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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 23:16

Eh bien décidément ça marche bien, mon petit commerce autour du dictionnaire ! Alors pourquoi ne pas continuer, hein ? Seulement cette fois, pour alléger un peu le côté aride de la chose, je vais essayer de vous mettre des photos personnelles en rapport avec chacune des notules glanées ici et là dans ce charmant ouvrage dont je vous rappelle (on n'est jamais trop prudent) les références : "La Hongrie et les Hongrois", dictionnaire abrégé des faits et des croyances, des mythes et des coutumes, par Istvan Bart, publié aux éditions Corvina en 2008 ... voilà ... voilà ...

Et cette fois je commencerai par :

le hussard ! ça vous dit quelque chose, non ? le hussard, symbole de virilité, voire de machisme, ne dit-on pas " à la hussarde", c'est à dire, d'après mon Petit Robert, "brutalement, sans retenue ni délicatesse" ?

D'après Wikipédia le mot huszár viendrait de "husz" qui veut dire "vingt" en hongrois, parce qu'au temps de la guerre contre les Turcs chaque village devait fournir un homme équipé pour vingt manses de terre, et de "ar" qui veut dire "payer". Mais le mot existe dans chaque langue européenne, ce qui démontre le succès remporté à la fois par la tenue et les méthodes de combat de ces soldats très souvent mercenaires. D'ailleurs une autre origine possible du mot (signalée dans Wiktionary cette fois) est le serbe "gusar" qui veut dire "bandit, pirate" ... N'a-t-on pas dit aussi "vivre à la hussarde", c'est à dire de pillage ?

Mais en Hongrie, point de doute, le "hussard" est une gloire nationale ! Et dans beaucoup de festivités on trouve aussi bien des petits hussards :

 

 

 

LA HONGRIE ET LES HONGROIS (3)

que des grands hussards, généralement très sérieux :

LA HONGRIE ET LES HONGROIS (3)

Et après les Hussards, soyons fous, ... les Tziganes ou cigányok !!!

D'après le petit ouvrage auquel je me réfère, les Tsiganes vivent en Hongrie depuis le Moyen Age, et c'est au 18ème siècle qu'apparaît la figure du "Tsigane musicien", que l'on peut encore trouver aujourd'hui dans quelques lieux publics réservés aux touristes. Ceci dit, il nous est arrivé un matin très tôt de croiser une charrette surchargée de musiciens et de chanteurs braillards et souriants, qui revenaient probablement d'une noce dans le voisinage ! D'ailleurs ne dit-on pas cigányozás ("jouer au Tsigane") pour s'amuser, faire la fête dans un restaurant, chanter des chansons populaires, ...? L'image du Tsigane est donc pour le moins ambiguë : si elle a gardé cet aspect romantique de liberté sauvage et non apprivoisée, la représentation actuelle évoque plutôt la misère et la criminalité. Les Tsiganes sont devenus des "suspects au teint basané" selon le langage policier politiquement correct et l'expression "C'est parti sur le chemin des Tsiganes" signifie tout simplement qu'on a avalé de travers !

D'ailleurs, si vous voulez mieux comprendre la façon dont les Tsiganes ont vécu cette décadence sociale, en particulier au "beau temps" du communisme intégral, je ne peux que vous conseiller la lecture d'un livre de Béla Osztojkán, intitulé "Jóska Atyin n'aura personne pour le lui rendre" et édité chez Fayard en 2008. C'est tout bonnement un ouvrage fantastique !!!

Mais je voulais vous parler d'autre chose aussi ... En Hongrie existe une coutume appelée "lomtalanitás", et qui consiste, quartier par quartier, à se débarrasser de tous les encombrants en les empilant devant sa porte sur le trottoir. Et c'est jour (ou nuit) de grande réjouissance pour les Tsiganes, ces rois de la débrouille et du recyclage ! Des brigades entières se répandent dans la ville, cherchant à repérer les tas les plus intéressants, qu'elles s'empressent de s'approprier en campant dessus, l'air farouche, jusqu'à ce qu'une succession de va-et-vient avec fourgonnette, remorque ou même poussette les fasse disparaître peu à peu ...

vers 4 heures du matin, la récup' bat son plein !!!

vers 4 heures du matin, la récup' bat son plein !!!

Enfin, élevons-nous jusqu'à la sacro-sainte figure du "travailleur" ou munkás ! C'est pour lui que la grandiose révolution a déroulé son tapis sanglant, c'est à lui que tout le pouvoir a été théoriquement remis. En réalité les travailleurs hongrois, dont la majorité était des paysans chassés de leurs terres dans les années cinquante, durent s'entasser dans les lakótelep (quartiers d'habitation équivalant à nos "cités") en particulier pour échapper aux nouvelles coopératives de producteurs. Ils n'avaient pas de syndicat indépendant malgré le fait que le Parti, qui avait regagné le pouvoir après la révolution de 1956, essayât de gagner leur faveur, le plus souvent par la terreur... Leur situation était caractérisée par le taux de mortalité terriblement élevé des hommes d'âge moyen travaillant en ville, et qui se tuaient littéralement au travail !

Il n'empêche, l'image du munkás était belle, était forte ...

Bonne journée Mon Chéri, ne rentre pas trop tard !

Bonne journée Mon Chéri, ne rentre pas trop tard !

Et bonne journée à vous aussi, lecteurs de mon cœur !!!

Sziasztok !!!

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Published by Léo - dans ça et là
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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 12:37

Szia everybody !

Alors ? comment allez-vous depuis qu'on ne s'est vus ? depuis les attentats, l'état d'urgence, et tout ce qui s'ensuit ? ben moi, pas si mal en fait, et c'est ce qui me parait vraiment étonnant parfois, ce décalage grandissant entre nos "petites" vies et la folle rumeur du monde qui va jusqu'á l'assourdissement ...

https://www.youtube.com/watch?v=WVKwC-hFqys

Ce soir nous serons à Budapest, et la fille de l'Est est là assise à côté de moi dans le wagon ... Ah ! "La fille de l'Est" ! Combien de fois je l'ai écoutée, cette chanson ... C'était au doux temps de notre rencontre, il y aura neuf ans cet été ... neuf ans déjà !

A l'époque je me dirigeais tout droit vers un deuxième divorce. Je vivais seul dans un deux-pièces dans un quartier plein de kebabs et de boutiques de coiffeurs. Je menais une drôle de vie, ni heureuse ni malheureuse, mais bien décidé en tout cas à résister aux sirènes de l'Amour ... Et puis, et puis la vie avait choisi et je m'étais facilement laissé convaincre ...

Et j'écoutais cette chanson d'Arthur H, pas très bonne j'en conviens, et j'avais du mal à croire que la vie avait enfin choisi le meilleur pour moi, et pourtant ...

Ce soir nous serons à Budapest, et Apu nous accueillera avec son bon sourire et son bleu regard d'enfant. Nous monterons dans sa grosse berline (il y aura un bouquet pour Ma Douce posé sur la banquette arrière) et nous filerons dans la nuit sur de grands boulevards. Arrivés chez lui nous boirons la pálinka de bienvenue, servie dans de petits verres sur un plateau de métal argenté. Apu boit la sienne d'un coup, comme d'habitude, en renversant la tête. Moi, au bout de dix ans, je n'y arrive toujours pas. Alors, pendant que Ma Douce et moi sirotons la nôtre, il s'en sert une deuxième, juste pour ne pas nous laisser boire tout seuls, juste par hospitalité ...

Le lendemain, après une nuit un peu courte, direction Baja où Apu doit passer le relais à Anyu, qui en est bien contente ! A neuf heures du matin il est encore un peu tôt pour la pálinka mais c'est sûr que celle-ci ne saurait tarder ... Après le déjeuner, après la pálinka donc, après un bon boudin hongrois arrosé d'un excellent Villányi, aprés une bonne tranche d'un gros gâteau offert par une cliente d'Anyu, comme il fait un temps magnifique, nous décidons d'aller faire un tour au bord de la Sugovica. Quel calme, quel bonheur tranquille de regarder passer tous ces petits bateaux, tous ces petits vélos, tous ces petits chiens ! de n'avoir rien d'autre à faire que d'admirer le bleu du ciel au-dessus des arbres.

Nous marchons jusqu'au bout, jusqu'à la pointe que forme la rivière en rencontrant le Danube. Il y a là un mémorial dédié á Türr István, un enfant de Baja, grand ingénieur hydraulique de surcroit, qui a participé à des tas de grands travaux dont les canaux de Corinthe et de Panama. Mais le soleil se couche tôt en Hongrie, à cinq heures et demie il fait déjà nuit et à six heures beaucoup de boutiques ferment ...

Un peu plus tard nous retrouvons Apu pour une petite bière et la discussion s'oriente sur l'histoire de la famille et ses vicissitudes. Comme beaucoup d'autres elle a subi un grand choc après la guerre et la mise sous tutelle par le "grand frère" soviétique. Avant tout cela elle était plutôt riche, possédant plusieurs cafés dans la ville de Budapest. Après cela elle ne posséda plus rien. Songez par exemple qu'un grand oncle avocat fut deporté dans la grande plaine du Hortobágy d'où il revint presque aveugle et quasiment invalide. Pendant tout ce temps il travailla pour un paysan qui eut l'extrême bonté de le faire coucher dans un coin du poulailler. Dans l'autre coin vivaient un ci-devant aristocrate ainsi que son épouse. Pour finir il eut la chance, malgré ses mauvais yeux, d'être employé dans une usine de fabrication de sacs en plastique où il faisait des noeuds toute la sainte journée ! Sa femme, qui possédait une petite entreprise de fabrication de palettes de peintre, fut tout heureuse de s'y voir attribuer un poste à la chaîne pour lequel elle posait des ronds de peinture du matin jusques au soir. Un truc que j'ai trouvé étonnant c'est que dans ces conditions Apu n'ait entrepris aucune recherche genéalogique mais non il semble se contenter du roman familial et ce sera la même chose avec Anyu un peu plus tard ... Voila un point qui mérite réflexion surtout quand on sait que la génération suivante, celle de Ma Douce donc, n'hésite pas à se lancer dans ce type de recherche ...

Le soir, après une ou deux pálinkas dont nous avons bien besoin, nous mangeons "à la hongroise" chez Anyu : légumes crus, charcuteries diverses (dont la fameuse kocsonya qui est un assemblage de bouts de porc pris dans la gelée du jus de cuisson), fromages, ... Et vous êtes priés de mettre un peu de tout dans votre assiette d'un seul coup !

Le lendemain Ma Douce avait des choses à faire et j'en ai profité pour lire ("Le dernier des Justes" de André Schwarz-Bart, histoire de me remonter le moral !) et pour commencer à écrire cet article. Le soir de ce deuxième jour à Baja nous sommes allés manger un bon plat de poisson du Danube, ou peut-être même de la Sugovica, chez Sobri, un fameux restaurant situé sur une des îles qui parsèment l'estuaire de la dite rivière. En partant nous avons eu la tristesse d'apprendre la mort du vieux joueur tsigane de cimbalum, tristesse augmentée du fait qu'il était bien difficile de trouver quelqu'un pour prendre la relève ...

Le samedi matin nous sommes partis tôt parce que nous avions 3 heures de route pour rejoindre une petite fête familiale donnée en l'honneur des 70 ans d'Öcsi, un oncle bien sympa. Nous nous sommes retrouvés une quinzaine dans un hôtel "wellness" où nous avons eu droit à un traitement royal : bonne bouffe, bons vins hongrois (sans oublier une pálinka tellement forte qu'elle vous anesthésiait les lèvres) mais aussi spa, jaccuzi, ... pour les amateurs dont je ne fus pas, seule Ma Douce ayant un droit de regard sur mon superbe corps, et encore pas tous les jours ! J'ai vainement cherché le match de rugby France-Irlande à la télé ... Ce fut néanmoins une petite fête très sympa pendant laquelle j'ai encore pu constater à quel point les Hongrois aimaient parler, et surtout raconter des histoires.

Le lendemain dimanche, après un petit déjeuner au soleil sur la terrasse du wellness, et des adieux chaleureux avec ceux qui restaient encore un peu, il était temps de reprendre la voiture d'Anyu pour aller à la gare direction Budapest. Ah ! le train hongrois ! Tout un poème, au moins pour certains troncons ! C'est le cas quand on le prend dans une petite gare au bord du Balaton. On se retrouve dans un compartiment d'autorail bondé, au confort plus que sommaire, et une vapeur humaine recouvre bientôt les vitres tremblottantes ... Après un changement à Székesfehérvár pour un train un peu plus rapide nous sommes enfin arrivés à notre chère Déli, notre gare du Midi ... Je vous passe les retrouvailles avec Apu (mais pas la pálinka !) pour vous amener directement à un concert pour lequel il nous avait pris des places : avez-vous déjà entendu parler de Gyorgy Kurtág ? Moi je connaissais le nom mais pour ce qui est de sa musique ... Eh bien si vous voulez être surpris et désorienté ... je vous la recommande ! Sur scène il y avait une dizaine de musiciens, chacun jouant bizarrement d'un instrument parfois bizarre (à un moment des sirènes d'alerte aérienne se sont mises en action) ; il y avait aussi une cantatrice russe très expressive, qui grimacait autant qu'elle chantait. Ce fut une succession de pièces très courtes le plus souvent et parfois on ne savait pas s'il fallait rire ou pleurer ... en tout cas je n'ai aucune envie d'écouter cela religieusement , comme l'ont fait mes voisins de gauche, et ce monsieur Kurtág m'a plutôt fait l'effet d'un coquin ! Effet qui s'est confirmé à la fin du concert quand il a fait son apparition au balcon, l'air malin comme un singe malgré ses 90 ans ! En somme j'ai bien aimé ... contrairement à Apu qui s'est ensuite gravement interrogé sur le sens qu'il convenait désormais de donner au mot "musique" ... Nous sommes rentrés pas trop tard mais la tête pleine de petites bulles et de questions.

Le lendemain, après une journée un peu vide pour ma part (mais il est vrai qu'une météo un peu crachineuse n'incitait guère à l'activité et que je n'avais pas, moi, tout un tas de rendez-vous à honorer) nous avons décidé de rendre visite à Bálint, notre copain handicapé. Je vous ai déjà parlé de Bálint et de son groupe de musiciens. Heureusement qu'Apu nous a prêté sa voiture parce qu'on l'a vraiment mis au bout du monde, lui et ses semblables ! N'empêche, il était bien content de nous voir et nous avons eu une bonne discussion, enfin surtout Ma Douce, parce que le hongrois dit par Bálint c'est carrément trop pour moi ! Il nous a parlé de sa grand-mère qui lui a cassé le coeur en mourant il y a quatre ans, du regard des gens quelquefois si dur à supporter, de son frère jumeau qui est revenu vivre en Hongrie et qui vient le voir plus souvent, de sa copine qui pique des crises, mais ce n'est pas grave il faut juste attendre que ca passe, de son groupe de musique qui s'est beaucoup renouvelé mais il n'a pas souvent la possibilité de les rejoindre pour répéter à Budapest, de ses colocataires qui se renouvellent également car certains montent au ciel, de son travail à l'atelier qui consiste en ce moment à fixer des embouts dans des flacons en plastique, il faut en faire 50 ou 60 par jour, il ne sait pas trop, et il y a deux chefs, deux femmes, l'une est âgée et sévère, l'autre est jeune et complètement myope et complètement délicieuse, bref on a vraiment bien discuté et vraiment bien rigolé ! Quand on est reparti on a bien vu que la dame de garde n'était pas trop contente qu'on soit resté si longtemps mais on s'en fichait un peu même si Bálint, à cette heure-là, se retrouvait à manger tout seul ... En rentrant en ville Ma Douce m'a dit à quel point elle était contente de conduire à Budapest, et comme elle était heureuse de se sentir à nouveau chez elle ...

Le lendemain nous avons rencontré deux bons amis dans un café, ils nous ont parlé de leurs plans pour restaurer une maison qu'ils viennent d'acheter dans un petit village non loin du Balaton. Je leur ai aussitôt proposé mes services pour reconstruire un mur de clôture en pierres du pays, cela me permettra de ne pas perdre la main et aussi de faire un peu d'exercice, comme Ma Douce me le conseille souvent ! En les quittant j'ai hésité pour aller voir Ingrid la girafe au zoo de Budapest dont je suis le bienheureux parrain. Mais une fois encore une petite pluie fine et pénétrante, jointe à ma paresse naturelle, m'en ont dissuadé ... J'espère qu'elle s'est assagie depuis la dernière fois que je l'ai vue : elle n'arrêtait pas de galoper partout et de mordiller les autres ! Le soir nous avons pris le HÉV (l'équivalent de notre RER) jusqu'à Római Fürdő (les bains romains) pour aller dîner chez des cousins qui nous ont offert une pálinka du tonnerre ! Quelles belles gens ! Et quelle bonne soirée nous avons passée là ! Après le repas nous nous sommes installés au salon où nous avons discuté en sirotant des alcools divers et variés ... Jusqu'à deux heures du matin ... Bon ... Je crois que je vais arrêter là cet article qui est déjà long. J'aurais pu vous parler aussi des menus cadeaux échangés (nous avons distribué peu à peu une véritable collection de fromages francais et, croyez-moi, ils font toujours plaisir !), des travaux qui ont commencé dans Párizsi Udvar grâce aux amis qataris, des boutiques fermées dans Váci utca à cause des loyers trop chers, de bien d'autres choses encore mais pour beaucoup d'entre elles vous pouvez aussi vous reporter à d'autres articles de ce blog ! En tout cas, pour moi, la vie a choisi le meilleur, c'est une certitude !!! Sziasztok ! Szia !

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Published by Léo - dans ça et là
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