Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 12:37

Szia everybody !

Alors ? comment allez-vous depuis qu'on ne s'est vus ? depuis les attentats, l'état d'urgence, et tout ce qui s'ensuit ? ben moi, pas si mal en fait, et c'est ce qui me parait vraiment étonnant parfois, ce décalage grandissant entre nos "petites" vies et la folle rumeur du monde qui va jusqu'á l'assourdissement ...

https://www.youtube.com/watch?v=WVKwC-hFqys

Ce soir nous serons à Budapest, et la fille de l'Est est là assise à côté de moi dans le wagon ... Ah ! "La fille de l'Est" ! Combien de fois je l'ai écoutée, cette chanson ... C'était au doux temps de notre rencontre, il y aura neuf ans cet été ... neuf ans déjà !

A l'époque je me dirigeais tout droit vers un deuxième divorce. Je vivais seul dans un deux-pièces dans un quartier plein de kebabs et de boutiques de coiffeurs. Je menais une drôle de vie, ni heureuse ni malheureuse, mais bien décidé en tout cas à résister aux sirènes de l'Amour ... Et puis, et puis la vie avait choisi et je m'étais facilement laissé convaincre ...

Et j'écoutais cette chanson d'Arthur H, pas très bonne j'en conviens, et j'avais du mal à croire que la vie avait enfin choisi le meilleur pour moi, et pourtant ...

Ce soir nous serons à Budapest, et Apu nous accueillera avec son bon sourire et son bleu regard d'enfant. Nous monterons dans sa grosse berline (il y aura un bouquet pour Ma Douce posé sur la banquette arrière) et nous filerons dans la nuit sur de grands boulevards. Arrivés chez lui nous boirons la pálinka de bienvenue, servie dans de petits verres sur un plateau de métal argenté. Apu boit la sienne d'un coup, comme d'habitude, en renversant la tête. Moi, au bout de dix ans, je n'y arrive toujours pas. Alors, pendant que Ma Douce et moi sirotons la nôtre, il s'en sert une deuxième, juste pour ne pas nous laisser boire tout seuls, juste par hospitalité ...

Le lendemain, après une nuit un peu courte, direction Baja où Apu doit passer le relais à Anyu, qui en est bien contente ! A neuf heures du matin il est encore un peu tôt pour la pálinka mais c'est sûr que celle-ci ne saurait tarder ... Après le déjeuner, après la pálinka donc, après un bon boudin hongrois arrosé d'un excellent Villányi, aprés une bonne tranche d'un gros gâteau offert par une cliente d'Anyu, comme il fait un temps magnifique, nous décidons d'aller faire un tour au bord de la Sugovica. Quel calme, quel bonheur tranquille de regarder passer tous ces petits bateaux, tous ces petits vélos, tous ces petits chiens ! de n'avoir rien d'autre à faire que d'admirer le bleu du ciel au-dessus des arbres.

Nous marchons jusqu'au bout, jusqu'à la pointe que forme la rivière en rencontrant le Danube. Il y a là un mémorial dédié á Türr István, un enfant de Baja, grand ingénieur hydraulique de surcroit, qui a participé à des tas de grands travaux dont les canaux de Corinthe et de Panama. Mais le soleil se couche tôt en Hongrie, à cinq heures et demie il fait déjà nuit et à six heures beaucoup de boutiques ferment ...

Un peu plus tard nous retrouvons Apu pour une petite bière et la discussion s'oriente sur l'histoire de la famille et ses vicissitudes. Comme beaucoup d'autres elle a subi un grand choc après la guerre et la mise sous tutelle par le "grand frère" soviétique. Avant tout cela elle était plutôt riche, possédant plusieurs cafés dans la ville de Budapest. Après cela elle ne posséda plus rien. Songez par exemple qu'un grand oncle avocat fut deporté dans la grande plaine du Hortobágy d'où il revint presque aveugle et quasiment invalide. Pendant tout ce temps il travailla pour un paysan qui eut l'extrême bonté de le faire coucher dans un coin du poulailler. Dans l'autre coin vivaient un ci-devant aristocrate ainsi que son épouse. Pour finir il eut la chance, malgré ses mauvais yeux, d'être employé dans une usine de fabrication de sacs en plastique où il faisait des noeuds toute la sainte journée ! Sa femme, qui possédait une petite entreprise de fabrication de palettes de peintre, fut tout heureuse de s'y voir attribuer un poste à la chaîne pour lequel elle posait des ronds de peinture du matin jusques au soir. Un truc que j'ai trouvé étonnant c'est que dans ces conditions Apu n'ait entrepris aucune recherche genéalogique mais non il semble se contenter du roman familial et ce sera la même chose avec Anyu un peu plus tard ... Voila un point qui mérite réflexion surtout quand on sait que la génération suivante, celle de Ma Douce donc, n'hésite pas à se lancer dans ce type de recherche ...

Le soir, après une ou deux pálinkas dont nous avons bien besoin, nous mangeons "à la hongroise" chez Anyu : légumes crus, charcuteries diverses (dont la fameuse kocsonya qui est un assemblage de bouts de porc pris dans la gelée du jus de cuisson), fromages, ... Et vous êtes priés de mettre un peu de tout dans votre assiette d'un seul coup !

Le lendemain Ma Douce avait des choses à faire et j'en ai profité pour lire ("Le dernier des Justes" de André Schwarz-Bart, histoire de me remonter le moral !) et pour commencer à écrire cet article. Le soir de ce deuxième jour à Baja nous sommes allés manger un bon plat de poisson du Danube, ou peut-être même de la Sugovica, chez Sobri, un fameux restaurant situé sur une des îles qui parsèment l'estuaire de la dite rivière. En partant nous avons eu la tristesse d'apprendre la mort du vieux joueur tsigane de cimbalum, tristesse augmentée du fait qu'il était bien difficile de trouver quelqu'un pour prendre la relève ...

Le samedi matin nous sommes partis tôt parce que nous avions 3 heures de route pour rejoindre une petite fête familiale donnée en l'honneur des 70 ans d'Öcsi, un oncle bien sympa. Nous nous sommes retrouvés une quinzaine dans un hôtel "wellness" où nous avons eu droit à un traitement royal : bonne bouffe, bons vins hongrois (sans oublier une pálinka tellement forte qu'elle vous anesthésiait les lèvres) mais aussi spa, jaccuzi, ... pour les amateurs dont je ne fus pas, seule Ma Douce ayant un droit de regard sur mon superbe corps, et encore pas tous les jours ! J'ai vainement cherché le match de rugby France-Irlande à la télé ... Ce fut néanmoins une petite fête très sympa pendant laquelle j'ai encore pu constater à quel point les Hongrois aimaient parler, et surtout raconter des histoires.

Le lendemain dimanche, après un petit déjeuner au soleil sur la terrasse du wellness, et des adieux chaleureux avec ceux qui restaient encore un peu, il était temps de reprendre la voiture d'Anyu pour aller à la gare direction Budapest. Ah ! le train hongrois ! Tout un poème, au moins pour certains troncons ! C'est le cas quand on le prend dans une petite gare au bord du Balaton. On se retrouve dans un compartiment d'autorail bondé, au confort plus que sommaire, et une vapeur humaine recouvre bientôt les vitres tremblottantes ... Après un changement à Székesfehérvár pour un train un peu plus rapide nous sommes enfin arrivés à notre chère Déli, notre gare du Midi ... Je vous passe les retrouvailles avec Apu (mais pas la pálinka !) pour vous amener directement à un concert pour lequel il nous avait pris des places : avez-vous déjà entendu parler de Gyorgy Kurtág ? Moi je connaissais le nom mais pour ce qui est de sa musique ... Eh bien si vous voulez être surpris et désorienté ... je vous la recommande ! Sur scène il y avait une dizaine de musiciens, chacun jouant bizarrement d'un instrument parfois bizarre (à un moment des sirènes d'alerte aérienne se sont mises en action) ; il y avait aussi une cantatrice russe très expressive, qui grimacait autant qu'elle chantait. Ce fut une succession de pièces très courtes le plus souvent et parfois on ne savait pas s'il fallait rire ou pleurer ... en tout cas je n'ai aucune envie d'écouter cela religieusement , comme l'ont fait mes voisins de gauche, et ce monsieur Kurtág m'a plutôt fait l'effet d'un coquin ! Effet qui s'est confirmé à la fin du concert quand il a fait son apparition au balcon, l'air malin comme un singe malgré ses 90 ans ! En somme j'ai bien aimé ... contrairement à Apu qui s'est ensuite gravement interrogé sur le sens qu'il convenait désormais de donner au mot "musique" ... Nous sommes rentrés pas trop tard mais la tête pleine de petites bulles et de questions.

Le lendemain, après une journée un peu vide pour ma part (mais il est vrai qu'une météo un peu crachineuse n'incitait guère à l'activité et que je n'avais pas, moi, tout un tas de rendez-vous à honorer) nous avons décidé de rendre visite à Bálint, notre copain handicapé. Je vous ai déjà parlé de Bálint et de son groupe de musiciens. Heureusement qu'Apu nous a prêté sa voiture parce qu'on l'a vraiment mis au bout du monde, lui et ses semblables ! N'empêche, il était bien content de nous voir et nous avons eu une bonne discussion, enfin surtout Ma Douce, parce que le hongrois dit par Bálint c'est carrément trop pour moi ! Il nous a parlé de sa grand-mère qui lui a cassé le coeur en mourant il y a quatre ans, du regard des gens quelquefois si dur à supporter, de son frère jumeau qui est revenu vivre en Hongrie et qui vient le voir plus souvent, de sa copine qui pique des crises, mais ce n'est pas grave il faut juste attendre que ca passe, de son groupe de musique qui s'est beaucoup renouvelé mais il n'a pas souvent la possibilité de les rejoindre pour répéter à Budapest, de ses colocataires qui se renouvellent également car certains montent au ciel, de son travail à l'atelier qui consiste en ce moment à fixer des embouts dans des flacons en plastique, il faut en faire 50 ou 60 par jour, il ne sait pas trop, et il y a deux chefs, deux femmes, l'une est âgée et sévère, l'autre est jeune et complètement myope et complètement délicieuse, bref on a vraiment bien discuté et vraiment bien rigolé ! Quand on est reparti on a bien vu que la dame de garde n'était pas trop contente qu'on soit resté si longtemps mais on s'en fichait un peu même si Bálint, à cette heure-là, se retrouvait à manger tout seul ... En rentrant en ville Ma Douce m'a dit à quel point elle était contente de conduire à Budapest, et comme elle était heureuse de se sentir à nouveau chez elle ...

Le lendemain nous avons rencontré deux bons amis dans un café, ils nous ont parlé de leurs plans pour restaurer une maison qu'ils viennent d'acheter dans un petit village non loin du Balaton. Je leur ai aussitôt proposé mes services pour reconstruire un mur de clôture en pierres du pays, cela me permettra de ne pas perdre la main et aussi de faire un peu d'exercice, comme Ma Douce me le conseille souvent ! En les quittant j'ai hésité pour aller voir Ingrid la girafe au zoo de Budapest dont je suis le bienheureux parrain. Mais une fois encore une petite pluie fine et pénétrante, jointe à ma paresse naturelle, m'en ont dissuadé ... J'espère qu'elle s'est assagie depuis la dernière fois que je l'ai vue : elle n'arrêtait pas de galoper partout et de mordiller les autres ! Le soir nous avons pris le HÉV (l'équivalent de notre RER) jusqu'à Római Fürdő (les bains romains) pour aller dîner chez des cousins qui nous ont offert une pálinka du tonnerre ! Quelles belles gens ! Et quelle bonne soirée nous avons passée là ! Après le repas nous nous sommes installés au salon où nous avons discuté en sirotant des alcools divers et variés ... Jusqu'à deux heures du matin ... Bon ... Je crois que je vais arrêter là cet article qui est déjà long. J'aurais pu vous parler aussi des menus cadeaux échangés (nous avons distribué peu à peu une véritable collection de fromages francais et, croyez-moi, ils font toujours plaisir !), des travaux qui ont commencé dans Párizsi Udvar grâce aux amis qataris, des boutiques fermées dans Váci utca à cause des loyers trop chers, de bien d'autres choses encore mais pour beaucoup d'entre elles vous pouvez aussi vous reporter à d'autres articles de ce blog ! En tout cas, pour moi, la vie a choisi le meilleur, c'est une certitude !!! Sziasztok ! Szia !

Repost 0
Published by Léo - dans ça et là
commenter cet article
30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:42
comme il faisait frais, comme on était tranquille, dans le musée archéologique de Zadar !

comme il faisait frais, comme on était tranquille, dans le musée archéologique de Zadar !

dans un fond de bistrot : bizness is bizness !

dans un fond de bistrot : bizness is bizness !

voilà tout ce que nous avons pu voir du baptistère de Nin !

voilà tout ce que nous avons pu voir du baptistère de Nin !

et voilà pourquoi ! :)

et voilà pourquoi ! :)

autre chapelle de Nin, plus ouverte ...

autre chapelle de Nin, plus ouverte ...

cherchez bien : peut-être verrez-vous une des fameuses brebis de l'île de Pag ?

cherchez bien : peut-être verrez-vous une des fameuses brebis de l'île de Pag ?

du roman à la Renaissance ...

du roman à la Renaissance ...

vous ne rêvez pas : ceci est un NAIN !!! plutôt baroque d'ailleurs ...

vous ne rêvez pas : ceci est un NAIN !!! plutôt baroque d'ailleurs ...

à gauche la basilique qui servait de tribunal, et à droite la prison : pratique !

à gauche la basilique qui servait de tribunal, et à droite la prison : pratique !

formes, coloris, ... TOUT est délicat !

formes, coloris, ... TOUT est délicat !

au fond d'un jardin public de Vicenza ...

au fond d'un jardin public de Vicenza ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (fin)
le fameux "teatro olimpico" de Palladio, toujours en fonctionnement

le fameux "teatro olimpico" de Palladio, toujours en fonctionnement

et parmi ces dizaines de statues, tout de même un VRAI méchant !

et parmi ces dizaines de statues, tout de même un VRAI méchant !

délicieuse surprise sur la route du retour : une église de Lodi ! assez gothique en ce qui la concerne !

délicieuse surprise sur la route du retour : une église de Lodi ! assez gothique en ce qui la concerne !

un coin assez glauque, censé commémorer la victoire de Marignan ...

un coin assez glauque, censé commémorer la victoire de Marignan ...

façade de la Chartreuse de Pavie : grandiose, non ?

façade de la Chartreuse de Pavie : grandiose, non ?

et les cellules des Chartreux ... qui sont devenus des Cisterciens !

et les cellules des Chartreux ... qui sont devenus des Cisterciens !

un tour à une exposition passionnante sur la bataille de Pavie (pour rétablir l'équilibre)

un tour à une exposition passionnante sur la bataille de Pavie (pour rétablir l'équilibre)

Repost 0
30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:30
ça c'est la présentation-dévotion du projet de Palmanova ... mais la peinture est beaucoup plus tardive !

ça c'est la présentation-dévotion du projet de Palmanova ... mais la peinture est beaucoup plus tardive !

voilà ce qu'est devenue Palmanova aujourd'hui : une piste pour excités de la rando !

voilà ce qu'est devenue Palmanova aujourd'hui : une piste pour excités de la rando !

délicatessen ... paléo-chrétienne de Porec, en Istrie !

délicatessen ... paléo-chrétienne de Porec, en Istrie !

un petit air byzantin, n'est-il pas ?

un petit air byzantin, n'est-il pas ?

ah, la danse macabre de la chapelle de Beram !

ah, la danse macabre de la chapelle de Beram !

la chapelle tout entière, d'ailleurs ...

la chapelle tout entière, d'ailleurs ...

un olivier de 1500 ans, quand même !

un olivier de 1500 ans, quand même !

couple usuel : église et campanile

couple usuel : église et campanile

comment utiliser les vieux restes ... à Salona, à côté de Split

comment utiliser les vieux restes ... à Salona, à côté de Split

il faisait chaud, il y avait du monde, à Split !!!

il faisait chaud, il y avait du monde, à Split !!!

ceci est identifié comme un ... vestibule ...

ceci est identifié comme un ... vestibule ...

j'ai vu là-bas des Christs bien plus souffrants que par chez nous .... d'ailleurs celui-ci est logé dans l'ex-mausolée de Dioclétien, qui fut un grand persécuteur de chrétiens !

j'ai vu là-bas des Christs bien plus souffrants que par chez nous .... d'ailleurs celui-ci est logé dans l'ex-mausolée de Dioclétien, qui fut un grand persécuteur de chrétiens !

et toujours ces curieuses pierres trouées .... pour mettre des rideaux ?

et toujours ces curieuses pierres trouées .... pour mettre des rideaux ?

Une des portes du palais de Dioclétien, toujours à Split donc ...

Une des portes du palais de Dioclétien, toujours à Split donc ...

de l'Antique modèle pour la Renaissance et même de l'Egyptien !

de l'Antique modèle pour la Renaissance et même de l'Egyptien !

à Trogir, où même l'art roman copie l'Antiquité et s'approche donc de la Renaissance : quel travail !!!

à Trogir, où même l'art roman copie l'Antiquité et s'approche donc de la Renaissance : quel travail !!!

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
de l'art d'accommoder les restes ... (bis)

de l'art d'accommoder les restes ... (bis)

rarement vu une "mise au tombeau" aussi douloureuse ...

rarement vu une "mise au tombeau" aussi douloureuse ...

sont-y pas mignons, ces petits petons ?

sont-y pas mignons, ces petits petons ?

il suffisait de s'éloigner du circuit ...

il suffisait de s'éloigner du circuit ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
quasiment "palladiesque", n'est-il pas ? à Sibenik, en remontant vers l'Italie ...

quasiment "palladiesque", n'est-il pas ? à Sibenik, en remontant vers l'Italie ...

Renaissance, vous dis-je !

Renaissance, vous dis-je !

au baptistère de Sibenik ...

au baptistère de Sibenik ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
le baptistère de Zadar ... roman, évidemment !

le baptistère de Zadar ... roman, évidemment !

vu de l'intérieur ...

vu de l'intérieur ...

alors ? Antique ? Renaissance ? pas si facile, hein ?

alors ? Antique ? Renaissance ? pas si facile, hein ?

saviez-vous que les Romains ont inventé le bonnet de ski ???

saviez-vous que les Romains ont inventé le bonnet de ski ???

Repost 0
30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:00

Kukucs, barátaim !

Ce jour d'hui, je vous propose une série de photos ponctuant un périple qui nous a menés de France en Croatie, via l'Italie du Nord ... et un petit bout de Slovénie à 15 euros, ce qui est quand même une grande arnaque !

Point de long discours donc, mais des images, et encore des images !!!

un plafond Renaissance, frêle et délicat ...

un plafond Renaissance, frêle et délicat ...

le théâtre de Sabbioneta, un temple du trompe-l'oeil ...

le théâtre de Sabbioneta, un temple du trompe-l'oeil ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
dirait-on pas que les personnages peints sont plus réels que les statues ?

dirait-on pas que les personnages peints sont plus réels que les statues ?

avec le temps ... (air bien connu)

avec le temps ... (air bien connu)

l'église de Villa Pasquali, complètement baroque ! (voir chapitres précédents)

l'église de Villa Pasquali, complètement baroque ! (voir chapitres précédents)

quand la Renaissance tourne au maniérisme, au Palazzo Te de Mantoue

quand la Renaissance tourne au maniérisme, au Palazzo Te de Mantoue

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
beaucoup d'attributs Renaissance, là ...

beaucoup d'attributs Renaissance, là ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
la chute des géants (sujet mythologique)

la chute des géants (sujet mythologique)

on n'est pas loin du baroque, là, quand même ...

on n'est pas loin du baroque, là, quand même ...

quand le temps fait oeuvre ...

quand le temps fait oeuvre ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
de la Renaissance plus classique, type "quattrocento" (San Andrea de Alberti à Mantoue)

de la Renaissance plus classique, type "quattrocento" (San Andrea de Alberti à Mantoue)

ah non, là c'est du roman ! (un modeste baptistère de Mantoue qui a survécu à la frénésie de la Renaissance !)

ah non, là c'est du roman ! (un modeste baptistère de Mantoue qui a survécu à la frénésie de la Renaissance !)

la coupole de la Cathédrale de Saint Pierre à Mantoue : quel style ?

la coupole de la Cathédrale de Saint Pierre à Mantoue : quel style ?

et là, de l'antique !

et là, de l'antique !

ah ! la frêlitude de la "vraie" Renaissance ...(Palazzo Ducale de Mantoue)

ah ! la frêlitude de la "vraie" Renaissance ...(Palazzo Ducale de Mantoue)

le plafond de la fameuse "Chambre des époux" de Mantegna : coquin, non ?

le plafond de la fameuse "Chambre des époux" de Mantegna : coquin, non ?

ah les jolies gambettes ! (Mantegna toujours)

ah les jolies gambettes ! (Mantegna toujours)

Repost 0
25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 19:14

Jövő városa : voilà le nouveau slogan qui fleurit un peu partout dans Budapest en ces jolis jours de printemps ! Jövő városa, la ville du futur ! Alors, foin des monuments historiques pour cette fois (quoique, comme à chaque visite à Budapest, j'en aie découvert des nouveaux ... mais je crois qu'une vie entière n'y suffirait pas !) et pour cette fois c'est à un tour des nouvelles réalisations que je voudrais vous inviter et, croyez-moi ... il y en a !

LA LIGNE N°4 DU METRO

Ah ! La ligne n°4 ! Combien de fois j'en ai entendu parler pendant mon séjour à Budapest en 2008-2009 ! Le sujet revenait régulièrement sur le tapis, tels une Arlésienne ou un serpent de mer ! Les travaux étaient suspendus, repris, arrêtés, on changeait de concessionnaire, rien n'allait plus, on finissait par ne plus y croire, malgré les palissades interminables qui entouraient certains quartiers. Et puis voilà, ça y était, neuf ans après le début des travaux, seize ans après la naissance du projet, la ligne n°4 existait et elle fut inaugurée il y a un an, en avril 2014 ! Alors on a décidé de l'explorer, station après station, et on n'a pas été déçu, loin de là …

Elle fait la liaison entre deux gares, Keleti au nord et Kelenföld au sud, ce qui, soit dit en passant, laisse mal augurer de l'avenir de notre bonne vieille Déli qui perd grandement de son utilité.

Après avoir acheté un bérlet (abonnement) de 3 jours on a commencé par Fővám tér, une jolie petite place au bout de la rue Váci, tout près du marché couvert (très beau, il faut y entrer !). Suivez-nous dans les entrailles de la n°4 !

entrée Fővám tér

entrée Fővám tér

escalier Fővám tér
escalier Fővám tér

Mais il ne faudrait pas croire que TOUT a changé dans le métro ! On y trouve toujours les mêmes surveillante(s), plutôt âgé(e)s, dont le moins qu'on puisse espérer est qu'ils ou elles ont une riche vie intérieure ! Je dirais même qu'on en trouve plus qu'avant ...

riche vie intérieure
riche vie intérieure

On a ensuite suivi la ligne de station en station, descendant à chaque fois pour admirer les prouesses techniques et architecturales ...

Gellért tér

Gellért tér

Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !

MOSZKVA TÉR les grands travaux

Ah ! Moszkva tér ! D'ailleurs elle ne s'appelle plus comme ça, la chère vieille place, aujourd'hui il faut dire Széll Kálmán tér …. mais combien le disent vraiment, dans la vie de tous les jours, quand on ne fait plus attention ? Moi qui n'ai pas vécu sous la botte communiste j'aimais bien Moszkva tér, ça avait de la gueule, ça faisait « pays de l'est », surtout avec l'allure de sa station de métro. (Pour vous en faire une petite idée vous pouvez vous reporter à l'article intitulé « Inventaire à Moszkva tér ») … Ben non, « ils » ont changé le nom, et maintenant … la plus grande partie de la place n'est plus qu'un vaste chantier : on creuse, on laboure, on bétonne, on déboulonne les rails des tramways … le palmier chétif n'est plus qu'un lointain souvenir, et l'horloge qui servait de lieu de rendez-vous a disparu ...

Budapest ville du futur ! Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !

LA BALEINE

« La Baleine », « bálna » en hongrois, porte bien son nom : c'est une grosse forme douce qui s'étend non loin du Danube et qui semble avoir avalé en partie d'anciens bâtiments des douanes.

Budapest ville du futur !

L'architecte en est le Hollandais Kaas Oosterhuis et dans son ventre elle contient un centre commercial plutôt « chic », une allée de boutiques d'art, de mode, (sans parler des inévitables « bistrots ») mais certains locaux sont toujours inoccupés. Il faut dire que ses débuts ont été un peu difficiles : elle a ouvert en novembre 2013, avec 3 ans de retard, en raison de problèmes financiers obscurs et du coup les investisseurs ne se sont pas précipités quand la situation s'est débloquée. Pourtant elle est plutôt belle telle qu'elle est, et d'une finition très soignée, comme en témoigne le nez des marches qui montent à la salle de spectacles du premier étage ..

Budapest ville du futur !

LE VIIIème

Avant de lire ce passage on est prié de se reporter à l'article « Grands travaux dans le 8ème ». J'y suis allé moi-même et, quoiqu'un peu déçu par la rareté des images, j'y ai retrouvé l'ampleur des démolitions que nous avions constatées il y a maintenant six ans. Qu'en est-il aujourd'hui, pas loin de Corvin tér, lieu de féroces combats en 1956 ? Eh bien c'est grande surprise : à la place des vieilles bâtisses, juste derrière le cinéma, un grand centre commercial et au-delà des immeubles, des « résidences » sans grande originalité, alignées autour d'esplanades proprettes mais sans aucun « état d'âme ». Ce qui m'a encore le plus surpris, dans cette architecture banale, c'est l'emploi de ces horribles balcons en plexiglass, dont on devrait pourtant savoir, par expérience, qu'ils vieillissent si mal ! Mais non, on insiste … A la tête de cet immense complexe, une même société immobilière, Cordia, dont j'aimerais bien savoir qui sont les tenants et les aboutissants. Vite lassés de ces bâtiments qui se ressemblaient tous, nous avons poussé jusqu'aux limites du quartier et bien sûr, là, c'était plus intéressant. On a d'abord découvert le « Grund », nom repris du fameux roman de Molnár Ferenc, « Les enfants de la rue Paul », et qui désignait le terrain vague où deux bandes rivales se confrontaient en des jeux guerriers. L'espace, intégré dans une maison ancienne qui n'a pas été entièrement démolie, accueille des jeux d'enfants et, bien sûr, un « bistrot ». Sur les murs des citations, voire des pages entières, du roman fameux. Un peu plus loin, nouvelle surprise : comme un ilôt de nature, un jardin collaboratif où s'affairaient quelques femmes souriantes. Malheureusement, si l'on en croit les plans du quartier projeté, ce petit jardin, comme dans la chanson de Dutronc, a toutes les chances d'être éphémère... Du coup, on est allé visiter le jardin botanique qui se trouvait à quelques rues de là ...

Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur ! Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !

LE PÁRISI UDVAR racheté par les Qataris pour un hôtel de luxe

Là ça n'a pas encore beaucoup changé : le Párisi udvar est toujours aussi beau, dans sa muette dignité de palais des Mille et une Nuits au Bois Dormant … Mais ça va, ça va puisque les Qataris l'ont racheté pour en faire un hôtel de luxe ! Adieu princes et princesses languides et neurasthéniques, bonjour veaux, vaches et cochons, engraissés au pétrole et au capitalisme le plus épais et le plus gras ! Affaire à suivre donc … tant que les cours ou le capitalisme ne s'effondrent pas !

Budapest ville du futur !
Repost 0
Published by Léo
commenter cet article
7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 22:55

Le rappel de quelques faits connus de tous :
- le hongrois fait partie des langues dites "agglutinantes" selon certains, "agglutinatives" selon d'autres. C'est-à-dire que sur un mot donné on peut en agglutiner, en "empiler" d'autres, ayant un sens propre ou pas (quelquefois ils servent seulement à indiquer la fonction du mot dans la phrase).
Quelques exemples :
1) "kéz" veut dire "main" ; "kézbesít" veut dire "remettre en mains" ; "kézbesítetlen" veut dire "en souffrance", mot à mot "sans remise en mains"
2) "fagy" (prononcer "fadj") veut dire "gel" et "fagylalttölcsér" (imprononçable de toutes façons) signifie "cornet", à glace probablement
3) "bör" (prononcer beueur, parce que pour l'écrire il faudrait deux traits longs normalement, et pas deux points courts, mais là je ne les ai pas, ce qui fait enrager Ma Douce) veut dire "peau" et "börviszketegség" ... "démangeaison" : convaincu-e ?
4) un dernier pour illustrer les suffixes : "születés", c'est la naissance et "születésnap" le jour de la naissance, soit l'anniversaire. OK ... assez normal jusque là. Là où ça devient intéressant, c'est quand on demande à quelqu'un ce qu'il veut pour son anniversaire : "Mit kérsz születésnapodra ?", od = ton, ra = pour, c'est pas compliqué quand même !

- la Hongrie actuelle, d'un point de vue géologique, est en grande partie un bassin de sédimentation, correspondant à la cuvette hydrologique du Danube

D'autres faits, moins connus :
- sur des vitrines de boutiques, sur des murs de salon, j'ai vu des cartes de la Grande Hongrie, celle d'avant le traité du Trianon, le 4 juin 1920
- quand j'ai demandé à Krisztina, la jeune femme à qui je donne des cours de français, de me citer 3 dates importantes pour elle, elle a répondu :
1) le 15 mars 1848, début du soulèvement contre la domination autrichienne
2) le 23 octobre 1956, début du soulèvement contre la domination soviétique
3) plus classiquement : son anniversaire
Je me suis demandé ce qu'aurait répondu une Française de 25 ans : aurait-elle parlé du 14 juillet 1789 ?
- à Budapest, pas mal de Hongrois sont contraints de vivre dans des appartements assez petits, mais hauts de plafond. Du coup, ils installent les lits à mi-hauteur sur des "galeries", ce que nous on appelle des mezzanines
- dans la cuisine hongroise, il existe plusieurs plats traditionnels, et très consommés, formés de couches empilées les unes sur les autres (cf le fameux "gâteau Gerbaud" !)

- quand tous les horaires de bus et de trams ont changé, un beau jour, on a pu lire pendant des semaines les anciens horaires à côté des nouveaux

- à l'hippodrome de Budapest (cf l'article intitulé"Un dimanche aux courses") les nouvelles tribunes voisinent avec les anciennes, qui avaient été construites quelques mètres en retrait

- un trousseau hongrois normalement constitué compte au minimum 6 ou 7 clefs

Alors ... convaincu(e)(s) ???

Repost 0
Published by Léo
commenter cet article
13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 22:13

Et maintenant le retour !

Le "concept" était de suivre autant que possible le cours du Danube, en remontant vers sa source, eh bien, croyez-moi, ça vaut le coup !

Nous sommes partis de Baja, charmante petite ville méridionale, située non loin de la frontière serbe, au confluent du Danube et de la Sugovica. Les habitués de ce blog doivent bien la connaître puisque plusieurs articles lui ont déjà été consacrés. Après des adieux émouvants à la maman de Ma Douce, nous avons pris la route qui longe plus ou moins le fleuve, appelé Duna en hongrois, jusqu'à Budapest. Là nous devions prendre en charge la soeur de Ma Douce, et aussi rencontrer quelques amis que nous n'avions pu voir jusque là. Après des adieux déchirants au papa de Ma Douce et aux amis, nous avons pris l'autoroute direction Vienne. Ah ! l'arrivée sur Vienne quand on vient de la Hongrie : une horreur ! C'est moche, bétonné, plein d'usines plus sales et effrayantes les unes que les autres, à se demander comment on a pu réunir autant de laideur dans un seul et même endroit ! Bref, il faut passer aussi vite que possible, et en fermant les yeux ! On a couché dans l'appartement d'une copine de la belle-soeur, dans le quartier des ambassades, pas loin du Belvédère. Eh bien, vous voulez que je vous dise ? Vienne aussi peut être assez moche et sinistre, quand on y fait un petit tour le soir ... même si, tout à la fin nous avons entrevu un grand château ...

Le lendemain nous avons déposé la belle soeur pas loin du centre et nous avons pris la direction de l'ouest. La sortie de ce côté est nettement plus jolie : après avoir dépassé le château de Schönbrunn on se retrouve presque aussitôt à la campagne ! Désireux d'avancer, nous avons à nouveau pris une autoroute jusqu'à Linz, où il pleuvait. Cela n'empêchait pas les habitants de faire la fête, une bonne grosse fête autrichienne, avec flonflons, baraques foraines, podiums géants et ... une multitude de secouristes ! Nous nous sommes promenés un peu au bord du fleuve qui s'appelait maintenant le ou la Donau, et nous en avons pris une photo :

024 Linz (17)

 

Puis nous sommes repartis par la petite route qui longeait le fleuve ...Nous sommes ainsi arrivés à Passau, une très belle ville située sur une presqu'île, entre Inn et Danube. Honnêtement, magré une météo toujours tristounette, ce fut mon coup de coeur ! Tant de belles choses à voir et à découvrir du côté de chaque fleuve ! Du médiéval, du Renaissance, du baroque : un vrai feu d'artifice ! Et puis cette réflexion un peu idiote : au confluent l'Inn est manifestement plus gros que le Danube, alors pourquoi est-ce le nom du plus petit qui a été conservé ?

 

026 Passau (18)

ça je crois bien que c'est l'Inn, en fait ...

 

Ensuite nous avons repris l'autoroute en direction de Regensburg (Ratisbonne !) mais nous en sommes bientôt ressortis parce qu'il était temps de se mettre en quête d'une gasthaus chaude et accueillante, coquette, et située juste au bord du Danube. Mais nous dûmes bientôt déchanter : il n'y en avait pas tant que ça, des gasthaus et nous avons été tout contents d'en trouver une à Wörth an der Donau, mais on se demande encore où était le Danube ! C'était pourtant bien chaud et accueillant : il y avait tant de monde que nous nous sommes assis à la même table qu'une mamie qui sirotait sa bière toute seulette. Elle a expliqué à Ma Douce (qui comprend assez bien l'allemand, grâce à sa parfaite éducation !) que son mari ne se sentait pas bien et qu'il était parti dans la chambre. Ainsi ce devait être le petit vieux qu'on avait croisé en arrivant et qui, en effet, n'avait pas l'air bien du tout ! Mais la mamie était tout sourire : ils s'arrêtaient régulièrement pendant leurs voyages entre l'Autriche et Hanovre, et elle ne tarissait pas d'éloges sur la cuisine, les chambres, le personnel ... qui était manifestement aux petits soins pour elle ! J'ai pensé à Judith que nous avions laissée à Innsbruck : avait-elle fait des connaissances ? s'était-elle allié les grâces d'un serveur ? d'une femme de chambre ? Ah, vieillesse, si tu savais ...

Le lendemain matin nous sommes allés directement au Walhalla, c'est le nom qu'on donne à un édifice fortement inspiré de l'Antique et qui contient des bustes de toutes les célébrités allemandes, ou peut-être devrait-on dire "germaniques", étant donné le côté légendaire et mythique du lieu. C'est grandiose, certes, mais personnellement ça me laisse un peu froid. Heureusement que de là-haut il y avait une très belle vue sur le Danube :

 

028 Walhalla (18)si vous connaissez le Danube à Budapest, vous voyez tout de suite la différence !

 

Puis il nous a bien fallu redescendre du "séjour des dieux et des héros" et nous avons pris une petite route qui nous a emmenés à travers une vaste forêt ... Nous avons gagné Regensburg qui était toute proche, et nous avons pris le temps d'en faire une visite : après avoir tourné un moment nous nous sommes garés dans le quartier juif, comme par hasard, et nous avons commencé par boire un café sur la belle place construite à l'emplacement du vieux ghetto. A Regensburg aussi il y en a des choses à voir ! Eglises, cathédrale, porte romaine, seul vestige d'une antique garnison, et un endroit tout à fait curieux et intéressant : l'ancienne maison de la gabelle (quand on voit sa taille, on comprend l'importance que revêtait le sel dans les anciens temps !) transformée en centre Unesco, vraiment un modèle de reconversion intelligente !

 

029 Regensburg (18)

Et puis bien sûr le Danube ... que nous continuons de remonter, je vous le rappelle !

 

Pour repartir c'est à nouveau une petite route qui nous emmène jusqu'à Kelheim, où se trouve un autre monument à la gloire de la nation germanique. Comme l'architecte du projet initial est mort en cours de route, c'est le même que celui du "Walhalla" qui a fini l'ouvrage : et franchement il ya comme un air de famille ! Mêmes références à "l'Antique" dans ce qu'il a de plus monumental, collection de célébrités qui cette fois ne sont plus des personnes mais des batailles ... toutes gagnées, bien sûr ! Et même si Ma Douce m'assure n'en avoir jamais entendu parler, je serais bien étonné qu'un gusse comme Hitler ne s'en soit pas servi un peu plus tard pour sa propre propagande !


030 Kelheim (55)

heureusement que là aussi il y a le Danube pour se calmer ...

 

Et puis le soir tombe, et c'est l'heure de la gasthaus ... Nous finissons, là aussi avec quelque difficulté, par en trouver une assez étrange dans un village appelé Hochsaft, où un Grec nous offre de la cuisine de son pays : Ma Douce se décide pour des brochettes et un tsatsiki ; quant à moi, prudent comme pas deux, je me contente d'une escalope viennoise et de frites !

Le lendemain direction Ulm où nous découvrons une cathédrale bien étrange : sur les murs par endroits sont regroupées des quantités de blasons, on dirait un peu comme un hall d'exposition ! Là aussi, comme à Linz, une belle alliance entre ancien et moderne, il est vrai que la ville a beaucoup souffert pendant la 2ème guerre. Nous nous promenons le long des remparts, croisons des canaux, découvrons un quartier de pêcheurs tout à fait agréable, admirons la synagogue ultra-moderne qui n'est pas finie d'être bâtie ...

 

032 Ulm (21)

en pleine ville d'Ulm, le Danube prend un de ces petits airs champêtres ...

 

De retour sur une route nationale, nous "ramons" derrière d'innombrables camions. Il paraît pourtant qu'ils paient une taxe en Allemagne, les routiers, ben croyez-moi, ça ne les empêche pas de se multiplier ! Nous nous échappons donc, comme nous aimons le faire et nous prenons donc une petite route qui suit la "haute vallée du Danube", ça tombe bien ! Est-ce que le beau nom de Sigmaringen évoque quelque chose pour vous ? Figurez-vous que c'est là qu'à la fin de la guerre, quand les carottes étaient archi-cuites que Pétain et sa suite ont trouvé asile, aux bons soins de leurs copains ! Et quand je dis "suite" il y avait quelques personnalités tout de même et parmi elles, un certain Céline ... Le château lui-même, où ils eurent leurs chambres d'hôtes, est plutôt moche mais l'endroit est assez mignon ...

 

035 Sigmaringen

 

Ensuite ce sont plutôt des gorges que traverse le Danube, signe que sa largeur va rétrécissant, et c'est dans un pays qui fait un peu penser à la Lozère que nous découvrons le monastère de Beuron, dernière perle rococo sur notre chemin !

Et puis c'est la chasse au Danube qui finit par nous occuper tout entiers : en effet il est bien indiqué sur la carte mais nous avons beau écarquiller les yeux nous n'en voyons pas souvent goutte, de ce beau Danube ! Et puis en suivant la ligne des arbres nous réalisons que notre route va bien tôt le croiser, vite préparer l'appareil photo, ouvrir la fenêtre, poser le doigt sur le déclencheur, être prêt au bon moment et :

 

038 Danube petite (3)

c'est bien lui, le Danube "bébé" ! le pauvre, s'il savait toute la route qui l'attend !

 

Nous renonçons à aller chercher "la" source qui, au delà du lieu aménagé pour les touristes (mais dont nous savons qu'il est fermé pour quelques mois : voir l'article sur le voyage aller), doit se trouver quelque part dans la forêt, et nous réalisons que nous venons de boucler la boucle puisque nous retrouvons bientôt la route que nous avons prise avec Judith et qui nous amène, dans l'autre sens, à Freiburg que, cette fois encore nous nous contentons de traverser.

Deux jours plus tard, après avoir dormi à Breisach, très joli lieu juste avant la frontière avec une belle vue ... sur le Rhin !, puis à Tonnerre où nous découvrons une très belle "fosse Dionne" véhiculant de nombreuses légendes, après avoir visité le chantier médiéval de Guédelon, nous arrivons chez nous à 18h37, pile poil pour un petit apéro ! Bien contents de ce périple, d'avoir rencontré de si beaux lieux et de si gentilles personnes, d'avoir découvert un peu de l'Autriche qui recèle encore beaucoup d'autres trésors, d'avoir oublié pour un temps la misère et la violence du monde dans lequel il nous faut bien vivre ... Tiens ... c'est pas l'heure du journal, au fait ?

Sziasztok !

Repost 0
17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 20:55

Sziasztok !

 

Eh oui ! nous l'avons refait ! aller et retour entre France et Hongrie avec notre petite C3, qui a parcouru pas moins de 4376 kilomètres pour cela, mais il est vrai que nous avons fait quelques détours !!!Et Ma Douce a fait 1400 photos ...

 

Prenons les choses dans l'ordre : le voyage aller tout d'abord ... de Paris au lac Balaton ...

Jour 1 : Paris ---> Saint Dié des Vosges

Nous sommes d'abord allés à Paris pour chercher Judith, une vieille amie de 88 ans, que nous devions déposer dans un hôtel près d'Innsbruck. Le matin, nous prenons la route plein Est et notre premier arrêt est pour une curieuse petite ville, Vitry le François. Elle fait partie de ce qu'on peut appeler les "villes idéales", conçues entièrement d'après une idée, en l'occurrence celle de François 1er. Ceci explique la présence de la salamandre dans le blason de la ville, ainsi que sa devise : "Nutrisco et extinguo". Après une petite visite dans la "cathédrale" nous repartons vers Nancy où nous nous arrêtons plus longuement, en particulier sur la fameuse place Stanislas. Le temps s'est levé, le soleil est un peu chaud et nous laisse le temps d'admirer fontaines, grilles et balustres qui sont comme un avant-goût de tout le baroque qui nous attend...

 

002-Nancy---5-.JPG

Une bien jolie place, c'est sûr ...


Mais un coup d'oeil ici et là nous fait découvrir que Nancy c'est aussi bien autre chose et que, probablement, nous y reviendrons pour compléter notre exploration de cette jolie ville. Nous continuons ensuite, toujours vers l'Est, jusqu'à Saint Dié des Vosges où nous avons réservé une chambre d'hôtel. Le soir, comme c'est mon anniversaire, j'ai droit à un restau sympa au bord de la Meurthe, avec cadeaux, gâteau et soufflement de bougie !

Jour 2 : Saint Dié des Vosges ---> Ravensburg (Allemagne)

Avant de repartir nous visitons Saint Dié, dont nous apprenons que c'est la patrie de Jules Ferry ! Nous allons au musée, très joli, puis à la cathédrale de grès rouge, dynamitée par les Allemands en 1944. Il faut aller voir l'église primitive romane qui se situe au fond, après avoir traversé un cloître gothique. En sortant nous découvrons un tilleul du 13ème siècle, miraculeux survivant de la folie des hommes ! Enfin, comme Judith et Ma Douce sont des groupies de Le Corbusier (auquel, à force, je commence à m'intéresser) nous faisons un détour par une usine de bonneterie qu'il a construite et qui fonctionne toujours : encore une miraculeuse survivante !

Nous traversons les Vosges par un tunnel de presque 8 kms de long mais à la sortie il nous est malheureusement impossible de visiter Sélestat, complètement bouclée pour cause de fête au village. Avec la météo qu'il fait, bon courage à nos amis Alsaciens ! Ensuite, c'est la frontière, presque indétectable, puis Freiburg puis la Forêt Noire (Schwarzwald) et ses pentes couvertes de sombres conifères. Nous arrivons à Donaueschingen où nous comptons bien nous émerveiller devant la source du Danube : une fois encore, la visite s'avère impossible à cause de travaux sur le site qui ont entraîné le bouclage de tout le périmètre !

004-Donaueschingen---2-.JPG

Cela commence à devenir frustrant !

 

Nous tournons donc nos roues vers le Bodensee (ou lac de Constance) et cette fois nous pouvons faire découvrir à Judith toute la splendeur baroque de l'église de Birnau que nous avons visitée l'été dernier. L'avantage avec le baroque, c'est qu'on peut difficilement s'en lasser étant donné tout ce qui nous est offert à voir !

005-Birnau---2-.JPG

  Ah ... la magie de Birnau ... !


Pour finir cette journée nous aurions bien aimé visiter un peu Ravensburg, petite ville fortifiée qui a l'air bien intéressante, mais impossible de trouver un endroit où se garer dans la vieille ville et avec les cordes qui tombent, Judith qui est un peu fatiguée ... nous préférons nous replier dans nos appartements ... qui s'avèrent situés dans une ancienne brasserie reconvertie en auberge. Il y a là sept femmes mûres et bruyantes, qui mangent et boivent en riant. Nous essayons donc d'en faire autant mais je ne vous dis pas nos mines effarées devant les assiettes qu'on dépose devant nous ! C'est proprement pan-ta-gru-é-lique !!! Jamais vu une telle quantité de nourriture servie en une seule fois ! Nous faisons de notre mieux pour finir nos rations mais nous devons bientôt admettre que nous n'avons pas l'estomac assez allemand. N'importe, les gens de l'auberge sont gentils et desservent ... avec un léger sourire !

Jour 3 : Ravensburg ---> Seefeld (Autriche)

Comme nous avons pas mal de visites au programme, et un certain chemin à parcourir jusqu'à l'hôtel de Judith, nous commençons par rouler du mieux que nous pouvons sur une route nationale allemande. Je dis cela car ce n'est pas si facile d'avancer sur une RN en Allemagne ! Limitations de vitesse, trafic assez soutenu ... sans parler des camions qui se traînent, quelle que soit la situation, à 70 kms/h au maximum ! Pourquoi ? Qu'on ne me dise pas que nos cousins Germains ne sont pas capables de construire des moteurs moins poussifs ! Alors ? Une limitation spéciale ? Une prudence exagérée ? La différence, en tout cas, est flagrante avec les camions en France qui, eux, roulent sans sourciller à 90, voire plus ! Bref nous roulons tant bien que mal jusqu'à Wies, première étape de cette troisième journée. Là nous découvrons une splendide église perdue au milieu des champs, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO (je sais, ça devient un peu banal, ce classement). Et c'est là que je découvre ... le rococo !

 

006-Wieskirche---5-.JPG

é-pous-tou-flant, qu'on vous dit !!!

 

J'ai déjà parlé beaucoup du baroque dans des articles précédents (cf les deux articles d'août 2013), illustrés de somptueuses photos. Alors là ... comment dire ? Le "rococo" ce serait comme une étape ultime du baroque délirant avant qu'il ne se retourne vers un néo-classicisme de meilleur aloi. Mais pas seulement ! Parce que dans le rococo on va aussi vers une légèreté, une "joliesse" qui n'a plus la pesanteur tragique du "vrai" baroque, si vous voyez ce que je veux dire. Bref, quand on dit "rococo" on pense à quelque chose de pas très beau, de vieillot, d'un peu "cheap", mais quand on entre à Wies on est littéralement époustouflé !!!

 

006-Wieskirche---7-.JPG

Dirait-on pas qu'elle triture une Stratocaster ?

 

Reprenant nos esprits, nous réintégrons notre modeste C3 et nous dirigeons vers les fameux châteaux de Louis II de Bavière, à savoir Hohenschwangau (assez moche vu d'en bas) et surtout Neuschwanstein, qui fait tellement penser à Walt Disney ! Nous ne les avons pas visités à vrai dire, prenant prétexte des difficultés de déplacement de Judith. Nous sommes sagement restés en bas, au bord du lac, en nous disant que ce serait fort bon d'y revenir en automne. Un monde, en effet ! Des centaines de touristes, et parmi eux des hordes d'Asiatiques, désolé je ne trouve pas d'autre mot pour les désigner ! J'ai même trouvé quelque part un magasin de souvenirs de luxe dont tout le personnel venait manifestement d'Extrême Orient ! Dépaysement garanti, je vous jure !

007-Neuschwanstein---17-.JPG

Pas la peine de grimper là-haut : vous en avez plein les boutiques !

 


Nous reprenons donc assez vite le chemin de Seefeld en passant par Füssen (qui aurait sûrement mérité qu'on s'y arrête) et le col de Fernpass, ce qui représente notre première incursion dans les Alpes autrichiennes. Nous voulons ménager notre monture et nous faisons le détour par Imst et l'autoroute qui mène à Innsbruck mais pour arriver à Seefeld il nous faut quand même gravir une pente à 13 % ! Nous arrivons enfin dans ce drôle d'endroit où chaque maison, chaque bâtiment semble abriter soit un hôtel, soit une gasthouse, soit une pension. Après quelques recherches nous trouvons enfin celui de Judith, avec cinq étoiles et spa intégré. Nous y dinons le soir, dans une ambiance pas trop guindée, et regagnons ensuite notre chambre d'hôtes, bien plus modeste.

Jour 4 : Innsbruck

Avant de poursuivre notre route "en amoureux" (juste Ma Douce et moi) nous passons une journée avec Judith pour découvrir Innsbruck et ses environs. Il faut redescendre de Seefeld ... par une pente à 16 %, qu'il nous faudra remonter le soir ! Nous commençons notre exploration par le château d'Ambras, magnifique construction Renaissance de Ferdinand II, située à quelques kilomètres de la ville. Le bâtiment est vraiment très beau et il renferme tout un tas de choses superbes et intéressantes : collection d'armes, cabinet de curiosités, fresques et peintures murales, et même un cabinet de bain fonctionnant comme un hammam ! Ajoutez à cela un parc immense et très bien aménagé (avec cascade, sentiers, ...) et vous comprendrez que nous y passions une bonne moitié de la journée !

009-Innsbruck-Ambras---63-.JPG

alors ça ... heu ... c'est une grande salle toute, toute décorée de partout ...


Ensuite c'est la découverte d'Innsbruck, que je n'imaginais pas si belle : mausolée de Maximilien 1er, immense catafalque de marbre noir environné de 28 statues de bronze noir plus grandes que nature, impressionnant !

010-Innsbruck---21-.JPG

and this is the mausolée ...

 

, maison au Toit d'Or, cathédrale (baroque, bien sûr !) avec une très fine madone de Cranach. Beaucoup de maisons médiévales ou baroques, on voit qu'Innsbruck fut très riche, et peut-être l'est-elle encore ? En tout cas les touristes japonais, chinois, coréens, que sais-je encore ? doivent bien alimenter ses caisses ... ce serait la moindre des choses ! Puis c'est la remontée vers Seefeld et un nouveau dîner cinq étoiles, avec un service très long et une nourriture presque insipide ... est-ce une politique générale de la restauration de luxe : plus on paie cher et moins ça a de goût, de peur de déplaire à un seul client ? Rien à voir avec la saine nourriture roborative de Ravensburg, en tout cas !

Jour 5 : Innsbruck ---> Liezen (Autriche)

Après avoir fait nos adieux à Judith nous prenons l'autoroute direction Salzburg. Volonté d'avancer vite, contrariée par une circulation en accordéon puis par de véritables embouteillages dès que nous approchons de la grand-ville. Nous décidons donc de nous évader de cette prison enfumée et de prendre des chemins de traverse. Et c'est tant mieux ! Nous nous retrouvons sur de hauts plateaux avec, au loin, le magnifique panorama des Alpes enneigées ! Après avoir traversé de mignons petits villages et une campagne verdoyante, nous arrivons au "pays des lacs" (Salzkammergut), très joli également mais beaucoup plus bondé : pas de doute, ici, le moindre mètre linéaire de rive lacustre doit rapporter ! Nous ne nous attardons pas et nous octroyons un petit détour par Bad Ischl, station thermale qui fut célèbre en son temps pour avoir servi de lieu de rencontre entre Sissi et François Joseph, son futur mari d'empereur. Petite ville sympathique mais un peu endormie sur ses lauriers, apparemment. Une brocante est en train d'être remballée et je m'arrête pour demander le prix d'une culotte tyrolienne en peau : 1000 euros ! Me suis-je mal exprimé ? S'est-on trompé dans les chiffres ? Je reste perplexe, même si la culotte est très belle ! Puis nouveau détour par Hallstadt, où les choses sont très mal organisées du point de vue stationnement. Dommage, d'après les guides c'est un haut-lieu de la préhistoire et un endroit très curieux, niché dans un creux de la montagne au bord d'un lac.

013-Hallstatt---2-.JPG

Mais pour que Ma Douce puisse en prendre une toute petite photo nous ne trouvons pour nous garer qu'une place "handicapés" et il faut que je me tienne prêt à me contorsionner en bavant à la moindre question soupçonneuse ! Puis nouvelle déviation, non choisie celle là, qui nous oblige à grimper une côte gravillonneuse à 23 % en pleine forêt ! Brisés d'émotion, nous nous endormons à Liezen ...

Jour 6 : Liezen ---> Balaton (Hongrie)

Le matin, nous commençons par visiter le monastère d'Admont, à quelques kilomètres de Liezen. Un grand choc à nouveau en découvrant l'exceptionnelle bibliothèque !!! Des milliers d'ouvrages du sol au plafond, 1400 manuscrits, 530 incunables, des statues et des plafonds baroques, des décors "rococo", de quoi vous couper le souffle en tombant le cul par terre !!! D'autres belles salles également, avec des expos quelquefois modernes ..

014-Admont---30-.JPG

 

 

Ce mélange d'ancien et de contemporain nous allons le retrouver à Graz, dans d'autres dimensions : au coeur de la vieille ville, au milieu des riches habitations de la fin du 19ème on a érigé un musée hypermoderne, pour ne pas dire futuriste, qui tient du zeppelin et du hérisson, et cela va très bien ! De même, au milieu de la rivière non loin de là a été bâti un café tout en tubulures et structures métalliques et ça marche très bien aussi ! Bravo à Graz donc pour ces audaces réussies !!!

016-Graz---15-.JPG

 

Nous entrons en Hongrie par Szentgotthárd, où nous sommes accueillis en fanfare parce qu'on y fête l'anniversaire de je ne sais plus quelle bataille avec les Turcs. Dans la belle lumière du soleil déclinant nous retrouvons nos chères collines du Balaton, anciens volcans devenus collines et nous arrivons à la maison vers 19 heures, tout juste l'heure pour boire ma première Dreher !!! Elle est pas belle, la vie ? 

 

018-S--meg---1-.JPG

on the road again ... (air bien connu) ...

Repost 0
28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 13:15

Szia szia !

 

J'espère que vous allez toutes et tous bien, depuis le temps ? Cette fois je voudrais juste écrire un petit article à propos d'un livre que je viens de finir et qui s'appelle : " Ce jour-là : 23 octobre 1956        Budapest "

Il a été écrit par Tibor Méray, et a paru chez Robert Laffont en 1966, soit seulement dix ans après les "événements" ...

 

Bon normalement le rapprochement Hongrie-1956 devrait vous dire quelque chose ... non ? C'est vrai que cela fait près de soixante ans et que les programmes d'Histoire sont traités si rapidement ... Alors un petit rappel pour celles et ceux qui ont beau chercher dans leur mémoire défaillante : le 23 octobre 1956 le peuple hongrois est entré en révolte contre l'occupation soviétique et le régime du parti unique et 13 jours plus tard, le 4 novembre, ce qui était devenu une révolution a été écrasé par les tanks de l'armée occupante .... ça y est ? 

 

Tout commence le 22 octobre par une réunion estudiantine qui regroupe 5000 personnes à l'Université : de revendications purement universitaires (tarif des transports, prix des manuels, ...) on passe assez vite à des demandes plus profondes, comme la longueur excessive des cours de marxisme, ou le désir d'étudier dans une langue autre que le russe. Puis, le soir, on parle de ce qui vient de se passer en Pologne : Gomulka, malgré l'encerclement de Varsovie par l'armée soviétique, a tenu bon et vient d'être élu premier secrétaire du Parti en affichant sa volonté de faire évoluer le pays vers une véritable démocratie. On parle aussi, bien sûr, du XXème congrès, qui a eu lieu huit mois plus tôt et au cours duquel Krouchtchev a révélé les crimes de Staline. Mais en Hongrie ? Malgré la récente éviction de Rákosi, rien ou si peu ... Alors il faut suivre l'exemple polonais, il faut faire revenir Imre Nagy, le Gomulka hongrois ! Il faut se souvenir de la révolution de 1848, et rédiger à nouveau "LES REVENDICATIONS DE LA NATION HONGROISE" !!!

 

Mais soudain je réalise que j'avais parlé d'un "petit article", et que je n'en suis même pas arrivé au commencement du début des "événements" ! Excusez-moi mais c'est si dur de résumer, d'aller vite quand chaque mot, chaque action, chaque minute de ces quelques journées comptent pour essayer de comprendre ! Il n'empêche, je vais faire un gros effort de (relative) brièveté, et pour les vraiment curieux, ils pourront toujours se reporter au livre de Méray ...qui est très bon !

 

Or donc, nous n'en sommes qu'au matin du 23 ... Toute la journée, "les Revendications" vont pleuvoir dru sur Budapest ! Elles tiennent en 14 points, et parmi eux : 4) "retrait de toutes les troupes soviétiques" (stationnées en Hongrie depuis 1947 pour "venir en aide à un pays ami") 9) "amnistie pour les condamnés politiques innocents" 12) "liberté totale d'opinion et de la presse" 14) "solidarité totale des uns envers les autres" (pp 55-56 du livre). Une analyse serrée des 14 points se trouve dans le livre de Méray aux pages 55 à 100. Le titre du chapitre ? "Anatomie d'une dictature" ...

 

Interdiction de manifester, mais manifestation, alors levée de l'interdiction ... la valse-hésitation commence ... elle durera jusqu'à la fin, hésitant sans cesse entre tolérance et répression, pour finir le 4 novembre par un brusque arrêt sur ce deuxième pas ...

 

Un 1er rendez-vous a lieu place Petöfi, poète national et âme de la révolution de 1848. Il est trois heures de l'après-midi et près de dix mille personnes sont là.

Le deuxième un peu plus tard devant la statue du général Bem, héros polonais venu prêter main forte aux Hongrois dans leur lutte contre les Habsbourg et le Tsar en 1848-1849.

Il est 17 heures et ils sont plusieurs dizaines de milliers. On découpe l'emblème soviétique qui figure au milieu du drapeau hongrois, on chante l'Internationale et la Marseillaise ...

buda231008-003.jpg

oh oh ... on dirait bien qu'il y avait quelque chose, là, au milieu ...


Comme on est devenu trop nombreux, on retraverse le Danube pour la grande place Kossuth Lajos, juste devant le Parlement. La foule réclame le retour de Nagy Imre et attend, en grossissant : il y a bientôt plus de deux cent mille personnes rassemblées. Et après diverses tergiversations (toujours la valse-hésitation des dirigeants qui savent de moins en moins sur quel pied danser, allant jusqu'à éteindre puis rallumer les lumières de la place !)) Nagy Imre peut enfin parler au balcon du Parlement ! Et là grosse déception : il commence son discours par Elvtársak ! c'est à dire "Camarades", appellation certes prudente (bien des oreilles sont à l'écoute) mais ô combien mal perçue en ce soir du 23 octobre ! Et puis il appelle au calme, à la discipline, à l'ordre, au retour chez soi, tranquille, il est encore temps de dîner ... Heureusement à la fin il entonne l'hymne national au lieu de l'Internationale, ce qui réchauffe un peu les coeurs. Et puis les gens quittent lentement la place, commencent à se regrouper autour des stations de tramways ... quand d'autres arrivent, criant des mots qu'on finit par comprendre : "on se bat à la Radio !!!"

Et c'est effectivement à la maison de la Radio que les premiers morts tombent, en ce soir du 23 octobre. Des gens y sont venus pour que les "14 points" soient diffusés sur les ondes nationales, d'autres y ont massé des troupes, et en particulier des AVO (abréviation de Államvédelmi Osztály, Section de la Défense d'État, la police politique), pour défendre cet endroit stratégique ; à 20 h, Gerö a prononcé un discours (retransmis à la radio, bien sûr !) dans lequel il assimile les manifestants à "des ennemis du peuple, des menteurs calomniant honteusement la glorieuse Union soviétique, des nationalistes essayant de semer le poison du chauvinisme", mais rien n'y fera, rien ne changera, notre parti continuera sa route vers une démocratie socialiste, circulez, y a rien à voir ! C'est évidemment ressenti comme une vraie provocation par tous ceux qui attendent depuis des années que les chefs du parti prennent un peu en compte la dureté de la vie quotidienne. Beaucoup d'ailleurs, et même une très grande majorité selon Méray, ne remettent pas en cause le socialisme en tant que tel mais ils veulent désormais, ici et maintenant, se libérer de "l'amitié" soviétique et reprendre en mains les rênes de leur propre pays.

Qui a tiré le premier ? D'où viennent les armes des assaillants ? Qui étaient-ils, ceux qui ont donné l'assaut de minuit jusqu'au matin ? S'agit-il d'une révolution populaire spontanée ou bien d'une contre-révolution "fascisante" minutieusement préparée, comme s'acharneront à le démontrer les responsables au pouvoir dans les années qui suivront ? Questions capitales auxquelles Méray consacre de longues analyses minutieuses (pp 148-164) que je ne reprendrai pas ici. A neuf heures du matin, les défenseurs, lâchés par le pouvoir, capitulent. Gerö a-t-il espéré un bain de sang justifiant l'intervention de l'armée soviétique ? "Messieurs, vous êtes libres !", voilà comment le chef des insurgés s'adresse à ceux qu'il vient de combattre ...

Mais pendant ce temps ... d'autres ne restent pas inactifs non plus ! Parmi les "14 points" l'un d'entre eux peut être réalisé sans tarder, c'est le numéro 13 : "Symbole de la tyrannie et du despotisme, la statue de Staline doit être ôtée sans délai." A 22 heures environ, il ne reste plus du colosse de bronze que ses deux bottes, posées sur un socle où on peut lire : "AU GRAND STALINE, LE PEUPLE HONGROIS RECONNAISSANT".

 

bottesstaline02.jpg

mais l'inscription sur le socle semble avoir disparu !

 

Et Kassák Lajos, un des plus grands poètes vivants, écrit Le Dictateur, premier poème de ce 23 octobre qui se termine ainsi :              

                          Voici que se fend en deux le ciel noir

                          Voici que perce le germe

                          Du grain nouveau.

 

Et à deux heures du matin, un grand bruit de ferraille se fait entendre dans les rues de Budapest : les tanks russes commencent leur première intervention ...D'où viennent-ils ? Pas seulement de Hongrie où ils étaient stationnés, s'il faut en croire les enquêtes qui eurent lieu ensuite. Qui les a appelés ? Probablement personne en particulier, même si leur intervention a été envisagée avant même le début de la révolution. Après la Pologne, l'URSS ne pouvait sans doute pas (se) permettre de laisser un autre pays "ami" glisser vers un socialisme de moins en moins orthodoxe ... Mais du coup, la question hongroise devient internationale et va bientôt représenter un sujet important pour les médias occidentaux, comme pour l'Assemblée générale des Nations Unies.

Du 24 au 29 octobre, c'est la période des "six jours de Vide" où plus personne ne dirige vraiment, où la grève générale se poursuit, où le face à face entre insurgés et troupes soviétiques tourne quelquefois à l'affrontement, d'autres fois, plus rares, à la fraternisation. Au soir du 29 on annonce le début du retrait des troupes, qui ne saurait tarder, et à minuit le Conseil de Sécurité de l'ONU écarte la question hongroise pour donner la priorité au canal de Suez ...

Les 30 et 31 octobre, c'est presque l'euphorie : Nagy Imre proclame l'abolition du système du parti unique, le gouvernement soviétique admet le retrait éventuel de ses troupes ... pour bientôt ... Mais dans la nuit du 31 au 1er novembre, c'est un revirement complet qui s'opère, pour différentes raisons dont la moindre, selon Méray, n'est pas l'intervention du gouvernement chinois ! Et à nouveau des bruits circulent sur des mouvements de troupes à partir des frontières vers l'intérieur du pays. Pourtant la vie semble vouloir encore retrouver son cours normal, le travail ne va pas tarder à reprendre, des comités sont désignés, des lois nouvelles sont élaborées ... Le 1er novembre à midi, le président Eisenhower déclare "Un jour nouveau se lève en Europe orientale ..." A 18h Nagy Imre fait savoir à l'ambassadeur soviétique que la Hongrie dénonce le pacte de Varsovie, et proclame la neutralité du pays, en s'adressant aux Nations Unies pour la sauvegarder. Pourtant les bruits continuent de circuler ... et les négociations sur le retrait de se poursuivre ... Le 3 novembre à 21h45 les plus hauts responsables militaires hongrois sont reçus avec tous les honneurs par les généraux soviétiques du GQG, l'ambiance est presque chaleureuse ... Á la même heure, en raison de l'incertitude sur la situation réelle, le Conseil de Sécurité décide de remettre au lundi matin, 10h30, l'examen du problème hongrois ...

C'est donc le dimanche 4 novembre, un peu avant 3 heures du matin, que la population de Budapest est réveillée par "un pilonnement d'artillerie intense et ininterrompu" (page 311). Nagy Imre demande aux responsables militaires de rejoindre leurs postes mais l'appel reste sans réponse pour la simple et bonne raison que ceux-ci ont été enfermés dans la cave du GQG, avant leur transfert en territoire soviétique ! Des combats acharnés ont lieu partout, contre les chars T-X 34, les plus modernes de l'époque, dont les occupants sont le plus souvent des Kirghiz, ignorant même où ils se trouvent ! L'Occident proteste, des milliers de politiques, de savants, d'artistes, d'intellectuels ... Mon meilleur ami se souvient que son père écoutait la radio en pleurant ... Récemment encore, une voisine, rencontrée par hasard dans une fête de quartier, m'affirmait que, quoi qu'elle fût très jeune à l'époque (un zeste de coquetterie, sans doute !), elle avait toujours dans l'oreille le bruit du canon retransmis par les ondes ...

Le 14 novembre Eisenhower fait une nouvelle déclaration selon laquelle " les États-Unis n'ont jamais encouragé et n'encourageront pas les révoltes ouvertes de populations sans défense contre des forces supérieures " ! Pourtant, malgré le silence forcé de Nagy Imre et ses amis, réfugiés à l'ambassade yougoslave, malgré le couvre-feu, malgré les bombardements et les déportations en masse vers l'Ukraine, la résistance se poursuit et s'organise, en particulier au sein des Conseils Ouvriers. Ceux-ci seront dissous le 9 décembre et la plupart de leurs chefs arrêtés et condamnés à de lourdes peines.

Le nouveau chef de gouvernement, et pour longtemps, se nomme Kádár János (à qui Méray consacre plusieurs pages, 307-311, et qui, en effet, les "mérite" !) et il semble d'abord vouloir temporiser, s'affirmant (à l'oral puis par écrit) prêt à s'entendre avec Nagy Imre. Celui-ci n'a donc plus de véritable raison de rester dans son asile. Le 23 novembre, à 18h30, il quitte l'ambassade yougoslave accompagné de sa famille et de ses amis. Tous montent dans un autocar qui est déjà en marche pour les ramener chez eux lorsqu'un officier du M.V.D. saute à l'intérieur et le détourne vers le GQG soviétique où il disparaît. Ailleurs les arrestations se multiplient et les Pobiéda noires de la police politique sillonnent la ville, de nuit, pour ramasser de nouvelles victimes. Les premières pendaisons sont annoncées. Alors commence un exode massif : le 30 novembre le nombre de réfugiés dépasse les 100 000 en Autriche ; au mois de février ils sont encore 70 000, et encore autant dispersés un peu dans tous les pays, le nombre de 8 000 en France est avancé par Méray. Mais dès janvier 1957 les Soviétiques rétablissent un véritable "rideau de fer" rendant toute évasion impossible. Le 15 du mois, visite à Budapest de M. Tchou En-Laï, premier ministre chinois ; 4 jours plus tard, des milliers de personnes sont arrêtées au cours de la même nuit, la terreur s'installe ...

Dans la nuit du 16 au 17 juin la radio annonce la nouvelle de l'exécution de Nagy Imre et de quelques compagnons ...

L'Occident proteste ... Le silence et la peur sont rétablis ... La restauration est accomplie ...et pour longtemps !

 

statuesoc10.jpg

ROMPEZ !!!

 

Alors ? Pourquoi le besoin d'écrire cet article ? et de vous l'écrire à vous ? Je sais bien qu'a priori on ne lit pas un "blog de voyage" pour encaisser une leçon d'histoire ! Mais je sais aussi à quel point la Hongrie est mal connue et, peut-être, mal aimée. Moi-même, qui me considère la plupart du temps comme un "véritable" homme de gauche (pour les "non-véritables", suivez mon regard), j'ai parfois du mal à supporter l'anticommunisme presque viscéral qui s'exprime dans certains témoignages. Et j'essaie de le comprendre ... comme on cherche à comprendre une ombre sur un visage aimé ?

 

Sziasztok !!!

 

Repost 0
22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 10:13

Un tout petit "szia" ce matin ... il ne fait pas beau ... la statue d'Eugène Sue est toujours à la même place ... et il y a toujours 1400 kilomètres entre nous et la Hongrie ...

 

Oh je sais, il suffit d'un tout petit effort de mémoire pour s'y retrouver ... pour retourner à Vörösmarty, à Deák, à Ferenciek ... pour revoir les ami(e)s au bord du Balaton ...nous asseoir à nouveau à une terrasse au bord de la Sugovica, ou bien en face de la grande synagogue, avec ce bon József, et boire des bières (une Dreher pour moi, kérek szépen !) en discutant tant bien que mal Histoire et Politique, et à la fin compter les anneaux de mousse dans nos verres : 8 ou 9 pour moi, 3 ou 4 pour lui, qui a vraiment une descente de Hongrois ! ... goûter le coucher de soleil sur la puszta, en route vers le soir de Debrecen ... découvrir enfin le nouvel appartement de Hanga, perché tout là-haut sur les toits de l'ancien quartier juif ... prendre le tram ou le métro, descendre à Déli, et retrouver le petit nid de Városmajor ...monter des escaliers hongrois, frapper à des portes hongroises, entendre le bruit de clefs hongroises dans des serrures hongroises, dire "szia" ou "jó napot" et sourire, regarder par des fenêtres hongroises dans des rues hongroises où des Hongrois et des Hongroises se débrouillent comme ils peuvent avec la vie en Hongrie ...aller aux bains Lukács et lire Le Monde en trempant dans l'eau soufrée ...savourer l'odeur du Danube, qui n'est pas bleu lui non plus, loin de là ... glisser un oeil curieux dans la pénombre d'un sörözö ... arpenter les collines de Buda, et sentir les mollets durcir ... se promener au Normafa, se gorger du panorama sur la ville et puis manger une bonne soupe bien chaude ...parler politique avec certains, en sachant pertinemment que cela n'y changera rien, n'en pas parler avec d'autres, tout en n'en pensant pas moins, les uns et les autres ! ...

Szia Magyarország, szia, viszontlátásra !!!

 

parcstatues02.jpg

Repost 0

Présentation

  • : Le blog de Léo
  • Le blog de Léo
  • : Choses vues, ressenties, rencontres, photos prises pendant mon séjour à Budapest, en Hongrie.
  • Contact

Recherche