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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 14:17
L'autre jour, Ma Douce avait beaucoup à faire. Elle poursuit ses recherches autour du travail de Lucien Hervé, un artiste d'origine hongroise qui fut, en particulier, le photographe "attitré" de Le Corbusier. D'ailleurs c'est un peu lui qui nous a permis de nous rencontrer puisque c'est au musée du Havre qui présentait une exposition sur les "villes nouvelles" (Le Havre, Brasilia, Chandigarh) comprenant nombre de ses clichés que cela se fit, le 2 août 2007, aux alentours de 16 h. Elle y accompagnait Judith, la veuve de Lucien Hervé, et j'y allais mû par mon goût pour la photo et l'architecture. Et voilà !
Bref, Ma Douce n'avait pas beaucoup de temps à me consacrer et comme il faisait beau, j'ai pris mon appareil et je suis parti faire un tour dans les collines de Buda. Je vous mets un petit plan pour que vous puissiez suivre :


Or donc, nous habitons en bas de la rue Varosmajor, tout près de Déli pályaudvar, où il y a aussi une station de métro : vous y êtes ? Pour monter dans les collines, j'ai pris à droite dans la rue Kék Golyó, autrement dit la rue de la "boule bleue". Juste avant l'hôpital, j'ai tourné à droite dans un petit chemin pour voir si Józsi était bien parti à Hambourg, comme Judith nous l'avait dit. Son dernier domicile (que nous avions découvert par hasard, lors d'une autre balade), c'était là :


et la vue qu'il avait de sa fenêtre, c'était ça :


avec la rue Kék Golyó tout au bout, vous y êtes ?
Donc, il n'était pas là. A Hambourg peut-être bien, quoiqu'il nous eût parlé de Rotterdam la dernière fois qu'on l'avait vu, au coin de la rue Kék Golyó et de la rue Városmajor justement. A en croire Judith, il avait le projet d'épouser une Allemande pour changer de nationalité ! Et aussi faire des enfants ...
En sortant, j'ai repris la rue à droite et, la vache, il faisait vraiment beau.


Au milieu de la rue à peu près, j'ai découvert une drôle de construction, verte, où c'était l'hiver. Comme un phalanstère, avec une cour intérieure plongée dans l'ombre, et au milieu un vieil arbre, humide et noir :


Je suis vite sorti de là pour retrouver le soleil. Au bout de la rue, j'ai pris à droite, toujours en montant, dans Istenhegyi út. "Út", ça veut dire boulevard, et "utca" (prononcer outsa), ça veut dire rue. "Hegy", ça veut dire montagne, et "Isten" ... dieu ? Alors ce serait la montagne de Dieu ? ou du dieu ? ou des dieux ? Ma Douce me dira ça ... (Elle m'a dit : c'est bien la montagne de Dieu)
Istenhegyi út, en tout cas c'est grand, ça roule beaucoup, vite, c'est plein de bagnoles garées sur les trottoirs, comme souvent à Budapest. La preuve :


Mais l'avez-vous reconnue, là, au milieu ? La Trabant, la mythique TRABANT, dont quelques jolis exemplaires circulent encore à Budapest, ou même à la campagne ! N'empêche, quand vous "tombez" derrière une Trabant sur une route nationale, je ne vous dis pas l'impatience. Pourtant j'ai bien envie de m'en payer une, des fois. Peut-être bien qu'elle ressemblera à ça, la voiture de l'avenir ?
J'ai quitté le boulevard aussitôt que j'ai pu, à droite encore, dans Ügyész utca : la rue de la "sinistre affaire" ?! à voir avec Ma Douce ...(en fait, c'est la rue du Procureur, ce qui n'est pas très étonnant dans la mesure où une espèce de "cité judiciaire" existait dans le quartier il n'y a pas si longtemps) Curieusement, alors que dans la foule les gens regardent de manière assez directe, l'usage semble être, lorsqu"on se croise dans une rue isolée, de ne pas se saluer, à peine de se regarder. C'était le vendredi du pont du 23 octobre, et on serait cru un dimanche ...


Plus je montais et plus j'avais de vue sur les collines environnantes, évidemment. Mais comme d'habitude dans ces circonstances, j'ai raté mes photos :


pas terrible, hein ? ben ouais, je sais ...
N'empêche, Budapest, enfin Buda en tout cas, me fait un peu penser à Rio, avec des "montagnes" au milieu de la ville, délimitant des quartiers bien définis. L'avantage ici, c'est qu'on peut facilement passer d'une colline à l'autre ; à Rio les frontières m'ont paru beaucoup plus étanches. (S'il y en a que ça fait réagir, qu'ils n'hésitent pas à le faire !) J'ai donc continué mon bonhomme de chemin dans Goldmark Károly utca, vous suivez ? J'y ai vu un joli mur 


Arrivé à la rue Csaba ( le nom d'un des fils d'Attila, mais on n'est pas complètement sûr qu'il ait vraiment existé) j'ai vu qu'à gauche elle se prolongeait par un escalier, tout en gardant son nom de rue. Ce n'est pas la première fois que je vois ça. Mais pensez que la rue Csaba va pratiquement jusqu'à Moszkva tér ! à l'autre station de métro, vous voyez ? Bref, j'ai monté l'escalier et en haut je me suis retrouvé un peu nulle part. Après avoir un peu hésité, je me suis décidé à monter sur la colline qui était pratiquement en face, et nous volià donc sur Kissvábhegy ! Le nom est intéressant. "Hegy", vous connaissez déjà, c'est montagne, (enfin montagne pour les Hongrois, hein, parce que quand vous venez des Alpes, évidemment ...). Kissváb, maintenant : "kis" (prononcer "quiche") ça veut dire petit. Et "sváb" ? Eh bien mais "Souabe" tout simplement ! Mais qui sont les Souabes, me direz-vous ? Je pourrais vous dire de prendre votre dictionnaire mais comme j'y suis, je vais prendre le mien, ce sera plus vite fait. Or donc il faut savoir que la Souabe (qui a donné son nom à ses habitants, n'est-ce pas ?) est le nom d'une province allemande méridionale, administrativement rattachée à la Bavière. Avec une histoire assez sanglante, d'après le dictionnaire ... Ce qu'il ne dit pas, c'est qu'à une époque, après la libération de la Hongrie du 'joug ottoman", donc au 18ème, certaines régions du pays étaient si dépeuplées qu'on fit appel à des colons souabes (mais aussi à d'autres nationalités ?) pour les revitaliser. Ils sont toujours là, très attachés à leurs traditions, leur culture, leur religion. La preuve : ils ont des représentants à la mairie du XIIème arrondissement, que nous arpentons présentement.

C'était vraiment la campagne, tranquille, calme ...
Je suis passé de l'autre côté de la colline et, au bout de Kissvábhegy utca (n'oubliez pas de prononcer "outsa"), j'ai rejoint la rue Álom, la rue du Rêve, d'après mon autre dictionnaire. Là j'ai eu la mauvaise idée de tourner à gauche dans la rue Pethényi, et je me suis vite retrouvé à nouveau dans Istenhegyi út, toujours aussi bruyant et peu intéressant, que j'ai donc quitté aussitôt pour entamer la longue rue Zsolna, rectiligne et pas très belle. Mais assez significative : d'un côté un alignement d'immeubles identiques et très moches, datant des années 70 (avec des balcons bordés d'un plexiglass qui fut orange, si vous voyez ce que je veux dire) et de l'autre une suite de résidences beaucoup plus modernes, mais toutes pareilles également. Malheureusement mon appareil ne pouvait pas prendre une photo assez large pour en rendre compte. Au coin de la rue Zsibói, j'ai trouvé ça :


ce qui représente une autre survivance du système communiste. Le magasin ABC était "anonyme" en quelque sorte, et on était censé y trouver tous les produits de base de la vie quotidienne (alimentation notamment), et de toutes façons, il n'y avait pas d'autre endroit où les trouver. Vous voyez que pour le pont du 23 octobre, ils n'hésitent pas à faire des efforts ! Vous voyez aussi que ça monte dur, dans les collines de Buda ...
Au bout de la rue Zsolna, je n'avais pas trop le choix, j'ai pris à gauche dans Istenhegyi lejtö, soit la "côte de la montagne de Dieu" ! Et en effet ça grimpait assez raide jusqu'à un escalier qui débouchait à nouveau sur Istenhegyi út. Juste avant de regagner le boulevard, j'ai remarqué ça :


ce qui m'a fait penser à un bouquin de Boris Vian, l'Arrache-coeur je pense, dans lequel un homme tente laborieusement de construire une arche pour emmener ses enfants ...
Comme on sort de la page de mon petit guide, je vous mets une photo de la page suivante :


Désolé, c'est un peu moins net ... Donc, au bout de Istenhegyi lejtö, on retrouve l'inévitable Istenhegyi út, OK ? Mais en même temps on longe la petite ligne (marquée en rouge sur la carte) du "chemin de fer" à crémaillère qui va de Széchenyi-hegy (Széchenyi est un grand nom de l'histoire hongroise contemporaine dont j'aurai bientôt l'occasion de vous reparler) à Városmajor, terminus visible sur le plan n°1.
Au bout d'un moment, j'ai fait une petite halte à la gare de Gyöngyvirág (essayer de prononcer quelque chose comme Djieundjvirag ; "virág", c'est la fleur et "gyöngy" la perle mais "gyöngyvirág" ... c'est le muguet ! ), vous la voyez ? J'ai pris quelques photos ...
et comme j'étais justement à un endroit où les deux voies se fondent en une seule, j'ai pu assister, médusé, au mouvement très-silencieux, et très-bien huilé, des rails qui se sont positionnés pour permettre à la rame descendante de trouver sa voie. J'ai donc attendu un peu pour voir à quoi il ressemblait, ce petit train, et je n'ai pas été déçu :
Vous voyez ? au passage, le chauffeur nous salue ... de manière réglementaire !
Après toutes ces émotions, j'ai eu comme un moment de flottement. J'étais là, sur Istenhegyi út, le jour commençait à baisser nettement et pour redescendre sur Városmajor, j'avais le choix entre le prochain petit train ou le bus, dont j'avais pu voir plusieurs arrêts sur Istenhegyi út ... Mais non, j'avais des fourmis dans les jambes, décidément, et j'ai traversé le boulevard pour prendre en face dans ... Adonisz utca, au nom tellement séduisant ! Juste au moment où le bus arrivait ...
Et franchement, grand bien m'en a pris. J'ai bientôt tourné à droite dans Gyöngyvirág utca (et donc on peut reprendre le plan n°1, allez, on se dépêche ...), que j'ai suivi jusqu'à Diana (très mythologique, le coin, décidément !) utca. Ensuite j'ai pris à gauche, dans le sens de la descente. Il y avait une vue superbe sur la ville, inphotographiable, malheureusement (ou heureusement, d'ailleurs ?).

Mais là, un peu plus loin, sur la droite, regardez ce que j'ai trouvé :


J'en suis resté baba ! Un véritable palais romain, enfin à mes yeux d'amateur en tout cas, car Ma Douce m'a expliqué qu'il s'agissait en fait d'une "villa" néo-classique du 19ème. Il n'empêche ! découvrir une bâtisse comme celle-là, perdue en pleins champs ou presque, et tournant lentement à la décrépitude ... c'est quand même un sacré choc esthétique, voire émotionnel !
Du coup, je ne me rappelle plus bien la fin de la balade. De toutes façons il faisait déjà bien nuit, et Ma Douce commençait à me manquer sérieusement. Toujours dans le sens de la descente, j'ai pris à gauche dans Óra út jusqu'à retrouver, dans Istenhegyi út, le bus 190 qui m'a ramené à Déli Pályaudvar, tout près de chez nous.
Viszontlátásra !
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23 octobre 2008 4 23 /10 /octobre /2008 17:01

De quoi je me souviens, de mon week end à Vienne ?


Je me souviens du bassin de nénuphars à l'entrée du centre commercial où se tenait une foire-exposition ... Je me souviens de la lumière sur ces nénuphars ...



Je me souviens du musée Léopold où j'ai passé plus de 3 heures : Klimt, Schiele, d'autres encore dont j'ai oublié les noms, évidemment ... Je me souviens de la lumière à la sortie du musée ...


Je me souviens d'avoir erré longuement dans les rues d'un certain quartier, à la recherche d'une introuvable "panzio" ... Le soir s'était mis à tomber ...


Je me souviens qu'au fond d'une petite rue ancienne, dans une très vieille maison, se tenait le local d'un mouvement d'extrême-droite, dont la façade était violemment maculée. Une jeune femme y était entrée, en portant de gros sacs de supermarché : était-elle d'extrême-droite elle aussi, ou avait-elle juste la malchance d'habiter là ?


Je me souviens du tramway de Vienne, dans lequel j'ai voyagé sans payer mon ticket. En fait j'avais un forfait transports mais Ma Douce m'a expliqué le lendemain qu'il n'était pas valable pour ce trajet-là. Ceci dit, ça avait l'air super-compliqué, de payer son ticket ! Il y avait un petit distributeur jaune, dans lequel il fallait mettre de petites pièces (apparemment) et tant pis pour ceux qui n'avaient pas de monnaie ! Deux jeunes voyoutes s'y sont essayées pendant dix bonnes minutes, avec les soubresauts du tramway en plus, je ne vous dis pas. Je crois que finalement elles ont laissé tomber, de toutes façons elles étaient arrivées ...



Décidément je me souviens de la lumière en sortant du musée : j'aimais, j'étais aimé, et tout me paraissait si doux ... Je me sentais fort et bienveillant, le pas plus sûr et plus léger, les épaules plus larges ... J'étais sûr qu'en ce moment-même, Ma Douce Amie pensait à moi ...



Je me souviens de la pluie de feuilles jaunes qui a accompagné mon départ, et ma lente remontée vers la gare. J'ai mangé une pizza pas très loin de l'hôtel où j'avais dormi. C'est là que je me suis aperçu que j'avais pas mal tourné en rond la veille ...




La question finale étant : de quoi je me souviendrais s'il n'y avait pas les photos ?


Viszontlátásra !

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17 octobre 2008 5 17 /10 /octobre /2008 17:51
J'aime les gares et leur poésie un peu triste ...


J'aime quand le train traverse les faubourgs des villes ; on voit alors des quartiers que l'on ne verrait pas autrement ...


J'aime les tags des bords de voie, leurs taches éclatantes sur tout ce gris environnant ...



J'aime les petites gares de campagne, celles où l'on s'arrête à peine, juste le temps d'imaginer ce que pourrait être la vie ici, loin de tout ...


On aurait un chien, quelques chats, des arbres fruitiers, et un ou deux beaux enfants ... si seulement j'avais un marteau !!! (plaisanterie réservée à ceux qui ont connu les tubes des années soixante) Ce serait le bonheur, chantait CloClo. Oui ... peut-être ...

J'aime quand on commence à se demander où on peut bien être, et si ce voyage finira jamais ...



J'aime quand on voit des gens au travail, et qu'on les regarde à travers la vitre, comme si on était des extra-terrestres, ou des entomologistes, ou bien des grands malades ... Ils bossent dur, ils s'agitent, mais nous, non, désolés, pour l'instant on n'appartient plus à ce monde, on VOYAGE ...


J'aime les inscriptions cabbalistiques, réservées aux seuls initiés du TRAIN ...



J'aime les consignes multi-langues, qui font qu'on peut se sentir vraiment un grand voyageur ...



J'aime les rencontres imprévues, un oeil qui brille, un sourire soudain ...


J'aime quand les gens se relâchent un peu, enfin, bien décidés à profiter de la parenthèse du train ...



J'aime les locomotives, et leurs airs de bonne bête industrieuse ...


J'aime la mémé qui fait ses mots croisés, sans s'occuper de personne ...



J'aime ces instants furtifs, entraperçus, volés ...



J'aime ces vastes plaines ... qu'on traverse à ... 30 km ... / ... h ...



J'aime ces monuments étranges, qu'on voit parfois au bord des voies ...



Ah ! si j'avais un marteau ...


J'aime les vieux wagons qui croient encore, dur comme fer, qu'un jour on reviendra les chercher ...


et qui essaient d'être les premiers, dans la file d'attente ...

Viszontlátásra !





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16 octobre 2008 4 16 /10 /octobre /2008 10:45
Jo napot kivánok !

Pour moi, fils de prolo, l'opéra appartenait à "l'autre monde", celui des riches, des nantis, de ceusses qui pètent dans la soie. Je n'y avais donc JAMAIS mis les pieds, même quand j'aurais pu, jamais ... jusqu'à hier soir, à l'opéra de Budapest !
1ère surprise, ce n'est pas siiii cher, l'opéra, enfin, à Budapest au moins. 3 000 forints la place, soit un peu plus de 10 euros. Bon, je sais, c'est un peu bête, ce que je dis : d'abord, il y a aussi des places beaucoup plus chères (10 000, et plus) et puis, il y a le niveau de vie, une place de cinéma ici coûte 800-1 000 forints, c'est-à-dire la moitié d'une place française. Mais quand même ...
2ème surprise, on n'a pas besoin d'être si "classieux" que ça pour aller à l'opéra, enfin, à Budapest en tout cas. Ma Douce a mis sa petite robe noire toute simple qui lui va si bien, et moi une chemise propre, et voilà ! Et effectivement, dans le public, j'ai pu constater qu'il n'y avait pas que des visons, des smokings et des rivières de diamants. En fait, je crois bien que je n'en ai pas vu du tout !
3ème surprise, on a le droit de prendre des photos à l'intérieur de l'opéra. Je ne m'en suis donc pas privé ! Comme on était un peu à la bourre pour rejoindre nos places (la séance commence à 7 heures), la 1ère, que j'ai prise en montant les escaliers 4 à 4, a donné ça :


Ah oui ! J'ai oublié de vous dire qu'on allait voir-écouter "Fidelio" de Beethoven ... heureusement que Ma Douce m'avait un peu expliqué l'histoire dans le métro qui nous amenait parce que c'est quand même vachement compliqué, un opéra, enfin, celui-là en tout cas. Fidelio, en fait, c'est une femme qui s'est déguisée en homme pour s'introduire dans la prison où son homme à elle est arbitrairement détenu par le directeur, qui en a gros sur la patate contre lui. Comme c'était chanté en allemand (évidemment) et surtitré en hongrois (bien sûr) je dois avouer que j'ai plus d'une fois laissé errer mon regard vers la salle, bien pleine, l'orchestre (qui jouait en direct !), et le plafond très-richement décoré :


N'empêche, c'est vraiment une découverte pour moi ! C'est assez "total", comme spectacle, un opéra : on voit et on entend un orchestre (avec un chef à cheveux blancs qui s'agite, tout bien comme il faut), on voit des acteurs, on entend des chanteurs, tout ça. Je sais que cela peut paraître banal, voire trivial, à certains (en particulier à ceux qui ont pondu, ou lu, des bouquins de 600 pages sur le sujet !) mais voilà, pour un novice, c'est une VRAIE surprise, ne vous en déplaise !
De temps en temps, je regardais l'orchestre, et en particulier les 4 cors, situés juste en face, au fond.


(là, c'est la pause entre les deux actes, et vous pouvez voir leurs 4 chaises vides à gauche contre le mur)

J'ai remarqué qu'il y en avait un qui jouait plus souvent que les autres, et j'ai d'abord pensé que c'était le chef des cors. Celui qui jouait un peu moins, je l'ai pris pour un sous-cor, et les 2 autres, qui ne jouaient presque jamais, en fait seulement quand tout le monde s'y mettait, pour des sous-sous-cors. Mais je ne suis pas sûr, peut-être qu'ils avaient chacun un cor différent et que cette partition-là les sollicitait inégalement ?
En tout cas, ça n'a pas l'air tellement gratifiant, le cor, comme instrument ! Non seulement vous jouez peu, voire très peu, mais dès que vous avez fait trois notes, vous êtes obligé de renverser votre instrument contre votre oreille pour écouter ce qu'il y a dedans, puis d'en démonter certains tuyaux pour les secouer devant vous d'un air faussement négligent ! Ma Douce m'a expliqué ensuite qu'ils devaient probablement cracher dedans quand ils soufflaient, et que c'était de la salive qu'ils tentaient d'évacuer de la sorte ! Mais c'est dégoûtant ! Ils devraient faire quelque chose pour ces foutus cors, je ne sais pas moi. Peut-être y enlever quelques coudes, pour que ça condense moins (c'est vrai, il y en a tellement, des coudes, qu'on dirait des alambics !), ou trouver un nouveau matériau ? Et quand vous pensez que ça dure depuis des siècles, comme ça !

La pause, donc, de vingt minutes environ. Le temps de se déplacer en masse vers le buffet (c'est l'occasion de dire que les Hongrois me semblent former un peuple très "bousculant" : quand il y a une foule, dans le métro ou ailleurs, c'est un peu "pousse-toi de là que je m'y mette", et comme ils, ou elles, sont plutôt solides, les Hongrois-e-s, vous voyez d'ici le problème ...)


, puis de se glisser vers la terrasse pour y fumer une cigarette ...



le temps d'attendre que Ma Douce revienne des toilettes ...


Nous nous réinstallâmes bientôt dans notre petite loge du deuxième étage, mais au deuxième rang seulement, parce que quand même, à 3 000 forints, il faut pas rêver ! Mais Ma Chère Douce, qui n'a pas les yeux dans sa poche, eut vite fait de remarquer que personne ne revenait au balcon de la loge à côté ! Cinq minutes plus tard, nous y étions, avec une vue complètement dégagée sur tout le spectacle !!!

Précisément LÀ, accoudés au balcon vide, au premier plan, à droite. Vous pouvez imaginer ça ???

Deuxième acte donc, auquel je n'ai pas compris beaucoup plus de choses qu'au premier. Le directeur de la prison n'était jamais content, il n'arrêtait pas de chanter comme si on lui avait marché sur le pied. Fidelio était "joué" par deux personnes : un jeune homme muet qui était son corps, et une femme habillée en rouge qui était sa voix. Et quelle voix !!! Cette femme était capable de se faire entendre même quand tout l'orchestre jouait à fond, et du Beethoven joué à fond, ce n'est pas rien quand même ! Dans l'ensemble c'était une mise en scène "moderne", avec des tas de figurants habillés de manières diverses et étonnantes : des fois on se serait cru à Abou Grahib ou Guantanamo (prisonniers avec des cagoules informes et rouges sur la tête), d'autres fois en pleine campagne électorale américaine (Christ avec coeur électrique clignotant sur la poitrine). Le directeur, à la fin, a été bien puni : il s'est fait embarquer par deux types tout droit sortis de "Men in black" !

Pour vous donner une petite idée de la chose :

Et puis voilà, c'était déjà fini !!! Au bout de 3 heures quand même, mais croyez-moi, je ne les ai pas vues passer !

On a jeté un dernier regard sur le grand escalier :


Le monsieur en noir, là, c'est lui qui faisait les entrées et les sorties, et il avait l'air vraiment super-gentil !

Viszontlátásra !



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10 octobre 2008 5 10 /10 /octobre /2008 11:40
- dans la rue, même à Budapest, les gens vous regardent souvent dans les yeux, et c'est BIEN !
- j'ai généralement le sentiment que les Budapesti cachent peu leurs sentiments : ils ont des visages "ouverts", sur lesquels on peut lire la sympathie ou la réprobation, plus rarement l'indifférence ;
- dans les rues, on dirait qu'il y a peu d'enfants ;
- dans les rues, on dirait que tout le monde est Blanc : j'ai bien vu quelques Noirs (peut-être 5 en presque 2 mois !), quelques Asiatiques (mais soit ils tiennent des boutiques soit ce sont plutôt des touristes je pense), mais aucun Arabe par exemple. Peut-être mon périmètre est-il encore trop restreint : il faudrait que j'aille jusqu'à Ferencvaros, dans le 9ème, qui semble être le "royaume" des tsiganes et que je trouve ce quartier chinois ;
- la "politique", ici, me semble très compliquée : tout ce que je crois avoir compris, pour l'instant, c'est que les gens de droite ont plutôt des idées de gauche, et que les gens de gauche défendent plutôt des idées de droite ! En tout cas, ça n'a pas l'air de marcher très fort, et tous ceux avec qui j'en ai parlé m'ont parlé de magouilles, de corruption, de politicarderies, etc ... ;
- les habitudes alimentaires des Hongrois sont assez différentes des nôtres : ils mangent un tas de trucs dont je n'avais jamais entendu parler, ou si je connaissais je ne savais pas que ça pouvait se manger ! Les pattes de poulet, par exemple, sont très prisées dans la soupe ! Mais surtout, surtout, ils mangent traditionnellement FROID pour le repas du soir !!! Ils étalent un tas de choses sur la table : saucisse, légumes, crus le plus souvent, fromages, crèmes en tous genres et de toutes les couleurs (ils ont l'air très forts pour les crèmes) et vas-y que je picore, que je me fais mes petits mélanges, et c'est ce qu'ils appellent "dîner" ! Mais, bon, j'ai trouvé la parade : j'essaie d'avoir toujours une banane à la fin du repas, au moins j'ai l'impression d'être un peu "lesté" !
- la monnaie hongroise est le "forint". Il est question que la Hongrie adopte l'euro, bien sûr, mais pas avant ... un certain temps ! Pour l'instant, un euro vaut environ 250 forints, et le SMIC hongrois est aux alentours de 100 000 forints, soit à peu près 400 euros. C'est vrai que la vie est un peu moins chère qu'en France (un paquet de Lucky vaut 610 forints, par exemple, soit 2 euros et demi, mais bon, ça ne nourrit pas son homme non plus ; un repas dans un restaurant correct coûte 2 à 3000 forints ; un ticket de métro vaut 250 forints ; mais le journal "Le Monde" en vaut 650 ! ; un gros pain vaut 400 forints, un café 250, un litre d'essence 300, etc ...) mais je crois que beaucoup de gens ont du mal à s'en sortir, et il n'est pas rare qu'ils cumulent 2, voire 3 "petits boulots" ;
- le nombre de SDF a l'air assez impressionnant. Par exemple dans le parc Varosmajor, pas loin de chez nous, ils squattent les bancs, les entrées d'église, etc ...


Ils n'ont pas l'air méchants, juste abrutis par l'alcool, le malheur, tout ça ... (La petite fille au 1er plan vient de se laver les mains à la fontaine, elle semble vivre dans la rue avec son papa ...) J'ai eu l'occasion d'en rencontrer un personnellement, qui vient (venait ?) régulièrement chercher quelque chose à manger chez Judith, notre voisine du 1er étage. Il s'appelle Józsi (diminutif de József) et il nous a aidés à débarrasser une cave pour pouvoir y mettre mes 2 malles. Il a travaillé plus de 15 ans aux chemins de fer nationaux, et au moment du "changement" (vers 1990) il a été viré. Maintenant il dort à la belle étoile, tout près de l'hôpital aux cancéreux, et il survit en donnant des coups de main à droite et à gauche. Son rêve c'est de partir en Angleterre pour travailler dans le bâtiment, et il prend des cours d'anglais gratuits donnés par des religieux américains. Il commence à le parler un peu ...

- sur beaucoup de façades de Budapest (pour ne pas dire toutes, si elles sont un peu importantes) vous allez trouver quelque chose comme ça :

ou comme ça :


ou encore carrément comme ça !


mais là, évidemment, on atteint des sommets !!!
Quel est le point commun entre ces 3 photos ? Regardez bien ... il s'agit de ces couples de tubes métalliques (multiples ou uniques, divergents ou parallèles) creux en leur sommet, et donc destinés à recevoir quelque chose, mais quoi ? Des fleurs ? Que nenni ! Ils datent du "beau temps" de la république socialiste, et abritaient, en leur sein desséché, DEUX drapeaux : celui de la Hongrie, bien sûr, ET celui de la "grande soeur" (ou du "grand frère", je ne sais plus) l'URSS !!! Un jour, il faudra que je vous parle du "Memento Park" ... rappelez-le moi !
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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 10:54
Jó napot kívánok !

Comme il faisait beau et que c'était dimanche, on a pris le tramway n°56 jusqu'à son terminus, Hüvösvölgy.
On est aussitôt montés à la gare du "train des enfants" pour voir les horaires. Le dernier partait 3 mn plus tard, mais on préférait marcher, alors on est repartis vers les collines ...


On a suivi des petits chemins longeant des maisons et des jardins d'un côté      ...



et des bois de l'autre ...


On a vu des chiens, et des gens, une poule, un chat, et on a ramassé des noix fraîches.
Puis on est  arrivés sur un grand plateau, dont une partie servait de piste d'envol pour les planeurs. Une machine "hors d'âge" les tractait avec un câble" et ils s'envolaient presque à la verticale au dessus de nous ...


Comme les voitures sur la route nous embêtaient un peu, on a coupé à travers la prairie, là où les gens s'amusaient avec des cerfs-volants ...


On cherchait une petite église du 13ème siècle, comme ça, pour savoir un peu où aller. On a beaucoup marché, dans la beauté ...


Finalement, on a trouvé la petite église, où une messe avait commencé.

Moi, je suis resté dehors, pour fumer une cigarette et profiter de la lumière du soir sur Hüvösvölgy ...


et pour murmurer à l'oreille de quelques chevaux qui paissaient par là ...


Viszontlátásra !

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2 octobre 2008 4 02 /10 /octobre /2008 18:40
qui m'ont étonné depuis que je suis en Hongrie :
- on ne peut jamais trop savoir le temps qu'il va faire, il n'y a pas vraiment de vent dominant, et la météo peut changer plusieurs fois dans la journée. Aujourd'hui, par exemple, il faisait très beau le matin puis ça s'est couvert soudainement vers 11 h comme s'il allait pleuvoir, et puis non finalement ça s'est maintenu, avec des bandes de nuages moutonnants ;
- le réseau de transports en commun de Budapest est incroyablement développé ! On trouve de tout : métros, bus, trams, HEV ('équivalent du RER parisien, mais qui peut vous amener, lui, en PLEINE nature !), et en quantité ! Un peu de toutes les époques aussi :



- les sirènes des ambulances ! avant de venir ici, je ne savais pas qu'une sirène pouvait être modulée selon autant de sons, de rythmes et de tonalités différentes ! en plus, comme on habite dans une rue au bout de laquelle il y a un grand hôpital, c'est quelquefois un vrai festival ! tout dépend de l'inventivité de l'ambulancier-e ...
- les hommes et les femmes, surtout à la radio et à la télé, sont capables de parler un temps incroyablement long sans reprendre leur respiration. C'est certainement dû à la langue, faite de tas de mots compliqués et interminables. Je vous en donne deux petits exemples pris dans le train (la ligne du haut est en hongrois) :


et à la devanture d'un magasin :


Quoi qu'il en soit, je suis sûr que le volume moyen des poumons hongrois est largement supérieur à la moyenne européenne !!! Ceci, d'ailleurs, pourrait expliquer pourquoi ils sont si forts dans les sports d'eau, comme le water-polo ...
- quand une rue est coupée par une autre, sur la maison qui fait l'angle, sont soigneusement indiqués les numéros de la rue existant jusqu'au bloc suivant. Ce souci de précision conduit quelquefois à des situations intéressantes ...

Autrement dit, il n'y a QUE le numéro 59 entre ce coin de rue et le suivant : pratique, non ?
- dans le métro, il faut faire extrêmement attention, surtout quand on est étranger ! Non pas aux pickpockets ni aux agressions, dont je n'ai vu aucune trace jusqu'à présent, ni même à sa direction qui est partout clairement indiquée. (rien à voir avec le métro de Londres par exemple, où je me souviens m'être perdu avec mes deux fils, leur copain, et une valise intransportable, et où nous n'avons dû notre salut qu'à l'aide d'une gentille dame qui nous a fait passer par une espèce d'escalier dérobé ...) Rien de tout ça donc, mais une règle très bizarre : quand vous changez de ligne pour une correspondance, vous devez utiliser un nouveau billet ! Et gare aux fraudeurs : les contrôles sont nombreux, et les contrôleurs-ses pas spécialement bienveillant-e-s !
- dans le bus, c'est encore pire : n'importe quel-le quidam-e peut soudain se lever, se coller un brassard autour du biceps, et se transformer illico en contrôleur-se !!! C'est Ma Douce qui me l'a dit, mais personnellement je ne l'ai encore jamais vu : une pratique héritée du socialisme, et en voie de disparition ?
- les feux de circulation passent du vert à l'orange puis au rouge, c'est normal, me direz-vous. Ce qui l'est moins, quand on est Français, c'est qu'ils font aussi le chemin strictement inverse : du rouge à l'orange et au vert. Et c'est pas mal du tout, comme idée !
Voilà, c'est ce qui me vient à l'idée pour l'instant mais nul doute que ce chapitre aura une suite ...

Viszontlátásra !



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30 septembre 2008 2 30 /09 /septembre /2008 08:52
Jó napot kívánok !


Avez-vous déjà entendu parler du lac Balaton ? Peut-être pas, et pourtant c'est le plus grand lac d'Europe Centrale avec ses 596 km2 (80 km de long et une largeur variant entre 1,5 et 15 km) . Plus grand même que le lac Léman qui n'en fait "que" 582" !
Ce qui est drôle, au Balaton, c'est qu'on y retrouve un peu la même configuration qu'à Budapest : il y a la rive nord, pleine de collines, de vignobles et de sources thermales (comme Buda) et il y a la rive sud, toute plate, et où se trouvent tous les endroits "à la mode", pleins de touristes et de vacanciers (comme Pest). La photo a été prise (en juillet dernier) depuis le sommet du mont Badacsony et montre assez bien cette opposition, j'espère ... Vous pouvez d'ailleurs la comparer à la photo panoramique de Budapest de la 1ère page.
Comme pas mal de familles aisées, je pense, celle de Ma Douce possède une petite maison sur la rive nord du lac, pour y passer le week end, une partie des vacances, etc ... Oh ! rien d'extraordinaire ni de luxueux, mais avec quand même un bon bout de terrain tout autour. Depuis la terrasse on peut apercevoir le Balaton, par delà la route ET la voie ferrée qui le longent sur pratiquement tout le pourtour :


Cette photo-là est un peu ancienne, mais elle a le mérite d'illustrer parfaitement ce que je viens de vous dire. Voici à quoi ressemble le terrain aujourd'hui :


Autrement dit, un bon bout de vignoble a disparu, pour faire place à de la pelouse ainsi qu'à un terrain de volley dont, si vous avez de bons yeux, vous pouvez apercevoir un petit bout dans l'angle inférieur droit de la photo !
N'empêche ... il en restait encore de la vigne, et puisqu'on était à la fin du mois de septembre, il s'agissait de la vendanger ! On a donc pris la route le vendredi soir à 5 : Ma Douce, sa soeur, son frère, la copine de son frère, et moi.
J'avais des souvenirs de vendanges "industrielles", du temps où je gagnais ma vie comme ouvrier agricole saisonnier dans le midi de la France, et quelques-uns étaient plutôt douloureux ! Mais là, mes enfants, quel luxe ! quel calme ! quelle volupté ! A 7, parce que l'homme qui s'occupe de la propriété à l'année et sa femme sont venus nous aider, on a ramassé un peu plus de 1 000 kgs ... en 5 heures ! Autrement dit, on a fait du 200 kgs à l'heure à 7, soit 30 kgs chacun en 60 mn, ce qui nous fait 500 g à la minute ! Ha, ha, ha, si les paysans pour lesquels j'ai dû bosser comme un âne avaient vu ça, sûr qu'ils auraient été pliés de rire ! Mais bon, c'était très bien, très "cool", on a même eu un peu de soleil, ce qui était loin d'être gagné ... Après la bataille, il ne restait plus que l'épouvantail pour croire qu'il restait encore du boulot :


Puis, après le repas et une sieste de récupération, on a gaulé quelques amandes pendant qu'on y voyait encore quelque chose. Ici, la nuit tombe assez tôt, vers 7 heures. Le soir, comme c'était l'anniversaire de la soeur de Ma Douce, celle-ci nous a concocté une superbe tarte au citron meringuée mais là, malheureusement, je n'ai pas de photos !
Le dimanche matin, messe pour mes 4 compagnons dans une église des environs. Pas de doute, je suis accueilli dans une famille de catholiques pratiquants ! D'ailleurs, avant chaque repas, ils font une courte prière, un genre de "benedicite" sûrement. J'ai quand même l'impression qu'ici les gens sont beaucoup plus religieux qu'en France, peut-être parce que cela a été longtemps interdit ? En tout cas, ils n'ont pas l'air de s'en porter plus mal ... Il y a même des dimanches soirs où j'envie un peu un peu Ma Douce, quand elle rentre de sa messe hebdomadaire, toute contente de L'avoir rencontré, et de Lui avoir parlé ... de nous !!!
Pendant la messe, seul à la maison, j'ai lu "Le parapluie de Saint Pierre" de Kálmán Mikszáth, un auteur hongrois du 19ème, paru aux éditions Viviane Hamy : vraiment drôle et cocasse, bien écrit, enfin bien traduit en tout cas ...ça m'a fait penser un peu à des contes absurdes, style Pouchkine ou Gogol ... Je me suis régalé !
Après la messe, repas puis gaulage exhaustif des amandes, ce qui n'a pas été une mince affaire, comme vous pouvez le constater :


Encore une fois, souvenirs de la cueillette des cerises, quand il fallait monter toujours plus haut dans l'arbre, parce que la plus belle se trouvait forcément, inévitablement, tout en haut de la plus haute branche ...
D'autres, pendant ce temps, ramassaient des figues, des pommes, des coings :



Au bout du compte, tout ça nous a fait un week end très "fructueux", avec du bon air et de l'exercice physique, à nous autres les citadins de la capitale !
Pour le retour sur Budapest ce fut un peu moins cool : à 4 h, la copine du frère de Ma Douce s'est souvenue qu'elle devait être chez ses parents à 7 h pour l'anniversaire de sa mère ! Du coup, conduite ultra-sportive de ce dernier sur l'autoroute, à 140-150 malgré les 3 files de plus en plus encombrées ! Curieux d'ailleurs comme ici la voie de droite reste quasiment désertée, beaucoup de gens se calant à 110 sur la voie du milieu. Et c'est toujours un peu embêtant de doubler à droite, évidemment ...
Bon, on fut quand même à Budapest à 7.15, et le week end était fini, alors ...

Viszontlátásra !





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22 septembre 2008 1 22 /09 /septembre /2008 17:36
Jó napot kívánok ! (ce qui, vous l'aurez compris, veut dire "bonjour" en hongrois !)
Ce qui est bien, quand on vit à Budapest, c'est qu'on est seulement à quelques heures de route de plein de pays différents : l'Autriche, bien sûr, la Grande Voisine, mais aussi la Slovénie, la Croatie, la Bosnie, la Serbie, la Roumanie, l'Ukraine, et la Slovaquie. Mais la Tchéquie et la Pologne ne sont pas si loin ... Pas mal, non ? Ah ! j'en vois qui commencent à rêver ...
Aussi, vendredi dernier, comme on avait envie de bouger un peu, on a pris la voiture, direction plein nord, et une heure après (en comptant les embouteillages pour sortir de Buda) on était à la frontière slovaque !
Une misère, cette frontière, un vrai désert ! Je dois être un peu "vieux jeu" mais moi, je regrette le temps où il fallait s'arrêter, s'expliquer plus ou moins facilement avec des gens en uniformes étranges et surtout, SURTOUT, repartir avec un beau tampon, bien exotique, sur son passeport ! Maintenant, macache, que nibe, walou, mon nouveau passeport (qui m'a coûté tant d'euros et tant d'efforts ... pour ne pas trop sourire sur la photo) ne verra jamais la couleur d'un bon gros cachet slovaque : trop dommage, comme diraient mes fils, qui savent causer ...
Bref, après cette douane fantômatique, on a continué un moment vers le nord, puis on a pris une plus petite route vers l'ouest pour arriver à Banská Štiavnica vers 18h30 à peu près. Pourquoi cette petite ville (10 000 habitants environ) au nom joyeusement imprononçable, me direz-vous ? Eh bien, il faut d'abord vous expliquer que ma Douce Amie est historienne d'art et travaille au Ministère de la Culture hongrois, dans le domaine des monuments historiques. Aussi nos voyages sont-ils toujours plus ou moins l'occasion d'en apprendre un peu plus sur l'histoire de cette région et, par là même, de comprendre un peu mieux ce qui se passe actuellement. Ensuite, eh bien ensuite, je vois mal comment, à ce point de mon exposé, je pourrais éviter de vous dire au moins quelques mots de la "Grande Hongrie" ... Celles et ceux à qui l'Histoire donne des boutons ont le droit de sauter le paragraphe qui suit !
Saviez-vous qu'avant la 1ère guerre mondiale, la Hongrie était 3 fois plus grande qu'aujourd'hui, avec même un accès à la mer via la Croatie actuelle ? Mais après la défaite, au traité de Trianon, les 2/3 de son territoire lui furent enlevés, sa population passant de plus de 20 millions à moins de 8 ? Evidemment, cela laisse plus que des traces et c'est dans l'espoir de récupérer certains territoires que la Hongrie se rangea du côté d'Hitler pour la seconde ... qu'elle perdit à nouveau ! Mais bon, cette fois, il ne restait plus grand-chose à enlever ... Mais tout cela veut dire aussi qu'il existe encore de fortes minorités hongroises en dehors de la Hongrie, comme par exemple en Roumanie (surtout en Transylvanie) ... et en Slovaquie. Cela veut dire aussi, je pense, que pas mal de Hongrois gardent une nostalgie de cette "Grande Hongrie", ce qui pose quelques problèmes avec certains voisins ... dont les Slovaques. Est-ce que vous êtes comme moi j'étais avant de venir ici ? Vaguement persuadé que tous les "pays de l'Est" ne formaient qu'un seul bloc, le petit doigt sur la couture devant le grand Oncle Ivan ? Eh bien, venez faire un tour par ici, et vous en apprendrez de belles, croyez-moi !
Après cette courte parenthèse "savante", vous comprendrez mieux que pour les Hongrois chaque ville slovaque porte deux noms, le slovaque, et le hongrois : pour eux, Banská Štiavnica s'appelle aussi Selmecbánya, ce qui est tout de suite beaucoup plus facile à dire ! Et ceci d'autant plus que cette ville minière fournissait en argent une bonne partie du royaume, tout comme sa petite soeur Kremnica (dite aussi Körmöcbánya, mais pas par les Slovaques, j'espère que vous avez compris maintenant) que nous avons visitée le lendemain et qui était davantage tournée vers la production de l'or.
Arrivés à Banská (j'abrège !) vers 18h30 donc, on a facilement trouvé une "penzion" adorable, et pas trop chère : 900 couronnes slovaques pour la nuit, ce qui nous fait environ 7200 forints hongrois, soit un peu plus de 30 euros. Par la fenêtre, le matin, on pouvait voir ça :


ce qui, m'apprend Ma Douce, est typiquement une maison baroque du 18ème siècle, avec son toit très haut et ses décorations "en miroir" sur la façade. D'ailleurs une bonne partie du centre-ville est de la même veine, ce qui a conduit à sa classification au Patrimoine Mondial de l'Unesco.
Après on est allés faire une longue balade dans la colline située en face de la Penzion, et dont vous pouvez deviner la pente derrière ladite maison baroque. Et là, ce qui m'a surtout émerveillé, ce sont les toits :de toutes sortes ...























et de toutes couleurs

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


des fois, c'est même un peu TROOOOP !!!

Et puis on est repartis en fin d'après-midi pour Kremnica, comme disent les Slovaques, où on a trouvé une autre Penzion, plus luxueuse mais aussi plus chère (45 euros la nuit). Le soir, on a fait un tour dans les rues désertes de cette petite ville quasi-fantômatique ...

Ce qui est quand même curieux et intéressant à Kremnica, c'est qu'on continue à y fabriquer de la monnaie dans une grande usine. La propriétaire de la Penzion nous a d'ailleurs appris que ce dimanche matin, avant notre lever, un convoi bourré d'euros avait traversé la ville. Qu'est-ce que ça devait être au Moyen Age, quand il fallait convoyer l'or jusqu'à Budapest, en traversant collines et forêts !!!

Du haut de la plus haute tour du château, Kremnica, c'est ça :

ce qui est quand même bien joli, vous ne trouvez pas ?

Et puis on a visité le musée des Médailles et Monnaies ( y compris l'ancienne galerie de mine qui se trouve en dessous ; d'ailleurs on y a vu des plans anciens où est tracé le réseau des galeries existantes aux 18-19èmes siècles : impressionnant ! un vrai gruyère ! pas étonnant qu'un jour une église entière se soit effondrée !) Mais on était un peu fatigués, là, et on avait faim. On a trouvé un super-restau (à l'angle supérieur droit de la place sur la photo) où on a vraiment très bien mangé et comme c'était dimanche, devinez quoi ?, on a regagné tranquillement nos pénates à Buda, en écoutant Moby dans l'auto ...

 

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15 septembre 2008 1 15 /09 /septembre /2008 15:29
Városmajor utca, c'est la rue Városmajor, celle qui passe sous nos fenêtres. Elle part de la gare du sud, Déli Pályaudvar, que vous pouvez apercevoir au fond à droite :



et remonte vers le nord jusqu'à l'hôpital Saint Jean, Szent János kórház, dont voici l'entrée principale :




Bon, mais vous allez peut-être me/vous dire : quel intérêt ? Eh bien, figurez-vous qu'un jour j'ai passé l'après-midi à explorer cette rue dans les 2 sens et que j'y ai pris ... 123 photos ! C'est que la rue Városmajor, qui n'est après tout qu'une rue parmi tant d'autres, représente bien, je trouve un condensé de ce que j'ai pu voir jusque là à Budapest.
On y trouve ça :


ou ça :


ou encore ça :



Mais des fois on y trouve aussi ça :



ou bien ça :

ou même ça :

Oui mais voilà, à Budapest il y a souvent des surprises ! Prenez cette grosse bâtisse jaune et moche qui est juste au-dessus, tournez-en le coin et vous découvrirez ça :



ce qui a tout de suite une autre gueule, vous ne trouvez pas ? Et c'est tout le temps comme ça ici : vous êtes là, à moitié perplexe, vous vous dites : "ah la vache, les pays de l'Est, quand même, ça craint !" et PAF !!! la beauté, l'histoire vous sautent à la figure, et vous voilà tout tourneboulé encore une fois !
Allez ... une dernière ? Prenez la quasi-ruine qui est au-dessus de la grosse bâtisse, approchez-vous plus près de la grille et vous découvrirez ... ça :


Vous voyez ? Je vous l'avais bien dit !!!


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