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2 septembre 2018 7 02 /09 /septembre /2018 21:04

Voilà pour les visuels ! France - Luxembourg - Allemagne - Tchéquie - Autriche et Hongrie ! Environ 2000 kilomètres en 6 jours ... Et encore on n'a pas visité tout ce qui était prévu sur la carte : la prochaine fois peut-être ?

Moi je vous donne rendez-vous dans pas trop longtemps pour quelques considérations et photos sur :

- Baja la chérie

- le lac Balaton et son arrière-pays

- Budapest la belle

- Veszprém la jolie

- et bien sûr pour vous faire partager notre voyage de retour, ok ?

En attendant, sziasztok !!!

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 23:37

Avant de nous plonger dans l'antiquité romaine, nous passons rapidement par la petite ville de Hainburg, situé elle aussi au bord du Danube. N'oubliez pas que nous sommes à un endroit tout à fait particulier, aux confins de l'Autriche, de la Slovaquie et de la Hongrie. Nul doute que ce "verrou" a dû revêtir une importance stratégique à toutes les époques, même quand ces pays-là n'existaient pas, ce qui expliquera bientôt la présence d'une garnison romaine aussi importante. Remparts, portes médiévales, ruines d'un château, la ville semble intéressante et, comme souvent, nous nous disons que cela pourrait être bien d'y revenir ...

un bol d'air danubien pour chasser les miasmes d'une nuit trop courte ...

Sur la route de Carnuntum, nous découvrons Deutsch Altenburg, un curieux endroit où une jolie chapelle romane voisine avec une église tout ce qu'il y a de gothique :

 

Mais il est temps de plonger ! Nous commençons par visiter un musée, dit de "Carnuntinum", ce qui ressemble à un diminutif de l'autre. En fait nous comprenons assez vite qu'il s'agit d'une "chambre du trésor" de Carnuntum, dans laquelle sont exposées les plus belles pièces découvertes sur le site.

entrez, cher visiteur, l'Antiquité vous attend !

Un curieux mélange, ce musée ... un côté vieillot, le bâtiment lui-même date de 1904, du temps de François-Joseph, et un côté super-moderne, nouvelles technologies et tout le toutim ...

voilà ce que je qualifierais de "vieillot" ...

mais bien sûr les zoutils numériks étaient aussi mis à contribution ...

Une visite bien sympa dans l'ensemble, d'autant que nous étions seuls dans ce musée et que nous y fûmes fort bien accueillis ! Allez, une dernière petite image avant de partir ...

c'est tout mignon, non ?

Mais il est temps de vous emmener au parc archéologique de Carnuntum ... Il faut quand même savoir, sans verser dans l'exposé historique, que l'endroit eut une importance considérable il y a environ 2000 ans : capitale de la Pannonia sous Trajan, le nombre de ses habitants atteignit 60 000 un peu plus tard et c'est là que Septime Sévère fut proclamé empereur en 193. C'est également à Carnuntum qu'eut lieu, en 308, la Conférence impériale réunissant Dioclétien, Maximien et Valerius afin de remettre un peu d'ordre dans l'empire romain.

Quand on entre dans le bâtiment ultra-moderne du parc, on est d'abord un peu dérouté par un parcours fléché au long duquel on trouve moult innovations technologiques ...

ce mur d'images présente Carnuntum telle qu'elle fut à ses plus belles heures ...

Et puis l'on ressort pour découvrir une immense maquette du site, qui donne une petite idée de l'ampleur qu'il a pu prendre au long du Danube ...

un amphithéâtre de 8 000 places, quand même !

Et puis l'on commence à explorer les maisons qui ont été parfaitement reconstituées, et ce dans leurs moindres détails ! Quel boulot fantastique ! L'amie prof de latin n'en croyait pas ses yeux ! Quel bonheur d'emmener une classe pour une telle visite, se disait-elle, et quel dommage qu'un site pareil n'existe pas en France !!!

Nous avons donc déambulé dans les diverses pièces d'une villa romaine :

A tout seigneur tout honneur ...

Les trois bains différents des thermes romains avaient été intégrés dans une des villas, probablement la plus riche. Nous sommes donc passés du "frigidarium" au "tepidarium" avant de suffoquer dans le "caldarium"... On était tout contents !

Et voici une salle à manger romaine. Bon, on n'est pas chez les pauvres, non plus ! Les Romains mangeaient donc allongés sur ces espèces de banquettes, ils n'avaient pas trop de problèmes de digestion ?

En tout cas, ils faisaient caca, eux aussi ! Mais de manière collective, à la bonne franquette, quoi ! C'est drôle comme c'est devenu l'affaire la plus privée du monde ...

Une pièce importante également : celle où le maître de maison (je n'ai pas entendu parler de "maîtresse") recevait ses clients, réglait des litiges, traitait ses affaires. Il faudra que je redemande à notre amie comment ça s'appelle exactement ...

Dans les moindres détails, vous disais-je ! Dans cette cuisine romaine, seuls les fruits et légumes ne sont pas antiques !

Une découverte fantastique ! Où l'on s'aperçoit que les Romains jouaient aux fléchettes allongés par terre !!! Ah là là ... Trop forts, ces Romains !

Un clin d'oeil pour finir : le graffito (reconstitué lui aussi !) qui figure à droite de la porte fait une blague sur un rétiaire amateur de "poupées nocturnes" ... Trop chauds, ces Romains !

Nous sommes restés environ deux heures dans ce parc et nul doute que nous aurions pu y passer la journée. Un endroit vraiment exceptionnel, à ne pas manquer si vous allez à Vienne, qui n'est qu'à vingt ou trente kilomètres. Et personnellement qui m'a réconcilié un peu avec les Romains dont je n'ai jamais trop apprécié l'art officiel, trop lourd, trop massif à mon goût, sans parler de leur impérialisme sans mesure. Mais là de découvrir, de toucher leur vie quotidienne, c'est sûr qu'ils deviennent plus proches ...

Et croyez-vous que notre journée était finie ! Que nenni ! Il nous restait encore plus de 300 kms pour atteindre Baja, au sud de la Hongrie, où nous devions participer à la grande fête de la soupe au poisson !!

On s'est pourtant octroyé une petite halte à Győr, ville du nord-ouest que nous aimons bien (cf bien plus tôt sur ce blog l'article "Escapade à Győr"). Il y faisait à nouveau très chaud et nous sommes allés d'ombre en ombre, en serpentant à travers tous les travaux qui éventraient les rues ...

là vous devinez l'ombre ... et les travaux !

Et puis 300 kilomètres d'autoroute que nous avons faits d'une traite, sans même nous arrêter pour faire pipi ! Une observation d'ailleurs à ce sujet : en Autriche et en Hongrie il faut acheter une vignette qui vous permet de rouler sur toutes les autoroutes du pays pour un temps donné (1 semaine, 1 mois, ...), en Allemagne les autoroutes sont carrément gratuites, mais en France et en Italie il vous faut payer par tronçons dont on se demande bien parfois qui a calculé le coût ! C'est ça l'Europe ?

Nous sommes arrivés à Baja vers 18h, juste à temps pour l'allumage des chaudrons sur la place principale :

chaque famille, chaque groupe d'amis a "son" chaudron, dans lequel il/elle fait cuire "sa" soupe ...

Eh bien je ne vous dis pas ! Débarquer là-dedans, la foule, la chaleur, le bruit, la fumée au bout d'un voyage de plus de 2000 kms (rien qu'en voiture, je ne compte pas les kms à pied des visites, balades, musées,...), qui a duré 6 jours, il y a de quoi tomber face contre le pavé !

Mais Ma Douce non, fraîche comme une rose, ravigotée par le bon air de sa ville natale, elle était en pleine forme ! L'amie et moi, un peu moins ...

Et encore, ce n'était pas fini ! Le soir, après une bonne assiette de "halászlé" (soupe à la carpe et au poisson-chat : gare aux arêtes !), il nous a fallu assister à un concert de reprises des Beatles, qui n'étaient pas si mauvaises d'ailleurs. Puis marcher encore 2 ou 3 kms dans la foule d'un grand marché artisanal, puis assister au feu d'artifice tiré sur les bords de la Sugovica (et en plus, je n'y avais même pas pensé mais c'était mon 14 juillet à moi !), puis ... puis ... puis dormir enfin ? non, c'est pas possible !!! Si ...

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 21:54

Nous nous réveillons assez tôt en ce vendredi 13 juillet : même si nous avons sacrifié l'étape à Vienne (pour admirer quelques trésors de l'Art Nouveau) le programme reste chargé !

Nous commençons par une petite balade dans České Budějovice, et bien nous en prend. Presque à la sortie de l'hôtel nous remarquons une église ouverte et nous y entrons, sans rien demander à personne. En fait des hommes sont en train d'installer dans la nef des bancs restaurés et nous profitons de l'occasion pour une visite en bonne et due forme ... Beaucoup de peintures murales, dans le cloître en particulier :

est-ce que vous voyez bien la Vierge qui protège tous les petits n'enfants ?

Beaucoup d'arcades dans cette ville, non seulement autour de la place principale, comme en Italie, mais aussi le long des rues principales et ce n'est pas dommage parce qu'il commence déjà à faire très chaud ...

un petit air de certaines villes d'Italie du nord qui, après tout, n'est pas si loin ...

Après avoir acheté quelques Budweiser dans une supérette locale, histoire de faire des cadeaux à notre arrivée, nous reprenons la route vers le sud et sortons bientôt de Tchéquie. Avant d'arriver à Vienne, que nous sommes de toutes façons obligés de traverser, nous faisons une halte au bord du Danube pour pique-niquer puis une autre pour découvrir le monastère de Klosterneuburg, situé non loin de la capitale autrichienne.

L'abbaye a été fondée en 1134 mais, comme souvent, une grande partie en a été reconstruite aux XVIIIème et XIXème siècles. Donc beaucoup de baroque et de néo-machin, gothique principalement :

du baroque donc ...

beaucoup de baroque ...

et aussi du gothique ... mais pas mal de néo ...

Ce ne fut donc pas une halte inoubliable, d'autant que le billet d'entrée (9 euros) ne nous donna droit qu'à une visite très partielle. La photo intérieure de l'abbaye, par exemple, celle du milieu ci-dessus, a dû être prise à travers une grille qui nous en interdisait l'accès ...  Nous avons pu cependant visiter la salle du trésor, où nous avons découvert quelques merveilles ... en particulier un pluvial (à l'origine manteau destiné à protéger de la pluie, qui est devenu synonyme de "chape") très "Art Nouveau" :

une alliance de l'objet et du style assez surprenante !

En reprenant la voiture nous nous apercevons assez vite qu'en fait nous étions déjà dans la grande banlieue de Vienne ... Au lieu de la session "Art Nouveau" initialement projetée, qui nous aurait pris au moins une journée supplémentaire, et puisque décidément Ma Douce ne peut pas passer par Vienne sans s'arrêter quelque part, elle nous propose, à l'amie prof et à moi, une rapide découverte d'un bâtiment tout à fait étonnant, la KunstHaus construite par un architecte tout à fait délirant, Friedrich Stowasser, plus connu sous le nom d'Hundertwasser.

une vue de la façade côté rue ...

Pour écrire cet article j'ai consulté l'article de Wikipédia consacré à ce monsieur, et on peut dire qu'il a eu une vie aussi riche et mouvementée que son architecture ! Pionnier de l'écologie, il acquiert dans les années 70 372 ha de terres en Nouvelle Zélande où il expérimente des techniques qui deviennent seulement d'actualité : capteurs solaires, filtration par les plantes, toits plantés ... Avant de le quitter laissons-lui la parole : "Il est dit dans la Bible : "remplissez la terre et dominez-la". L'homme moderne a détourné cette pensée et assassiné la terre.C'est à nous maintenant de nous soumettre à la nature, ce qui doit être compris de façon à la fois symbolique et pratique." (1991)

Le contraste est d'autant plus grand avec la suite immédiate du voyage puisque le GPS, pour nous éviter les embouteillages qui s'accumulent du côté de l'aéroport, entreprend de nous faire traverser une zone industrielle digne d'une dystopie hollywoodienne ! C'est grand comme une ville, c'est plein de tours et de tuyaux, c'est laid à en mourir, et ça s'appelle Schwechat. Il y a même un gazomètre qui a été transformé en immeuble d'habitation !

Bien étouffant tout cela et nous sommes bien contents de retrouver un coin de nature du côté de Carnuntum ...

rarement une ruine m'aura paru aussi reposante ...

Ah Carnuntum ! Peut-être l'acmé de ce voyage, en particulier pour l'amie, prof de latin-grec, je vous le rappelle. Mais pour nous aussi, qui ne connaissions pas ce lieu, et qui ne nous attendions certes pas à une telle découverte !

Cela a commencé modestement avec l'arc ci-dessus, perdu dans la campagne déserte d'un soir ... Cela s'est poursuivi laborieusement avec la recherche d'un restaurant ... Dans le premier, à la terrasse bondée, le serveur solitaire eut à peine le temps de nous jeter un coup d’œil affolé ... Nous avons donc pris le temps de faire le tour d'une chapelle avoisinante, bien jolie mais un peu délabrée :

Après avoir mangé, correctement ma foi, dans ce qu'on pourrait appeler sans mépris un "bouiboui autrichien" nous nous sommes dirigés vers le motel où nous avions réussi in extremis à louer une chambre par internet. En effet c'était la première fois (et la dernière heureusement !) que nous n'avions pas réservé à l'avance, à cause des incertitudes pesant sur cette partie de notre périple ... Au bord de la route nous avons découvert ceci :

Nous devions l'apprendre le lendemain, il s'agissait en fait d'un petit amphithéâtre destiné au divertissement des militaires, et dont l'entrée était payante ... Nous y pénétrâmes sans nous poser de questions, et nous y errâmes un moment, seuls, dans la belle lumière du soleil couchant ... Moment de magie ...

Le choc fut d'autant plus rude en découvrant (avec difficulté) le motel qui nous attendait. Un bâtiment complètement impersonnel, une espèce de hangar à dormir situé juste au bord d'une route (normal pour un motel, me direz-vous) qui menait à Bratislava des véhicules innombrables ... C'est un des dilemmes de ce genre de voyage : ou bien vous réservez à l'avance votre séjour, et vous avez le temps de choisir, de lire les avis d'utilisateurs, etc, mais dans ce cas il vous faut obligatoirement arriver à une heure correcte pour être reçus ou bien vous vous fiez à votre bonne étoile et vous commencez à chercher un logis vers 19 h, vous êtes donc plus libre mais c'est "advienne que pourra". C'est le plus souvent ce qu'on avait fait avec Ma Douce dans nos voyages précédents et les mauvaises surprises avaient été rarissimes. Mais là ce fut vraiment la cata ! Le bruit de la circulation quasi incessante, la chaleur sans clim : que faire ? laisser la fenêtre ouverte aux vrombissements mécaniques ou la fermer et baigner dans notre jus toute la nuit ? Par pure charité chrétienne vous n'aurez aucune photo de cet endroit mortel que nous préférons oublier !

 

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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 22:42

Ah quelle bonne nuit nous avons passée, dans ce charmant hôtel non loin du Danube ! Et, cerise sur le gâteau, celui-ci était situé tout près d'un endroit assez étonnant et que tout bon Allemand, j'imagine, se doit de connaître : le Walhalla !

A l'origine, vous le savez peut-être, ce nom désigne dans la mythologie nordique le paradis d'Odin où vont les guerriers morts et valeureux. Louis 1er de Bavière l'a repris vers 1830 pour qualifier le temple néo-dorique qu'il a fait édifier pour abriter les bustes de celles et ceux (mais surtout ceux) qui ont participé à la grandeur de la civilisation allemande. Le voici tel qu'on le découvre au sortir du petit chemin forestier qui y mène :

un vrai Parthénon ... surplombant le Danube !

où l'on devine, entre deux colonnes, la vallée du Danube ...

Parthénon à l'extérieur, certes, puisqu'il a été bâti sur le modèle de ce temple grec, histoire peut-être de démontrer l'immémorialité (ça se dit ça ?) de la culture germanique ? Mais aussi panthéon à l'intérieur, étant donné le foisonnement de héros qu'on y trouve :

quelle mise en scène de la grandeur germanique !

Strauss, Wagner, Kant, Gutenberg, tous les grands classiques sont là depuis 1847 mais s'y sont adjoints quelques petits nouveaux comme Adenauer en 1999, Einstein en 1990 ou encore Brahms en ... 2000 ! N'oublions pas non plus quelques représentantes de la gent féminine : à côté de Marie-Thérèse et de Catherine II on trouve aujourd'hui les bustes de Sophie Scholl (depuis 2003) et d'Edith Stein (depuis 2008). Wikipedia parle d'un total de 129 personnalités représentées mais peut-être d'autres se sont-elles ajoutées depuis la rédaction de l'article ? En tout cas, en se serrant un peu, il reste encore de la place ...

Nous réintégrons notre fidèle coursier, direction la Tchéquie ! Nous traversons un bout de Bavière et encore une fois, devant la multiplicité des pistes cyclables et des panneaux solaires, nous nous disons que la France a un wagon de retard !

Comme nous ne disposons que d'un guide "Europe", l'itinéraire s'avère un peu compliqué ... malgré l'omniprésence d'un GPS. Celui-ci nous indique une route aboutissant à un bac pour traverser un lac, route qui n'est aucunement signalée sur le guide ! Que faire ? Que choisir entre la confiance aveugle dans la technologie moderne et le recours aux bonnes vieilles méthodes ? Est-ce parce que nous ne sommes déjà plus tout jeunes, nous choisissons la deuxième solution ... Mais c'est long, beaucoup plus long que prévu ... Et nous nous interrogeons sur la suite du parcours ...

Après avoir un peu tergiversé nous décidons de maintenir la visite de Český Krumlov, petite ville de Bohême où nous arrivons vers 16h. Et voilà ce que nous découvrons en sortant du parking :

impressionnant, pas vrai ?

Nous réaliserons à la fin de notre visite qu'il s'agit en fait d'une galerie (double s'il faut en croire l'étagement des fenêtres tout en haut) qui part du château pour aller vers un parc ...

Beaucoup de monde à Český Krumlov : la vieille ville est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, et probablement au catalogue de nombreux tour-opérateurs ... Et bien sûr beaucoup d'Asiatiques qui se photographient sous tous les angles et sous toutes les coutures. Ils semblent d'ailleurs à peu près les seuls à s'obstiner dans le maniement de ces perches à selfie ! Un détail rigolo : quand nous sommes repartis, nous avons côtoyé sur le chemin des témoins de Jéhovah qui tiraient derrière eux leurs stands mobiles, et l'un deux était écrit en caractères chinois ou japonais : bel exemple de pragmatisme !

Le site est vraiment très joli : la ville est nichée dans une boucle de la Vltava et dominée par le château qui la surplombe de l'autre côté de la rivière. C'est aussi la ville natale de la mère d'Egon Schiele qui est venu y causer quelques scandales vers 1910. Comme nous sommes assez fans de ce peintre tortueux, nous dirigeons nos pas vers le musée que la ville lui a consacré ... Plus de 7 euros l'entrée, quand même ! Et puis au final peu d’œuvres de Schiele lui-même, bref sans parler d'arnaque on n'en est quand même pas si loin ... Mais baste et foin de ces considérations mesquines, nous ressortons dans la ville pour en prendre plein les mirettes ...

Là je me permets d'attirer votre attention sur l'art qu'a Ma Douce pour capter les ombres ...

Mais bon, comment vous dire, comment vous montrer la beauté d'un lieu comme Český Krumlov (ou de tout autre lieu, d'ailleurs) ? Modestement je voudrais juste vous donner l'envie d'y aller ... ou, si vraiment vous ne pouvez pas y aller, de rêver un moment sur quelques images absolument au-then-ti-ques !

et voilà une des façades du château ...

Et voilà que nous sommes arrivés au château qui, comme de juste et vu l'heure tardive, n'était plus visitable ... N'importe, nos mirettes furent éblouies par la succession de cours et de couloirs où elles piochèrent ça et là tant de fragments de beauté ...

oh ... juste un fragment parmi d'autres ...

Après nous avons trouvé un chemin qui nous a fait redescendre directement au parking ... en passant sous les arches découvertes à l'arrivée !

Mais avant de partir, encore des toits ...

non mais qu'est-ce que j'ai avec les toits ? vous trouvez ça normal, vous ?

Ne restait plus qu'à rejoindre notre hôtel à České Budějovice, heureusement que ce n'était pas trop loin ! Bon, mais vous savez quoi ? Le nom allemand de la ville, vous le devinez ? ça commence par Bud ... Bud ? Budweis, bien sûr ! Et Budweis, ça vous fait penser à quoi ? Mmmh ...? Vous ne buvez jamais de bière, ma parole ! LA Budweiser, ça ne vous dit donc rien? Eh bien laissez-moi vous dire que déguster une Budweiser à la pression à la terrasse d'un hôtel situé juste en face de l'ancienne brasserie Budweiser à Budějovice ... ça fait partie des petits plaisirs de la vie !!!

Après, mais seulement après, nous sommes allés faire une petite virée nocturne et digestive ...

Bonne nuit, les petits ... !

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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 17:11

Bien différente a été la halte suivante, et bien plus à mon goût, puisque nous sommes retournés à Schwäbisch Hall, c'est à dire au pays des Souabes … Nous avons retrouvé avec grand plaisir le joli pont sur la rivière, la grande rue qui monte vers l'église Saint Michel, les maisons si caractéristiques aux toits si pointus …

Du parvis de Saint Michel nous dominions la grand-place où un marché s'était installé …

un peu moins pointus les toits, le baroque est passé par là ...

La vie semble si douce, si confortable, à Schwäbisch, j'ai bien dit « semble » … en tout cas il n'en a pas toujours été ainsi. Regardez plutôt ce que nous avons trouvé à l'intérieur de l'église :

Vous avez vu l'avare pendu à sa bourse : avis aux amateurs ! Quand on pense qu'il a véritablement existé une époque où les gens croyaient véritablement à tout ça ! La preuve : regardez comme ils se montrent bien sages pour ne pas être punis ...

Édifiant, n'est-il pas ?

Remarquez, les punitions terrestres n'étaient pas bien douces non plus. Regardez plutôt ce que Ma Douce a trouvé dans un musée d'histoire locale qu'elle est allée visiter seule :

Je ne pense pas qu'il y ait eu des fakirs à l'époque... De mon côté j'ai accompagné l'amie prof dans un autre musée, installé dans une église, qui contenait des merveilles de Cranach, Holbein, et d'autres maîtres anciens mais comme Ma Douce n'était pas là, tant pis pour vous, vous n'aurez pas de photos !

Nous reprenons la route avec entrain et ne tardons pas à arriver à une des nouveautés de l'itinéraire, le monastère de GroßCombourg, dite aussi "la Grande Combourg" (cf wikipédia). Il faut préciser qu'il y en a une "Petite" pas très loin, qui servit d'ailleurs d'annexe à la prison de Schwäbisch Hall de 1877 à ... 2015 ! La Grande, de son côté, servit de camp de prisonniers pendant la seconde guerre mondiale, ce qu'on comprend mieux quand on la voit de près :

voilà ce qu'on découvre après une petite grimpette ...

Enceinte fortifiée (comme à Maulbronn), donjon, remparts ... est-ce un monastère ou une forteresse ? Comme bien souvent, les deux à la fois, étant donné l'insécurité des temps d'alors. Et comme bien souvent aussi, une construction qui s'étale sur plusieurs siècles, d'où un certain mélange des genres ...

ici, on pourrait presque parler d'accumulation des genres ...

L'avantage de voyager avec une Douce aux yeux clairs et au sourire charmeur, c'est que cela vous ouvre bien des portes ... Le monastère était pourtant fermé,il n'empêche qu' un gentil monsieur nous a ouvert la porte de l'église principale, nous a donné rendez-vous vingt minutes plus tard puis est reparti en nous enfermant ! Elle est pas belle, la vie ? Nous avons donc pu explorer les lieux tout à notre aise, et nous attarder devant quelques trésors ...

Celui-ci tout d'abord, un lustre du XIIème siècle, d'un périmètre de 15,77 mètres et représentant la Jérusalem céleste. Une pièce magnifique ! 

ou cet autre : un antependium (littéralement : "qui pend" devant l'autel) tout en or et émaux incrustés ! Nous avons pu également admirer une chaire complètement baroque et délirante, où Jésus domine les sept péchés capitaux :

Bien sûr au premier plan, avec son miroir et son paon vous reconnaissez aisément la "vanité" mais l'autre à droite, là, avec son cochon ... une petite idée ?

Au bout des vingt minutes le gentil monsieur revient, il a envie de parler (il parle d'ailleurs un peu le français), il nous explique qu'il a fait le chemin de Saint Jacques en plusieurs fois, qu'il aime la France ... Nous le remercions beaucoup et en partant nous saluons Saint Jean Népomucène, qui est le saint préféré de Ma Douce :

mais on se demande un peu ce qu'il fait là, vu qu'il n'y a ni pont ni rivière !

Et maintenant, sus à la Bavière ! Nous faisons un bon bout d'autoroute et les camions, qui occupent toute la voie de droite, défilent sous nos yeux : HU pour la Hongrie, RO pour la Roumanie, HR pour la Croatie, PL pour la Pologne, BG pour la Bulgarie, CZ pour la Tchéquie, SK pour la Slovaquie, à ne pas confondre avec SLO pour la Slovénie ... toute l'Europe Centrale est au rendez-vous ! ça en fait du monde sur l'autoroute ... et comme d'habitude il y a des travaux ... mais comment faire autrement en Allemagne ? Nous savons déjà, pour être passés par là, qu'on n'avance guère plus vite sur les autres routes, à cause des villes et villages à traverser, à cause des limitations de vitesse imposées à chaque carrefour, alors on prend notre mal en patience ... en admirant les nombreux panneaux solaires !

Nous arrivons quand même à Regensburg (Ratisbonne) en fin d'après-midi. La lumière est douce, les bords du Danube aussi ... Et en parlant du Danube :

Je n'avais pas remarqué ça la première fois qu'on était venus : "Halt deine Donau sauber !". Qu'est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ? Je reconnaissais "halt", c'est facile quand on est né dans les années 50 et qu'on a vu tous ces films de guerre : "halt, raus, schnell, papier, ..." ! Je reconnaissais Donau, qui est le nom allemand du Danube, mais le reste, mais le tout ? Heureusement Ma Douce, entre autres qualités, maîtrise un peu le germanique et elle m'expliqua que ce message voulait dire : "Garde ton Danube propre !" Donc pour "halt" c'était un peu raté ... mais pour le reste c'était clair, sauf qu'écrit comme ça sur les berges ça fait un peu tache, non ? Enfin ...

Après nous être fait méchamment éjecter d'un restaurant dont rien n'indiquait qu'il était fermé, et avoir été très gentiment accueillis dans un autre dont tout indiquait qu'il était ouvert, nous prenons la route de Donaustauf, de notre hôtel qui n'est qu'à 10 kms. Une merveille ! Une grande chambre qui donne directement sur un petit jardin ... Je trouve encore assez de forces pour regarder la fin du match Angleterre-Croatie ... jusqu'au bout des prolongations ... et je m'endors très satisfait !

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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 08:28

Nous sommes repartis de Trier en début d'après-midi, pour arriver à Stuttgart en début de soirée. Pas question de s'attarder car là il y avait un impératif majeur : la demi-finale de football entre la France et la Belgique à 19 h … Cela ne nous a pas empêchés de repasser par Speyer, ce qui a permis à notre amie de découvrir sa magnifique église.

j'aime bien ce dépouillement polychrome, pas vous ?

Et une nouvelle surprise : dans la crypte une très belle collection de manuscrits restaurés, dont certains étaient au moins aussi beaux que dans la bibliothèque des archives de Trier, ce qui n'est pas peu dire !

Bon comme j'étais avec 2 filles (une Hongroise + une prof de lettres classiques) je dois avouer que je me sentais un peu seul pour le grand événement sportif de la soirée... C'est pourquoi je n'ai pas pu empêcher un nouvel arrêt à Maulbronn, et grand bien m'en a pris parce que c'est un endroit vraiment étrange et beau ! Imaginez un grand monastère fortifié, avec de hautes maisons traditionnelles à l'intérieur de l'enceinte, et le tout pratiquement désert, étant donné que l'heure de fermeture était déjà dépassée ...

la photographe fut-elle prise d'un malaise soudain ?

 

ah ! elle a retrouvé son équilibre ...

 

fermé de chez fermé, hélas ! (en fait non, j'étais bien content !)

un endroit un peu étrange, vous dis-je ...

et là encore, de très beaux toits ...

Mais les toits, ce n'est pas tout dans la vie, il y a le foot aussi ! Heureusement, pas loin de l'hôtel où nous avions réservé nous avons trouvé une grande buvette (avec beaucoup de bière) en plein air avec écrans géants. Ce qui m'a fait drôle en arrivant c'est qu'il n'y avait que des drapeaux belges … Quelle connexion ou sympathie peut-il y avoir entre l'Allemagne et la Belgique ? Je me le demande encore. Toujours est-il que les gens regardaient le match dans une totale apathie, ne vibrant évidemment pas aux actions d'éclat des Bleus. Du coup je me suis fait discret. On a même profité de la mi-temps pour retourner à l'hôtel pour la seconde mi-temps, loin de cette ambiance un peu délétère … Finalement on a gagné. Mais une question me taraude depuis lors : pourquoi diable cette équipe de France n'est-elle pas mieux aimée ? Parce qu'elle comporte trop de Blacks ? parce qu'elle gagne, même sans vraiment bien jouer ? Il me semble qu'en 1998, c'était aussi le cas et pourtant les regards portés sur elle étaient différents. Mais bon c'était il y a vingt ans, je peux me tromper ...

Mais pourquoi diantre s'arrêter à Stuttgart ? me direz-vous. Là c'est une pure idée de Ma Douce qui, entre autres passions, en a développé une sérieuse pour l'architecture dite « moderne ». Dites-lui gentiment « Corbu » et vous verrez ses beaux yeux s'allumer. Et si vous rajoutez « Bauhaus », ou « Aalto », ou « Marcel Breuer », là vous aurez des chances qu'elle se souvienne de vous …

Bref, sur les hauteurs de Stuttgart, par un beau matin de juillet, nous avons découvert un ensemble de villas « modernes » construites dans les années 30, ça fait comme un lotissement mais en plus joli. En voici la carte :

Vous reconnaîtrez aisément (si vous l'avez déjà vu) le père Le Corbusier en haut avec ses grosses lunettes. Les autres, honnêtement, je n'ai pas trop retenu leurs noms ... Nous avons donc déambulé une petite heure parmi toutes ces maisons dont certaines, franchement, ne donnent pas envie d'y habiter.

franchement vous vous y voyez ? Bon, c'est vrai qu'il y  a des petits jardins de l'autre côté ...

Alors oui, intellectuellement vous pouvez toujours vous dire qu'il était temps de se débarrasser de l'éclectisme, du rococo, du décoratif dont on avait tant abusé au tournant du siècle pour miser sur l'épure, le fonctionnel (Corbu revendiquait l'expression de « machine à habiter ») mais gare à l'outrance, y compris dans le simplisme !

Certaines m'ont paru plus intéressantes dans une recherche de l'équilibre des volumes (dont on peut espérer qu'il a sa répercussion à l'intérieur).

celle-ci a quelque chose d'organique, par exemple ... vous êtes allé à Ronchamp ?

Mais bon, dans l'ensemble ce n'est pas trop mon truc, quoi, en tout cas pas encore …

 

 

 

 

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22 août 2018 3 22 /08 /août /2018 22:16

Hé oui ... malgré quelques ennuis automobiles, bien compréhensibles pour une C3 qui compte désormais quelque 230 000 kms au compteur, nous avons décidé de tenter derechef l'aventure, et de nous refaire un nouveau trajet entre la France et la Hongrie ...

Enfin nouveau pas totalement car nous avons emmené dans notre voyage une amie professeur de lettres classiques pour lui faire découvrir des sites antiques visités lors de précédents voyages, ce qui nous a permis d'ailleurs d'en découvrir plein d'autres !

Cette fois nous sommes partis de Troyes, ville à côté de laquelle j'avais un peu de poésie à dire... Nous avons pris la direction du Luxembourg, où il est toujours aussi intéressant de faire le plein ! Sans nous arrêter davantage nous avons poursuivi jusqu'à Trier, où nous sommes arrivés vers 14 H. Bien sûr pour nous ce n'était pas vraiment une découverte mais nous étions bien contents de revoir des endroits que nous avions aimés comme la Porta Nigra :

la Porta vue de l'intérieur : impressionnant, n'est-il pas ?

la Porta vue de l'intérieur, impressionnant, n'est-il pas ?

Et puis on aperçoit forcément des choses qu'on n'avait pas vues la première fois : ainsi le côté « bricolé » de cet imposant monument où, en regardant bien, on découvre des rajouts, des raccommodages multiples, et des « réemplois » pour le moins surprenants ! Nous avons également revu avec plaisir le Dom, ou cathédrale, ainsi que l'église ronde qui lui est attenante. Mais là encore en nous promenant dans le cloître, surprise ! nous avons remarqué des chapiteaux taillés dans un style moderne, et ma foi ce n'était pas si laid …

Et puis quand on voyage il y a toujours de l'inattendu, autrement ça ne vaudrait pas le coup de voyager, pas vrai ? Comme les monuments et musées ferment assez tôt à Trier, et que nous commencions à ressentir un petit creux nous nous sommes mis en quête d'un restaurant. Au centre il n'y avait pas trop de monde aux terrasses mais c'était un peu cher pour nos bourses alors nous avons décidé de nous rabattre sur des estaminets que nous avions remarqués en partant de l'hôtel (où nous avions déposé nos bagages en arrivant) et situés au bord de la Moselle. Et là, boum ! On est tombé en pleine fête de je ne sais pas quoi (apparemment les Allemands saisissent n'importe quel prétexte pour boire des quantités astronomiques de bière), c'était bondé de partout, les chopes circulaient dans les deux sens : horizontal sur les plateaux des serveuses affairées, vertical de la table aux gosiers des consommateurs, qui l'étaient tout autant ! On a quand même réussi à se glisser à une table où, sous l'oeil sourcilleux d'un maître d'hôtel qui faisait plutôt videur mafioso, nous avons pu manger et boire … pour plus cher que dans le centre !

Un genre de Woodstock sur Moselle, voyez ?

Le lendemain nous avons fini de visiter la ville en essayant de voir des choses inconnues : les thermes romains, le pont romain, nous sommes retournés à la basilique romaine de Constantin, qui est décidément bien impressionnante :

on a quand même un peu de mal à imaginer ce qui pouvait bien s'y passer ...

et, juste à côté le palais des Princes Électeurs, toujours aussi rococo ...

oui, oui, carrément collé à la basilique : quel choc visuel, hein ?

D'ailleurs, même s'il s'agit d'un bâtiment public (si nous avons bien compris) nous n'avons toujours pas pu y entrer, malgré notre fort désir d'y voir un merveilleux escalier …

Mais comment quitter Trier sans parler encore une fois de Karl Marx, dont c'est la ville natale ? Ah le pauvre il est vraiment mis à toutes les sauces ! Il donne son nom à des boutiques, à des marques, et il figure en bonne place dans bon nombre de devantures ! En voici deux, spécialement sélectionnées pour vous : la première veut se donner un air de galerie, genre culturel branché, voyez ?

la seconde se voudrait davantage « populaire » mais c'est vraiment du grand n'importe quoi !!!

  Pauvre Karlounet, devenu banal objet de consommation …

 

Une dernière photo avant de quitter Trier, qui nous plaît décidément beaucoup : la symphonie des toits …

Et ce n'est qu'un début, étant donné que le voyage a duré 6 jours, rien moins que cela ! Alors la suite au prochain épisode ... qui ne saurait tarder !

Sziasztok !!!

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 juin 2018 2 26 /06 /juin /2018 16:24

On entend souvent dire que "l'humour est la politesse du désespoir", pas vrai ? Mais qui est l'auteur de cette jolie formule ? Mes rapides recherches sur internet m'ont conduit aussi bien du côté de Boris Vian que de celui de Kierkegaard, alors ...

En tout cas c'est la formule qui me vient à l'esprit quand je pense à "l'humour hongrois" et à des auteurs aussi divers que Karinthy Ferenc, Kosztolányi Dezső ou encore Örkény István. C'est d'ailleurs un petit livre de ce dernier, que j'ai retrouvé dans ma bibliothèque, qui m'a donné envie d'écrire cet article ... Que je vous en dise deux mots ...

Les "minimythes" (parus chez Gallimard en 1970, et ici repris dans une édition de chez Corvina) rassemblent une collection de récits courts (et parfois très courts) dont l'auteur disait lui-même dans la préface de l'édition hongroise : "Avec mes récits, économie de temps assuré. Le temps de cuire un œuf, d'attendre un numéro au téléphone ... On peut les avaler assis, debout, dans les rafales, sous la pluie et même dans l'autobus bondé. On peut également les lire en marchant à pied." Bien sûr cette espèce de "publicité" basée sur l'auto-dérision nous donne déjà une petite idée de l'humour de l'auteur ...

Et en effet, que vous choisissiez de lire les récits dans l'ordre ou que vous piochiez au hasard, cela se confirme très vite. Un exemple :

"Homme sweet home" (page 143)

Elle avait quatre ans. A cet âge, les souvenirs sont flous. Aussi, lorsque sa mère lui prit la main, la conduisit près de la sortie du camp, la petite n'eut pas de réaction très précise.

- C'est pourquoi faire ? demanda-t-elle.

- Pour nous ramener chez nous.

- Chez nous, c'est quoi, maman ?

- C'est l'endroit où nous habitions avant d'être amenées ici.

- Chez nous, il y a quoi ?

- Des choses ... Ton nounours, tu te rappelles ? Tes poupées aussi, peut-être ...

- Dis maman, fit l'enfant, chez nous, est-ce qu'il y a des gardiens ?

- Mais non, pas de gardiens.

- Oh chic ! fit la petite fille. Une fois là-bas, on pourra se sauver."

Eh bien, je peux vous dire que quand j'ai raconté cette histoire à Ma Douce, elle a franchement éclaté de rire ! Et juste après elle a fait un judicieux parallèle avec l'interview d'un auteur contemporain, Lackfy János, que nous avons lu récemment dans le Courrier d'Europe Centrale (un magazine du net auquel je ne saurais trop vous conseiller de vous abonner). Lackfy y explique que pour lui les Hongrois ont développé une mentalité de "maquisards", toujours occupés à biaiser avec une autorité occupante. Là où l'humour survient, c'est qu'aujourd'hui cette autorité n'existe plus ( ou du moins elle n'est plus "occupante" ...) mais que la mentalité demeure ...

Un autre minimythe ?

Envisageons l'avenir avec optimisme

D'ici cent dix ans, cent quinze au plus, par un beau jour d'été, les cloches de Hongrie sonneront à toute volée. Ce ne sera pas la grand-messe ou les vêpres, mais pour annoncer une bonne nouvelle : C'en est fini de notre guigne nationale et millénaire.

Visegrád, ce petit bled sur le Danube, sera redevenu ce qu'il fut jadis, une fière capitale. Elle rayonnera non plus sur ce pays minuscule, coincé entre les steppes, qu'est la Hongrie actuelle, mais bien sur la République danubienne des Magyars, vaste pentagone baigné de cinq mers. Ce pays essentiellement océanique (multi-océanique même) n'utilisera le qualificatif de "danubien" que pour se mettre à l'abri de toute confusion avec la République magyare du Bas-Rhin, habitée, elle, non par des Magyars, mais peuplée de minables Bas-Rhênans déguenillés qui, pour se concilier la bonne fortune, se seront parés du nom prestigieux de Hongrois.

Les mots nous manquent pour décrire l'honneur et la gloire que représentera alors le fait d'être né hongrois. En cent quinze petites années, ce pauvre substantif autrefois méconnu, le mot "Magyar", sera devenu verbe. Un verbe honorifique que toutes les langues vivantes auront assimilé, nous allons voir comment.

"Faire magyar" ou "magyarer" désignera, par exemple en France, l'état dans lequel on se trouve après l'absorption de plusieurs verres de vin vieux. Les Espagnols feront appel au même verbe pour remplacer la proposition "je trouve de l'argent dans la rue, et je me penche pour le ramasser" (variante sémantique catalane : "je me baisse aisément, soulagé de mes douleurs sciatiques"). Et si un Londonien déclare : " I am going magyar", cela voudra dire : "Cette fille merveilleuse, je l'aborde illico et ..." (la conclusion est, pour le moment, intraduisible).

Un autre exemple : Je magyar, tu magyares, il magyargtfk (ce sera un verbe irrégulier) signifiera en sept langues civilisées : je (tu, il, elle, etc.) mange du canard rôti avec de la salade de concombres tout en écoutant des csárdás jouées par Yehudi Menuhin.

Ou encore : "Maman, j'peux aller faire magyare ? - Va, mon petit."

Eh bien, cela voudra dire, en Lettonie, ni plus ni moins, qu'un petit garçon demande à sa mère la permission d'aller au cinéma, et la mère, après une seconde d'hésitation, lui accordera ladite permission, bien que le film soit interdit aux moins de dix-huit ans.

Mais laissons là les étrangers, on verra assez de mutations sémantiques dans notre propre pays.

Le mot "vanille", d'origine étrangère, aura complètement disparu pour être remplacé par le substantif "guerre" qui, lui, aura perdu sa signification primitive. Dans la pâtisserie de Visegrád, par exemple, on verra, affiché à l'entrée

Parfums du jour :

Fraise

Pistache

Guerre

Chocolat

Voilà notre avenir. Patientons. Ces quelques années seront vite passées.

 

Délicieux, n'est-ce pas ? Surtout, bien sûr, quand on pense à tous ces nostalgiques de la "Grande Hongrie" qui rêvent de revenir aux frontières d'avant Trianon. Que vous dire d'autre, si ce n'est qu'Örkény, comme beaucoup de Hongrois, n'a pas eu une vie facile : fait prisonnier par les Russes en 1942 dans un camp réservé aux "travailleurs sans armes" ; en 1956, devenu un hors-la-loi de la littérature, il est contraint de travailler six ans dans une usine ; il fait son retour en 1965 avec "La famille Tót", un roman hilarant dont je ne saurais trop vous conseiller la lecture ...

Politesse de quoi, déjà ?

Szia !

 

 

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11 mai 2018 5 11 /05 /mai /2018 23:10

Pour mon anniversaire, ma chérie avait réservé deux places pour une mini-croisière sur le Danube. Nous avons un peu pressé le pas parce que nous avions peur d’être en retard. Lorsque nous sommes montés sur la passerelle, on nous a mis un ruban bleu autour du poignet. Nous nous sommes assis sur la terrasse à l’avant. Ma chérie m’expliquait des monuments cependant qu’un homme moche se faisait prendre en photo sous tous les angles, l’air satisfait.

Le bateau s’est éloigné du quai en vibrant. Les cheveux de ma chérie s’envolaient régulièrement. J’ai fumé une cigarette au soleil.

Après on a eu faim, alors on est entrés pour se servir au buffet. Au fond de la grande salle centrale deux musiciens animaient le repas, en chantant assez fort. On s’est dirigés vers eux, nos assiettes pleines à la main, et on les a dépassés pour aller nous asseoir à une table de la terrasse arrière. Mes croquettes de chou farci étaient très bonnes, l’assiette de mon bébé aussi. Autour de nous c’était très familial et plutôt hongrois, je crois. Nous avons longé des îles vertes, sommes passés sous des ponts. Malheureusement, comme nous étions assis face à face, quand mon bébé me montrait quelque chose, je devais me retourner pour le voir, et j’avais l’impression de manquer la moitié du spectacle. Mais j’étais assis face à ma chérie, et ça, c’est quelque chose. Et puis de mon côté je voyais des choses qu’elle ne voyait pas. J’ai reconnu l’île Marguerite, où tant de gens courent, avec plaisir.

A la fin du repas, des gens ont commencé à danser sur la piste, encouragés par un des chanteurs. Il jouait aussi du saxophone, dont il perdait de temps en temps un bout, qui roulait sur le parquet à quelques mètres de nous.

Puis nous sommes descendus sur le pont inférieur, presque au niveau du fleuve. La pleine lune se levait derrière un bâtiment ultra-moderne qui servait de salle de concerts. Mon bébé a pris une photo. Comme c’était plus calme, on a pu mieux parler et rire. Pour lui faire plaisir j’ai déplié le drapeau hongrois à l’arrière du bateau et il s’est mis à flotter au vent, gaiement. Nous avons longuement admiré un gros orage qui entourait la ville, au nord, face à nous, et à l’ouest. Derrière les hauts immeubles, le ciel était si noir qu’il paraissait violet.  On souriait, comme des enfants au spectacle. D’un seul coup la tempête nous est tombée dessus, sans qu’on sache d’où elle venait. Une pluie terrible, fouettée par des bourrasques, courut sur le Danube, qui s’est mis à s’agiter. Notre bateau semblait assez solide, avec ses grosses rambardes de fer. Mais sur le fleuve c’était un peu la pagaille et des bateaux touristiques semblaient partir à la dérive, à peine visibles dans le rideau de pluie. Dans les bras l’un de l’autre nous étions comme des enfants apeurés, cernés par l’eau, le vent, les éclairs, la grêle. Et c'était bon.

Mais le bon gros bateau poursuivait son chemin, et la pluie s’est suffisamment calmée pour nous permettre de remonter au grand salon. Bien sûr, les portes étaient fermées. Nous nous sommes assis près de l’entrée, et nous avons entendu les chanteurs qui chantaient, et nous avons vu quelques danseurs qui dansaient. Nous nous sommes sentis sauvages et vivants.

J’ai beaucoup remercié ma chérie pour ce superbe cadeau.

 

 

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1 mai 2018 2 01 /05 /mai /2018 19:26

Hello Mindenkinek, Sziasztok !!!

Aujourd'hui je vais vous parler d'un Grand Poète Hongrois, Ady Endre. Voilà un moment que j'ai envie d'en savoir un peu plus sur lui et,devinez quoi ? Dimanche dernier des bouquinistes se sont installés autour du kiosque, comme ils le font chaque année. Et comme chaque année il pleuvait ! Décidément ils n'ont pas de chance quand ils viennent chez nous, les bouquinistes ! Nonobstant la mauvaise météo et une fatigue intense (qui serait trop longue à expliquer), Ma Douce et moi sommes allés y faire un tour parce quand même, une fois par an, mince, cela ne se refuse pas !

Et c'est là que nous sommes tombés sur un volume de la fameuse collection "Poètes d'aujourd'hui" paru en 1967 chez Seghers, et consacré au G.P.H. Ady Endre ... J'ouvre donc avec vous ce petit livre et, classiquement, nous découvrons d'abord des éléments biographiques. Qu'en retenir ?

- qu'Ady Endre vient d'une famille qui fut très riche au XVème siècle, et qui s'est peu à peu appauvrie dans sa fidélité au calvinisme, et dans son absence de compromission ;

- qu'une légende familiale veut que la grand-mère paternelle fût apparentée au fameux Dózsa György, chef d'une grande jacquerie hongroise, brulé vif en 1514 ;

- qu'Endre semble s'ennuyer beaucoup, et se sent assez tôt "prédestiné à la perdition" (page 19). Il fait paraître ses premiers poèmes en 1899, à l'âge de 22 ans. Mais pour l'instant c'est dans le journalisme qu'il donne sa pleine mesure. Après Debrecen, la "Rome calviniste" où il s'est inscrit en droit pour complaire à son père, il arrive à Nagyvárad le "petit Paris hongrois" en 1900. Beaucoup de travail à la rédaction de son journal, beaucoup de beuveries dans les tavernes, beaucoup de poésie qui couve sous les braises ...

- que comme bien des poètes hongrois avant lui (Vörösmarty et Petőfi étant les plus connus) Ady Endre se sent investi d'une mission autant politique que littéraire, et c'est vrai qu'il y avait de quoi faire ;

- qu'il a participé à la grande aventure du Nyugat (Occident), revue littéraire qui défend le progressisme et l'innovation dans tous les domaines ;

- qu'Endre aime les femmes, toutes les femmes, même si bien sûr il eut des histoires d'amour particulières : avec la Rienzi, chanteuse de music-hall, de laquelle il contracte un mal qui peut-être le fera mourir à Budapest en janvier 1919, avec Léda surtout (qui s'appelait en réalité Adèle) avec qui il mènera une lutte amoureuse pleine de péripéties de 1903 à 1912, avec Csinszka, qu'il épousera sans grande conviction en 1915.

Ajoutons pour conclure cette modeste notice que les poèmes d'Ady sont particulièrement difficiles à traduire en français puisqu'il s'est efforcé, dans son écriture, de faire éclater les règles poétiques qui avaient cours à son époque, de manière aussi savante qu'instinctive. Et maintenant place à quelques poèmes glanés ici et là dans le recueil :

ÂMES AU PIQUET

Ils ont attaché mon âme au piquet,

Car en elle le feu d'un poulain caracolait,

Car en vain je la cravachais,

En vain je la chassais, la pourchassais.

Si sur le Champ hongrois vous voyez attachée

Une pouliche sanglante, écumeuse,

A l'instant tranchez-lui sa longe,

Car c'est une âme, une âme hongroise, sauvage.

Adaptation d'Armand Robin

LE PETIT GARÇON QUE JE FUS

Le petit garçon que je fus

Me hante tous ces derniers temps,

Mort et riant.

 

Enfant gentil, rêveur, malade,

Il s'approche et tendrement touche

Ma pauvre couche.

 

Il me fixe étonné, me fixe.

Les pleurs sur ma face vieillie

Viennent de lui.

 

Tel un enfant je me réveille

Tout en larmes cent fois par nuit

Comme jadis.

Adaptation de Guillevic

Quelquefois on peut trouver deux versions d'un même poème, l'une dans la préface et l'autre dans le corps du recueil. Ainsi par exemple :

Des rivages du Gange venu,

Des mirages du rêve à midi,

Je suis fort de très doux frissons nus,

En mon cœur une cloche fleurit.

 

Taverne, désert et masse d'arme,

Baisers fous, rêves qu'on massacra,

Mains brutales, fontaine, vacarme,

Qu'ai-je à faire au bord de la Tisza ?

Adaptation de Lucien Feuillade

Ou bien :

Venu du Gange où mon rêve module

Midi, mirage au soleil qui rutile,

Mon cœur s'entrouvre en grande campanule,

Ma force tient en des frissons subtils.

 

Puits à bascule, auberges et gourdins

Pusztas, vacarme, ivrognes qui titubent ;

Baisers grossiers, tueurs de rêves vains,

Que fais-je ici sur les bords du Danube ?

Adaptation d'Anne-Marie de Backer

Laquelle préférez-vous ?

Et enfin l'un des poèmes les plus connus d'Ady, témoignant d'un de ses sept séjours dans notre capitale :

L'AUTOMNE SE GLISSA DANS PARIS

Par le chemin de Saint Michel Archange

Hier à Paris l'automne s'est glissé,

Dans l'air torride, et sous les douces branches

Où je l'ai rencontré.

 

Je cheminais justement vers la Seine.

Brûlaient en moi, petits fagots fumants

Des chants pourprés qui, rougeoyant à peine,

Disaient : "La mort t'attend".

 

Il m'a soufflé certains secrets, l'automne,

Et le chemin de l'Archange a tremblé.

"Zim-Zim", disaient, faisant des cabrioles,

Les feuilles, les futées.

 

Ce fut très bref, l'été n'en vit pas trace

Riant, l'automne a disparu, furtif.

Moi seul ai su sa présence fugace

Sous les arbres plaintifs.

Version de synthèse !

Et la version originale, quand même !

Párisban járt az Ősz

Párisba tegnap beszökött az Ősz.
Szent Mihály útján suhant nesztelen,
Kánikulában, halk lombok alatt
S találkozott velem.

Ballagtam éppen a Szajna felé
S égtek lelkemben kis rőzse-dalok:
Füstösek, furcsák, búsak, bíborak,
Arról, hogy meghalok.

Elért az Ősz és súgott valamit,
Szent Mihály útja beleremegett,
Züm, züm: röpködtek végig az uton
Tréfás falevelek.

Egy perc: a Nyár meg sem hőkölt belé
S Párisból az Ősz kacagva szaladt.
Itt járt s hogy itt járt, én tudom csupán
Nyögő lombok alatt.

A la prochaine !

Szia !

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