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2 septembre 2018 7 02 /09 /septembre /2018 21:04

Voilà pour les visuels ! France - Luxembourg - Allemagne - Tchéquie - Autriche et Hongrie ! Environ 2000 kilomètres en 6 jours ... Et encore on n'a pas visité tout ce qui était prévu sur la carte : la prochaine fois peut-être ?

Moi je vous donne rendez-vous dans pas trop longtemps pour quelques considérations et photos sur :

- Baja la chérie

- le lac Balaton et son arrière-pays

- Budapest la belle

- Veszprém la jolie

- et bien sûr pour vous faire partager notre voyage de retour, ok ?

En attendant, sziasztok !!!

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30 août 2018 4 30 /08 /août /2018 23:37

Avant de nous plonger dans l'antiquité romaine, nous passons rapidement par la petite ville de Hainburg, situé elle aussi au bord du Danube. N'oubliez pas que nous sommes à un endroit tout à fait particulier, aux confins de l'Autriche, de la Slovaquie et de la Hongrie. Nul doute que ce "verrou" a dû revêtir une importance stratégique à toutes les époques, même quand ces pays-là n'existaient pas, ce qui expliquera bientôt la présence d'une garnison romaine aussi importante. Remparts, portes médiévales, ruines d'un château, la ville semble intéressante et, comme souvent, nous nous disons que cela pourrait être bien d'y revenir ...

un bol d'air danubien pour chasser les miasmes d'une nuit trop courte ...

Sur la route de Carnuntum, nous découvrons Deutsch Altenburg, un curieux endroit où une jolie chapelle romane voisine avec une église tout ce qu'il y a de gothique :

 

Mais il est temps de plonger ! Nous commençons par visiter un musée, dit de "Carnuntinum", ce qui ressemble à un diminutif de l'autre. En fait nous comprenons assez vite qu'il s'agit d'une "chambre du trésor" de Carnuntum, dans laquelle sont exposées les plus belles pièces découvertes sur le site.

entrez, cher visiteur, l'Antiquité vous attend !

Un curieux mélange, ce musée ... un côté vieillot, le bâtiment lui-même date de 1904, du temps de François-Joseph, et un côté super-moderne, nouvelles technologies et tout le toutim ...

voilà ce que je qualifierais de "vieillot" ...

mais bien sûr les zoutils numériks étaient aussi mis à contribution ...

Une visite bien sympa dans l'ensemble, d'autant que nous étions seuls dans ce musée et que nous y fûmes fort bien accueillis ! Allez, une dernière petite image avant de partir ...

c'est tout mignon, non ?

Mais il est temps de vous emmener au parc archéologique de Carnuntum ... Il faut quand même savoir, sans verser dans l'exposé historique, que l'endroit eut une importance considérable il y a environ 2000 ans : capitale de la Pannonia sous Trajan, le nombre de ses habitants atteignit 60 000 un peu plus tard et c'est là que Septime Sévère fut proclamé empereur en 193. C'est également à Carnuntum qu'eut lieu, en 308, la Conférence impériale réunissant Dioclétien, Maximien et Valerius afin de remettre un peu d'ordre dans l'empire romain.

Quand on entre dans le bâtiment ultra-moderne du parc, on est d'abord un peu dérouté par un parcours fléché au long duquel on trouve moult innovations technologiques ...

ce mur d'images présente Carnuntum telle qu'elle fut à ses plus belles heures ...

Et puis l'on ressort pour découvrir une immense maquette du site, qui donne une petite idée de l'ampleur qu'il a pu prendre au long du Danube ...

un amphithéâtre de 8 000 places, quand même !

Et puis l'on commence à explorer les maisons qui ont été parfaitement reconstituées, et ce dans leurs moindres détails ! Quel boulot fantastique ! L'amie prof de latin n'en croyait pas ses yeux ! Quel bonheur d'emmener une classe pour une telle visite, se disait-elle, et quel dommage qu'un site pareil n'existe pas en France !!!

Nous avons donc déambulé dans les diverses pièces d'une villa romaine :

A tout seigneur tout honneur ...

Les trois bains différents des thermes romains avaient été intégrés dans une des villas, probablement la plus riche. Nous sommes donc passés du "frigidarium" au "tepidarium" avant de suffoquer dans le "caldarium"... On était tout contents !

Et voici une salle à manger romaine. Bon, on n'est pas chez les pauvres, non plus ! Les Romains mangeaient donc allongés sur ces espèces de banquettes, ils n'avaient pas trop de problèmes de digestion ?

En tout cas, ils faisaient caca, eux aussi ! Mais de manière collective, à la bonne franquette, quoi ! C'est drôle comme c'est devenu l'affaire la plus privée du monde ...

Une pièce importante également : celle où le maître de maison (je n'ai pas entendu parler de "maîtresse") recevait ses clients, réglait des litiges, traitait ses affaires. Il faudra que je redemande à notre amie comment ça s'appelle exactement ...

Dans les moindres détails, vous disais-je ! Dans cette cuisine romaine, seuls les fruits et légumes ne sont pas antiques !

Une découverte fantastique ! Où l'on s'aperçoit que les Romains jouaient aux fléchettes allongés par terre !!! Ah là là ... Trop forts, ces Romains !

Un clin d'oeil pour finir : le graffito (reconstitué lui aussi !) qui figure à droite de la porte fait une blague sur un rétiaire amateur de "poupées nocturnes" ... Trop chauds, ces Romains !

Nous sommes restés environ deux heures dans ce parc et nul doute que nous aurions pu y passer la journée. Un endroit vraiment exceptionnel, à ne pas manquer si vous allez à Vienne, qui n'est qu'à vingt ou trente kilomètres. Et personnellement qui m'a réconcilié un peu avec les Romains dont je n'ai jamais trop apprécié l'art officiel, trop lourd, trop massif à mon goût, sans parler de leur impérialisme sans mesure. Mais là de découvrir, de toucher leur vie quotidienne, c'est sûr qu'ils deviennent plus proches ...

Et croyez-vous que notre journée était finie ! Que nenni ! Il nous restait encore plus de 300 kms pour atteindre Baja, au sud de la Hongrie, où nous devions participer à la grande fête de la soupe au poisson !!

On s'est pourtant octroyé une petite halte à Győr, ville du nord-ouest que nous aimons bien (cf bien plus tôt sur ce blog l'article "Escapade à Győr"). Il y faisait à nouveau très chaud et nous sommes allés d'ombre en ombre, en serpentant à travers tous les travaux qui éventraient les rues ...

là vous devinez l'ombre ... et les travaux !

Et puis 300 kilomètres d'autoroute que nous avons faits d'une traite, sans même nous arrêter pour faire pipi ! Une observation d'ailleurs à ce sujet : en Autriche et en Hongrie il faut acheter une vignette qui vous permet de rouler sur toutes les autoroutes du pays pour un temps donné (1 semaine, 1 mois, ...), en Allemagne les autoroutes sont carrément gratuites, mais en France et en Italie il vous faut payer par tronçons dont on se demande bien parfois qui a calculé le coût ! C'est ça l'Europe ?

Nous sommes arrivés à Baja vers 18h, juste à temps pour l'allumage des chaudrons sur la place principale :

chaque famille, chaque groupe d'amis a "son" chaudron, dans lequel il/elle fait cuire "sa" soupe ...

Eh bien je ne vous dis pas ! Débarquer là-dedans, la foule, la chaleur, le bruit, la fumée au bout d'un voyage de plus de 2000 kms (rien qu'en voiture, je ne compte pas les kms à pied des visites, balades, musées,...), qui a duré 6 jours, il y a de quoi tomber face contre le pavé !

Mais Ma Douce non, fraîche comme une rose, ravigotée par le bon air de sa ville natale, elle était en pleine forme ! L'amie et moi, un peu moins ...

Et encore, ce n'était pas fini ! Le soir, après une bonne assiette de "halászlé" (soupe à la carpe et au poisson-chat : gare aux arêtes !), il nous a fallu assister à un concert de reprises des Beatles, qui n'étaient pas si mauvaises d'ailleurs. Puis marcher encore 2 ou 3 kms dans la foule d'un grand marché artisanal, puis assister au feu d'artifice tiré sur les bords de la Sugovica (et en plus, je n'y avais même pas pensé mais c'était mon 14 juillet à moi !), puis ... puis ... puis dormir enfin ? non, c'est pas possible !!! Si ...

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29 août 2018 3 29 /08 /août /2018 21:54

Nous nous réveillons assez tôt en ce vendredi 13 juillet : même si nous avons sacrifié l'étape à Vienne (pour admirer quelques trésors de l'Art Nouveau) le programme reste chargé !

Nous commençons par une petite balade dans České Budějovice, et bien nous en prend. Presque à la sortie de l'hôtel nous remarquons une église ouverte et nous y entrons, sans rien demander à personne. En fait des hommes sont en train d'installer dans la nef des bancs restaurés et nous profitons de l'occasion pour une visite en bonne et due forme ... Beaucoup de peintures murales, dans le cloître en particulier :

est-ce que vous voyez bien la Vierge qui protège tous les petits n'enfants ?

Beaucoup d'arcades dans cette ville, non seulement autour de la place principale, comme en Italie, mais aussi le long des rues principales et ce n'est pas dommage parce qu'il commence déjà à faire très chaud ...

un petit air de certaines villes d'Italie du nord qui, après tout, n'est pas si loin ...

Après avoir acheté quelques Budweiser dans une supérette locale, histoire de faire des cadeaux à notre arrivée, nous reprenons la route vers le sud et sortons bientôt de Tchéquie. Avant d'arriver à Vienne, que nous sommes de toutes façons obligés de traverser, nous faisons une halte au bord du Danube pour pique-niquer puis une autre pour découvrir le monastère de Klosterneuburg, situé non loin de la capitale autrichienne.

L'abbaye a été fondée en 1134 mais, comme souvent, une grande partie en a été reconstruite aux XVIIIème et XIXème siècles. Donc beaucoup de baroque et de néo-machin, gothique principalement :

du baroque donc ...

beaucoup de baroque ...

et aussi du gothique ... mais pas mal de néo ...

Ce ne fut donc pas une halte inoubliable, d'autant que le billet d'entrée (9 euros) ne nous donna droit qu'à une visite très partielle. La photo intérieure de l'abbaye, par exemple, celle du milieu ci-dessus, a dû être prise à travers une grille qui nous en interdisait l'accès ...  Nous avons pu cependant visiter la salle du trésor, où nous avons découvert quelques merveilles ... en particulier un pluvial (à l'origine manteau destiné à protéger de la pluie, qui est devenu synonyme de "chape") très "Art Nouveau" :

une alliance de l'objet et du style assez surprenante !

En reprenant la voiture nous nous apercevons assez vite qu'en fait nous étions déjà dans la grande banlieue de Vienne ... Au lieu de la session "Art Nouveau" initialement projetée, qui nous aurait pris au moins une journée supplémentaire, et puisque décidément Ma Douce ne peut pas passer par Vienne sans s'arrêter quelque part, elle nous propose, à l'amie prof et à moi, une rapide découverte d'un bâtiment tout à fait étonnant, la KunstHaus construite par un architecte tout à fait délirant, Friedrich Stowasser, plus connu sous le nom d'Hundertwasser.

une vue de la façade côté rue ...

Pour écrire cet article j'ai consulté l'article de Wikipédia consacré à ce monsieur, et on peut dire qu'il a eu une vie aussi riche et mouvementée que son architecture ! Pionnier de l'écologie, il acquiert dans les années 70 372 ha de terres en Nouvelle Zélande où il expérimente des techniques qui deviennent seulement d'actualité : capteurs solaires, filtration par les plantes, toits plantés ... Avant de le quitter laissons-lui la parole : "Il est dit dans la Bible : "remplissez la terre et dominez-la". L'homme moderne a détourné cette pensée et assassiné la terre.C'est à nous maintenant de nous soumettre à la nature, ce qui doit être compris de façon à la fois symbolique et pratique." (1991)

Le contraste est d'autant plus grand avec la suite immédiate du voyage puisque le GPS, pour nous éviter les embouteillages qui s'accumulent du côté de l'aéroport, entreprend de nous faire traverser une zone industrielle digne d'une dystopie hollywoodienne ! C'est grand comme une ville, c'est plein de tours et de tuyaux, c'est laid à en mourir, et ça s'appelle Schwechat. Il y a même un gazomètre qui a été transformé en immeuble d'habitation !

Bien étouffant tout cela et nous sommes bien contents de retrouver un coin de nature du côté de Carnuntum ...

rarement une ruine m'aura paru aussi reposante ...

Ah Carnuntum ! Peut-être l'acmé de ce voyage, en particulier pour l'amie, prof de latin-grec, je vous le rappelle. Mais pour nous aussi, qui ne connaissions pas ce lieu, et qui ne nous attendions certes pas à une telle découverte !

Cela a commencé modestement avec l'arc ci-dessus, perdu dans la campagne déserte d'un soir ... Cela s'est poursuivi laborieusement avec la recherche d'un restaurant ... Dans le premier, à la terrasse bondée, le serveur solitaire eut à peine le temps de nous jeter un coup d’œil affolé ... Nous avons donc pris le temps de faire le tour d'une chapelle avoisinante, bien jolie mais un peu délabrée :

Après avoir mangé, correctement ma foi, dans ce qu'on pourrait appeler sans mépris un "bouiboui autrichien" nous nous sommes dirigés vers le motel où nous avions réussi in extremis à louer une chambre par internet. En effet c'était la première fois (et la dernière heureusement !) que nous n'avions pas réservé à l'avance, à cause des incertitudes pesant sur cette partie de notre périple ... Au bord de la route nous avons découvert ceci :

Nous devions l'apprendre le lendemain, il s'agissait en fait d'un petit amphithéâtre destiné au divertissement des militaires, et dont l'entrée était payante ... Nous y pénétrâmes sans nous poser de questions, et nous y errâmes un moment, seuls, dans la belle lumière du soleil couchant ... Moment de magie ...

Le choc fut d'autant plus rude en découvrant (avec difficulté) le motel qui nous attendait. Un bâtiment complètement impersonnel, une espèce de hangar à dormir situé juste au bord d'une route (normal pour un motel, me direz-vous) qui menait à Bratislava des véhicules innombrables ... C'est un des dilemmes de ce genre de voyage : ou bien vous réservez à l'avance votre séjour, et vous avez le temps de choisir, de lire les avis d'utilisateurs, etc, mais dans ce cas il vous faut obligatoirement arriver à une heure correcte pour être reçus ou bien vous vous fiez à votre bonne étoile et vous commencez à chercher un logis vers 19 h, vous êtes donc plus libre mais c'est "advienne que pourra". C'est le plus souvent ce qu'on avait fait avec Ma Douce dans nos voyages précédents et les mauvaises surprises avaient été rarissimes. Mais là ce fut vraiment la cata ! Le bruit de la circulation quasi incessante, la chaleur sans clim : que faire ? laisser la fenêtre ouverte aux vrombissements mécaniques ou la fermer et baigner dans notre jus toute la nuit ? Par pure charité chrétienne vous n'aurez aucune photo de cet endroit mortel que nous préférons oublier !

 

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26 août 2018 7 26 /08 /août /2018 22:42

Ah quelle bonne nuit nous avons passée, dans ce charmant hôtel non loin du Danube ! Et, cerise sur le gâteau, celui-ci était situé tout près d'un endroit assez étonnant et que tout bon Allemand, j'imagine, se doit de connaître : le Walhalla !

A l'origine, vous le savez peut-être, ce nom désigne dans la mythologie nordique le paradis d'Odin où vont les guerriers morts et valeureux. Louis 1er de Bavière l'a repris vers 1830 pour qualifier le temple néo-dorique qu'il a fait édifier pour abriter les bustes de celles et ceux (mais surtout ceux) qui ont participé à la grandeur de la civilisation allemande. Le voici tel qu'on le découvre au sortir du petit chemin forestier qui y mène :

un vrai Parthénon ... surplombant le Danube !

où l'on devine, entre deux colonnes, la vallée du Danube ...

Parthénon à l'extérieur, certes, puisqu'il a été bâti sur le modèle de ce temple grec, histoire peut-être de démontrer l'immémorialité (ça se dit ça ?) de la culture germanique ? Mais aussi panthéon à l'intérieur, étant donné le foisonnement de héros qu'on y trouve :

quelle mise en scène de la grandeur germanique !

Strauss, Wagner, Kant, Gutenberg, tous les grands classiques sont là depuis 1847 mais s'y sont adjoints quelques petits nouveaux comme Adenauer en 1999, Einstein en 1990 ou encore Brahms en ... 2000 ! N'oublions pas non plus quelques représentantes de la gent féminine : à côté de Marie-Thérèse et de Catherine II on trouve aujourd'hui les bustes de Sophie Scholl (depuis 2003) et d'Edith Stein (depuis 2008). Wikipedia parle d'un total de 129 personnalités représentées mais peut-être d'autres se sont-elles ajoutées depuis la rédaction de l'article ? En tout cas, en se serrant un peu, il reste encore de la place ...

Nous réintégrons notre fidèle coursier, direction la Tchéquie ! Nous traversons un bout de Bavière et encore une fois, devant la multiplicité des pistes cyclables et des panneaux solaires, nous nous disons que la France a un wagon de retard !

Comme nous ne disposons que d'un guide "Europe", l'itinéraire s'avère un peu compliqué ... malgré l'omniprésence d'un GPS. Celui-ci nous indique une route aboutissant à un bac pour traverser un lac, route qui n'est aucunement signalée sur le guide ! Que faire ? Que choisir entre la confiance aveugle dans la technologie moderne et le recours aux bonnes vieilles méthodes ? Est-ce parce que nous ne sommes déjà plus tout jeunes, nous choisissons la deuxième solution ... Mais c'est long, beaucoup plus long que prévu ... Et nous nous interrogeons sur la suite du parcours ...

Après avoir un peu tergiversé nous décidons de maintenir la visite de Český Krumlov, petite ville de Bohême où nous arrivons vers 16h. Et voilà ce que nous découvrons en sortant du parking :

impressionnant, pas vrai ?

Nous réaliserons à la fin de notre visite qu'il s'agit en fait d'une galerie (double s'il faut en croire l'étagement des fenêtres tout en haut) qui part du château pour aller vers un parc ...

Beaucoup de monde à Český Krumlov : la vieille ville est inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, et probablement au catalogue de nombreux tour-opérateurs ... Et bien sûr beaucoup d'Asiatiques qui se photographient sous tous les angles et sous toutes les coutures. Ils semblent d'ailleurs à peu près les seuls à s'obstiner dans le maniement de ces perches à selfie ! Un détail rigolo : quand nous sommes repartis, nous avons côtoyé sur le chemin des témoins de Jéhovah qui tiraient derrière eux leurs stands mobiles, et l'un deux était écrit en caractères chinois ou japonais : bel exemple de pragmatisme !

Le site est vraiment très joli : la ville est nichée dans une boucle de la Vltava et dominée par le château qui la surplombe de l'autre côté de la rivière. C'est aussi la ville natale de la mère d'Egon Schiele qui est venu y causer quelques scandales vers 1910. Comme nous sommes assez fans de ce peintre tortueux, nous dirigeons nos pas vers le musée que la ville lui a consacré ... Plus de 7 euros l'entrée, quand même ! Et puis au final peu d’œuvres de Schiele lui-même, bref sans parler d'arnaque on n'en est quand même pas si loin ... Mais baste et foin de ces considérations mesquines, nous ressortons dans la ville pour en prendre plein les mirettes ...

Là je me permets d'attirer votre attention sur l'art qu'a Ma Douce pour capter les ombres ...

Mais bon, comment vous dire, comment vous montrer la beauté d'un lieu comme Český Krumlov (ou de tout autre lieu, d'ailleurs) ? Modestement je voudrais juste vous donner l'envie d'y aller ... ou, si vraiment vous ne pouvez pas y aller, de rêver un moment sur quelques images absolument au-then-ti-ques !

et voilà une des façades du château ...

Et voilà que nous sommes arrivés au château qui, comme de juste et vu l'heure tardive, n'était plus visitable ... N'importe, nos mirettes furent éblouies par la succession de cours et de couloirs où elles piochèrent ça et là tant de fragments de beauté ...

oh ... juste un fragment parmi d'autres ...

Après nous avons trouvé un chemin qui nous a fait redescendre directement au parking ... en passant sous les arches découvertes à l'arrivée !

Mais avant de partir, encore des toits ...

non mais qu'est-ce que j'ai avec les toits ? vous trouvez ça normal, vous ?

Ne restait plus qu'à rejoindre notre hôtel à České Budějovice, heureusement que ce n'était pas trop loin ! Bon, mais vous savez quoi ? Le nom allemand de la ville, vous le devinez ? ça commence par Bud ... Bud ? Budweis, bien sûr ! Et Budweis, ça vous fait penser à quoi ? Mmmh ...? Vous ne buvez jamais de bière, ma parole ! LA Budweiser, ça ne vous dit donc rien? Eh bien laissez-moi vous dire que déguster une Budweiser à la pression à la terrasse d'un hôtel situé juste en face de l'ancienne brasserie Budweiser à Budějovice ... ça fait partie des petits plaisirs de la vie !!!

Après, mais seulement après, nous sommes allés faire une petite virée nocturne et digestive ...

Bonne nuit, les petits ... !

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25 août 2018 6 25 /08 /août /2018 17:11

Bien différente a été la halte suivante, et bien plus à mon goût, puisque nous sommes retournés à Schwäbisch Hall, c'est à dire au pays des Souabes … Nous avons retrouvé avec grand plaisir le joli pont sur la rivière, la grande rue qui monte vers l'église Saint Michel, les maisons si caractéristiques aux toits si pointus …

Du parvis de Saint Michel nous dominions la grand-place où un marché s'était installé …

un peu moins pointus les toits, le baroque est passé par là ...

La vie semble si douce, si confortable, à Schwäbisch, j'ai bien dit « semble » … en tout cas il n'en a pas toujours été ainsi. Regardez plutôt ce que nous avons trouvé à l'intérieur de l'église :

Vous avez vu l'avare pendu à sa bourse : avis aux amateurs ! Quand on pense qu'il a véritablement existé une époque où les gens croyaient véritablement à tout ça ! La preuve : regardez comme ils se montrent bien sages pour ne pas être punis ...

Édifiant, n'est-il pas ?

Remarquez, les punitions terrestres n'étaient pas bien douces non plus. Regardez plutôt ce que Ma Douce a trouvé dans un musée d'histoire locale qu'elle est allée visiter seule :

Je ne pense pas qu'il y ait eu des fakirs à l'époque... De mon côté j'ai accompagné l'amie prof dans un autre musée, installé dans une église, qui contenait des merveilles de Cranach, Holbein, et d'autres maîtres anciens mais comme Ma Douce n'était pas là, tant pis pour vous, vous n'aurez pas de photos !

Nous reprenons la route avec entrain et ne tardons pas à arriver à une des nouveautés de l'itinéraire, le monastère de GroßCombourg, dite aussi "la Grande Combourg" (cf wikipédia). Il faut préciser qu'il y en a une "Petite" pas très loin, qui servit d'ailleurs d'annexe à la prison de Schwäbisch Hall de 1877 à ... 2015 ! La Grande, de son côté, servit de camp de prisonniers pendant la seconde guerre mondiale, ce qu'on comprend mieux quand on la voit de près :

voilà ce qu'on découvre après une petite grimpette ...

Enceinte fortifiée (comme à Maulbronn), donjon, remparts ... est-ce un monastère ou une forteresse ? Comme bien souvent, les deux à la fois, étant donné l'insécurité des temps d'alors. Et comme bien souvent aussi, une construction qui s'étale sur plusieurs siècles, d'où un certain mélange des genres ...

ici, on pourrait presque parler d'accumulation des genres ...

L'avantage de voyager avec une Douce aux yeux clairs et au sourire charmeur, c'est que cela vous ouvre bien des portes ... Le monastère était pourtant fermé,il n'empêche qu' un gentil monsieur nous a ouvert la porte de l'église principale, nous a donné rendez-vous vingt minutes plus tard puis est reparti en nous enfermant ! Elle est pas belle, la vie ? Nous avons donc pu explorer les lieux tout à notre aise, et nous attarder devant quelques trésors ...

Celui-ci tout d'abord, un lustre du XIIème siècle, d'un périmètre de 15,77 mètres et représentant la Jérusalem céleste. Une pièce magnifique ! 

ou cet autre : un antependium (littéralement : "qui pend" devant l'autel) tout en or et émaux incrustés ! Nous avons pu également admirer une chaire complètement baroque et délirante, où Jésus domine les sept péchés capitaux :

Bien sûr au premier plan, avec son miroir et son paon vous reconnaissez aisément la "vanité" mais l'autre à droite, là, avec son cochon ... une petite idée ?

Au bout des vingt minutes le gentil monsieur revient, il a envie de parler (il parle d'ailleurs un peu le français), il nous explique qu'il a fait le chemin de Saint Jacques en plusieurs fois, qu'il aime la France ... Nous le remercions beaucoup et en partant nous saluons Saint Jean Népomucène, qui est le saint préféré de Ma Douce :

mais on se demande un peu ce qu'il fait là, vu qu'il n'y a ni pont ni rivière !

Et maintenant, sus à la Bavière ! Nous faisons un bon bout d'autoroute et les camions, qui occupent toute la voie de droite, défilent sous nos yeux : HU pour la Hongrie, RO pour la Roumanie, HR pour la Croatie, PL pour la Pologne, BG pour la Bulgarie, CZ pour la Tchéquie, SK pour la Slovaquie, à ne pas confondre avec SLO pour la Slovénie ... toute l'Europe Centrale est au rendez-vous ! ça en fait du monde sur l'autoroute ... et comme d'habitude il y a des travaux ... mais comment faire autrement en Allemagne ? Nous savons déjà, pour être passés par là, qu'on n'avance guère plus vite sur les autres routes, à cause des villes et villages à traverser, à cause des limitations de vitesse imposées à chaque carrefour, alors on prend notre mal en patience ... en admirant les nombreux panneaux solaires !

Nous arrivons quand même à Regensburg (Ratisbonne) en fin d'après-midi. La lumière est douce, les bords du Danube aussi ... Et en parlant du Danube :

Je n'avais pas remarqué ça la première fois qu'on était venus : "Halt deine Donau sauber !". Qu'est-ce que ça pouvait bien vouloir dire ? Je reconnaissais "halt", c'est facile quand on est né dans les années 50 et qu'on a vu tous ces films de guerre : "halt, raus, schnell, papier, ..." ! Je reconnaissais Donau, qui est le nom allemand du Danube, mais le reste, mais le tout ? Heureusement Ma Douce, entre autres qualités, maîtrise un peu le germanique et elle m'expliqua que ce message voulait dire : "Garde ton Danube propre !" Donc pour "halt" c'était un peu raté ... mais pour le reste c'était clair, sauf qu'écrit comme ça sur les berges ça fait un peu tache, non ? Enfin ...

Après nous être fait méchamment éjecter d'un restaurant dont rien n'indiquait qu'il était fermé, et avoir été très gentiment accueillis dans un autre dont tout indiquait qu'il était ouvert, nous prenons la route de Donaustauf, de notre hôtel qui n'est qu'à 10 kms. Une merveille ! Une grande chambre qui donne directement sur un petit jardin ... Je trouve encore assez de forces pour regarder la fin du match Angleterre-Croatie ... jusqu'au bout des prolongations ... et je m'endors très satisfait !

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24 août 2018 5 24 /08 /août /2018 08:28

Nous sommes repartis de Trier en début d'après-midi, pour arriver à Stuttgart en début de soirée. Pas question de s'attarder car là il y avait un impératif majeur : la demi-finale de football entre la France et la Belgique à 19 h … Cela ne nous a pas empêchés de repasser par Speyer, ce qui a permis à notre amie de découvrir sa magnifique église.

j'aime bien ce dépouillement polychrome, pas vous ?

Et une nouvelle surprise : dans la crypte une très belle collection de manuscrits restaurés, dont certains étaient au moins aussi beaux que dans la bibliothèque des archives de Trier, ce qui n'est pas peu dire !

Bon comme j'étais avec 2 filles (une Hongroise + une prof de lettres classiques) je dois avouer que je me sentais un peu seul pour le grand événement sportif de la soirée... C'est pourquoi je n'ai pas pu empêcher un nouvel arrêt à Maulbronn, et grand bien m'en a pris parce que c'est un endroit vraiment étrange et beau ! Imaginez un grand monastère fortifié, avec de hautes maisons traditionnelles à l'intérieur de l'enceinte, et le tout pratiquement désert, étant donné que l'heure de fermeture était déjà dépassée ...

la photographe fut-elle prise d'un malaise soudain ?

 

ah ! elle a retrouvé son équilibre ...

 

fermé de chez fermé, hélas ! (en fait non, j'étais bien content !)

un endroit un peu étrange, vous dis-je ...

et là encore, de très beaux toits ...

Mais les toits, ce n'est pas tout dans la vie, il y a le foot aussi ! Heureusement, pas loin de l'hôtel où nous avions réservé nous avons trouvé une grande buvette (avec beaucoup de bière) en plein air avec écrans géants. Ce qui m'a fait drôle en arrivant c'est qu'il n'y avait que des drapeaux belges … Quelle connexion ou sympathie peut-il y avoir entre l'Allemagne et la Belgique ? Je me le demande encore. Toujours est-il que les gens regardaient le match dans une totale apathie, ne vibrant évidemment pas aux actions d'éclat des Bleus. Du coup je me suis fait discret. On a même profité de la mi-temps pour retourner à l'hôtel pour la seconde mi-temps, loin de cette ambiance un peu délétère … Finalement on a gagné. Mais une question me taraude depuis lors : pourquoi diable cette équipe de France n'est-elle pas mieux aimée ? Parce qu'elle comporte trop de Blacks ? parce qu'elle gagne, même sans vraiment bien jouer ? Il me semble qu'en 1998, c'était aussi le cas et pourtant les regards portés sur elle étaient différents. Mais bon c'était il y a vingt ans, je peux me tromper ...

Mais pourquoi diantre s'arrêter à Stuttgart ? me direz-vous. Là c'est une pure idée de Ma Douce qui, entre autres passions, en a développé une sérieuse pour l'architecture dite « moderne ». Dites-lui gentiment « Corbu » et vous verrez ses beaux yeux s'allumer. Et si vous rajoutez « Bauhaus », ou « Aalto », ou « Marcel Breuer », là vous aurez des chances qu'elle se souvienne de vous …

Bref, sur les hauteurs de Stuttgart, par un beau matin de juillet, nous avons découvert un ensemble de villas « modernes » construites dans les années 30, ça fait comme un lotissement mais en plus joli. En voici la carte :

Vous reconnaîtrez aisément (si vous l'avez déjà vu) le père Le Corbusier en haut avec ses grosses lunettes. Les autres, honnêtement, je n'ai pas trop retenu leurs noms ... Nous avons donc déambulé une petite heure parmi toutes ces maisons dont certaines, franchement, ne donnent pas envie d'y habiter.

franchement vous vous y voyez ? Bon, c'est vrai qu'il y  a des petits jardins de l'autre côté ...

Alors oui, intellectuellement vous pouvez toujours vous dire qu'il était temps de se débarrasser de l'éclectisme, du rococo, du décoratif dont on avait tant abusé au tournant du siècle pour miser sur l'épure, le fonctionnel (Corbu revendiquait l'expression de « machine à habiter ») mais gare à l'outrance, y compris dans le simplisme !

Certaines m'ont paru plus intéressantes dans une recherche de l'équilibre des volumes (dont on peut espérer qu'il a sa répercussion à l'intérieur).

celle-ci a quelque chose d'organique, par exemple ... vous êtes allé à Ronchamp ?

Mais bon, dans l'ensemble ce n'est pas trop mon truc, quoi, en tout cas pas encore …

 

 

 

 

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 18:26

Hé oui, on l'a refait ! Cette année encore notre bonne vieille C3 nous a emmenés jusqu'en Hongrie, via une voie nouvelle, et nous a ramenés en France, via une autre voie ...

L'aller :

Au départ, nous n'étions pas pressés ... C'est pourquoi nous ne sommes pas allés très loin : nous avions décidé de mieux visiter Autun, qui vaut vraiment la peine qu'on s'y arrête. Bien sûr, il y a la cathédrale avec son magnifique portail

the portail of the cathédrale ...

mais aussi le musée Rolin (où nous avons découvert la "Tentation d'Eve", attribuée à Gislebert),

Assez lascive, cette Eve, n'est-il pas ?

des portes romaines de la ville (comme la Porta Nigra de Trêves, mais en plus petit),

En plus petit, mais quand même ...

un temple de Janus (que nous avons trouvé tout près de notre hôtel)

avec Autun en arrière-plan ...

 

et puis, en plus de tout ça, une petite ville où il fait bon se promener dans la douceur du soir ...

Douceur du soir ... petit chemin, où nous mèneras-tu ?

 

Le lendemain, puisque c'était sur notre route, nous avons visité l'église d'Audincourt (non loin de Montbéliard), édifice tout à fait particulier construit entre 1949 et 1951.

l'église, édifiée exprès dans un quartier ouvrier ...

Comme le dit joliment Wikipedia, elle "symbolise les attentes des chrétiens et artistes entre architecture minimaliste, utopie pacifiste et art sacré". Le baptistère et ses vitraux (créés par Jean Bazaine

une ambiance très particulière ...

alors que Fernand Léger a dessiné ceux de la nef, figurant la Passion) sont tout à fait remarquables !

y compris à l'intérieur de l'église ...

Après, cela faisait un moment que nous voulions visiter la "VitraHaus", située à la périphérie de Bâle, à la frontière germano-suisse. Nous l'avions déjà frôlée lors d'un de nos voyages et nous nous étions promis de nous y arrêter un jour, et voilà, le moment était venu ! C'est vraiment un lieu à l'architecture étonnante, comme vous le montrera le lien suivant : https://www.vitra.com/fr-fr/campus/architecture/campus-architecture

En fait il s'agit bien d'une "usine" de production de meubles, et de tout ce qui peut embellir un espace intérieur, augmentée d'un lieu d'exposition tout à fait surprenant (ces boîtes empilées dans tous les sens, présentées dans un des numéros de l'excellente série "Architectures" d'Arte)

étonnant, non ?

et d'autres réalisations architecturales signées Frank Gehry, Zaha Hadid ou encore Renzo Piano, pour ne citer que ceux-là !

un aperçu du site, avec une usine au fond !

 

Et cela me rappelle une discussion récente avec Ma Douce, cependant que nous cheminions dans la chaleur de l'été ... Pourquoi, nous disions-nous, n'y a-t-il pas davantage d'endroits utilitaires ET beaux ? Pourquoi tous ces cubes gris et quasiment identiques pour des usines, des hangars, des entrepôts, et même des grands magasins ? Et corollairement, de quel droit nous impose-t-on toute cette laideur ?

Après il nous fallait trouver une route que nous n'avions pas encore suivie et, après avoir un moment caressé l'idée du Lichtenstein (et de Vaduz, sa capitale), nous avons plus sagement opté pour le lac de Constance, Bodensee en langue indigène. Cela nous a donc amenés insensiblement sur une petite route de montagne au bout de laquelle nous avons trouvé un petit hôtel tout à fait charmant, du côté de Untermettingen ...

Village au fond de la vallée ... (air bien connu)

Le lendemain, direction le lac où nous voulions explorer l'île de Reichenau. On y trouve plusieurs monastères très anciens dont celui de Saint Pierre et Saint Paul, fondé en ... 724 ! Malheureusement nous n'avons pas pu le visiter car on n'y organise que de rares visites guidées pour des groupes à effectif limité. Bien sûr on peut le comprendre, surtout si c'est pour préserver la qualité des fresques mais bon, quand on est "sur le chemin" (et apparemment nous n'étions pas les seuls !) ce n'est pas forcément le plus pratique ... Cela ne nous a pas empêchés de visiter deux autres lieux saints, tout aussi beaux, puis de pique-niquer sous les arbres, au bord d'un parking, avant de reprendre la route ...

dommage que là il ait fallu faire très vite parce qu'il était midi et que ça fermait !
le collage entre les fresques médiévales du fond et le baroque devant, j'adore !!!

Toute petite la route, d'ailleurs, car après Constance nous sommes passés en Suisse où nous avons soigneusement évité les autoroutes. En effet, en Helvétie, il faut s'acquitter de l'achat d'une vignette annuelle (40 francs suisses, soit 38 euros quand même) pour emprunter les autoroutes et autres voies rapides. A l'année ce n'est pas cher mais quand on ne fait que passer ... Des petites routes donc jusqu'à Saint Gallen, ou Saint Gall, où nous voulions visiter, bien sûr, la fameuse bibliothèque du monastère ... fondé en 613 ! Eh bien ... comment dire ? Je crois que somme toute nous fûmes un peu déçus ... un accueil pas très sympa, avec des gens qui semblent "se la péter", beaucoup de chichis (obligation de mettre des pantoufles de feutre pour respecter le parquet, il est vrai magnifique) et puis puis cette fameuse bibliothèque de Saint Gâââll elle ne nous a pas autant impressionnés que cela, pas autant que celle d'Admont en Autriche, que nous avions visitée lors d'un précédent voyage ! Ben oui, qu'est-ce que vous voulez, à force de voir des merveilles, on devient difficile !!! En plus vous n'aurez pas de photos parce qu'il était interdit d'en prendre, les appareils étant carrément confisqués ! Heureusement un petit tour dans l'église de l'abbaye nous a rappelé toute l'intensité noire du baroque ...

Quelle violence ! Quelle épouvante !!!
Carrément flippante, l'abbaye, avec tous ces oiseaux noirs au plafond !!!

 

Puis nous sommes passés aussi vite que nous avons pu en Autriche, qui paraît tout de même beaucoup plus accueillante. Je dis "aussi vite" parce que pour éviter les autoroutes il faut en faire, des détours ! Pour avancer un peu, nous avions choisi la voie rapide vers Innsbruck mais au bout de quelques kilomètres on nous prévint d'une déviation ! Décidément il valait mieux prendre son temps ... Quand vous quittez la vallée, en Autriche, ça monte tout de suite bien raide. Et c'est ainsi qu'au soir nous nous sommes arrêtés dans un nouveau petit village, Saint Anton, qui s'était transformé en station de sports d'hiver : beaucoup d'hôtels, de chalets, et même des tire-fesses !

une jolie petite église du bord de la route ...

Le lendemain, nous avons décidé d'innover en passant par le col du Brenner, vers l'Italie. Très beau, le Brenner, même s'il faut payer une taxe supplémentaire pour l'emprunter ... Nous avons roulé un moment en Italie, en suivant une vallée tranquille puis retour en Autriche où, après Lienz nous avons pris l'autoroute (oui mais la vignette autrichienne ne coûte que 8,90 euros pour 10 jours !) qui nous a amenés à moins de 20 kms de la frontière hongroise. Comme il était un peu tard et que nous n'avions pas envie de rallonger encore le trajet du jour, nous avons décidé de dormir à Körmend, petite ville qui, il faut bien l'avouer, ne présente pas un grand intérêt ... si ce n'est celui d'abriter un des nombreux châteaux de la famille Batthyány, que vous devez probablement connaître, au moins de nom !

Le retour :

Sûrement qu'on est tous comme ça : il y a des noms, dans l'atlas de notre jeunesse, qui nous ont fait rêver plus que d'autres. Eh bien, moi, parmi tous ceux-là, il y avait Maribor ! C'est toujours beau de réaliser un rêve de jeunesse, pas vrai, et c'est donc vers cette ville de Slovénie que nous dirigeâmes nos roues ... Comme nous étions à Baja, il nous fallut un moment pour y arriver : Bátaszék, Pécs que nous contournâmes cette fois sans nous y arrêter, Szigetvár, que nous avions déjà visités, pour passer la frontière croate à Barcs. Et là le sketch ! Le douanier prit nous passeports, tapota sur son clavier, fronça les sourcils, qu'il avait fort épais, et sortit pour référer, comme on dit dans tous les jargons militaires. Il revint avec un chef, qui avait l'air aussi embêté que lui ... Enfin une demoiselle s'approcha de la voiture et me fit remarquer en anglais que mon passeport était périmé depuis plus d'un an ! je le savais, bien sûr, mais nous étions en Europe et je n'aurais jamais pensé (ou alors très peu, "vite fait" comme dirait mon plus jeune fils) que cela pouvait poser un problème ! Eh bien si ! Oh pas grave, le problème, puisqu'il a suffi que je me confonde en plates excuses pour qu'on nous laisse repartir mais quand même Ma Douce n'était pas très contente, c'est le moins qu'on puisse dire !

Ensuite nous avons pris la route n°2, qui longe la frontière jusqu'en Slovénie. Chaude, très chaude même, la n°2 ! Il devait faire pas loin de 40°, et nous n'avions toujours pas la climatisation ! Et puis, interminable avec ça, un village succédant à l'autre pendant une centaine de kilomètres ! Et puis, je ne sais pas, ce n'est pas la première fois que je me fais la réflexion, il y a un côté triste et laid dans ces villages bourrés de maisons pas finies, en briques nues, sûrement pour ne pas payer les impôts ? Nous nous sommes arrêtés un moment (pas assez pour Ma Douce!) dans la ville de Varaždin, qui fut un temps capitale de la Croatie, figurez-vous ! On y trouve un beau château

THE beau château ...

et aussi probablement tout un tas de choses intéressantes que nous ne prîmes pas le temps de voir ... il faut dire que le nom de Maribor me trottait de plus en plus dans la tête ! Bah, nous reviendrons, nous dîmes-nous comme souvent... Puis ce fut la frontière slovène, et une nouvelle remarque sur mon passeport ...

Quelques kilomètres plus loin, nous avons fait une halte à Ptuj, pour faire quelques photos de son gros château. Là encore, sûrement, d'autres choses à voir ... et puis, enfin, enfin, ce fut Maribor !!! Et ... heu ... comment dire ? peut-être que j'avais un peu trop rêvé ? En tout cas, Maribor, sans être moche (quoique dans certains quartiers ...) était loin d'être aussi belle que je l'avais imaginée. Nous avons marché un moment au bord de la Drava, sur laquelle flottaient des cygnes

Les cygnes sur la Drava à Maribor ... (snif !)

puis dans le quartier ancien

ce qui donne ça ... (bouououh ...)
mais aussi ça, avec un Saint Sébastien pas piqué des hannetons !

et puis ... nous sommes repartis ! Pas grave, j'étais bien content d'être venu quand même ...

Direction l'Autriche donc, qui est quasi incontournable entre la France et la Hongrie. Et le fait est que nous apprécions de plus en plus ce pays, dont nous commençons à entrevoir toutes les richesses ! Avant de passer la frontière pourtant nous nous sommes arrêtés dans un hôtel de Dravograd, sur la terrasse duquel nous avons pris notre dîner. Il faut dire que c'était le 10ème anniversaire de notre rencontre et que l'idée de le fêter sur la route, dans un bled de montagne slovène dont nous n'avions jamais entendu parler, nous paraissait on ne peut plus romantique ! Ce romantisme fut encore accentué par un orage soudain et violent, comme il arrive en montagne, et qui nous obligea à déplacer notre table pour être un peu plus à l'abri des bourrasques qui nous encerclaient !!!

Sur la route ... un beau grenier à séchage ...

Retour en Autriche donc, où nous avons fait le plein pour pas cher du tout avant de passer en Italie où les prix sont carrément exorbitants ! Nous avons repris la route de Klagenfurt et de Villach mais dans l'autre sens, c'est d'ailleurs le seul tronçon que nous avons suivi dans les deux sens. Puis nous avons poursuivi vers Arnoldstein pour atteindre Travisio. Eh bien je peux vous dire que la traversée des Alpes, dans ce coin-là, est on ne peut plus cool, ce dont la C3 ne s'est pas plainte, bien sûr !

Et puis un peu plus loin nous avons découvert une petite ville dont nous n'avions jamais entendu parler, Venzone ! Une étonnante ville fortifiée de 3 remparts, avec sa cathédrale, son baptistère abritant une collection de momies, et sa maison communale du 14ème siècle.

Les remparts de Venzone : il y faisait très chaud !!!
Dans la cathédrale, une très émouvante Déploration ...

Le plus étonnant peut-être est que cette ville fut quasiment détruite par un tremblement de terre en 1976 (y compris la cathédrale) et qu'elle fut reconstruite à l'identique grâce au courage et à la ténacité de ses habitants !

Comme si on n'avait pas encore assez chaud on a poursuivi vers le sud, en direction d'Udine; Mais comme il fallait commencer à se diriger vers la France on a coupé vers l'ouest pour prendre l'autoroute à Portogruaro. Et puis, pouf, d'une seule traite jusqu'à Bergame, où nous sommes arrivés vers 18 heures. Là encore, un nom qui me faisait rêver, peut-être à cause de la bergamote ou des "bergamasques" de Paul Verlaine ? Il y a deux villes à Bergame : la basse, plutôt moderne d'après ce que nous avons pu en voir en la traversant, et la haute, ancienne, près de laquelle nous nous empressés de nous garer. Après avoir grimpé une très longue rue en pente nous sommes arrivés dans le centre ancien, où de nombreux panneaux indicateurs permettent de se repérer. Et c'est ainsi qu'au delà d'une grande place , tout près de la cathédrale, nous avons découvert la chapelle Colleoni qui était une des raisons de notre visite ...

voici la façade dans son ensemble ...
et un détail pour que vous ayez une petite idée du boulot !!!

Un grand délire typique de la Renaissance, cette façade !!! on aurait pu rester des heures à observer chaque détail. Bien sûr cela faisait furieusement penser à celle de la Chartreuse de Pavie, et nous ne fûmes pas surpris d'apprendre qu'elles étaient toutes deux des oeuvres du même artiste, Giovanni Antonio Amadeo.

Et puis nous avons fait un grand tour dans la vieille ville en suivant des rues pavées, et en notant au passage nombre de choses étonnantes et belles ...

vous la voyez, la différence avec Maribor ? (re-snif ...)

En regagnant la voiture le long des remparts, nous nous sommes fait la réflexion que Bergame, d'une certaine manière, ressemblait un peu à Pampelune ... C'est ça, quand on voyage, on en arrive à faire des parallèles saisissants !

un petit air de Pampelune, en effet, pour ceux qui connaissent !

Le rêve de Ma Douce c'était d'aller à Vigevano. Après Maribor et Bergame, je pouvais bien lui accorder ça ... Mais pourquoi Vigevano ? Vous avez déjà entendu parler, vous, de ce Vigevano ? Moi pas. Eh bien je peux dire maintenant que ça vaut le coup d'y aller, à Vigevano ! On arrive assez rapidement à une grande place centrale :

La Piazza Ducale, vraiment très grande, et très belle aussi ...

Le Duomo, au fond, est d'époque baroque mais tout le reste date de la Renaissance, du temps de Ludovic Sforza, dit Il Moro. Et c'est sous les arcades de droite qu'on trouve un escalier qui mène au château et à la tour de Bramante. Nous débouchons sur une vaste esplanade entourée de plusieurs bâtiments et comme Ma Douce est une fan absolue de Léonard de Vinci (parfois cette adoration me semble teintée d'un rien de gérontophilie mais comment être jaloux d'un tel génie ?) nous commençons par visiter les écuries qui ont été réalisées d'après ses plans.

ça en jette, pas vrai ?

Ensuite nous visitons une deuxième écurie qui sert de cadre à un musée d'archéologie locale, puis nous arrivons au bâtiment qui abrite le musée Leonardiana. Et devinez à qui il est consacré, ce musée, hein ? hein ? En tout cas une surabondance d'utilisation des "nouvelles technologies" mais d'une manière assez traditionnelle, ce qui entraîne parfois un pesant didactisme. Mais là aussi interdiction de faire des photos !

... sauf de l'extérieur, bien sûr !

Puis nous avons arpenté un long passage couvert qui, il y a des siècles, permettait d'accéder au vieux château, aujourd'hui disparu ...

vraiment long, le passage ... mais couvert !

Puis nous avons crapahuté dans un souterrain sans autre intérêt que celui de sa fraîcheur relative ... Je vais vous dire un truc : c'est que quand Ma Douce visite quelque chose elle le fait vraiment de fond en comble, de A à Z, de long en large et même en travers ! D'ailleurs elle m'a planté là, en train de finir ma pizza, pour retourner photographier un truc qu'on avait eu le malheur de ne pas encore voir ... Bon, j'ai fini ma pizza ...

Et évidemment le temps passe pendant ce temps-là ... Alors comme il fallait qu'on soit en France le même soir, pour cause de baptême le lendemain on a regagné l'autoroute vers Novara et on l'a suivie pratiquement jusqu'à la frontière qu'on a traversée au col de Montgenèvre avant de redescendre sur Briançon ...

une belle image des Alpes, pour se quitter en beauté !

Voilà ... j'espère que vous aurez pris autant de plaisir à suivre ce voyage que nous en avons eu à l'effectuer ... mais ça m'étonnerait ! :)

Sziasztok !!!

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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 08:54

Szia !

Eh bien oui ... comme j'ai constaté, figurez-vous, que le 1er article de même intitulé avait plu ... je me suis dit : Pourquoi pas ? pourquoi ne pas repiquer au truc, et explorer à nouveau, ensemble, ce charmant dictionnaire ?

Voyons voir ...

kadarka vin rouge léger de couleur claire (notre piquette, quoi !) produit non pas dans les régions traditionnellement viticoles (c'est bien ce que je disais !) mais principalement dans la Grande Plaine --> Alföld (ah ... la Grande Plaine, vous connaissez ? on va y revenir ...) Il est appelé "vin de sable" à cause de la terre sur laquelle il est cultivé. On l'utilise pour confectionner des "giclées" --> fröccs (ben voyons!) qui ne seraient pas aussi agréables avec un vin plus lourd.

Alföld littéralement bas pays. Là, je dois dire que l'auteur du dictionnaire est un peu dur. Après une localisation géographique de bon aloi, il énonce toute une série de clichés, du moins c'est ainsi qu'il les appelle : "paysage romantique", "où souffle un vent de liberté infinie", "le petit hameau avec le nid et le couple de cigognes". Il concède néanmoins pour finir que "le caractère des habitants [...] diffère considérablement de ceux de la Transdanubie ---> Dunántúl où la densité de population est nettement supérieure.

Evidemment il y a du vrai et l'on tente bien d'exploiter ce qui pourrait être un atout touristique, tout en conservant les coutumes. Comme en Camargue, par exemple ... Mais ici les gardians ---> csikós ont de longs fouets et les bestiaux de sacrées longues cornes ! J'y suis allé : des ciels magnifiques, une nuit improbable dans une tanya, où nous fûmes reçus par un ours, et où il nous fallut ensuite escalader le lit pour dormir ..., et comment ne pas penser à Petőfi dont l'ombre se déplace, tel un nuage poussé par le vent ...?

fröccs, (essayez de prononcer "frrreueutchtch" ...) Comme vous l'avez deviné, il s'agit d'une onomatopée, où le son dit le sens ... Apparemment c'est une coutume austro-hongroise (mais j'ai vu ça à Venise aussi) que d'ajouter de l'eau gazeuse à du vin léger, blanc ou rouge, et plus pour se désaltérer. Il existe différentes variétés suivant les proportions de vin et d'eau : la petite giclée, la grande, le long pas ... et le concierge !

Pour finir, un peu d'histoire ...

Millenium, a. Millénaire, le. Celui de 1896, bien sûr, qui célébrait le 1000ème anniversaire de la conquête de la Hongrie (ah si vous saviez ! quelle histoire !). Tous les Hongrois savent de quoi il s'agit car c'est le souvenir d'une époque prospère, où tous les espoirs étaient encore permis ... On fit moult célébrations, moult expositions et moult démolitions et constructions, en particulier à Budapest, un peu à la Haussmann ...

Allez, je vous laisse ... jusqu'à la prochaine fois !

Szia !

 

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 23:12

Ne vous inquiétez pas ! Il ne s'agit pas ici de vous faire subir un exposé sérieux et complet sur le sujet, ce dont je serais bien incapable ! En fait il s'agit de vous présenter un livre qu'on m'a offert, et dont la page de couverture annonce :

 Les mots-clés de l'histoire et de la vie quotidienne

 DICTIONNAIRE ABREGE

des faits et des croyances, des mythes et des coutumes par

 ISTVÁN BART

et qui a été publié aux éditions Corvina en 2008.

Un dictionnaire donc, et forcément une lecture pas facile quand on ne sait pas exactement ce qu'on veut chercher ! Quelles portes choisir pour "entrer" dans une culture, et surtout comment se nomment-elles ... puisque tous les mots dudit dictionnaire sont des mots hongrois ? La solution est bien sûr de picorer d'un  mot à  l'autre, en s'aidant des quelques connaissances que l'on a déjà. On est encouragé par le fait qu'il y a souvent un ou plusieurs renvois dans un article. Pour un peu on se croirait sur le ouèbe ! Voici quelques-unes de mes découvertes.

A peu près au milieu (page 94) je suis tombé sur :

köztársaság, république : l'actuelle république de Hongrie, établie en1989, est la troisième dans l'histoire du pays. La première fut déclarée pendant la révolution de 1918 (-->forradalom, 1918) et la seconde en 1946... la République de 1918 fut suivie six mois plus tard de la République des Conseils ( -->Tanácsköztársaság) et la république de 1946 fut renversée trois ans plus tard par la didacture dite République du peuple. Entre les deux  républiques, il y a eu une monarchie sans roi avec Miklós Horthy (le dernier amiral de la marine austro-hongroise) comme chef de l'Etat, assumant la fonction de Gouverneur.

Voilà, je vous ai recopié (presque) tout l'article pour que vous vous fassiez une idée. Comme vous voyez, c'est simple (peut-être trop ?), clair, et il y a deux renvois pour le même article. Pour ceux que l'histoire intéresse ... et j'en fais d'ailleurs partie, surtout en ce qui concerne la Hongrie, où elle semble avoir tant d'importance !

Le mot forradalom, révolution, par exemple, qui désigne celles de 1848, de 1918 et de 1956, est une bonne "entrée" dans la mentalité hongroise ...

Mais allons à :

kiskapu, petit portail : deux portails s'ouvrent sur les cours des maisons villageoises, l'un, haut et large, pour les carrioles, ("le grand portail"), l'autre, plus étroit et plus bas, pour les piétons ("le petit portail"). C'est la source de la sagesse populaire selon laquelle, à proximité de tout "grand portail" légal, il doit y avoir un "petit portail" correspondant par lequel, grâce à un avocat habile ou à des relations, on peut passer quand le"grand portail" n'est pas praticable. Ainsi, dénicher un "petit portail" dans la loi ... n'est pas considéré comme une irrégularité mais comme une chance.

Et il faut bien dire également que ce genre de pratique a été fortement encouragé par le système socialiste où la recherche de passe-droit était devenu un sport national et quasiment obligatoire !

et terminons avec un verre de :

pálinka, eau-de-vie : quand vient l'automne, dans (presque) toutes les maisons de (presque) tous les villages de Hongrie, quelques litres d'eau-de-vie maison sont distillés, pour lesquels des taxes sont payées ou non. C'est l'élément incontournable d'un accueil chaleureux. On a plaisir à la boire par un froid matin d'hiver ou à la prendre pour une rage de dents ou des maux de ventre et ses grandes qualités antiseptiques sont très appréciées. Le type le plus courant, ironiquement appelé kerítésszaggató ("briseur de clôtures"), est composé de toutes sortes de fruits tombés des arbres ... Il existe un dicton selon lequel " le paysan boit de la pálinka le matin, l'homme du monde le midi et l'idiot la nuit".

Ajoutons que les "vrais hommes" (comme mon beau-père) boivent leur petit verre de pálinka en une seule  fois, en rejetant violemment la tête en arrière. Pour ma part, je me contente de siroter, en arrondissant des yeux admiratifs.

Voilà, ce sera tout pour cette fois ! C'était juste pour vous signaler l'existence de ce livre, et vous donner un aperçu de son contenu. Et puis pour parler un peu de la Hongrie, aussi ...

Sziasztok !

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 22:52

Sziasztok !

"Vegyes" en hongrois, ça veut dire "mélangé", composite, fait de choses et d'autres ...

par exemple, ça, c'est une "vegyes bolt", c'est-à-dire une boutique où l'on vend de (presque) tout !

par exemple, ça, c'est une "vegyes bolt", c'est-à-dire une boutique où l'on vend de (presque) tout !

et c'est bien ce que cet article va être, un mélange de petits faits et de réflexions, glanés ici et là lors d'un nouveau séjour en Hongrie à l'occasion du 70ème anniversaire de "Anyós", c'est à dire de belle-maman ...

L'anniversaire d'Anyós :

Ah Anyós, ou Anyu comme l'appellent ses enfants, elle en a de la chance d'être aimée à ce point ! Figurez-vous que pour son 70ème anniversaire Ma Douce, son frère et sa sœur lui avaient préparé une surprise de 1ère catégorie : ils ont carrément loué un wagon du "train des enfants" (appelé Gyermekvasút en hongrois) dont je vous ai déjà parlé dans un article précédent (voir "Dans les collines de Buda"). Créé en 1948 il s'agit là d'une survivance curieuse de la période communiste où il s'agissait dès le plus jeune âge d'intégrer les valeurs de rigueur et de travail bien fait, et c'était un honneur que de pouvoir participer à son fonctionnement. Aujourd'hui, dans la mesure où il traverse les collines de Buda c'est un itinéraire conseillé aux touristes, propre à découvrir le panorama sur Budapest ...

Quand on est arrivé au terminus d'Hűvösvölgy pour prendre livraison du wagon ça s'annonçait plutôt mal ... Après quelques recherches dans un dépôt désert, mais sévèrement gardé par des chiens, on a fini par trouver une porte grillagée à laquelle on a frappé. On nous a dit d'entrer et on a découvert 3 personnes posées devant leurs bières, et qui manifestement n'avaient pas trop envie de bouger de là ...Il faut dire qu'on était samedi, qu'il était presque 15h et que le week-end était déjà entamé ... Finalement, après quelques explications, on est tous sorti sur les voies et on nous a montré ... ça !

 

hé oui, c'est bien votre serviteur qui vous accueille à la porte !

hé oui, c'est bien votre serviteur qui vous accueille à la porte !

C'est sûr que ce n'était pas l'Orient Express qu'on nous proposait là ! Mais quand on a découvert l'intérieur on a été plutôt rassuré : c'était "vintage" à souhait, probablement que rien n'avait été changé depuis 1948, même pas les 2 étagères vitrées et poussiéreuses contenant des collections de minéraux ! On a tout installé vite fait : les boissons, les gâteaux, les décorations, et puis une locomotive est venu nous prendre pour nous emmener à Hűvösvölgy, la gare de départ, et puis les invités sont arrivés et puis, bonne dernière, Anyós, accrochée au bras de son grand fils, dont les yeux se sont arrondis en découvrant le train. Il faut dire que pendant des années elle avait travaillé pour la M.A.V., qui est la SNCF hongroise ...

Alors, tout en cheminant parmi les collines de Buda, on a bu et mangé, on a ri et chanté, on s'est demandé et donné des nouvelles et on a souri, bref, c'était vachement sympa ! Pour les enfants qui étaient là, un vrai bonheur que d'avoir tout un wagon à soi, par les fenêtres duquel ils pouvaient faire fièrement coucou à des passants médusés !

Et puis on est arrivé au terminus de Széchenyihegy, à l'autre bout de la voie, où on est resté une demi-heure, le temps que le train suivant vienne nous chercher. Cela m'a laissé le temps de faire une curieuse découverte. J'étais dehors, en train de fumer une cigarette, quand j'ai vu arriver un petit groupe conduit par ce qui ressemblait à un chef de gare. Casquette vissée sur la tête, clope au bec, il était tout petit et marchait d'un petit pas pressé ... Un des invités de la fête, qui faisait partie du groupe, m'a fait signe de suivre le mouvement. Un peu plus loin, on est arrivé à une espèce de bâtiment carré qui abritait un poste d'aiguillage, avec de grandes manettes à roues dentées. Le petit chef s'est bientôt évertué sur un téléphone avec une manivelle qu'il s'est mis à tourner comme un fou sans que cela produise le moindre résultat : ma parole il n'y avait que dans les films sur la deuxième guerre mondiale que j'avais vu ça !

Et puis la nuit est arrivée, elle arrive vite en Hongrie, alors on s'est embrassé et séparé, on est remonté dans nos petites voitures et on a regagné la ville ...

Une expo au Vigadó :

Un matin, avec Após, que ses enfants appellent Apu, (vous aurez compris j'espère qu'il s'agit cette fois de "beau-papa"), on a décidé d'aller au Vigadó pour voir une expo ...

Le Vigadó c'est vraiment un endroit impressionnant, immense et très beau, presque "trop". Quand on entre là, on est soufflé par les dorures, les marbres, les décorations qui se bousculent pour vous chavirer l'œil...

voilà ! ça c'est le grand escalier du Vigadó !

voilà ! ça c'est le grand escalier du Vigadó !

et ça, c'est le petit, un genre d'escalier de service, quoi !

et ça, c'est le petit, un genre d'escalier de service, quoi !

Après nous être baladés un peu partout, après en avoir bien pris plein les mirettes de toute cette splendeur, nous sommes donc allés voir cette expo. Il s'agissait de découvrir l'œuvre d'un certain Prutkay Péter, né en 1947 à Budapest, toujours vivant, dont je n'avais fichtre jamais entendu parler ...

Dans la 1ère salle figuraient quelques gravures, dont certaines m'ont paru très intéressantes :

on sent déjà poindre une certaine ironie ... non ?

on sent déjà poindre une certaine ironie ... non ?

Dans la très grande salle suivante une série d'"objets", c'est ainsi qu'ils sont identifiés, et qu'on pourrait assimiler à des collages en 3 dimensions. Je vous en ai fait une toute petite sélection parmi les quelques dizaines qui y étaient présentées :

 

Un article "vegyes" ...

Celui-ci tout d'abord, qui pourrait faire penser à une collection de médailles, ou à un arbre généalogique ...Sur la rangée inférieure, sur la plaque en 2ème position à partir de la gauche, est écrit "Nem ! Nem ! Soha !" ce qui veut dire "Non ! Non ! Jamais !", cri de refus du traité de Trianon et de ses désastreuses conséquences, le territoire de la Hongrie ayant été de ce fait amputé des deux tiers ... La légende indique qu'il s'agit d'un artefact archéologique, ce qui me fait furieusement penser à un article intitulé "Empilement et sédimentation" qui est paru dans ce blog ...

Cet autre ...

A la mémoire des informateurs ...

A la mémoire des informateurs ...

Un peu grinçant, n'est-ce pas ? Les informateurs, bien sûr, ce sont ceux qui prêtaient main forte aux services de sûreté de l'État, les "indics" du pouvoir ... Dans cette composition harmonieusement symétrique vous pouvez trouver tous les moyens utilisés pour ce faire : les yeux qui guettent par le trou de la serrure, les oreilles, le téléphone, la machine à écrire. En bas une plaque de récompense où figurent l'étoile rouge et l'inscription "Jó munkáért", ce qui signifie "Pour le bon travail" ..., scellée de la date de l'année fatidique, 1956 ...

Et enfin celui-ci :

le "match du siècle" !!!

le "match du siècle" !!!

On n'a pas pu s'empêcher, avec Após, de regarder les 6 buts de l'équipe nationale hongroise, emmenée par l'immense Puskás, et il y en avait de superbes, croyez-moi ! Ah, on devait avoir l'air fin, serrés l'un contre l'autre, nos yeux rivés sur le minuscule écran, au milieu de cette grande salle toute vide ! N'empêche, c'était un bon moment ... et une exposition très intéressante aussi, qu'en dites-vous ? Je précise pour finir que ces quelques photos n'ont pas été prises dans la salle d'exposition, mais sur le catalogue, édité par la Magyar Művészeti Akadémia (MMA 2017)

Retour à Déli :

Ah, pourquoi est-ce que je vous impose ça ? Déli, c'est Déli pályaudvar, la gare du Midi, qui est moche comme tout, mais que moi j'aime beaucoup, je ne sais pas pourquoi ... On parle depuis longtemps de la démolir, cette pauvre Déli et beaucoup de travaux ont été réalisés à Kelenföld, qui est censée la remplacer. Et puis aux dernières nouvelles, non, on va la garder ... mais ça n'arrête pas de changer ! Moi j'y suis retourné par une après-midi bien grise et j'y ai trouvé comme un mélange d'affairement et d'abandon ...

Un article "vegyes" ...

ça c'est l'esplanade en contrebas de Déli ... Il y a une dizaine d'années, quand je vivais à Budapest, c'était un vrai petit centre commercial où toutes les boutiques étaient ouvertes ... combien le sont encore aujourd'hui ?

Un article "vegyes" ...

et ça c'est le tableau des trains au départ et à l'arrivée ... on voit donc que ça bouge encore à Déli ! Pendant la petite heure durant laquelle j'ai tourné dans la gare il y a au moins 2 trains qui sont arrivés et 3 autres qui sont partis, allons il y a encore de l'espoir pour Déli !!!

Et pour finir ... un trousseau de clés !

alors il y a un machin bleu  qui permet de se servir de l'ascenseur. Ensuite, et dans l'ordre des aiguilles d'une montre :

- la clé qui sert à ouvrir la porte du vestibule, qui est commun à l'appartement d'Após et à celui de sa voisine

- deux clés qui servent à ouvrir la grille en fer qui protège la porte de l'appartement

- la clé qui sert à faire tourner la barre en fer sur toute la largeur de la porte

- deux clés qui servent à ouvrir la porte elle-même (c'est bizarre, il devrait y en avoir trois, il en a peut-être perdu une ?)

- en haut, regroupées, la clé de la boîte aux lettres, celle de la cave, et deux ou trois autres dont il ne sait plus à quoi elles servent mais qu'il est toujours bon d'avoir dans la poche ...

Moralité : quand vous habitez en Hongrie, essayez de ne pas oublier le parapluie avant de sortir et de fermer toutes les serrures, et tant pis pour vous si vous avez trop envie de faire pipi en rentrant chez vous !!!

Sziasztok !

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