identique, l'ambiance n'était plus tout à fait la même : beaucoup de vieilles voitures, de nombreuses charrettes, des gens assez pauvrement vêtus et à l'expression relativement fermée ... Et puis les panneaux au bord de la route :

Trois écritures donc : en haut (donc en première position) le serbe cyrillique, au milieu le serbe "international", et en bas le hongrois reconnaissable à l'accent sur le "á". Souvenez-vous en effet que ces frontières n'ont pas un siècle d'existence, et que cette petite ville de Bezdan/Bezdán appartenait encore il y a peu à ce que certains appellent aujourd'hui la "Grande Hongrie". A ce sujet, très compliqué, je me permets (une fois n'est pas coutume) de vous renvoyer à l'analyse de M. Pierre Waline, qui a l'air de savoir de quoi il cause ...
http://www.causeur.fr/les-hongrois-n%E2%80%99ont-pas-digere-l%E2%80%99affront-de-trianon,955
Juste une phrase de citation pour vous donner une idée de la "problématique", comme on dit à l'Université ...
"Hier, Roumains, Slovaques et Serbes constituaient des minorités en Hongrie. Aujourd’hui, ce sont les Hongrois qui forment une minorité en Roumanie, Slovaquie, Serbie (et Ukraine)."
Ben oui, et pour moi, "franchouillard de base", ça reste quand même une sacrée énigme. Pour moi (comme pour beaucoup d'autres, j'imagine ?) les frontières c'est quelque chose de donné, qui ne se discute pas : on a les Pyrénées, les Alpes, le Rhin, et puis ... le reste ! C'est vu, c'est acquis, c'est digéré. Et même qu'à l'heure de l'Europe, on peut se permettre de les oublier un peu, ces frontières, et que peut-être, dans pas longtemps, on aura tous un beau passeport européen ? Alors, forcément, se battre férocement pour un bout de grande prairie, à l'aube du XXI ème siècle, ça semble un peu appartenir à un autre âge, non ? Et pourtant ...


Pourtant, voilà le mémorial qu'on trouve au centre de  Сомбор/Sombor/Zombor, charmante petite ville par ailleurs, avec de longues allées ombragées et des terrasses pleines de gens qui rient au soleil en prenant l'apéro du dimanche. Vous lisez bien les dates : 1990-1999, dix ans seulement que la guerre est finie ici, et cette mère serbe pleure sur ses enfants disparus ... âmes vaillantes, fleurs aux fusils, tombés pour défendre leur chère Serbie ...

Cependant, en continuant la promenade, ce sont des souvenirs d'un tout autre genre que l'on peut découvrir :


Fièrement dressés au fronton de ce bâtiment dont l'origine austro-hongroise ne laisse aucun doute, ailes déployées, que trouvons-nous, si ce n'est deux "turuls", oiseaux divins appartenant à la mythologie magyare et qui eurent Attila pour premier descendant ! A noter encore au centre du fronton une belle étoile dont le rouge a disparu ...
Et ce sera ainsi tout au long de cette boucle : d'un côté une même campagne parsemée de coopératives (anciennes ou modernes) et les mêmes vestiges d'un glorieux et impérial passé (plus ou moins bien entretenus selon la politique nationale) et de l'autre l'affirmation incessante, par la langue, les monuments, les traces encore fraîches d'une guerre récente, d'une identité serbe, une identité croate, une identité hongroise qu'il ne s'agit surtout pas de confondre ou de mélanger !

Entre Сомбор/Sombor/Zombor et la frontière croate, pas plus de 50 kilomètres que nous avons allègrement franchis dans notre petite auto ...



Au passage, un beau tampon sur mon passeport mais aussi ... un examen minutieux du coffre arrière ! On ne plaisante pas avec les visiteurs venant de Serbie ... surtout quand leur plaque minéralogique est hongroise ?

Sur la place centrale de Osijek/Eszék, jolie ville de Croatie allongée au bord de la Drave (qui rejoint le Danube un peu plus loin, à la frontière serbe) j'ai pris une photo qui m'a semblé symbolique :

"Only the laws of God and Nature are above the sovereign will of the people of Croatia"
GOD AND CROATS

Je pense que l'inscription se passe de tout commentaire ? Probablement une citation (inoubliable, j'en conviens) de l'homme statufié, probablement un des "pères de la nation" ...
Ce qui me paraît intéressant tout d'abord, c'est qu'elle soit rédigée en anglais, et pas en croate : par "modernisme" ? par volonté d'universaliser le message ? Quand on voit ce qui se passe en Slovaquie en ce moment, où une nouvelle loi impose, entre autres choses, d'ajouter aux monuments qui en sont dépourvus (et inutile de vous dire que du côté de la frontière hongroise ça ne manque pas !) la traduction exacte en langue nationale de toutes les inscriptions qui y figurent, et cela dans des caractères d'une grosseur au moins égale à celle des susdites inscriptions ...
Le décor ensuite : un arrière-plan fait de maisons néo-baroques du 19ème siècle, qu'on peut trouver aussi bien en Slovaquie qu'en Transylvanie ou à Budapest et Vienne.
Et enfin, les "marques", bien sûr ! Palmers, Triumph, NafNaf, etc ... Des marques comme on peut en voir en Serbie, en Croatie, en Hongrie, et un peu partout ailleurs dans le monde ... Et au dessus de tout ça, quoi ? Le logo d'une banque, du fric, de l'oseille, du pèze, bonhomme, c'est ça l'avenir !!! Alors, oui, Bon Dieu, si jamais il vous arrive d'exister, veuillez faire en sorte que les petits Croates, les petits Serbes, les petits Hongrois, et tous les petits autres parviennent à trouver leur voie, entre un glorieux passé et un futur de pacotille, sans avoir besoin de bousiller celle des autres, d'accord ?


Dans le soir qui tombait nous avons traversé la grande plaine. L'auriez-vous deviné ? Nous étions en Hongrie ...

Sziasztok !!!
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6 août 2009 4 06 /08 /août /2009 17:35
Szia !

Voilà un moment qu'on voulait aller à Pécs, Ma Douce et moi. C'est là qu'elle a fait sa première année d'université, là qu'elle a connu la liberté, au sortir d'un lycée religieux assez strict, qu'elle a connu la magie du choix, entre tous ces enseignements, qu'elle a collectionnés, et tous ces beaux jeunes gens. C'étaient donc beaucoup de souvenirs pour elle et pour moi, à part tout ça, c'était la découverte d'une ville renommée.
On a donc loué une voiture (12 000 forints du vendredi soir au lundi matin, je peux donner l'adresse à ceux que ça intéresse ...) et on est partis vers 18 h le vendredi. La route est jolie dans le soir qui se couche, surtout à partir de Szekszárd (prononcer sex hard ...), on roule entre des collines habitées sur la droite et le Danube sur la gauche, ça fait un peu penser aux bords de Loire, et on est arrivés à Pécs quand la nuit tombait. On a garé la voiture (pas facile de trouver une place non-payante à Pécs !) et on a posé nos affaires dans une mignonne petite chambre louée par la fondation Kolping aux bonnes familles chrétiennes, d'après ce que j'ai compris. En tout cas il y avait un crucifix au-dessus du lit, et aussi une télé grand écran, et câblée avec ça !
Puis on est ressortis pour trouver de quoi se restaurer. Sur la place devant "l'hôtel" beaucoup de monde, beaucoup de jeunes personnes qui parlaient fort en marchant, en riant, en buvant, assis ou debout. En même temps la ville paraissait très tranquille : très peu de circulation, très peu de postes hurlant une resucée d'un tube des anciens temps, AUCUNE sirène d'ambulance, ni de pompiers, ni de police, ce qui est une vraie bénédiction pour quelqu'un qui habite Budapest !

Voilà le plan de Pécs : le trait brun que vous apercevez en haut (juste en dessous du boulevard jaune), et aussi un peu sur la gauche et en bas, figure les anciens remparts de la ville. Nous on logeait au bord de Szent István tér, la place mentionnée plus haut. On a pris en face la rue Apáca pour arriver, un peu plus loin, sur Széchenyi tér (du nom d'un grand homme malheureux dont j'espère avoir l'occasion de vous reparler), LA place centrale de Pécs. Sur des indications que la soeur de Ma Douce nous avait données, on a fini par trouver l'Afium, un restau en sous-sol dans Irgalmasok utcája. Un cadre sympa, certes, mais une bouffe passable, et un service un peu ... limité. Là aussi les gens, plus âgés, buvaient beaucoup et parlaient fort ...

Le lendemain, après un copieux petit déjeuner, nous sommes retournés à la place Széchenyi pour voir la Grande Mosquée. Il faut vous dire (ou vous rappeler ?) que Pécs a été une des villes hongroises les plus tôt conquises par les Turcs de Soliman le Magnifique :


Quand on regarde cette carte des principaux points d'occupation turque sur le territoire de la (Grande) Hongrie, on s'aperçoit qu'ils avaient de la stratégie quand même, ces barbaresques ! Ils ont foncé directement sur Buda et Pest en passant par Szeged (1541), puis ils ont élargi peu à peu leur domination : Tata, Esztergom, Székesfehérvár (1543) Visegrád, Nógrád, Hatvan (1544) tout en se ménageant un couloir le long du Danube : Pécs, Siklós (1543) Ozora (1544), peut-être pour garder un cordon ombilical avec la "mère-patrie" ? Après les occupations s'échelonnent entre 1551 et 1663, sur plus d'un siècle !

Mais revenons à la grande mosquée de Pecs ... qui n'en est plus une puisque, après la reconquête et la libération du "joug ottoman", elle redevint ce qu'elle était, c'est-à-dire une église ! Ce mélange des genres, à l'intérieur de l'édifice, ça donne ça :


avec la coupole caractéristique de l'art musulman, décorée de plein d'anges roses avec leurs deux ailes, tous plus chrétiens l'un que l'autre ! Au niveau du sol, ce n'est pas mal non plus :


Les "niches" musulmanes (ainsi que les suspensions ?) ont été conservées et même restaurées. On leur a "simplement" adjoint là un Christ en croix, ici une statue de saint ...

Après cela, comme à notre habitude, nous nous sommes promenés un peu au hasard, en suivant l'inspiration du moment. On est tombés assez vite sur le bâtiment où l'on prépare (fiévreusement ?) Pécs à son rôle de "capitale culturelle européenne" pour 2010, autant dire demain ! Beaucoup de rumeurs négatives courent sur la gestion des affaires à Pécs : détournement des subventions, corruption, blocages politiques, etc ... Que ce soit pour ce "capitalat" ou pour l'autoroute qui est censée être achevée à temps pour relier Budapest à Pécs, les Hongrois ne se privent pas de commenter sur un ton aigre-doux la désespérante lenteur de l'avancée des travaux. C'est vrai que la façade dudit bâtiment elle-même inspire un sentiment ... curieux :

Comme on dit, il n'y a rien de fait ...

Mais foin de ces questions politico-financières ! Après tout, nous n'étions pas là pour nous lamenter sur les difficultés internes de Pest, et sur les tribulations de ses gestionnaires ! Nous poursuivîmes donc notre chemin le coeur léger, glanant ici et là quelques fragments de beauté, comme beaucoup de villes hongroises peuvent en recéler ...

Et puis nous sommes arrivés sur une placette du centre ville et là, au milieu des touristes qui léchaient leurs glaces, nous sommes tombés en arrêt devant un spectacle assez étrange et inattendu ...


Des membres de "Falun Gong" étaient plongés dans une intense méditation, qui contrastait avec l'ambiance commerciale environnante. Je dois avouer que je ne suis pas allé voir les photos qui illustraient leurs revendications. Il fut une époque où je recevais (je me demande bien pourquoi) dans ma boîte mail des messages émanant de leur part et dont chacun contenait son lot d'atrocités bien senties. Ce que je ne comprends pas, c'est pourquoi on ne parle pas plus d'eux alors qu'on n'hésite pas à en faire des tonnes avec les Thibétains, les Ouïgours, ... Est-ce parce que c'est une "secte" ? parce que l'on considère qu'après tout ils l'ont bien cherché ? que s'ils veulent à tout prix être des martyrs, grand bien leur fasse ? Je ne sais ...

Mais baste de ces questions politico-métaphysiques, nous avons continué notre route sans sourciller ... Ma Douce, qui commence à connaître mon goût un peu pervers pour le szocreal m'a emmené dans un bistrot qu'elle fréquentait autrefois, aux temps lointains où elle ne me connaissait pas encore ...

où l'on retrouve "celui qui dit comment il faut faire" ...

Combien de bisous échangés sous ces fresques glorieuses ? combien de regards brûlants ? de rendez-vous donnés et reçus ? de frôlements furtifs sur les banquettes de moleskine ? Bien sûr que je ne lui ai pas demandé, vous me prenez pour qui ?
Nous sommes ensuite descendus tout au sud de la ville, jusqu'à Rákóczi út que nous avons longé un bon moment avant d'arriver à l'autre mosquée de Pécs. Celle-ci est en travaux et abrite un petit musée assez inintéressant à l'entrée duquel une grosse dame s'ennuie à mourir en écoutant de la musique vulgaire sur sa radio portative. Cela devrait-il être permis ? En tout cas cela se fait ...


A l'intérieur de l'édifice, on retrouve bien des traits similaires à ceux de la "Grande Mosquée" de la place centrale, mais dans un tout autre état, évidemment ...


Pour finir, un clin d'oeil : non loin de la mosquée, Ma Douce a pris la photo d'une tête de satyre qui sert de fontaine ... La voyez-vous ?


Sziasztok !!!
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