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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 13:28

HYMNE NATIONAL HONGROIS


A magyar nép zivataros századaiból
Isten, áldd meg a magyart
Jó kedvvel, bőséggel,
Nyújts feléje védő kart,
Ha küzd ellenséggel;
Bal sors akit régen tép,
Hozz rá víg esztendőt,
Megbűnhődte már e nép
A múltat s jövendőt !


Őseinket felhozád
Kárpát szent bércére,
Általad nyert szép hazát
Bendegúznak vére.
S merre zúgnak habjai
Tiszának, Dunának,
Árpád hős magzatjai
Felvirágozának.


Értünk Kunság mezein
Ért kalászt lengettél,
Tokaj szőlővesszein
Nektárt csepegtettél.
Zászlónk gyakran plántálád
Vad török sáncára,
S nyögte Mátyás bús hadát
Bécsnek büszke vára.


Hajh, de bűneink miatt
Gyúlt harag kebledben,
S elsújtád villámidat
Dörgő fellegedben,
Most rabló mongol nyilát
Zúgattad felettünk,
Majd töröktől rabigát
Vállainkra vettünk.


Hányszor zengett ajkain
Ozmán vad népének
Vert hadunk csonthalmain
Győzedelmi ének!
Hányszor támadt tenfiad
Szép hazám, kebledre,
S lettél magzatod miatt
Magzatod hamvvedre !


Bújt az üldözött, s felé
Kard nyúlt barlangjában,
Szerte nézett s nem lelé
Honját e hazában,
Bércre hág és völgybe száll,
Bú s kétség mellette,
Vérözön lábainál,
S lángtenger fölette.


Vár állott, most kőhalom,
Kedv s öröm röpkedtek,
Halálhörgés, siralom
Zajlik már helyettek.
S ah, szabadság nem virul
A holtnak véréből,
Kínzó rabság könnye hull
Árvák hő szeméből !


Szánd meg Isten a magyart
Kit vészek hányának,
Nyújts feléje védő kart
Tengerén kínjának.
Bal sors akit régen tép,
Hozz rá víg esztendőt,
Megbűnhődte már e nép
A múltat s jövendőt !

 

Vous voilà bien avancé-e-s, n'est-il pas vrai ? Allez, je vous livre la version française :


Bénis le Hongrois, Ô Seigneur,
Fais qu'il soit heureux et prospère,
Tends vers lui ton bras protecteur
Quand il affronte l'adversaire!
Donne à qui fut longtemps broyé,
Des jours paisibles et sans peine;
Ce peuple a largement payé
Pour les temps passés ou à venir.


Aux Carpates, sur ton conseil,
Nos aïeux osèrent s'étendre.
Quelle belle place au soleil
Tu aidas nos pères à prendre !
Aussi loin de la Tisza
Et du Danube le flot danse,
Aux fils héroïques d'Arpad,
Tu as prodigué l'abondance...


Tu fis onduler, à l'instar
Des mers, les épis dans nos plaines,
Et tu permis que du nectar
De Tokay, nos coupes soient pleines.
Grâce à toi, nos drapeaux ont pu
Flotter chez le Turc en déroute,
Les murs de Vienne être rompus
Par Matyas et ses noires troupes.


Hélas ! nos fautes, trop souvent,
Ont fait éclater ta colère,
Et de tes nuages ardents
Tu as fait jaillir le tonnerre.
Alors ce furent les Mongols,
Leurs dards sifflants et leurs pillages,
Puis le Turc qui sur notre col
Posa le joug de l'esclavage.


Que de fois, sur l'amas sanglant
Des cadavres de nos armées,
Par les cris orgueilleux d'Osman
La victoire fut proclamée!
Que de fois, Ô patrie, enfin,
Tes propres enfants t'attaquèrent!
Et par leurs crimes, tu devins
L'urne funèbre de leurs frères.


Fuir ! Mais d'asile il n'est point
Contre le fer et sa furie.
Dans son propre pays, en vain
Le fuyard cherchait sa patrie.
Il allait par monts et par vaux,
Pour compagnon, douleur et doute,
Pour horizon du sang à flots,
Et des flammes pour clef de voûte.


Là, ces ruines furent un fort,
Autrefois y régnait la joie.
A sa place, un râle de mort
Et des plaintes de cœur qu'on broie.
La liberté ne fleurit point,
Hélas dans le sang des victimes!
Les yeux de l'orphelin sont pleins
Des pleurs de ceux que l'on opprime.


Prends pitié du Hongrois, Seigneur !
Si souvent il fut dans les transes !
Tends vers lui un bras protecteur
Dans l'océan de ses souffrances !
Donne à qui fut longtemps broyé
Des jours paisibles et sans peines.
Ce peuple a largement payé
Pour les temps passés ou qui viennent.

 

Voilà voilà ... beaucoup moins cosy, n'est-ce pas ? Et quand on pense que cet hymne fut écrit en 1823, c'est-à-dire AVANT la Révolution de 1848 (écrasée par les Autrichiens et les armées russes du tsar), AVANT la guerre de 14-18 (perdue aux côtés des Autrichiens, puisque c'était la monarchie "austro-hongroise"), AVANT le traité de Trianon qui s'en est suivi, amputant la Hongrie des 2/3 de son territoire, AVANT la guerre de 39-45 (perdue aux côtés des Allemands, mais là encore il semble que les Hongrois n'ont guère eu le choix), AVANT la Révolution de 1956 (écrasée par les troupes soviétiques), ben mince, on peut se demander s'il est sourd, le Bon Dieu, ou quoi ! Ou peut-être qu'Il ne comprend pas bien le hongrois ?

Car, vous l'aurez remarqué, il s'agit bien d'une prière. Il est intéressant d'ailleurs de remarquer que cette prière est restée en vigueur, même aux glorieux temps de l'ère socialiste. Il y a bien eu une tentative pour faire écrire un hymne nouveau, mais cet essai a vite avorté ... allez savoir pourquoi ...  

Alors, de quoi nous parle ce texte ? Eh bien en quelque sorte il fait la revue de quelques faits historiques, dont l'enchaînement conduit au quasi-anéantissement. Au début, tout va bien : les tribus d'Árpád s'installent entre le Danube et la Tisza, les premiers Hongrois se goinfrent de blé en buvant du Tokay, c'est le paradis ! Après ça commence à se bagarrer avec le roi Mátyás qui tape dur sur les Turcs et sur les Autrichiens. Mais voilà, ça ne dure pas. Mátyás disparu, c'est la grosse bagarre pour la succession et les Turcs en profitent pour revenir à la charge : ils occuperont le pays, jusqu'à Buda et au-delà, pendant pratiquement un siècle et demi. Et puis toutes ces luttes intestines, ces essais de révolte contre l'occupant autrichien, chacun alors choisissant son camp, le frère se battant contre le frère ...

Cela me rappelle un livre que je viens de finir : "Les trois fils de Coeur-de-Pierre" de Jókai, un écrivain "classique" de la littérature hongroise. Ce livre raconte la Révolution de 1848 et son écrasement. Un chapitre m'a particulièrement frappé : il y est dit que le 20 juin 1849, un pasteur du nom de Bertrand Lánghy a rassemblé une armée citoyenne pour s'opposer à l'avancée des troupes du Tsar. "Ils" ne devaient pas franchir la Tisza. Mais dans le ciel apparaît un phénomène extraordinaire et rarissime : un double halo solaire. Constatant que ce signe commence à provoquer un sérieux "coup de mou" au moral de ses troupes, le brave Bertrand s'empare du drapeau à croix rouge, monte sur une petite butte, et fait un beau discours ... à Dieu. Il le conclut en ces termes : "Seigneur, si vraiment c'est notre soleil qui doit disparaître aujourd'hui, et que celui qui reste c'est celui des adversaires de la liberté, alors je t'en prie, Seigneur, fais qu'à l'instant même je ne vive plus". Eh ben pour une fois le Seigneur comprend le hongrois : le pasteur, frappé d'apoplexie, est tombé et il est mort, alors. Du coup, la troupe, trop dégoûtée, a jeté au loin faucilles et marteaux, et s'en est retournée chez elle. Les Russes ont pu franchir la Tisza. On connaît la suite ...Est-ce que ce personnage a réellement existé ? Des recherches sur Internet n'ont conduit qu'au personnage du roman. Mais ce qui me paraît le plus important ici, c'est bien sûr le rôle joué par Dieu, qui semble désavouer le combat pour l'indépendance et la liberté et qui met fin, d'un seul coup, à ce beau rêve ...

 

Pour vous remonter un peu le moral, vous pouvez écouter cet hymne sur Youtube :

http://www.youtube.com/watch?v=SR6Z0X9ALgA

 

Vous allez voir, enfin entendre, c'est vachement beau !


Salut !

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 17:17
Sziasztok !

Gerbeaud, c'est le nom d'une grande et fameuse pâtisserie sise au centre de Pest, place Vörösmarty. Evidemment, le nom n'est pas hongrois ! C'est Henrik Kugler qui a créé la "Maison du café" en 1858 et qui, n'ayant pas d'héritier, l'a revendue à Emile Gerbeaud, membre d'une grande famille pâtissière suisse.

oui, oui ! TOUT ÇA c'est le café Gerbeaud !

Tout ce que l'Empire comptait de "beau linge" est allé chez Gerbeaud et Sissi l'impératrice y a fait de fréquentes visites. Mais les 2 guerres sont passées par là, Emile est mort en 1919, sa veuve a tenu le café jusqu'en 1940. Au cours de l'ère communiste, comme le reste, il est devenu propriété de l'Etat et a été rebaptisé "café Vörösmarty", ce qui était quand même plus original, vous ne trouvez pas ? En 1984, la famille Gerbeaud a pu racheter le café et son nom d'origine et en 1990, le lieu a retrouvé tout son éclat et ses nombreux visiteurs, étrangers principalement. Nous y sommes allés une fois parce que Ma Douce avait perdu un pari, la salle ci-dessous était pleine et, à part les serveurs, et Ma Douce, je crois bien qu'il n'y avait pas un-e seul-e Hongrois-e !


Eh bien, chères lectrices et chers lecteurs, pour vous récompenser de votre fidélité, Budablog est heureux en cette fin d'année 2008 de vous présenter, en exclusivité mondiale, la recette du gâteau qui a fait la renommée de cette prestigieuse maison, telle que concoctée par l'assistante du papa de ma Douce, qui est dentiste de son état :

Ingrédients pour la pâte :
- 500 g de farine
- 200 g de margarine
- 200 g de sucre en poudre
- 20 cl de crème fraîche
- 1 oeuf entier
- 1 sachet de levure
Ingrédients pour la garniture :
- 350 g de poudre de noix
- 350 g de sucre en poudre
- 1 grand pot de confiture d'abricots
- 150 g de chocolat noir
- 2 cuillères à soupe d'huile

Mélanger bien le sucre et la margarine. Ajouter l'oeuf puis la crème fraîche de manière à obtenir une crème épaisse et lisse. Mélanger la farine et la levure et les incorporer à la crème de façon à obtenir une pâte homogène et souple. Partager le tout en 3 parties égales.
Etendre le 1er tiers à l'aide d'un rouleau bien enfariné sur une surface bien lisse et enfarinée également. Après avoir enduit votre plaque du four de margarine et de farine (ou bien d'un papier sulfurisé) y déposer la pâte étendue. Tartiner toute la surface de la pâte avec une bonne couche de la confiture d'abricots. Puis répartir là dessus une moitié du mélange que vous aurez fait avec le sucre et la poudre de noix.
Répéter l'opération d'étendage avec le 2ème tiers de la pâte, et déposer le résultat pour former une couche supplémentaire du gâteau. Répéter l'opération de garniture : confiture + mélange sucre-noix.
Etendre le 3ème tiers et le déposer ... devinez où ? Piquez toute la surface supérieure du gâteau pour permettre à la vapeur de s'échapper. Mettre le gâteau dans le four préchauffé et faites cuire à 170 ° pendant 25 à 30 minutes.
Quand plus rien ne colle à la fourchette, c'est cuit et, en principe, le gâteau est "blond".
Sortir le gâteau et le laisser tiédir. Faire bouillir de l'eau de manière à  faire fondre le chocolat à la vapeur. Mélanger le chocolat fondu avec les 2 cuillères d'huile et étaler le tout sur la surface du gâteau, et c'est prêt !

Et voilà le résultat !!! Régalez-vous, chères lectrices et fidèles lecteurs !!!
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21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 17:32

Salut !

C'est désormais un fait avéré : quand les arbres ne jouent pas (ce qu'ils font souvent, voir l'article précédent), ils rêvent. Et ce ne sont pas des petits rêves, comme d'être en retard pour prendre le train ou se retrouver tout nu dans une salle d'attente, quand les arbres rêvent, ils rêvent EN GRAND !


Ils rêvent qu'ils sont de drôles d'animaux sur une drôle de planète, recouverte d'une chose froide et toute blanche, et d'ailleurs ils rêvent qu'ils ont les pieds pris dedans. Dans leurs rêves ils se parlent et échangent leurs impressions.


Ils se rêvent coraux étranges d'un étrange océan parmi lesquels hippocampes et phasmes immaculés viennent folâtrer et s'éprendre. Dans ces rêves-là ils ne se parlent pas, il leur suffit de vibrer, c'est tout, de temps en temps.

Ils se rêvent dansant une danse

si lente que le temps lui-même a du mal à les suivre, si lente qu'on a du mal à l'imaginer ...

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20 décembre 2008 6 20 /12 /décembre /2008 17:16
Salut !

On ne le sait peut-être pas assez : les arbres, dans leur immense majorité, sont joueurs comme de jeunes chiots !

Il me souvient ainsi d'un pommier de mon enfance, près de Fauville en Caux,et qui, je ne sais trop comment, s'était débrouillé pour offrir une parfaite balançoire à nos fesses juvéniles et aussi tannées que le ceinturon de mon père (non... je rigole !). Un beau jour, ça n'a pas manqué : l'arbre s'amusait tellement que la branche a cassé, nous envoyant les quatre fers en l'air, et le nez dans les pommes qui pourrissaient doucement ! Quel coquin, pas vrai ?

Et celui-ci ? A quoi est-ce qu'il joue ?


au petit garçon qui va faire pipi dans sa culotte ? au serviteur respectueux mais digne qui vous salue au bas des escaliers ? à Maurice Chevalier, ou à Charlot appuyé sur sa canne ? aux amants de Vérone ? à tout cela et même plus, certainement, car l'imagination des arbres est sans limites.

Quelquefois

les arbres jouent à la statue.
Faut pas croire, c'est dur, même pour eux, de ne pas bouger dU TOUT ! Evidemment, nous qui sommes savants, nous savons que les statues bougent elles aussi, un peu, en se contractant et en se dilatant sous l'effet de la température ambiante. D'ailleurs, avec nous, elles ne font pas trop les fières ... Mais les arbres ayant choisi d'autres voies de progrès, tout ce qui concerne de près ou de loin les lois de dilatation thermique leur chaut vraiment que tchi ! Et les statues, enfin les statues "normales" je veux dire, connaissent cette ignorance, c'est pourquoi elles se permettent de rigoler un peu avec eux et de leur tourner le dos.

D'autres fois


les arbres aiment bien faire un peu de théâtre, surtout le dimanche après-midi. Leurs goûts sont assez classiques, à cause de la fameuse "épreuve du temps ? Là vous aurez sûrement reconnu une photo de "Roméo et Juliette", avec Roméo au 1er plan qui fait un peu le beau, Juliette derrière qui n'a pas l'air très concentrée, et plus loin quelques personnages secondaires, dont la nourrice. Dans l'idéal, il faudrait le même nombre d'arbres que de personnages mais n'oublions pas que les arbres ont cet inestimable avantage sur nous (entre autres) de pouvoir jouer quelque chose avec une branche et carrément autre chose avec une deuxième ! Et ils ne s'en privent pas, croyez-moi !

Salut !
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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 08:40
Sziasztok !

Franchement, moi, Noël ... c'est pas trop mon truc ! D'abord je ne suis pas ce qu'on pourrait appeler quelqu'un de fondamentalement "religieux", ensuite tout ce qui revêt un caractère disons "obligatoire" a tendance à me provoquer des éruptions cutanées, enfin, et c'est paradoxal, ces fêtes sacrées qui se transforment en foires à la consommation... Bref, rien de très original là-dedans ...
C'est pourquoi j'appréhendais un peu Noël ("Karácsony") en Hongrie : religion, tradition, consommation, tout me semblait réuni pour faire naître en moi un profond ennui. Et puis ...

Et puis, un dimanche, nous avons pris le bus jusqu'à Nagytétény, autrement dit le bout du bout de Buda, vers le sud. Il y a là un petit château baroque
dans lequel devait se donner un concert de musique ... baroque comme il se doit ! Malheureusement, en bus c'est vraiment très long pour arriver jusque là et quand on s'est présentés à l'entrée le concert était déjà presque fini. Que faire ? Reprendre le bus en sens inverse pour rentrer en ville ? se mettre sous la couette ? aller au cinéma ? Finalement on a décidé, puisqu'on était là, de visiter l'exposition permanente consacrée au "mobilier hongrois de la Renaissance au 19ème".

Beaucoup de jolies choses :    

      
de très jolies choses :


Et tout à coup on s'est aperçu qu'entre les meubles


il y avait des sapins de Noêl, plein ! il y en avait partout !


Plus moyen de prendre la photo d'un meuble sans qu'un sapin vienne se mettre là, au beau milieu !


Vous avez vu celui-là ? tout juste s'il ne fait pas le beau pour qu'on lui tire le portrait !

Certains sapins étaient un peu étranges :


pour ne pas dire plus ...


mais le tout baignait dans une ambiance générale de bienveillance et de sérénité. Il y avait pas mal de visiteurs mais chacun marchait tranquillement, en parlant peu et bas.

Quelques sourires un peu tendres


même le décor était d'une surprenante douceur :


Etais-je en présence de ce qu'on appelle couramment "la magie de Noël" ?


Mes yeux s'embuaient, mon pouls se faisait plus lent, tinta à mes oreilles comme le bruit d'un traîneau...

Les boules de Noël devenaient des bulles ...


des moutons s'envolaient d'un arbre où d'autres étaient sagement posés ...


des hippocampes jouaient à saute-aiguille parmi les branches ...


des fermetures-éclairs s'ouvraient comme des étoiles de mer ...


chaque coeur avait un oeil, et il me regardait ...


des coeurs, des coeurs, beaucoup de coeurs ! Certains, comme dans les contes, étaient en pain d'épices :


là-haut un oiseau attend sagement qu'on lui dise de manger ...



eh oui, mes amis ! c'est ça la magie de Noël, le lion parle avec la gazelle et tous les pitbulls ont des dents en mousse, comme me disait une copine il n'y a pas longtemps !

Alors profitez-en bien, et Boldog Karácsonyt, comme on dit ici !!!


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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 08:14
"Quand on touche un arbre, on devient un arbre", affirme Georges le Mongol, dans le film "le 8ème jour".

Ce serait beau, pas vrai ? S'il suffisait de toucher un tronc, doucement chauffé au soleil ...


pour se sentir aussi fort, aussi vivant, aussi calme et courageux que lui ...

De toutes façons, je crois que les arbres aiment qu'on les touche, enfin, la plupart d'entre eux. Comprenez-les : comme ils ne peuvent pas beaucoup bouger, il faut bien que nous, nous allions vers eux. Et si vous caressez un arbre, regardez bien, ce serait étonnant qu'il ne vous fasse pas un petit signe de contentement ...


Mais allez-y doucement, hein : même si l'arbre est "de bois" (quelle expression stupide, quand on y pense, "je ne suis pas de bois", comme si "être de bois" c'était être insensible !) il n'en est pas moins très délicat, enfin presque tous ceux que je connais suffisamment sont comme ça ...


Une dernière remarque : vous avez probablement noté qu'il y avait des arbres blancs, des arbres noirs, des rouges, des jaunes, des verts, bleus, orange, que sais-je encore ? Est-ce que vous les avez déjà vus se battre pour autant ? Non, n'est-ce pas ? alors ?

Salut !
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10 décembre 2008 3 10 /12 /décembre /2008 21:27
... que de graver son nom sur le tronc d'un arbre ! Personnellement je ne l'ai jamais fait et je ne pense pas que je le ferai jamais. Encore l'écrire (ou même le taguer) sur un mur, pourquoi pas ? Mais prendre son couteau, ou un vieux clou rouillé, pour attaquer l'arbre ! D'accord ça ne crie pas, un arbre, mais des fois ça peut saigner :





Et graver DEUX prénoms, alors là ... Et les encercler d'un coeur aussi, pourquoi pas ? Et rajouter la date , pendant qu'on y est ? Tant qu'à y être, allons-y franchement ! Et tout ça en se regardant droit dans les yeux (attention aux coupures !), en soupirant du fond de l'âme (gaffe aux courants d'air !), et en se jurant un amour éternel, aussi éternel que ces noms gravés dans l'écorce ...

Eh bien figurez-vous que j'ai fait une découverte étrange il y a quelque temps. Nous redescendions du belvédère Erzsébet qui surplombe Buda, en allant un peu au hasard, au gré de l'inspiration. On marchait dans le bois, tranquilles, et on commençait à voir la ville entre les arbres. Soudain, au milieu du chemin, on a rencontré ça :


On arrive encore à distinguer quelques noms (Olga, Klári), des initiales, des dates aussi : 1953 presque en haut, et 1926 plus bas à gauche, et plus on descend, et moins c'est lisible. Eh bien, où êtes-vous maintenant, les tourtereaux ? Morts et enterrés depuis belle lurette, on dirait ! Et l'arbre sur lequel vous avez voulu laisser votre marque, il a poussé sans vous, messieurs-dames, et vos jolis noms, il les a mangés, il les a digérés jusqu'à en faire des motifs d'écorce ... Bien fait pour vous !

Salut !

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9 décembre 2008 2 09 /12 /décembre /2008 11:28
C'était à Vienne, capitale de l'Autriche, un samedi d'octobre, en fin d'après-midi. J'étais seul car Mon Amie avait dû me laisser pour régler des affaires familiales, et je me sentais un peu perdu ...
Je n'aime pas trop ce que je connais de Vienne pour l'instant, tous ces lourds monuments, toute cette architecture massivement baroque m'étouffent et j'avais hâte de quitter le quartier de l'Opéra pour trouver une "penzio" où dormir dans un petit coin tranquille. J'ai donc choisi de traverser le Burggarten (ou Jardin de Ville) pour passer de l'autre côté du Ring, une suite de grandes avenues qui encerclent le centre historique. Et là ...



Et là d'un seul coup, je ne fus plus seul, plus du tout ! Car je sentais que cette lumière qui baignait l'arbre en même temps qu'elle émanait de lui était la même que celle qui m'inondait et m'habitait tout à la fois ...

Une grande leçon d'amour, en quelque sorte ...

Salut !
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8 décembre 2008 1 08 /12 /décembre /2008 08:14




Bonjour !

Je ne sais pas trop, en fait, pourquoi je vous envoie cette photo, à vous les amoureux et les amoureuses des arbres. Bien sûr, elle est tout à fait étonnante, et on se demande comment cela a pu se faire. Est-ce intentionnel ? Quelqu'un a-t-il délibérément cherché ce résultat ? et si oui, pourquoi ? ou bien est-ce le fruit du hasard, d'une "rencontre" entre l'arbre et le métal ?
En tout cas, c'est quelque part à Budapest, et moi j'aurais tendance à y voir comme un symbole de la toute-puissance de la vie qui "mange" les barrières ...

Salut !
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7 décembre 2008 7 07 /12 /décembre /2008 08:43

Sziasztok !

L'autre jour, on avait rendez-vous, Ma Douce et moi, au musée des Beaux Arts. Il y avait là une expo de Ferdinand Hodler, un peintre symboliste suisse, qu'on voulait voir depuis un moment et qui, en plus, allait être bientôt retirée de l'affiche. Rendez-vous donc, à 14h45 (c'était un vendredi) devant l'entrée du musée qui donne sur la place des Héros.
 

ça, c'est une photo vachement artistique de la place des Héros, mais qui est prise de l'autre côté, côté zoo, si on peut dire, il faudra que je vous parle du zoo un de ces jours, d'accord ?
 
J'avais dit : "14h45, tu es sûre ? pas 14h46 ?", pour rigoler, et parce qu'il arrive que Ma Douce me fasse un peu attendre à un rendez-vous. Mais bon, elle travaille, elle, et donc elle est moins libre de ses déplacements que moi, qui suis en dis-po-ni-bi-li-té ... Ben j'aurais mieux fait de me taire ! D'abord il a fallu que j'étende une lessive pour ne pas la laisser froissée dans la machine, ce qui m'a mis un peu en retard. J'ai regardé l'heure à Déli (j'avais préféré ne pas mettre de montre pour ne pas m'énerver inutilement), et il était déjà 14h32. Pas la peine d'espérer être au musée 13 minutes plus tard ! Mais je pouvais essayer de limiter les dégâts. J'ai donc dévalé les escaliers mécaniques :
 

qui sont grands et pleins de courants d'air ...

Et là, bien sûr, ça n'a pas loupé : le métro était là, mais le temps d'arriver sur le quai, les portes se sont refermées (et je ne vous conseille pas d'essayer de monter quand même, il y a de quoi être coupé en deux !), et obligé d'attendre le suivant. Trois fois il a été annoncé, mais jamais il ne venait ! Finalement, on l'a vu arriver, suant et soufflant, et je crois que personne n'avait trop envie de monter dedans. Mais que faire ? Attendre le suivant, ce qui m'aurait mis un peu plus en retard ? Donc j'ai pris mon courage à deux mains et je suis monté direction Deák Ferenc tér où je devais changer pour prendre la ligne n°1 ... qui est la plus ancienne d'Europe ! Puis, dans les couloirs de Deák, direction Mexikói út, droit vers le nord. Comme dans un mauvais film, ou un cauchemar à deux sous, je suis à nouveau arrivé sur le quai au moment où le métro partait !
Bref, quand je suis sorti à l'air libre sur Hösök Tere, j'avais un bon quart d'heure de retard ! J'ai tout de suite vu Ma Douce, dans son grand manteau noir, qui attendait sur les marches du musée. Je lui ai fait de grands signes, plein, mais elle a mis un moment pour me voir, peut-être parce qu'elle n'avait pas ses lunettes ? On s'est enfin rejoints sur la grande esplanade et je me suis confondu en excuses et explications : lessive, métro, panne ?, encore métro, malchance, ... Elle m'écoutait en souriant, ce qui était plutôt bon signe. Quand j'ai eu fini de bredouiller, elle m'annonça en rigolant ... que le musée était exceptionnellement fermé, en raison d'un raout de prestige qui s'y donnait !
Bon ... mais que faire alors ? Il pleuvait, il faisait un peu froid, il était 3 heures donc plus qu'une grosse heure avant la nuit ... comme on était avenue Andrássy, les Champs-Elysées de Budapest, je lui ai proposé d'aller visiter la Maison de la Terreur. On était déjà passés devant cette grosse maison bourgeoise plusieurs fois, on avait longuement regardé les médaillons alignés sur la façade et renfermant les photos de victimes du régime communiste, mais on n'était pas encore entrés. La porte s'ouvrit toute seule, ce qui était inquiétant ...

Ainsi, dès l'entrée, c'était clair : seraient mis sur le même plan deux régimes dictatoriaux dont la Hongrie avait eu à souffrir, le nazisme et le communisme. Cela n'a pas manqué de déclencher des polémiques à l'ouverture de ce musée en février 2002, d'autant que nombre de responsables "ex-communistes" étaient (et sont toujours) encore vivants et ... responsables ! Mais il faut dire aussi que pas mal d'"ex-nazis" (qui s'appelaient les "croix fléchées" ou "nyilaskeresztesek") ont été recrutés dans les rangs communistes dès1945, après avoir promis d'abandonner leurs "fausses idées" !
En fait, jusqu'en mars 1944, Budapest a représenté un refuge pour de nombreux juifs. Beaucoup d'entre eux sont venus d'Autriche, d'Allemagne et de Slovaquie. Mais au printemps 44, les Allemands ont imposé un 1er ministre  qui a mis en place les lois les plus dures : entre mai et juillet, en 3 mois seulement, 435 000 juifs de Hongrie ont été déportés !!! A ce moment ne subsistaient "que" les 200 000 juifs de Budapest. Ce sont les "croix fléchées" (l'équivalent de "notre" Milice, à peu près) qui, sur l'instigation d'Hitler, ont pris le pouvoir en octobre1944 et qui s'en sont occupés de telle manière qu'ils n'étaient plus que 100 000 à la libération de la ville, en février 45. Certaines scènes atroces, comme celle de tous ces gens que l'on a forcés à se déshabiller sur un quai avant de les jeter dans le Danube, sont dans toutes les mémoires d'ici, je pense...

un mémorial intelligent, je trouve, et qui vous prend "là" ...

Il nous fallut monter au 2ème étage d'une grosse maison comme il y en a des milliers ici, avec cour intérieure et larges coursives à tous les étages On pouvait imaginer sans peine les portes des bureaux claquer, les ordres aboyés, les prisonniers qu'on sortait d'ici pour les faire entrer là ..."Toi qui entres ici, abandonne toute espérance" ou quelque chose comme ça, non ? Remarque amusante : la "Maison de la Terreur" s'appelait en ce temps-là la "Maison de la Loyauté" ...

Au 2ème, voici le domaine des "croix fléchées" :

"Feu et malédiction sur tout ce qui est juif" voilà l'admirable slogan qui figure en exergue à ce banquet !

Un lecteur attentif aura déjà remarqué les écrans alignés sur le mur de droite. Et en effet, dans pratiquement chaque salle (sauf dans les caves), c'était la même chose : la nouvelle dictature (je sais, le mot n'est peut-être pas trop bien choisi à cet endroit, mais je n'en vois pas d'autre, désolé) des nouvelles technologies a frappé fort, à la Maison de la Terreur ! Dans chaque pièce d'exposition une profusion d'écrans, chacun diffusant son message visuel "en boucle" et obligeant le visiteur à zapper d'un écran à l'autre. Oh bien sûr, on peut toujours s'arrêter sur un témoignage, et c'est ce que nous avons fait, mais l'audition et même la vision sont sans cesse appelés, voire parasités, par les écrans voisins, le fond sonore, ... Personnellement, j'ai préféré, et de loin, les pièces dénuées de toutes ces fioritures audiovisuelles, les pièces "brutes" en quelque sorte, où l'imagination avait la place de se déployer.
Au 1er étage (un petit film assez amusant montrait des Hongrois de toutes conditions se dévêtissant pour enfiler les tenues caractéristiques du "socialisme triomphant") c'était le domaine de l'ÁVO, le Département de Sûreté de l'Etat, et plus tard de l'ÁVH, équivalent du KGB et de tant d'autres polices secrètes. Entre 1945 et 1948, elle a interné plus de 40 000 personnes dans le pays !
L'ÁVO, qui avait une image à faire respecter, débarquait dans une grosse conduite intérieure noire, et plutôt la nuit. On embarquait la personne suspectée, ou dénoncée, et on n'entendait plus parler d'elle pendant un bon moment, si ce n'est jamais. Et ainsi, jusqu'au "Changement"  de 1989, environ 1/3 de la population, soit 3 millions de personnes, a eu affaire plus ou moins gravement avec les services de sécurité. Le passage par les geôles du sous-sol ne devait pas être de tout repos ...Le froid, la faim, les coups et les humiliations, la torture, tout était bon pour mettre les récalcitrants dans le "droit chemin". Et si vraiment il n'y avait rien à faire, s'ils s'avéraient irrécupérables, on les pendait, tout simplement, dans un petit coin.
Bien sûr, il y a eu 1956, le 23 octobre. Ce jour-là la révolte générale a éclaté contre tout ça. Mais après quelques jours de liberté retrouvée (l'ÁVH a d'ailleurs été officiellement dissoute à cette époque-là, et ses "successeurs" ont dû quitter le 60 de l'avenue Andrassy ... Péter Gábor, le chef de l'ÁVH, est mort tranquillement en 1993, après s'être reconverti comme bibliothécaire ...) une répression terrible de l'armée russe s'est déclenchée, faisant 3 000 morts. L'ÁVH (ou ses "successeurs") bien sûr n'a pas été en reste et ses gégènes ont tourné à plein régime : la litanie des condamnations à mort a commencé au mois de décembre. On a même condamné un gamin de 16 ans mais, n'étant pas des bêtes, on l'a fait attendre jusqu'à 18 ans pour l'exécuter... Mais je vous reparlerai plus longuement de ces événements-là ...
Voici le drapeau des insurgés de 56 : devinez un peu ce qu'il y avait à la place du trou ?

Quand on est ressortis sur Andrássy, il pleuvait toujours mais il faisait nuit. Le long du mur extérieur, on a revu défiler les médaillons des victimes des exécutions de 57-58 : électriciens, serveur, chauffeur de tramway, des gens du peuple, pour la plupart ... Sans doute n'avaient-ils pas compris que le parti travaillait pour eux ?

Et aujourd'hui ? me direz-vous, on est bien loin de tout ça ? Sûrement, sûrement, mais apparemment certaines habitudes ont du mal à disparaître. Dernièrement un scandale lié à des écoutes (illégales, bien sûr ...) a éclaté parmi les politiciens : une candidate à la tête d'un parti politique aurait fait espionner sa rivale ... à moins que ce ne soit un "coup monté" par ladite rivale, ou même par les communistes (nous y voilà !) pour la discréditer !?
Comme vous le voyez, la démocratie hongroise a encore (de longs et) beaux jours devant elle !

Sziasztok !



 
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