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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 17:09

Hello mindenkinek !

(Faut pas croire ... je progresse en hongrois !)

Alors vous avez peut-être déjà lu 2 articles de ce blog s'intitulant : 1) "Inventaire à Moszkva tér", 2) "Budapest ville du futur" ?

Sinon je vous invite à le faire sans délai, pour avoir une meilleure idée de ce qui va suivre ...

Or donc, autrefois, il n'y a guère, existait à Budapest une place très importante appelée "Moszkva tér" ... Vous vous doutez bien que le nom n'était pas innocent, et rappelait à celles et ceux qui étaient assez âgé(e)s pour s'en souvenir (et même aux autres) les temps douloureux où le "Grand Frère" se penchait avec bonhomie et férocité (ça dépendait des moments) sur la petite nation hongroise, qui avait régulièrement tendance à n'en faire qu'à sa tête ... (vous pouvez lire également un autre article du même blog intitulé cette fois : "Budapest ... octobre 1956", ce qui vous montre que ledit blog est quand même d'une cohérence redoutable !)

Malgré l'effacement progressif d'un grand nombre de noms rappelant cette époque, et en premier lieu tout ce qui commençait par "Stal" ou "Lén"et finissait par "ine", le nom de Moszkva tér est resté assez longtemps, en tout cas elle s'appelait toujours ainsi en 2008-2009, année que j'ai passée en Hongrie aux côtés de Ma Douce ...

En effet ce n'est qu'en 2011 que la place a été rebaptisée du doux nom de Széll Kálmán, ancien premier ministre hongrois, et c'était déjà ainsi en ... 1929 ! Comme vous le savez sûrement, en Hongrie le passé n'est jamais très loin, sinon (re)lisez l'article "Empilement et sédimentation" ... On peut se demander pourquoi on a tant tardé, et pourquoi aussi beaucoup de Budapestois continuent au moins à employer les deux noms ... malgré toutes leurs fibres patriotiques ! Peut-être que, comme moi, ils étaient attachés à cette place anti-touristique au possible, mais ô combien indispensable dans la "vraie" vie de la cité ?

D'ailleurs, en faisant quelques recherches sur internet pour être sûr (autant que possible) de ne pas vous dire de bêtises, j'ai découvert qu'un film portant le nom de cette place avait été réalisé en 2001, et qu'il est visible sur youtube en suivant le lien : https://www.youtube.com/watch?v=8lPrF4aotPE Malheureusement il n'est pas sous-titré ... mais les premières images vous donneront une idée de ce qu'était cette place, avec son horloge carrée, ses tramways, et sa station de métro ...

Alors, qu'en est-il aujourd'hui ? Bien sûr la station de métro est toujours là, même si, bien sûr, elle a changé de nom :

Classée, et donc intouchable ...

Classée, et donc intouchable ...

L'intérieur de la station, lui, n'a pas trop changé. Peut-être est-il plus spacieux et lumineux, mais il faut toujours autant s'armer de courage pour affronter les monstrueux escaliers roulants qui semblent vouloir vous emmener dans les entrailles de la Terre ...

sans parler d'une bonne écharpe pour les courants d'air de l'hiver !

sans parler d'une bonne écharpe pour les courants d'air de l'hiver !

Le "Grec", lui aussi, a miraculeusement survécu, peut-être parce qu'il est situé juste en bordure de la place ? J'y allais manger autrefois, quand j'en avais assez du Chinois de la rue Csaba ...

Gyros = sandwich grec, il l'a échappé belle !

Gyros = sandwich grec, il l'a échappé belle !

En dehors de ces deux institutions, tout a changé, ou presque ... Disparue, la vieille horloge carrée sous laquelle les amoureux se donnaient rendez-vous, exit le palmier souffreteux, qui a probablement fini de souffrir des hivers rigoureux, démoli le petit bistrot un peu louche où on pouvait faire un billard jusqu'au petit matin, envolée la statue symbolique (mais de quoi ?) moitié-flamme et moitié-fleur ...

comment voulez-vous vous donner rendez-vous SOUS une horloge pareille ?

comment voulez-vous vous donner rendez-vous SOUS une horloge pareille ?

Qu'en est-il aujourd'hui ? Széll Kálmán tér est resté un "nœud de communication", pas de doute si l'on voit tous les bus, trolleys et tramways qui y circulent ... et tous les passagers qui s'y croisent dans tous les sens !

pour vous donner une petite idée de l'intensité du trafic, et encore tout n'est pas indiqué !

pour vous donner une petite idée de l'intensité du trafic, et encore tout n'est pas indiqué !

Mais tout ceci se fait maintenant dans un ordre nouveau, chacun(e) allant son chemin au milieu de bâtiments modernes et d'arbres qui ne demandent qu'à grandir ... Fini le bazar de Moszkva, avec ses buveurs impénitents de bibine à deux sous, ses vendeuses de colifichets, de petits bouquets, de portefeuilles en faux cuir et autres babioles, ses amoureux transis avec des poèmes plein la tête ... Tout est désormais bien propre, nettoyé, et pour ainsi dire aseptisé... Circulez ! il n'y a plus grand-chose à voir ... place Széll Kálmán !!!

Sziasztok !

on canalise par un escalier roulant ... et ça marche !

on canalise par un escalier roulant ... et ça marche !

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 10:29

Après avoir fait la réservation d'un logement pour le soir sur booking.com, nous avons repris la route en direction de l'Allemagne et de Trier, que nous autres appelons Trèves, où nous sommes arrivés trop tard pour visiter quoi que ce soit. Il faut dire (mais nous le savions déjà : voir articles précédents!) que la circulation n'est pas toujours aisée en Allemagne : ou bien vous choisissez l'autoroute, régulièrement encombrée de travaux et saturée de camions (un peu plus tard nous avons réussi à capter une radio où on débitait une liste d'embouteillages divers d'un ton parfaitement blasé) ou bien vous optez pour les routes plus petites, encombrées de villages, de tracteurs et de limitations de vitesse … Nous avons fait un tour dans la ville, quelques courses pour manger le soir dans le home réservé à quelques kilomètres de là. Nous sommes arrivés à la nuit tombée dans un quartier résidentiel où nous avons fini par dénicher l'adresse indiquée : aucune lumière, pas de réaction au coup de sonnette, répondeur au numéro donné … on a commencé à se sentir mal … allions-nous être obligés de chercher un autre logement ? À cette heure ? Assis sur les marches de l'escalier, on a donc téléphoné à booking.com à Paris pour leur signaler le problème. Une gentille dame devait avoir un autre numéro à joindre car au bout de quelques minutes la porte s'est ouverte et le propriétaire est apparu et nous a expliqué qu'ils étaient en train de jouer aux cartes dans le jardin de l'autre côté et qu'ils n'avaient rien entendu ! Bon … un peu léger quand même ! Mais on a fait des sourires en disant que ce n'était pas grave … d'ailleurs le proprio n'avait visiblement qu'une hâte, c'était d'empocher son billet de 50 euros ! Nous avons dîné de chou en conserve (à déconseiller si vous devez dormir dans la même pièce!) et d'un vin local dont je préfère vous taire le nom …

Le lendemain nous avons commencé une visite approfondie de Trier et, croyez-moi, cela en vaut le coup ! D'abord, la Porta Nigra, imposant vestige romain, qui était une des trois portes de la ville, du temps de l'empire du même nom. Incroyable qu'une église complète ait été bâtie dessus, c'est pourtant ce que montrent quelques colonnes formant triforium et ayant échappé à la destruction.

les restes du triforium, ce sont les minces colonnes sur la deuxième tour

les restes du triforium, ce sont les minces colonnes sur la deuxième tour

Après nous être rapprochés du centre (et nous être garés à nouveau dans un parking souterrain : attention, dans les villes allemandes, beaucoup de places sont réservées aux résidents!) nous sommes tombés en arrêt devant un splendide palais rococo dont nous n'avons pas pu visiter l'intérieur en raison de travaux. Le curieux, dans l'affaire, c'est que ce bâtiment du 18ème est collé contre la basilique de Constantin qui, elle, date du 3ème - 4ème siècle ! Aujourd'hui on pinaille, on chochote pour intégrer le nouveau à l'ancien mais il fut une époque où l'on faisait fi de ce genre de scrupules !

hein ? qu'est-ce que vous dites de ça ?

hein ? qu'est-ce que vous dites de ça ?

Immense, la basilique … d'ailleurs elle servait de salle du trône impérial et pour montrer leurs biscottos les Romains n'hésitaient pas devant la démesure … Là encore une petite surprise : un monsieur s'est mis au micro et s'est mis à lire l'Evangile, accompagné par quelques mesures d'orgue … Ne jamais bouder son plaisir …

vous le voyez, le petit monsieur ?

vous le voyez, le petit monsieur ?

Décidés à visiter Trier de fond en comble, nous avons poursuivi par la visite de la cathédrale (que les Allemands appellent « Dom », je ne sais pas pourquoi) où nous en avons pris plein les yeux d'un mélange exubérant de tous les styles : des merveilles de plafond, de marqueteries, de statues, d'autels débordants d'angelots et de saints lascifs ou torturés, des orgues dont le « cul » (pardonnez le mot mais je n'en vois pas d'autre!) ressemblait vraiment à une montgolfière …

le "cul" des orgues vu d'en dessous !

le "cul" des orgues vu d'en dessous !

Pratiquement collée à la cathédrale, il y a une autre église assez curieuse au plan presque circulaire, et qui partage un cloître avec sa glorieuse voisine. Malgré la chaleur qui nous attendait à la sortie, nous sommes allés jusqu'aux archives de la ville qui contenaient une exposition d'incunables et de codex, je ne vous dis que ça ! Des manuscrits superbement enluminés, et pour les débuts de l'imprimerie une grosse bible de Gutenberg himself …

le "dom" + l'église jumelée à côté

le "dom" + l'église jumelée à côté

Toujours pas rassasiés, nous avons poussé jusqu'au musée régional où nous avons pu constater l'importance du passé antique de Trier : songez que cette ville, à une époque, était la capitale d'un empire s'étendant de l'Afrique du nord jusqu'aux îles Britanniques ! Une collection de tombeaux grands comme des maisons, des fresques, des mosaïques … bref, tout l'attirail romain ! Et une dernière surprise avant de quitter la ville : nous avons découvert que Trier abritait la maison natale de ce bon vieux Karl Marx, devant laquelle je me suis fait photographier, poing levé et mine farouche ! Plutôt cossue la maison, d'ailleurs …

une sculpture romaine de 4 mètres de long, au moins ...

une sculpture romaine de 4 mètres de long, au moins ...

Et nous avons repris la route, direction Worms ...

D'abord, évidemment, la cathédrale, qui date du temps des carolingiens ! Elle est très reconnaissable, comme sa cousine sise à Speyer (que nous verrons plus tard), grâce à ses quatre tours destinées à montrer l'égalité entre le Pape et l'Empereur : deux à l'est pour le premier, normal, mais aussi deux à l'ouest (le « westwerk ») pour le deuxième, comme ça pas de jaloux !

le côté de l'Empereur, à la lumière du couchant ...

le côté de l'Empereur, à la lumière du couchant ...

Comme nous sommes arrivés un peu tard, le bâtiment était déjà fermé et nous n'avons pu qu'en faire un tour extérieur ce soir-là. Cela nous a permis de découvrir un hôtel tout proche dans lequel, cassant notre tirelire, nous avons pris une chambre et mangé. Et nous avons donc dormi avec « vue sur la cathédrale » … Le lendemain nous n'avions que deux pas à faire pour approcher ce joyau : à l'intérieur beaucoup de baroque surajouté, contrairement à Speyer, comme nous le verrons plus loin. Dans l'ensemble, malgré la monumentalité, ou à cause d'elle ?, je n'ai pas été super-impressionné, pas touché par ce haut-lieu de la chrétienté primitive …

joli, certes, mais un tout petit peu chargé ...

joli, certes, mais un tout petit peu chargé ...

Moins touché que par la petite église Saint-Martin que nous avons visitée ensuite, plus modeste mais aussi plus chaleureuse … D'ailleurs peut-être est-ce dû à l'environnement de la cathédrale … si l'on observe une maquette de l'ancien domaine qui était le sien on s'aperçoit du massacre qui a été commis au fil du temps : la plupart des bâtiments ont disparu, dont un baptistère qui semblait tout à fait intéressant, pour être remplacés par des bâtisses pseudo-modernes, et sans aucune âme. Et le pire est que ça continue ! Entre l'hôtel où nous étions et la cathédrale, c'est à dire tout contre elle, se construisait, si nous avons bien compris, un parking souterrain !!!

à part la cathédrale ... :(

à part la cathédrale ... :(

Avant de quitter Worms, nous sommes allés visiter la synagogue et son bain rituel, et découvrir un « musée multimédia » consacré à la légende des Nibelungen car, oui, c'est bien par là qu'ils sévissaient …

l'entrée du bain, très ancien ...

l'entrée du bain, très ancien ...

l'escalier central du musée, très moderne ...

l'escalier central du musée, très moderne ...

Sur la route de Speyer (Spire) nous nous sommes arrêtés à Lorsch, ancienne abbaye surpuissante dont il ne reste pas grand-chose, si ce n'est une jolie porterie (et vous ne savez pas combien de kilomètres Ma Douce est prête à faire pour ça!) … Par ailleurs une petite église en hauteur : intérieur moderne et quelconque, mais cadre charmant, abritant une collection de Paeonia, plus simplement appelées pivoines … Nous en avons profité pour pique-niquer à l'ombre, agréablement rafraîchis par une brise continuelle …

ce qui reste de l'abbaye, vu depuis la porterie ... c'est à dire à l'ombre !

ce qui reste de l'abbaye, vu depuis la porterie ... c'est à dire à l'ombre !

Fut-ce la brise ? Ou le pique-nique ? Toujours est-il que, comme un c..., je proposai de passer par Heidelberg … Quel nom prestigieux, pas vrai ? Et puisqu'on passait pas loin de là … pourquoi ne pas en profiter … ? Toujours se méfier quand ce maudit verbe vient trop facilement à l'esprit … Je dois dire que je fus servi, et que je m'en mordis fort les doigts ! Après avoir fait tours et détours dans une ville assez insignifiante nous nous approchâmes enfin du château … perché tout en haut d'une colline plutôt raide. Et là, que faire d'autre, pour profiter, que de grimper des escaliers malcommodes, aux marches qui tuent presque autant que celles des Romains ? Et il y en avait, des marches ! Et en haut, un tas de belles ruines, c'est vrai, mais qu'on n'a pas eu le temps ni même le goût de visiter … Et la redescente ne fut pas vraiment plus facile …

de belles ruines, d'accord, mais mince il faut les mériter !

de belles ruines, d'accord, mais mince il faut les mériter !

Et puis ce fut Speyer (que nous autres appelons Spire) où, cette fois, nous sommes arrivés assez tôt pour visiter la cathédrale avant la fermeture. Très très belle, d'une pureté, d'une simplicité, je dirais presque d'une humilité, malgré les dimensions, qui m'a fait un peu penser aux cisterciens … hé oui, qu'est-ce que vous voulez, l'avantage, quand on n'y connaît rien, c'est de pouvoir mélanger les genres !

Speyer à comparer avec Worms, un peu plus haut ...

Speyer à comparer avec Worms, un peu plus haut ...

Et puis une immense crypte, dans un style aussi dépouillé, où s'alignent les tombeaux des rois les plus fameux, ce qui en fait l'équivalent de notre basilique Saint Denis.

touchants, ces tombeaux impeccablement rangés, depuis combien de temps ?

touchants, ces tombeaux impeccablement rangés, depuis combien de temps ?

Et une autre surprise : alors que nous nous apprêtions à quitter l'endroit, un apprenti organiste s'est mis aux claviers, bientôt rejoint par un maître qui lui donnait des conseils … Dans l'ensemble Speyer nous a fait bien meilleure impression que Worms, à laquelle on ne peut pas s'empêcher de la comparer, j'espère que vous aurez compris pourquoi. Une ville beaucoup mieux conservée, « restée dans son jus » en quelque sorte, où la vie s'écoule paisiblement … Pour vous dire, sur la place qui longe la cathédrale, des gens jouaient aux boules, tranquillement … ce n'est pas à Worms qu'on aurait vu ça !

touchante aussi, cette leçon d'orgue dans la grande cathédrale !

touchante aussi, cette leçon d'orgue dans la grande cathédrale !

Le soir, cassant une fois de plus le cochonnet, nous avons mangé et dormi dans un hôtel campagnard, dont la principale originalité consistait à servir les clients dans des tonneaux couchés dont le dessus avait été découpé en forme de guichet. Probablement voulait-on signifier par là le passé viticole de l'endroit ? Car il y en a des vignes, dans la région, et du bon vin aussi, comme on a pu s'en rendre compte ce soir-là ! Au matin nous avons fait un petit tour au château dominant le village, ce qui nous a permis un point de vue intéressant sur les vignobles environnants …

so "pittoresque", isn't it ?

so "pittoresque", isn't it ?

Le but de la journée suivante était d'arriver pas trop tard à Munich où nous devions visiter des amis avec enfants. Malgré les difficultés prévisibles de circulation (cf supra, comme on dit …) ceci ne nous a pas empêché de faire quelques détours, comme à Schwäbisch Hall par exemple, où nous avons eu probablement la plus belle surprise de ce voyage. En effet nous y étions allés sur une indication assez vague, en somme : comme le nom l'indique cela se situe dans le pays des Souabes, et les Souabes et la Hongrie c'est toute une histoire puisque nombre de ces Allemands ont émigré vers le pays magyar qui, après l'occupation ottomane, se trouvait un peu dépeuplé. Donc, allons-y pour savoir à quoi ça ressemble, le pays des Souabes ! Eh bien, c'est très joli, figurez-vous ! D'abord on n'a pas eu trop de mal à se garer et rien que cela, ça fait du bien … Ensuite nous avons descendu une mignonne vieille petite rue qui nous a menés directement à un des plus beaux musées que nous ayons vus (et pourtant on en a vu!) : une église transformée de manière à abriter une collection de chefs d'oeuvre, essentiellement fin Moyen Age, début Renaissance. Cranach, Holbein, bien d'autres encore : de pures merveilles ! Dommage qu'on ne puisse pas faire de photos …

Nous sommes ressortis des étoiles plein les yeux … Puis nous avons traversé la ville : une grande place entourée de hautes maisons à colombages, un pont de pierres, un grand escalier au sommet duquel se trouvait une très belle église gardée par un archange Saint-Michel ...

la très-grande-place ..

la très-grande-place ..

et tout en haut du grand escalier ...

et tout en haut du grand escalier ...

quelle dentelle ! quel réseau !

quelle dentelle ! quel réseau !

Voilà, chers lecteurs, nous sommes presque arrivés au terme de ce parcours, qui nous aura quand même pris cinq jours. Ensuite ce fut l'autoroute, miraculeusement désencombrée, jusqu'à Munich, où nos amis nous attendaient : les enfants avaient préparé des morceaux de pomme au sucre sur des piques, et les parents un assortiment de bières locales, que nous avons soigneusement sifflées avec de drôles de saucisses !

Et le lendemain, l'autoroute à nouveau jusqu'à Budapest où nous sommes arrivés pas trop tard, grâce à notre petite C3,chargée comme une mule !

En espérant vous avoir donné envie de nouvelles découvertes, sziasztok et portez-vous bien !

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 22:57

Hé oui, chers et bienheureux lecteurs de ce blog, une fois de plus nous avions décidé, Ma Douce et moi, de faire le trajet jusqu'à Budapest dans notre chère et fidèle petite C3, qui venait de franchir allègrement le cap des 200 000 kilomètres, quand même !

Deux différences par rapport aux trajets précédents : la première c'est que je suis néo-retraité, ce qui nous a permis de partir au mois de septembre, et donc d'échapper aux hordes juillettistes et aoûtiennes … la deuxième c'est que, toujours avides de découvertes, nous avons choisi d'explorer une voie plus au nord que celles que nous avons prises jusque là et c'est ce que vous allez découvrir maintenant …

La première raison de notre choix c'est que nous sommes partis du Havre, où nous avions passé un week-end avec mon beau-père, un homme charmant avec qui nous avons mangé des moules, bu du vin blanc, et écouté le dimanche un concert charmant et un peu suranné d'un cithariste fameux au château d'Etelan, situé en baie de Seine. Cela nous avait donné l'occasion de voir passer au loin un cargo, qui semblait glisser doucement sur l'herbe …

vous le voyez, au loin, le cargo ?

vous le voyez, au loin, le cargo ?

Et le lundi, compteur à zéro, réservoir plein, direction … Charleville-Mézières ! Car l'autre raison c'est que ces derniers temps Ma Douce (et moi-même par l'occasion) a beaucoup travaillé sur les « villes idéales », c'est à dire, pour résumer, des villes basées sur un concept d'ordre, d'harmonie, et donc de bien-être pour ses habitants. Il y a là bien sûr une dimension utopique (du nom de l’œuvre de Thomas More parue il y a … cinq cents ans!) mais quelquefois aussi des réalisations bien concrètes comme on peut le voir à Sabbioneta, Palmanova en Italie (voir articles précédents) ou encore Zamosc en Pologne (voir un prochain article?).

Mais un des plus grands plaisirs, quand on voyage, si ce n'est le plus grand, c'est de se laisser surprendre par l'imprévu, et de faire des détours ne figurant pas au programme. C'est ainsi que notre premier arrêt fut pour Guise, pour voir à quoi ressemblait le fameux familistère mis en place par Godin pour les ouvriers de son usine. C'est grand un familistère : des immeubles d'habitation bien sûr (dont l'un contenait l'appartement de Godin lui-même), mais aussi un théâtre, une piscine, des jardins, bref tout ce qu'il fallait pour que le bon peuple ouvrier se sente bien … et travaille mieux ! Une ville idéale à l'échelle d'un quartier, en somme !

le théâtre au fond + un plan général sur une colonne

le théâtre au fond + un plan général sur une colonne

Cependant certaines de ces villes créées ex nihilo avaient essentiellement une vocation militaire, comme Rocroi, lieu de notre première halte programmée. C'est tout petit, Rocroi, et bâti selon un plan radiocentrique où toutes les rues aboutissent à une place centrale, d'où l'on peut voir les remparts qui encerclent la ville. C'est situé tout près de la frontière belge actuelle et au cours des siècles ça a bataillé ferme dans un endroit comme celui-là, comme dans bien d'autres d'ailleurs … C'est ce que nous a montré un petit tour sur les fortifications qui se sont ajoutées les unes aux autres aux 16ème, 17ème et 19ème siècles, finissant par former un immense dédale de fortins, tunnels, et castelets aujourd'hui recouverts d'une belle herbe, épaisse et grasse. Çà et là, des ouvertures béantes dans lesquelles on ne s'est pas risqué à entrer … De retour en ville, nous avons été frappés par la simplicité et la gentillesse des habitants, qui n'hésitaient pas à nous saluer de quelques mots. Nous sommes repartis en gardant l'impression d'une bulle hors du temps, à l'intérieur de laquelle la vie s'écoulait tout doucement …

magnifique terrain de jeux pour les enfants, vous ne trouvez pas ?

magnifique terrain de jeux pour les enfants, vous ne trouvez pas ?

Et donc nous sommes arrivés en fin d'après-midi à Charleville-Mézières, où nous avons bu un pot sur la Place Ducale, toute baignée d'une lumière dorée. L'effet est étrange de voir « en vrai » un lieu sur lequel vous avez lu, réfléchi et écrit quelque temps auparavant : nous y avons retrouvé cette symétrie classique dont parlent les livres, la comparant à la Place des Vosges de Paris (bien que nous soyons pour l'heure dans les Ardennes …) mais aussi une vie dont les livres ne peuvent pas parler : un manège qui est en train de fermer, des terrasses de bistrots qui se remplissent, un groupe de punks un peu braillard, une petite vieille qui se hâte lentement sur les pavés séculaires … Le soir nous avons dormi dans un « AirB'B » situé en périphérie de la ville où nous avons été très bien accueillis.

et votre fidèle scripteur, au beau milieu de tout ça !

et votre fidèle scripteur, au beau milieu de tout ça !

Le lendemain, nantis d'un sac de noisettes « du jardin » offert par notre hôtesse, nous sommes retournés faire un tour en ville … Nous sommes passés devant le musée Rimbaud, installé dans un somptueux moulin rénové, en bord de rivière : je ne suis pas certain que le rebelle Arthur aurait apprécié ce choix ! Dur de passer du statut de réprouvé à celui de gloire locale …

Après quelques hésitations sur le chemin à suivre, nous avons décidé de passer par Sedan, où nous avons eu un peu de peine à trouver le château … C'est pourtant la plus grande forteresse d'Europe ! Mais le lieu est assez mal indiqué, et assez peu mis en valeur. Nous y sommes entrés par la porte des Princes, et nous avons découvert rapidement qu'il s'agissait du lieu de naissance de Turenne, qui s'appelait aussi Henri de la Tour d'Auvergne, il n'y a pas de hasard, fameux chef de guerre de Louis XIV. D'ailleurs nous devions apprendre peu de temps après que ledit Turenne avait fait commettre des massacres sans nombre dans certaines provinces d'Allemagne (le fameux "ravage du Palatinat"), faisant raser des villages entiers, exécuter tous leurs habitants, et suscitant ainsi la réprobation d'une bonne partie de l'Europe. Mais ça on n'en parle pas trop dans nos manuels d'histoire … Puis nous nous sommes baladés librement jusqu'à l'autre entrée qui donne sur la ville. Pas de doute il régnait sur cette forteresse comme un petit air d'abandon...

To Budapest again : la voie du nord (1)

Ensuite nous sommes passés en Belgique, du côté de Virton, sans l'ombre d'un contrôle. Sûrement qu'il est difficile de surveiller tous les points de passage entre la France et la Belgique ( à la limite ce serait plus simple de construire un bon vieux mur, comme certains n'hésitent pas à le faire !) mais on ne peut pas s'empêcher de penser que les terroristes, et autres passe-frontières, ont encore de beaux jours devant eux ! Nous sommes passés sans transition à Luxembourg : un joli paysage, assez vallonné puis la ville elle-même qui a comme un petit air de Suisse, propret et coquet.

Je ne sais pas vous, mais moi, à cause du nom peut-être je m'en faisais une montagne, de Luxembourg ! Je m'imaginais des rues peuplées de mecs et de nanas comme dans les publicités, couvert(e)s de bagouzes et de montres rutilantes, laissant derrière elles et eux des effluves de parfum coûteux … mais pas du tout ! C'est finalement assez simple, au Luxembourg, et puis pas cher du tout, du moins pour ce qui nous a concerné : du diesel à 0,938 le litre, un parking souterrain (très conseillé étant donné le nombre et le comportement des bus qui règnent en maîtres absolus sur la circulation !) à 3 euros pour les 2 heures où nous sommes restés … Nous avons fait un grand tour dans la ville haute, en commençant par une très curieuse cathédrale, séparée en deux parties bien distinctes : une moderne, très « néo » et assez moche et une autre datant de bien plus loin, avec beaucoup d'éléments Renaissance. C'est bien sûr dans celle-là que nous nous sommes attardés, malgré la présence d'un guide qui hurlait ses explications à l'adresse d'un groupe de Brésiliens qui n'en pouvaient mais …

carrément maniériste, n'est-il pas ?

carrément maniériste, n'est-il pas ?

Nous avons vu le palais ducal, les vieux quartiers, les ruines du château primitif, tout ceci paraissant bizarrement imbriqué, et nous sommes revenus par la corniche qui domine la ville basse, comme de vrais bons touristes. Au bout du compte, plutôt sympa, la halte au Luxembourg !

drôle de mélange, avec le quartier de l'Europe au fond à gauche !

drôle de mélange, avec le quartier de l'Europe au fond à gauche !

Mais restez en ligne, chers lecteurs, car bien sûr ce n'est pas fini ! La suite dans le prochain numéro !

 

 

 

 

 

 

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 12:23

Sziasztok !!!

Je ne sais pas chez vous mais ici, bien qu'on soit le 3 juillet, il pleut, il fait froid ... bref un temps à chercher un peu de réconfort dans la poésie ... alors voilà...

Et maintenant nous sommes le 16 juillet, et je ne vous dis pas l'ambiance, vous la connaissez comme moi, alors voilà encore plus ...

L'automne est passé par Paris (1906)

Hier, à Paris, l'automne s'est glissé sans bruit.

Il descendait la rue offerte à Saint Michel

Et, sous les arbres qui dormaient dans la chaleur,

Il est venu vers moi.

M'en allant à pas lents j'approchais de la Seine.

Dans mon âme chantait le feu dans du bois mort

Et la chanson était étrange, pourpre, grave

Et parlait de ma mort.

L'automne m'a rejoint. Il a dit quelque chose

et le boulevard Saint Michel a frissonné.

Tout le long du chemin des feuilles guillerettes

S'amusaient à danser.

Ce ne fut qu'un instant. L'été n'a pas bronché

Et l'automne en riant quittait déjà Paris.

Il est passé. Je suis le seul à le savoir

Sous les arbres pesants.

Párizsban járt az Ősz

Párizsba tegnap beszökött az Ősz.

Szent Mihály útján suhant nesztelen,

Kánikulában, halk lombok alatt

S találkozott velem.

Ballagtam éppen a Szajna felé

S égtek lelkemben kis rőzse-dalok

Füstösek, furcsák,búsak, bíborak,

Arról, hogy meghalok.

Elért az Ősz s súgott valamit,

Szent Mihály útja beleremegett

Züm, züm : röpködtek végig az úton

Tréfás falevelek.

Egy perc : a Nyár meg sem hőkölt belé

S Párisból az ősz kacagva szaladt.

Itt járt, s hogy itt járt, én tudom csupán

Nyögő lombok alatt.

Ady Endre ( 1877-1919)

Ady Endre (André) est né le 22 novembre 1877 à Ermindszent – ce village qui porte désormais son nom - Il va abandonner des études de droit pour devenir journaliste à Nagyvàrad. Il mène une vie de bohème entre cafés, boîtes de nuit et articles ravageurs et tapageurs dans cette petite ville très moderne et imprégnée de la mode parisienne.

Il rencontre à Nagyvàrad la femme de ses poèmes et de sa vie Adel Brull, dite Léda, Adel à l’envers, une juive hongroise mariée à un homme d'affaires cossu.

Elle sera sa formatrice et elle l’entraînera hors de son horizon étroit. Léda venait de Paris qu’elle ne pouvait oublier. Totalement subjugué et attaché à Léda, complexe et d’une perversité raffinée, il va se laisser modeler par elle qui voulait dégrossir « ce paysan hongrois », et par Paris, ville des vies nouvelles.

Faisant des aller-retours entre Budapest qu’il aimait peu, et Paris qu’il appelait « son maquis », il ne voulait ni ne pouvait se fixer. Nomade il était, fougueux il vivait. Toujours fauché, toujours avide de femmes et de drogues, il se détruisait consciencieusement. Miné par une maladie vénérienne, il était le déraciné, l’errant, le barbare.

Il ne pouvait habiter que dans les corps des femmes.

Pourtant il va se marier en 1914 avec une inconnue touchante, Berta Boncza qui s’offre comme une rédemption, ses vingt ans et sa pudeur paysanne, son innocence, tout entier donnés. Il y trouva un calme apparent et mit son désespoir sous le boisseau. Il la rebaptisera d’un nom polonais Csinska, car il aimait tout retourner.

Il quitte ainsi l’étoile noire de Leda, pour la douce régression de Berta.

Ainsi vécut Ady, toujours au bord du gouffre de l’extase, de la transgression. Il était un cœur furieux. Destruction et auto-destruction l’habitaient.

Extraits biographiques copiés du très bon site :

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/ady/ady.html

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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 12:37

Szia everybody !

Alors ? comment allez-vous depuis qu'on ne s'est vus ? depuis les attentats, l'état d'urgence, et tout ce qui s'ensuit ? ben moi, pas si mal en fait, et c'est ce qui me parait vraiment étonnant parfois, ce décalage grandissant entre nos "petites" vies et la folle rumeur du monde qui va jusqu'á l'assourdissement ...

https://www.youtube.com/watch?v=WVKwC-hFqys

Ce soir nous serons à Budapest, et la fille de l'Est est là assise à côté de moi dans le wagon ... Ah ! "La fille de l'Est" ! Combien de fois je l'ai écoutée, cette chanson ... C'était au doux temps de notre rencontre, il y aura neuf ans cet été ... neuf ans déjà !

A l'époque je me dirigeais tout droit vers un deuxième divorce. Je vivais seul dans un deux-pièces dans un quartier plein de kebabs et de boutiques de coiffeurs. Je menais une drôle de vie, ni heureuse ni malheureuse, mais bien décidé en tout cas à résister aux sirènes de l'Amour ... Et puis, et puis la vie avait choisi et je m'étais facilement laissé convaincre ...

Et j'écoutais cette chanson d'Arthur H, pas très bonne j'en conviens, et j'avais du mal à croire que la vie avait enfin choisi le meilleur pour moi, et pourtant ...

Ce soir nous serons à Budapest, et Apu nous accueillera avec son bon sourire et son bleu regard d'enfant. Nous monterons dans sa grosse berline (il y aura un bouquet pour Ma Douce posé sur la banquette arrière) et nous filerons dans la nuit sur de grands boulevards. Arrivés chez lui nous boirons la pálinka de bienvenue, servie dans de petits verres sur un plateau de métal argenté. Apu boit la sienne d'un coup, comme d'habitude, en renversant la tête. Moi, au bout de dix ans, je n'y arrive toujours pas. Alors, pendant que Ma Douce et moi sirotons la nôtre, il s'en sert une deuxième, juste pour ne pas nous laisser boire tout seuls, juste par hospitalité ...

Le lendemain, après une nuit un peu courte, direction Baja où Apu doit passer le relais à Anyu, qui en est bien contente ! A neuf heures du matin il est encore un peu tôt pour la pálinka mais c'est sûr que celle-ci ne saurait tarder ... Après le déjeuner, après la pálinka donc, après un bon boudin hongrois arrosé d'un excellent Villányi, aprés une bonne tranche d'un gros gâteau offert par une cliente d'Anyu, comme il fait un temps magnifique, nous décidons d'aller faire un tour au bord de la Sugovica. Quel calme, quel bonheur tranquille de regarder passer tous ces petits bateaux, tous ces petits vélos, tous ces petits chiens ! de n'avoir rien d'autre à faire que d'admirer le bleu du ciel au-dessus des arbres.

Nous marchons jusqu'au bout, jusqu'à la pointe que forme la rivière en rencontrant le Danube. Il y a là un mémorial dédié á Türr István, un enfant de Baja, grand ingénieur hydraulique de surcroit, qui a participé à des tas de grands travaux dont les canaux de Corinthe et de Panama. Mais le soleil se couche tôt en Hongrie, à cinq heures et demie il fait déjà nuit et à six heures beaucoup de boutiques ferment ...

Un peu plus tard nous retrouvons Apu pour une petite bière et la discussion s'oriente sur l'histoire de la famille et ses vicissitudes. Comme beaucoup d'autres elle a subi un grand choc après la guerre et la mise sous tutelle par le "grand frère" soviétique. Avant tout cela elle était plutôt riche, possédant plusieurs cafés dans la ville de Budapest. Après cela elle ne posséda plus rien. Songez par exemple qu'un grand oncle avocat fut deporté dans la grande plaine du Hortobágy d'où il revint presque aveugle et quasiment invalide. Pendant tout ce temps il travailla pour un paysan qui eut l'extrême bonté de le faire coucher dans un coin du poulailler. Dans l'autre coin vivaient un ci-devant aristocrate ainsi que son épouse. Pour finir il eut la chance, malgré ses mauvais yeux, d'être employé dans une usine de fabrication de sacs en plastique où il faisait des noeuds toute la sainte journée ! Sa femme, qui possédait une petite entreprise de fabrication de palettes de peintre, fut tout heureuse de s'y voir attribuer un poste à la chaîne pour lequel elle posait des ronds de peinture du matin jusques au soir. Un truc que j'ai trouvé étonnant c'est que dans ces conditions Apu n'ait entrepris aucune recherche genéalogique mais non il semble se contenter du roman familial et ce sera la même chose avec Anyu un peu plus tard ... Voila un point qui mérite réflexion surtout quand on sait que la génération suivante, celle de Ma Douce donc, n'hésite pas à se lancer dans ce type de recherche ...

Le soir, après une ou deux pálinkas dont nous avons bien besoin, nous mangeons "à la hongroise" chez Anyu : légumes crus, charcuteries diverses (dont la fameuse kocsonya qui est un assemblage de bouts de porc pris dans la gelée du jus de cuisson), fromages, ... Et vous êtes priés de mettre un peu de tout dans votre assiette d'un seul coup !

Le lendemain Ma Douce avait des choses à faire et j'en ai profité pour lire ("Le dernier des Justes" de André Schwarz-Bart, histoire de me remonter le moral !) et pour commencer à écrire cet article. Le soir de ce deuxième jour à Baja nous sommes allés manger un bon plat de poisson du Danube, ou peut-être même de la Sugovica, chez Sobri, un fameux restaurant situé sur une des îles qui parsèment l'estuaire de la dite rivière. En partant nous avons eu la tristesse d'apprendre la mort du vieux joueur tsigane de cimbalum, tristesse augmentée du fait qu'il était bien difficile de trouver quelqu'un pour prendre la relève ...

Le samedi matin nous sommes partis tôt parce que nous avions 3 heures de route pour rejoindre une petite fête familiale donnée en l'honneur des 70 ans d'Öcsi, un oncle bien sympa. Nous nous sommes retrouvés une quinzaine dans un hôtel "wellness" où nous avons eu droit à un traitement royal : bonne bouffe, bons vins hongrois (sans oublier une pálinka tellement forte qu'elle vous anesthésiait les lèvres) mais aussi spa, jaccuzi, ... pour les amateurs dont je ne fus pas, seule Ma Douce ayant un droit de regard sur mon superbe corps, et encore pas tous les jours ! J'ai vainement cherché le match de rugby France-Irlande à la télé ... Ce fut néanmoins une petite fête très sympa pendant laquelle j'ai encore pu constater à quel point les Hongrois aimaient parler, et surtout raconter des histoires.

Le lendemain dimanche, après un petit déjeuner au soleil sur la terrasse du wellness, et des adieux chaleureux avec ceux qui restaient encore un peu, il était temps de reprendre la voiture d'Anyu pour aller à la gare direction Budapest. Ah ! le train hongrois ! Tout un poème, au moins pour certains troncons ! C'est le cas quand on le prend dans une petite gare au bord du Balaton. On se retrouve dans un compartiment d'autorail bondé, au confort plus que sommaire, et une vapeur humaine recouvre bientôt les vitres tremblottantes ... Après un changement à Székesfehérvár pour un train un peu plus rapide nous sommes enfin arrivés à notre chère Déli, notre gare du Midi ... Je vous passe les retrouvailles avec Apu (mais pas la pálinka !) pour vous amener directement à un concert pour lequel il nous avait pris des places : avez-vous déjà entendu parler de Gyorgy Kurtág ? Moi je connaissais le nom mais pour ce qui est de sa musique ... Eh bien si vous voulez être surpris et désorienté ... je vous la recommande ! Sur scène il y avait une dizaine de musiciens, chacun jouant bizarrement d'un instrument parfois bizarre (à un moment des sirènes d'alerte aérienne se sont mises en action) ; il y avait aussi une cantatrice russe très expressive, qui grimacait autant qu'elle chantait. Ce fut une succession de pièces très courtes le plus souvent et parfois on ne savait pas s'il fallait rire ou pleurer ... en tout cas je n'ai aucune envie d'écouter cela religieusement , comme l'ont fait mes voisins de gauche, et ce monsieur Kurtág m'a plutôt fait l'effet d'un coquin ! Effet qui s'est confirmé à la fin du concert quand il a fait son apparition au balcon, l'air malin comme un singe malgré ses 90 ans ! En somme j'ai bien aimé ... contrairement à Apu qui s'est ensuite gravement interrogé sur le sens qu'il convenait désormais de donner au mot "musique" ... Nous sommes rentrés pas trop tard mais la tête pleine de petites bulles et de questions.

Le lendemain, après une journée un peu vide pour ma part (mais il est vrai qu'une météo un peu crachineuse n'incitait guère à l'activité et que je n'avais pas, moi, tout un tas de rendez-vous à honorer) nous avons décidé de rendre visite à Bálint, notre copain handicapé. Je vous ai déjà parlé de Bálint et de son groupe de musiciens. Heureusement qu'Apu nous a prêté sa voiture parce qu'on l'a vraiment mis au bout du monde, lui et ses semblables ! N'empêche, il était bien content de nous voir et nous avons eu une bonne discussion, enfin surtout Ma Douce, parce que le hongrois dit par Bálint c'est carrément trop pour moi ! Il nous a parlé de sa grand-mère qui lui a cassé le coeur en mourant il y a quatre ans, du regard des gens quelquefois si dur à supporter, de son frère jumeau qui est revenu vivre en Hongrie et qui vient le voir plus souvent, de sa copine qui pique des crises, mais ce n'est pas grave il faut juste attendre que ca passe, de son groupe de musique qui s'est beaucoup renouvelé mais il n'a pas souvent la possibilité de les rejoindre pour répéter à Budapest, de ses colocataires qui se renouvellent également car certains montent au ciel, de son travail à l'atelier qui consiste en ce moment à fixer des embouts dans des flacons en plastique, il faut en faire 50 ou 60 par jour, il ne sait pas trop, et il y a deux chefs, deux femmes, l'une est âgée et sévère, l'autre est jeune et complètement myope et complètement délicieuse, bref on a vraiment bien discuté et vraiment bien rigolé ! Quand on est reparti on a bien vu que la dame de garde n'était pas trop contente qu'on soit resté si longtemps mais on s'en fichait un peu même si Bálint, à cette heure-là, se retrouvait à manger tout seul ... En rentrant en ville Ma Douce m'a dit à quel point elle était contente de conduire à Budapest, et comme elle était heureuse de se sentir à nouveau chez elle ...

Le lendemain nous avons rencontré deux bons amis dans un café, ils nous ont parlé de leurs plans pour restaurer une maison qu'ils viennent d'acheter dans un petit village non loin du Balaton. Je leur ai aussitôt proposé mes services pour reconstruire un mur de clôture en pierres du pays, cela me permettra de ne pas perdre la main et aussi de faire un peu d'exercice, comme Ma Douce me le conseille souvent ! En les quittant j'ai hésité pour aller voir Ingrid la girafe au zoo de Budapest dont je suis le bienheureux parrain. Mais une fois encore une petite pluie fine et pénétrante, jointe à ma paresse naturelle, m'en ont dissuadé ... J'espère qu'elle s'est assagie depuis la dernière fois que je l'ai vue : elle n'arrêtait pas de galoper partout et de mordiller les autres ! Le soir nous avons pris le HÉV (l'équivalent de notre RER) jusqu'à Római Fürdő (les bains romains) pour aller dîner chez des cousins qui nous ont offert une pálinka du tonnerre ! Quelles belles gens ! Et quelle bonne soirée nous avons passée là ! Après le repas nous nous sommes installés au salon où nous avons discuté en sirotant des alcools divers et variés ... Jusqu'à deux heures du matin ... Bon ... Je crois que je vais arrêter là cet article qui est déjà long. J'aurais pu vous parler aussi des menus cadeaux échangés (nous avons distribué peu à peu une véritable collection de fromages francais et, croyez-moi, ils font toujours plaisir !), des travaux qui ont commencé dans Párizsi Udvar grâce aux amis qataris, des boutiques fermées dans Váci utca à cause des loyers trop chers, de bien d'autres choses encore mais pour beaucoup d'entre elles vous pouvez aussi vous reporter à d'autres articles de ce blog ! En tout cas, pour moi, la vie a choisi le meilleur, c'est une certitude !!! Sziasztok ! Szia !

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:42
comme il faisait frais, comme on était tranquille, dans le musée archéologique de Zadar !

comme il faisait frais, comme on était tranquille, dans le musée archéologique de Zadar !

dans un fond de bistrot : bizness is bizness !

dans un fond de bistrot : bizness is bizness !

voilà tout ce que nous avons pu voir du baptistère de Nin !

voilà tout ce que nous avons pu voir du baptistère de Nin !

et voilà pourquoi ! :)

et voilà pourquoi ! :)

autre chapelle de Nin, plus ouverte ...

autre chapelle de Nin, plus ouverte ...

cherchez bien : peut-être verrez-vous une des fameuses brebis de l'île de Pag ?

cherchez bien : peut-être verrez-vous une des fameuses brebis de l'île de Pag ?

du roman à la Renaissance ...

du roman à la Renaissance ...

vous ne rêvez pas : ceci est un NAIN !!! plutôt baroque d'ailleurs ...

vous ne rêvez pas : ceci est un NAIN !!! plutôt baroque d'ailleurs ...

à gauche la basilique qui servait de tribunal, et à droite la prison : pratique !

à gauche la basilique qui servait de tribunal, et à droite la prison : pratique !

formes, coloris, ... TOUT est délicat !

formes, coloris, ... TOUT est délicat !

au fond d'un jardin public de Vicenza ...

au fond d'un jardin public de Vicenza ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (fin)
le fameux "teatro olimpico" de Palladio, toujours en fonctionnement

le fameux "teatro olimpico" de Palladio, toujours en fonctionnement

et parmi ces dizaines de statues, tout de même un VRAI méchant !

et parmi ces dizaines de statues, tout de même un VRAI méchant !

délicieuse surprise sur la route du retour : une église de Lodi ! assez gothique en ce qui la concerne !

délicieuse surprise sur la route du retour : une église de Lodi ! assez gothique en ce qui la concerne !

un coin assez glauque, censé commémorer la victoire de Marignan ...

un coin assez glauque, censé commémorer la victoire de Marignan ...

façade de la Chartreuse de Pavie : grandiose, non ?

façade de la Chartreuse de Pavie : grandiose, non ?

et les cellules des Chartreux ... qui sont devenus des Cisterciens !

et les cellules des Chartreux ... qui sont devenus des Cisterciens !

un tour à une exposition passionnante sur la bataille de Pavie (pour rétablir l'équilibre)

un tour à une exposition passionnante sur la bataille de Pavie (pour rétablir l'équilibre)

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:30
ça c'est la présentation-dévotion du projet de Palmanova ... mais la peinture est beaucoup plus tardive !

ça c'est la présentation-dévotion du projet de Palmanova ... mais la peinture est beaucoup plus tardive !

voilà ce qu'est devenue Palmanova aujourd'hui : une piste pour excités de la rando !

voilà ce qu'est devenue Palmanova aujourd'hui : une piste pour excités de la rando !

délicatessen ... paléo-chrétienne de Porec, en Istrie !

délicatessen ... paléo-chrétienne de Porec, en Istrie !

un petit air byzantin, n'est-il pas ?

un petit air byzantin, n'est-il pas ?

ah, la danse macabre de la chapelle de Beram !

ah, la danse macabre de la chapelle de Beram !

la chapelle tout entière, d'ailleurs ...

la chapelle tout entière, d'ailleurs ...

un olivier de 1500 ans, quand même !

un olivier de 1500 ans, quand même !

couple usuel : église et campanile

couple usuel : église et campanile

comment utiliser les vieux restes ... à Salona, à côté de Split

comment utiliser les vieux restes ... à Salona, à côté de Split

il faisait chaud, il y avait du monde, à Split !!!

il faisait chaud, il y avait du monde, à Split !!!

ceci est identifié comme un ... vestibule ...

ceci est identifié comme un ... vestibule ...

j'ai vu là-bas des Christs bien plus souffrants que par chez nous .... d'ailleurs celui-ci est logé dans l'ex-mausolée de Dioclétien, qui fut un grand persécuteur de chrétiens !

j'ai vu là-bas des Christs bien plus souffrants que par chez nous .... d'ailleurs celui-ci est logé dans l'ex-mausolée de Dioclétien, qui fut un grand persécuteur de chrétiens !

et toujours ces curieuses pierres trouées .... pour mettre des rideaux ?

et toujours ces curieuses pierres trouées .... pour mettre des rideaux ?

Une des portes du palais de Dioclétien, toujours à Split donc ...

Une des portes du palais de Dioclétien, toujours à Split donc ...

de l'Antique modèle pour la Renaissance et même de l'Egyptien !

de l'Antique modèle pour la Renaissance et même de l'Egyptien !

à Trogir, où même l'art roman copie l'Antiquité et s'approche donc de la Renaissance : quel travail !!!

à Trogir, où même l'art roman copie l'Antiquité et s'approche donc de la Renaissance : quel travail !!!

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
de l'art d'accommoder les restes ... (bis)

de l'art d'accommoder les restes ... (bis)

rarement vu une "mise au tombeau" aussi douloureuse ...

rarement vu une "mise au tombeau" aussi douloureuse ...

sont-y pas mignons, ces petits petons ?

sont-y pas mignons, ces petits petons ?

il suffisait de s'éloigner du circuit ...

il suffisait de s'éloigner du circuit ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
quasiment "palladiesque", n'est-il pas ? à Sibenik, en remontant vers l'Italie ...

quasiment "palladiesque", n'est-il pas ? à Sibenik, en remontant vers l'Italie ...

Renaissance, vous dis-je !

Renaissance, vous dis-je !

au baptistère de Sibenik ...

au baptistère de Sibenik ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
le baptistère de Zadar ... roman, évidemment !

le baptistère de Zadar ... roman, évidemment !

vu de l'intérieur ...

vu de l'intérieur ...

alors ? Antique ? Renaissance ? pas si facile, hein ?

alors ? Antique ? Renaissance ? pas si facile, hein ?

saviez-vous que les Romains ont inventé le bonnet de ski ???

saviez-vous que les Romains ont inventé le bonnet de ski ???

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:00

Kukucs, barátaim !

Ce jour d'hui, je vous propose une série de photos ponctuant un périple qui nous a menés de France en Croatie, via l'Italie du Nord ... et un petit bout de Slovénie à 15 euros, ce qui est quand même une grande arnaque !

Point de long discours donc, mais des images, et encore des images !!!

un plafond Renaissance, frêle et délicat ...

un plafond Renaissance, frêle et délicat ...

le théâtre de Sabbioneta, un temple du trompe-l'oeil ...

le théâtre de Sabbioneta, un temple du trompe-l'oeil ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
dirait-on pas que les personnages peints sont plus réels que les statues ?

dirait-on pas que les personnages peints sont plus réels que les statues ?

avec le temps ... (air bien connu)

avec le temps ... (air bien connu)

l'église de Villa Pasquali, complètement baroque ! (voir chapitres précédents)

l'église de Villa Pasquali, complètement baroque ! (voir chapitres précédents)

quand la Renaissance tourne au maniérisme, au Palazzo Te de Mantoue

quand la Renaissance tourne au maniérisme, au Palazzo Te de Mantoue

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
beaucoup d'attributs Renaissance, là ...

beaucoup d'attributs Renaissance, là ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
la chute des géants (sujet mythologique)

la chute des géants (sujet mythologique)

on n'est pas loin du baroque, là, quand même ...

on n'est pas loin du baroque, là, quand même ...

quand le temps fait oeuvre ...

quand le temps fait oeuvre ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
de la Renaissance plus classique, type "quattrocento" (San Andrea de Alberti à Mantoue)

de la Renaissance plus classique, type "quattrocento" (San Andrea de Alberti à Mantoue)

ah non, là c'est du roman ! (un modeste baptistère de Mantoue qui a survécu à la frénésie de la Renaissance !)

ah non, là c'est du roman ! (un modeste baptistère de Mantoue qui a survécu à la frénésie de la Renaissance !)

la coupole de la Cathédrale de Saint Pierre à Mantoue : quel style ?

la coupole de la Cathédrale de Saint Pierre à Mantoue : quel style ?

et là, de l'antique !

et là, de l'antique !

ah ! la frêlitude de la "vraie" Renaissance ...(Palazzo Ducale de Mantoue)

ah ! la frêlitude de la "vraie" Renaissance ...(Palazzo Ducale de Mantoue)

le plafond de la fameuse "Chambre des époux" de Mantegna : coquin, non ?

le plafond de la fameuse "Chambre des époux" de Mantegna : coquin, non ?

ah les jolies gambettes ! (Mantegna toujours)

ah les jolies gambettes ! (Mantegna toujours)

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 19:14

Jövő városa : voilà le nouveau slogan qui fleurit un peu partout dans Budapest en ces jolis jours de printemps ! Jövő városa, la ville du futur ! Alors, foin des monuments historiques pour cette fois (quoique, comme à chaque visite à Budapest, j'en aie découvert des nouveaux ... mais je crois qu'une vie entière n'y suffirait pas !) et pour cette fois c'est à un tour des nouvelles réalisations que je voudrais vous inviter et, croyez-moi ... il y en a !

LA LIGNE N°4 DU METRO

Ah ! La ligne n°4 ! Combien de fois j'en ai entendu parler pendant mon séjour à Budapest en 2008-2009 ! Le sujet revenait régulièrement sur le tapis, tels une Arlésienne ou un serpent de mer ! Les travaux étaient suspendus, repris, arrêtés, on changeait de concessionnaire, rien n'allait plus, on finissait par ne plus y croire, malgré les palissades interminables qui entouraient certains quartiers. Et puis voilà, ça y était, neuf ans après le début des travaux, seize ans après la naissance du projet, la ligne n°4 existait et elle fut inaugurée il y a un an, en avril 2014 ! Alors on a décidé de l'explorer, station après station, et on n'a pas été déçu, loin de là …

Elle fait la liaison entre deux gares, Keleti au nord et Kelenföld au sud, ce qui, soit dit en passant, laisse mal augurer de l'avenir de notre bonne vieille Déli qui perd grandement de son utilité.

Après avoir acheté un bérlet (abonnement) de 3 jours on a commencé par Fővám tér, une jolie petite place au bout de la rue Váci, tout près du marché couvert (très beau, il faut y entrer !). Suivez-nous dans les entrailles de la n°4 !

entrée Fővám tér

entrée Fővám tér

escalier Fővám tér
escalier Fővám tér

Mais il ne faudrait pas croire que TOUT a changé dans le métro ! On y trouve toujours les mêmes surveillante(s), plutôt âgé(e)s, dont le moins qu'on puisse espérer est qu'ils ou elles ont une riche vie intérieure ! Je dirais même qu'on en trouve plus qu'avant ...

riche vie intérieure
riche vie intérieure

On a ensuite suivi la ligne de station en station, descendant à chaque fois pour admirer les prouesses techniques et architecturales ...

Gellért tér

Gellért tér

Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !

MOSZKVA TÉR les grands travaux

Ah ! Moszkva tér ! D'ailleurs elle ne s'appelle plus comme ça, la chère vieille place, aujourd'hui il faut dire Széll Kálmán tér …. mais combien le disent vraiment, dans la vie de tous les jours, quand on ne fait plus attention ? Moi qui n'ai pas vécu sous la botte communiste j'aimais bien Moszkva tér, ça avait de la gueule, ça faisait « pays de l'est », surtout avec l'allure de sa station de métro. (Pour vous en faire une petite idée vous pouvez vous reporter à l'article intitulé « Inventaire à Moszkva tér ») … Ben non, « ils » ont changé le nom, et maintenant … la plus grande partie de la place n'est plus qu'un vaste chantier : on creuse, on laboure, on bétonne, on déboulonne les rails des tramways … le palmier chétif n'est plus qu'un lointain souvenir, et l'horloge qui servait de lieu de rendez-vous a disparu ...

Budapest ville du futur ! Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !

LA BALEINE

« La Baleine », « bálna » en hongrois, porte bien son nom : c'est une grosse forme douce qui s'étend non loin du Danube et qui semble avoir avalé en partie d'anciens bâtiments des douanes.

Budapest ville du futur !

L'architecte en est le Hollandais Kaas Oosterhuis et dans son ventre elle contient un centre commercial plutôt « chic », une allée de boutiques d'art, de mode, (sans parler des inévitables « bistrots ») mais certains locaux sont toujours inoccupés. Il faut dire que ses débuts ont été un peu difficiles : elle a ouvert en novembre 2013, avec 3 ans de retard, en raison de problèmes financiers obscurs et du coup les investisseurs ne se sont pas précipités quand la situation s'est débloquée. Pourtant elle est plutôt belle telle qu'elle est, et d'une finition très soignée, comme en témoigne le nez des marches qui montent à la salle de spectacles du premier étage ..

Budapest ville du futur !

LE VIIIème

Avant de lire ce passage on est prié de se reporter à l'article « Grands travaux dans le 8ème ». J'y suis allé moi-même et, quoiqu'un peu déçu par la rareté des images, j'y ai retrouvé l'ampleur des démolitions que nous avions constatées il y a maintenant six ans. Qu'en est-il aujourd'hui, pas loin de Corvin tér, lieu de féroces combats en 1956 ? Eh bien c'est grande surprise : à la place des vieilles bâtisses, juste derrière le cinéma, un grand centre commercial et au-delà des immeubles, des « résidences » sans grande originalité, alignées autour d'esplanades proprettes mais sans aucun « état d'âme ». Ce qui m'a encore le plus surpris, dans cette architecture banale, c'est l'emploi de ces horribles balcons en plexiglass, dont on devrait pourtant savoir, par expérience, qu'ils vieillissent si mal ! Mais non, on insiste … A la tête de cet immense complexe, une même société immobilière, Cordia, dont j'aimerais bien savoir qui sont les tenants et les aboutissants. Vite lassés de ces bâtiments qui se ressemblaient tous, nous avons poussé jusqu'aux limites du quartier et bien sûr, là, c'était plus intéressant. On a d'abord découvert le « Grund », nom repris du fameux roman de Molnár Ferenc, « Les enfants de la rue Paul », et qui désignait le terrain vague où deux bandes rivales se confrontaient en des jeux guerriers. L'espace, intégré dans une maison ancienne qui n'a pas été entièrement démolie, accueille des jeux d'enfants et, bien sûr, un « bistrot ». Sur les murs des citations, voire des pages entières, du roman fameux. Un peu plus loin, nouvelle surprise : comme un ilôt de nature, un jardin collaboratif où s'affairaient quelques femmes souriantes. Malheureusement, si l'on en croit les plans du quartier projeté, ce petit jardin, comme dans la chanson de Dutronc, a toutes les chances d'être éphémère... Du coup, on est allé visiter le jardin botanique qui se trouvait à quelques rues de là ...

Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur ! Budapest ville du futur !
Budapest ville du futur !

LE PÁRISI UDVAR racheté par les Qataris pour un hôtel de luxe

Là ça n'a pas encore beaucoup changé : le Párisi udvar est toujours aussi beau, dans sa muette dignité de palais des Mille et une Nuits au Bois Dormant … Mais ça va, ça va puisque les Qataris l'ont racheté pour en faire un hôtel de luxe ! Adieu princes et princesses languides et neurasthéniques, bonjour veaux, vaches et cochons, engraissés au pétrole et au capitalisme le plus épais et le plus gras ! Affaire à suivre donc … tant que les cours ou le capitalisme ne s'effondrent pas !

Budapest ville du futur !
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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 22:55

Le rappel de quelques faits connus de tous :
- le hongrois fait partie des langues dites "agglutinantes" selon certains, "agglutinatives" selon d'autres. C'est-à-dire que sur un mot donné on peut en agglutiner, en "empiler" d'autres, ayant un sens propre ou pas (quelquefois ils servent seulement à indiquer la fonction du mot dans la phrase).
Quelques exemples :
1) "kéz" veut dire "main" ; "kézbesít" veut dire "remettre en mains" ; "kézbesítetlen" veut dire "en souffrance", mot à mot "sans remise en mains"
2) "fagy" (prononcer "fadj") veut dire "gel" et "fagylalttölcsér" (imprononçable de toutes façons) signifie "cornet", à glace probablement
3) "bör" (prononcer beueur, parce que pour l'écrire il faudrait deux traits longs normalement, et pas deux points courts, mais là je ne les ai pas, ce qui fait enrager Ma Douce) veut dire "peau" et "börviszketegség" ... "démangeaison" : convaincu-e ?
4) un dernier pour illustrer les suffixes : "születés", c'est la naissance et "születésnap" le jour de la naissance, soit l'anniversaire. OK ... assez normal jusque là. Là où ça devient intéressant, c'est quand on demande à quelqu'un ce qu'il veut pour son anniversaire : "Mit kérsz születésnapodra ?", od = ton, ra = pour, c'est pas compliqué quand même !

- la Hongrie actuelle, d'un point de vue géologique, est en grande partie un bassin de sédimentation, correspondant à la cuvette hydrologique du Danube

D'autres faits, moins connus :
- sur des vitrines de boutiques, sur des murs de salon, j'ai vu des cartes de la Grande Hongrie, celle d'avant le traité du Trianon, le 4 juin 1920
- quand j'ai demandé à Krisztina, la jeune femme à qui je donne des cours de français, de me citer 3 dates importantes pour elle, elle a répondu :
1) le 15 mars 1848, début du soulèvement contre la domination autrichienne
2) le 23 octobre 1956, début du soulèvement contre la domination soviétique
3) plus classiquement : son anniversaire
Je me suis demandé ce qu'aurait répondu une Française de 25 ans : aurait-elle parlé du 14 juillet 1789 ?
- à Budapest, pas mal de Hongrois sont contraints de vivre dans des appartements assez petits, mais hauts de plafond. Du coup, ils installent les lits à mi-hauteur sur des "galeries", ce que nous on appelle des mezzanines
- dans la cuisine hongroise, il existe plusieurs plats traditionnels, et très consommés, formés de couches empilées les unes sur les autres (cf le fameux "gâteau Gerbaud" !)

- quand tous les horaires de bus et de trams ont changé, un beau jour, on a pu lire pendant des semaines les anciens horaires à côté des nouveaux

- à l'hippodrome de Budapest (cf l'article intitulé"Un dimanche aux courses") les nouvelles tribunes voisinent avec les anciennes, qui avaient été construites quelques mètres en retrait

- un trousseau hongrois normalement constitué compte au minimum 6 ou 7 clefs

Alors ... convaincu(e)(s) ???

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