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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 17:09

Hello mindenkinek !

(Faut pas croire ... je progresse en hongrois !)

Alors vous avez peut-être déjà lu 2 articles de ce blog s'intitulant : 1) "Inventaire à Moszkva tér", 2) "Budapest ville du futur" ?

Sinon je vous invite à le faire sans délai, pour avoir une meilleure idée de ce qui va suivre ...

Or donc, autrefois, il n'y a guère, existait à Budapest une place très importante appelée "Moszkva tér" ... Vous vous doutez bien que le nom n'était pas innocent, et rappelait à celles et ceux qui étaient assez âgé(e)s pour s'en souvenir (et même aux autres) les temps douloureux où le "Grand Frère" se penchait avec bonhomie et férocité (ça dépendait des moments) sur la petite nation hongroise, qui avait régulièrement tendance à n'en faire qu'à sa tête ... (vous pouvez lire également un autre article du même blog intitulé cette fois : "Budapest ... octobre 1956", ce qui vous montre que ledit blog est quand même d'une cohérence redoutable !)

Malgré l'effacement progressif d'un grand nombre de noms rappelant cette époque, et en premier lieu tout ce qui commençait par "Stal" ou "Lén"et finissait par "ine", le nom de Moszkva tér est resté assez longtemps, en tout cas elle s'appelait toujours ainsi en 2008-2009, année que j'ai passée en Hongrie aux côtés de Ma Douce ...

En effet ce n'est qu'en 2011 que la place a été rebaptisée du doux nom de Széll Kálmán, ancien premier ministre hongrois, et c'était déjà ainsi en ... 1929 ! Comme vous le savez sûrement, en Hongrie le passé n'est jamais très loin, sinon (re)lisez l'article "Empilement et sédimentation" ... On peut se demander pourquoi on a tant tardé, et pourquoi aussi beaucoup de Budapestois continuent au moins à employer les deux noms ... malgré toutes leurs fibres patriotiques ! Peut-être que, comme moi, ils étaient attachés à cette place anti-touristique au possible, mais ô combien indispensable dans la "vraie" vie de la cité ?

D'ailleurs, en faisant quelques recherches sur internet pour être sûr (autant que possible) de ne pas vous dire de bêtises, j'ai découvert qu'un film portant le nom de cette place avait été réalisé en 2001, et qu'il est visible sur youtube en suivant le lien : https://www.youtube.com/watch?v=8lPrF4aotPE Malheureusement il n'est pas sous-titré ... mais les premières images vous donneront une idée de ce qu'était cette place, avec son horloge carrée, ses tramways, et sa station de métro ...

Alors, qu'en est-il aujourd'hui ? Bien sûr la station de métro est toujours là, même si, bien sûr, elle a changé de nom :

Classée, et donc intouchable ...

Classée, et donc intouchable ...

L'intérieur de la station, lui, n'a pas trop changé. Peut-être est-il plus spacieux et lumineux, mais il faut toujours autant s'armer de courage pour affronter les monstrueux escaliers roulants qui semblent vouloir vous emmener dans les entrailles de la Terre ...

sans parler d'une bonne écharpe pour les courants d'air de l'hiver !

sans parler d'une bonne écharpe pour les courants d'air de l'hiver !

Le "Grec", lui aussi, a miraculeusement survécu, peut-être parce qu'il est situé juste en bordure de la place ? J'y allais manger autrefois, quand j'en avais assez du Chinois de la rue Csaba ...

Gyros = sandwich grec, il l'a échappé belle !

Gyros = sandwich grec, il l'a échappé belle !

En dehors de ces deux institutions, tout a changé, ou presque ... Disparue, la vieille horloge carrée sous laquelle les amoureux se donnaient rendez-vous, exit le palmier souffreteux, qui a probablement fini de souffrir des hivers rigoureux, démoli le petit bistrot un peu louche où on pouvait faire un billard jusqu'au petit matin, envolée la statue symbolique (mais de quoi ?) moitié-flamme et moitié-fleur ...

comment voulez-vous vous donner rendez-vous SOUS une horloge pareille ?

comment voulez-vous vous donner rendez-vous SOUS une horloge pareille ?

Qu'en est-il aujourd'hui ? Széll Kálmán tér est resté un "nœud de communication", pas de doute si l'on voit tous les bus, trolleys et tramways qui y circulent ... et tous les passagers qui s'y croisent dans tous les sens !

pour vous donner une petite idée de l'intensité du trafic, et encore tout n'est pas indiqué !

pour vous donner une petite idée de l'intensité du trafic, et encore tout n'est pas indiqué !

Mais tout ceci se fait maintenant dans un ordre nouveau, chacun(e) allant son chemin au milieu de bâtiments modernes et d'arbres qui ne demandent qu'à grandir ... Fini le bazar de Moszkva, avec ses buveurs impénitents de bibine à deux sous, ses vendeuses de colifichets, de petits bouquets, de portefeuilles en faux cuir et autres babioles, ses amoureux transis avec des poèmes plein la tête ... Tout est désormais bien propre, nettoyé, et pour ainsi dire aseptisé... Circulez ! il n'y a plus grand-chose à voir ... place Széll Kálmán !!!

Sziasztok !

on canalise par un escalier roulant ... et ça marche !

on canalise par un escalier roulant ... et ça marche !

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 10:29

Après avoir fait la réservation d'un logement pour le soir sur booking.com, nous avons repris la route en direction de l'Allemagne et de Trier, que nous autres appelons Trèves, où nous sommes arrivés trop tard pour visiter quoi que ce soit. Il faut dire (mais nous le savions déjà : voir articles précédents!) que la circulation n'est pas toujours aisée en Allemagne : ou bien vous choisissez l'autoroute, régulièrement encombrée de travaux et saturée de camions (un peu plus tard nous avons réussi à capter une radio où on débitait une liste d'embouteillages divers d'un ton parfaitement blasé) ou bien vous optez pour les routes plus petites, encombrées de villages, de tracteurs et de limitations de vitesse … Nous avons fait un tour dans la ville, quelques courses pour manger le soir dans le home réservé à quelques kilomètres de là. Nous sommes arrivés à la nuit tombée dans un quartier résidentiel où nous avons fini par dénicher l'adresse indiquée : aucune lumière, pas de réaction au coup de sonnette, répondeur au numéro donné … on a commencé à se sentir mal … allions-nous être obligés de chercher un autre logement ? À cette heure ? Assis sur les marches de l'escalier, on a donc téléphoné à booking.com à Paris pour leur signaler le problème. Une gentille dame devait avoir un autre numéro à joindre car au bout de quelques minutes la porte s'est ouverte et le propriétaire est apparu et nous a expliqué qu'ils étaient en train de jouer aux cartes dans le jardin de l'autre côté et qu'ils n'avaient rien entendu ! Bon … un peu léger quand même ! Mais on a fait des sourires en disant que ce n'était pas grave … d'ailleurs le proprio n'avait visiblement qu'une hâte, c'était d'empocher son billet de 50 euros ! Nous avons dîné de chou en conserve (à déconseiller si vous devez dormir dans la même pièce!) et d'un vin local dont je préfère vous taire le nom …

Le lendemain nous avons commencé une visite approfondie de Trier et, croyez-moi, cela en vaut le coup ! D'abord, la Porta Nigra, imposant vestige romain, qui était une des trois portes de la ville, du temps de l'empire du même nom. Incroyable qu'une église complète ait été bâtie dessus, c'est pourtant ce que montrent quelques colonnes formant triforium et ayant échappé à la destruction.

les restes du triforium, ce sont les minces colonnes sur la deuxième tour

les restes du triforium, ce sont les minces colonnes sur la deuxième tour

Après nous être rapprochés du centre (et nous être garés à nouveau dans un parking souterrain : attention, dans les villes allemandes, beaucoup de places sont réservées aux résidents!) nous sommes tombés en arrêt devant un splendide palais rococo dont nous n'avons pas pu visiter l'intérieur en raison de travaux. Le curieux, dans l'affaire, c'est que ce bâtiment du 18ème est collé contre la basilique de Constantin qui, elle, date du 3ème - 4ème siècle ! Aujourd'hui on pinaille, on chochote pour intégrer le nouveau à l'ancien mais il fut une époque où l'on faisait fi de ce genre de scrupules !

hein ? qu'est-ce que vous dites de ça ?

hein ? qu'est-ce que vous dites de ça ?

Immense, la basilique … d'ailleurs elle servait de salle du trône impérial et pour montrer leurs biscottos les Romains n'hésitaient pas devant la démesure … Là encore une petite surprise : un monsieur s'est mis au micro et s'est mis à lire l'Evangile, accompagné par quelques mesures d'orgue … Ne jamais bouder son plaisir …

vous le voyez, le petit monsieur ?

vous le voyez, le petit monsieur ?

Décidés à visiter Trier de fond en comble, nous avons poursuivi par la visite de la cathédrale (que les Allemands appellent « Dom », je ne sais pas pourquoi) où nous en avons pris plein les yeux d'un mélange exubérant de tous les styles : des merveilles de plafond, de marqueteries, de statues, d'autels débordants d'angelots et de saints lascifs ou torturés, des orgues dont le « cul » (pardonnez le mot mais je n'en vois pas d'autre!) ressemblait vraiment à une montgolfière …

le "cul" des orgues vu d'en dessous !

le "cul" des orgues vu d'en dessous !

Pratiquement collée à la cathédrale, il y a une autre église assez curieuse au plan presque circulaire, et qui partage un cloître avec sa glorieuse voisine. Malgré la chaleur qui nous attendait à la sortie, nous sommes allés jusqu'aux archives de la ville qui contenaient une exposition d'incunables et de codex, je ne vous dis que ça ! Des manuscrits superbement enluminés, et pour les débuts de l'imprimerie une grosse bible de Gutenberg himself …

le "dom" + l'église jumelée à côté

le "dom" + l'église jumelée à côté

Toujours pas rassasiés, nous avons poussé jusqu'au musée régional où nous avons pu constater l'importance du passé antique de Trier : songez que cette ville, à une époque, était la capitale d'un empire s'étendant de l'Afrique du nord jusqu'aux îles Britanniques ! Une collection de tombeaux grands comme des maisons, des fresques, des mosaïques … bref, tout l'attirail romain ! Et une dernière surprise avant de quitter la ville : nous avons découvert que Trier abritait la maison natale de ce bon vieux Karl Marx, devant laquelle je me suis fait photographier, poing levé et mine farouche ! Plutôt cossue la maison, d'ailleurs …

une sculpture romaine de 4 mètres de long, au moins ...

une sculpture romaine de 4 mètres de long, au moins ...

Et nous avons repris la route, direction Worms ...

D'abord, évidemment, la cathédrale, qui date du temps des carolingiens ! Elle est très reconnaissable, comme sa cousine sise à Speyer (que nous verrons plus tard), grâce à ses quatre tours destinées à montrer l'égalité entre le Pape et l'Empereur : deux à l'est pour le premier, normal, mais aussi deux à l'ouest (le « westwerk ») pour le deuxième, comme ça pas de jaloux !

le côté de l'Empereur, à la lumière du couchant ...

le côté de l'Empereur, à la lumière du couchant ...

Comme nous sommes arrivés un peu tard, le bâtiment était déjà fermé et nous n'avons pu qu'en faire un tour extérieur ce soir-là. Cela nous a permis de découvrir un hôtel tout proche dans lequel, cassant notre tirelire, nous avons pris une chambre et mangé. Et nous avons donc dormi avec « vue sur la cathédrale » … Le lendemain nous n'avions que deux pas à faire pour approcher ce joyau : à l'intérieur beaucoup de baroque surajouté, contrairement à Speyer, comme nous le verrons plus loin. Dans l'ensemble, malgré la monumentalité, ou à cause d'elle ?, je n'ai pas été super-impressionné, pas touché par ce haut-lieu de la chrétienté primitive …

joli, certes, mais un tout petit peu chargé ...

joli, certes, mais un tout petit peu chargé ...

Moins touché que par la petite église Saint-Martin que nous avons visitée ensuite, plus modeste mais aussi plus chaleureuse … D'ailleurs peut-être est-ce dû à l'environnement de la cathédrale … si l'on observe une maquette de l'ancien domaine qui était le sien on s'aperçoit du massacre qui a été commis au fil du temps : la plupart des bâtiments ont disparu, dont un baptistère qui semblait tout à fait intéressant, pour être remplacés par des bâtisses pseudo-modernes, et sans aucune âme. Et le pire est que ça continue ! Entre l'hôtel où nous étions et la cathédrale, c'est à dire tout contre elle, se construisait, si nous avons bien compris, un parking souterrain !!!

à part la cathédrale ... :(

à part la cathédrale ... :(

Avant de quitter Worms, nous sommes allés visiter la synagogue et son bain rituel, et découvrir un « musée multimédia » consacré à la légende des Nibelungen car, oui, c'est bien par là qu'ils sévissaient …

l'entrée du bain, très ancien ...

l'entrée du bain, très ancien ...

l'escalier central du musée, très moderne ...

l'escalier central du musée, très moderne ...

Sur la route de Speyer (Spire) nous nous sommes arrêtés à Lorsch, ancienne abbaye surpuissante dont il ne reste pas grand-chose, si ce n'est une jolie porterie (et vous ne savez pas combien de kilomètres Ma Douce est prête à faire pour ça!) … Par ailleurs une petite église en hauteur : intérieur moderne et quelconque, mais cadre charmant, abritant une collection de Paeonia, plus simplement appelées pivoines … Nous en avons profité pour pique-niquer à l'ombre, agréablement rafraîchis par une brise continuelle …

ce qui reste de l'abbaye, vu depuis la porterie ... c'est à dire à l'ombre !

ce qui reste de l'abbaye, vu depuis la porterie ... c'est à dire à l'ombre !

Fut-ce la brise ? Ou le pique-nique ? Toujours est-il que, comme un c..., je proposai de passer par Heidelberg … Quel nom prestigieux, pas vrai ? Et puisqu'on passait pas loin de là … pourquoi ne pas en profiter … ? Toujours se méfier quand ce maudit verbe vient trop facilement à l'esprit … Je dois dire que je fus servi, et que je m'en mordis fort les doigts ! Après avoir fait tours et détours dans une ville assez insignifiante nous nous approchâmes enfin du château … perché tout en haut d'une colline plutôt raide. Et là, que faire d'autre, pour profiter, que de grimper des escaliers malcommodes, aux marches qui tuent presque autant que celles des Romains ? Et il y en avait, des marches ! Et en haut, un tas de belles ruines, c'est vrai, mais qu'on n'a pas eu le temps ni même le goût de visiter … Et la redescente ne fut pas vraiment plus facile …

de belles ruines, d'accord, mais mince il faut les mériter !

de belles ruines, d'accord, mais mince il faut les mériter !

Et puis ce fut Speyer (que nous autres appelons Spire) où, cette fois, nous sommes arrivés assez tôt pour visiter la cathédrale avant la fermeture. Très très belle, d'une pureté, d'une simplicité, je dirais presque d'une humilité, malgré les dimensions, qui m'a fait un peu penser aux cisterciens … hé oui, qu'est-ce que vous voulez, l'avantage, quand on n'y connaît rien, c'est de pouvoir mélanger les genres !

Speyer à comparer avec Worms, un peu plus haut ...

Speyer à comparer avec Worms, un peu plus haut ...

Et puis une immense crypte, dans un style aussi dépouillé, où s'alignent les tombeaux des rois les plus fameux, ce qui en fait l'équivalent de notre basilique Saint Denis.

touchants, ces tombeaux impeccablement rangés, depuis combien de temps ?

touchants, ces tombeaux impeccablement rangés, depuis combien de temps ?

Et une autre surprise : alors que nous nous apprêtions à quitter l'endroit, un apprenti organiste s'est mis aux claviers, bientôt rejoint par un maître qui lui donnait des conseils … Dans l'ensemble Speyer nous a fait bien meilleure impression que Worms, à laquelle on ne peut pas s'empêcher de la comparer, j'espère que vous aurez compris pourquoi. Une ville beaucoup mieux conservée, « restée dans son jus » en quelque sorte, où la vie s'écoule paisiblement … Pour vous dire, sur la place qui longe la cathédrale, des gens jouaient aux boules, tranquillement … ce n'est pas à Worms qu'on aurait vu ça !

touchante aussi, cette leçon d'orgue dans la grande cathédrale !

touchante aussi, cette leçon d'orgue dans la grande cathédrale !

Le soir, cassant une fois de plus le cochonnet, nous avons mangé et dormi dans un hôtel campagnard, dont la principale originalité consistait à servir les clients dans des tonneaux couchés dont le dessus avait été découpé en forme de guichet. Probablement voulait-on signifier par là le passé viticole de l'endroit ? Car il y en a des vignes, dans la région, et du bon vin aussi, comme on a pu s'en rendre compte ce soir-là ! Au matin nous avons fait un petit tour au château dominant le village, ce qui nous a permis un point de vue intéressant sur les vignobles environnants …

so "pittoresque", isn't it ?

so "pittoresque", isn't it ?

Le but de la journée suivante était d'arriver pas trop tard à Munich où nous devions visiter des amis avec enfants. Malgré les difficultés prévisibles de circulation (cf supra, comme on dit …) ceci ne nous a pas empêché de faire quelques détours, comme à Schwäbisch Hall par exemple, où nous avons eu probablement la plus belle surprise de ce voyage. En effet nous y étions allés sur une indication assez vague, en somme : comme le nom l'indique cela se situe dans le pays des Souabes, et les Souabes et la Hongrie c'est toute une histoire puisque nombre de ces Allemands ont émigré vers le pays magyar qui, après l'occupation ottomane, se trouvait un peu dépeuplé. Donc, allons-y pour savoir à quoi ça ressemble, le pays des Souabes ! Eh bien, c'est très joli, figurez-vous ! D'abord on n'a pas eu trop de mal à se garer et rien que cela, ça fait du bien … Ensuite nous avons descendu une mignonne vieille petite rue qui nous a menés directement à un des plus beaux musées que nous ayons vus (et pourtant on en a vu!) : une église transformée de manière à abriter une collection de chefs d'oeuvre, essentiellement fin Moyen Age, début Renaissance. Cranach, Holbein, bien d'autres encore : de pures merveilles ! Dommage qu'on ne puisse pas faire de photos …

Nous sommes ressortis des étoiles plein les yeux … Puis nous avons traversé la ville : une grande place entourée de hautes maisons à colombages, un pont de pierres, un grand escalier au sommet duquel se trouvait une très belle église gardée par un archange Saint-Michel ...

la très-grande-place ..

la très-grande-place ..

et tout en haut du grand escalier ...

et tout en haut du grand escalier ...

quelle dentelle ! quel réseau !

quelle dentelle ! quel réseau !

Voilà, chers lecteurs, nous sommes presque arrivés au terme de ce parcours, qui nous aura quand même pris cinq jours. Ensuite ce fut l'autoroute, miraculeusement désencombrée, jusqu'à Munich, où nos amis nous attendaient : les enfants avaient préparé des morceaux de pomme au sucre sur des piques, et les parents un assortiment de bières locales, que nous avons soigneusement sifflées avec de drôles de saucisses !

Et le lendemain, l'autoroute à nouveau jusqu'à Budapest où nous sommes arrivés pas trop tard, grâce à notre petite C3,chargée comme une mule !

En espérant vous avoir donné envie de nouvelles découvertes, sziasztok et portez-vous bien !

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:42
comme il faisait frais, comme on était tranquille, dans le musée archéologique de Zadar !

comme il faisait frais, comme on était tranquille, dans le musée archéologique de Zadar !

dans un fond de bistrot : bizness is bizness !

dans un fond de bistrot : bizness is bizness !

voilà tout ce que nous avons pu voir du baptistère de Nin !

voilà tout ce que nous avons pu voir du baptistère de Nin !

et voilà pourquoi ! :)

et voilà pourquoi ! :)

autre chapelle de Nin, plus ouverte ...

autre chapelle de Nin, plus ouverte ...

cherchez bien : peut-être verrez-vous une des fameuses brebis de l'île de Pag ?

cherchez bien : peut-être verrez-vous une des fameuses brebis de l'île de Pag ?

du roman à la Renaissance ...

du roman à la Renaissance ...

vous ne rêvez pas : ceci est un NAIN !!! plutôt baroque d'ailleurs ...

vous ne rêvez pas : ceci est un NAIN !!! plutôt baroque d'ailleurs ...

à gauche la basilique qui servait de tribunal, et à droite la prison : pratique !

à gauche la basilique qui servait de tribunal, et à droite la prison : pratique !

formes, coloris, ... TOUT est délicat !

formes, coloris, ... TOUT est délicat !

au fond d'un jardin public de Vicenza ...

au fond d'un jardin public de Vicenza ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (fin)
le fameux "teatro olimpico" de Palladio, toujours en fonctionnement

le fameux "teatro olimpico" de Palladio, toujours en fonctionnement

et parmi ces dizaines de statues, tout de même un VRAI méchant !

et parmi ces dizaines de statues, tout de même un VRAI méchant !

délicieuse surprise sur la route du retour : une église de Lodi ! assez gothique en ce qui la concerne !

délicieuse surprise sur la route du retour : une église de Lodi ! assez gothique en ce qui la concerne !

un coin assez glauque, censé commémorer la victoire de Marignan ...

un coin assez glauque, censé commémorer la victoire de Marignan ...

façade de la Chartreuse de Pavie : grandiose, non ?

façade de la Chartreuse de Pavie : grandiose, non ?

et les cellules des Chartreux ... qui sont devenus des Cisterciens !

et les cellules des Chartreux ... qui sont devenus des Cisterciens !

un tour à une exposition passionnante sur la bataille de Pavie (pour rétablir l'équilibre)

un tour à une exposition passionnante sur la bataille de Pavie (pour rétablir l'équilibre)

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:30
ça c'est la présentation-dévotion du projet de Palmanova ... mais la peinture est beaucoup plus tardive !

ça c'est la présentation-dévotion du projet de Palmanova ... mais la peinture est beaucoup plus tardive !

voilà ce qu'est devenue Palmanova aujourd'hui : une piste pour excités de la rando !

voilà ce qu'est devenue Palmanova aujourd'hui : une piste pour excités de la rando !

délicatessen ... paléo-chrétienne de Porec, en Istrie !

délicatessen ... paléo-chrétienne de Porec, en Istrie !

un petit air byzantin, n'est-il pas ?

un petit air byzantin, n'est-il pas ?

ah, la danse macabre de la chapelle de Beram !

ah, la danse macabre de la chapelle de Beram !

la chapelle tout entière, d'ailleurs ...

la chapelle tout entière, d'ailleurs ...

un olivier de 1500 ans, quand même !

un olivier de 1500 ans, quand même !

couple usuel : église et campanile

couple usuel : église et campanile

comment utiliser les vieux restes ... à Salona, à côté de Split

comment utiliser les vieux restes ... à Salona, à côté de Split

il faisait chaud, il y avait du monde, à Split !!!

il faisait chaud, il y avait du monde, à Split !!!

ceci est identifié comme un ... vestibule ...

ceci est identifié comme un ... vestibule ...

j'ai vu là-bas des Christs bien plus souffrants que par chez nous .... d'ailleurs celui-ci est logé dans l'ex-mausolée de Dioclétien, qui fut un grand persécuteur de chrétiens !

j'ai vu là-bas des Christs bien plus souffrants que par chez nous .... d'ailleurs celui-ci est logé dans l'ex-mausolée de Dioclétien, qui fut un grand persécuteur de chrétiens !

et toujours ces curieuses pierres trouées .... pour mettre des rideaux ?

et toujours ces curieuses pierres trouées .... pour mettre des rideaux ?

Une des portes du palais de Dioclétien, toujours à Split donc ...

Une des portes du palais de Dioclétien, toujours à Split donc ...

de l'Antique modèle pour la Renaissance et même de l'Egyptien !

de l'Antique modèle pour la Renaissance et même de l'Egyptien !

à Trogir, où même l'art roman copie l'Antiquité et s'approche donc de la Renaissance : quel travail !!!

à Trogir, où même l'art roman copie l'Antiquité et s'approche donc de la Renaissance : quel travail !!!

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
de l'art d'accommoder les restes ... (bis)

de l'art d'accommoder les restes ... (bis)

rarement vu une "mise au tombeau" aussi douloureuse ...

rarement vu une "mise au tombeau" aussi douloureuse ...

sont-y pas mignons, ces petits petons ?

sont-y pas mignons, ces petits petons ?

il suffisait de s'éloigner du circuit ...

il suffisait de s'éloigner du circuit ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
quasiment "palladiesque", n'est-il pas ? à Sibenik, en remontant vers l'Italie ...

quasiment "palladiesque", n'est-il pas ? à Sibenik, en remontant vers l'Italie ...

Renaissance, vous dis-je !

Renaissance, vous dis-je !

au baptistère de Sibenik ...

au baptistère de Sibenik ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie (suite)
le baptistère de Zadar ... roman, évidemment !

le baptistère de Zadar ... roman, évidemment !

vu de l'intérieur ...

vu de l'intérieur ...

alors ? Antique ? Renaissance ? pas si facile, hein ?

alors ? Antique ? Renaissance ? pas si facile, hein ?

saviez-vous que les Romains ont inventé le bonnet de ski ???

saviez-vous que les Romains ont inventé le bonnet de ski ???

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:00

Kukucs, barátaim !

Ce jour d'hui, je vous propose une série de photos ponctuant un périple qui nous a menés de France en Croatie, via l'Italie du Nord ... et un petit bout de Slovénie à 15 euros, ce qui est quand même une grande arnaque !

Point de long discours donc, mais des images, et encore des images !!!

un plafond Renaissance, frêle et délicat ...

un plafond Renaissance, frêle et délicat ...

le théâtre de Sabbioneta, un temple du trompe-l'oeil ...

le théâtre de Sabbioneta, un temple du trompe-l'oeil ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
dirait-on pas que les personnages peints sont plus réels que les statues ?

dirait-on pas que les personnages peints sont plus réels que les statues ?

avec le temps ... (air bien connu)

avec le temps ... (air bien connu)

l'église de Villa Pasquali, complètement baroque ! (voir chapitres précédents)

l'église de Villa Pasquali, complètement baroque ! (voir chapitres précédents)

quand la Renaissance tourne au maniérisme, au Palazzo Te de Mantoue

quand la Renaissance tourne au maniérisme, au Palazzo Te de Mantoue

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
beaucoup d'attributs Renaissance, là ...

beaucoup d'attributs Renaissance, là ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
la chute des géants (sujet mythologique)

la chute des géants (sujet mythologique)

on n'est pas loin du baroque, là, quand même ...

on n'est pas loin du baroque, là, quand même ...

quand le temps fait oeuvre ...

quand le temps fait oeuvre ...

Sur les traces de la Renaissance, et d'autres styles,en Italie et en Croatie
de la Renaissance plus classique, type "quattrocento" (San Andrea de Alberti à Mantoue)

de la Renaissance plus classique, type "quattrocento" (San Andrea de Alberti à Mantoue)

ah non, là c'est du roman ! (un modeste baptistère de Mantoue qui a survécu à la frénésie de la Renaissance !)

ah non, là c'est du roman ! (un modeste baptistère de Mantoue qui a survécu à la frénésie de la Renaissance !)

la coupole de la Cathédrale de Saint Pierre à Mantoue : quel style ?

la coupole de la Cathédrale de Saint Pierre à Mantoue : quel style ?

et là, de l'antique !

et là, de l'antique !

ah ! la frêlitude de la "vraie" Renaissance ...(Palazzo Ducale de Mantoue)

ah ! la frêlitude de la "vraie" Renaissance ...(Palazzo Ducale de Mantoue)

le plafond de la fameuse "Chambre des époux" de Mantegna : coquin, non ?

le plafond de la fameuse "Chambre des époux" de Mantegna : coquin, non ?

ah les jolies gambettes ! (Mantegna toujours)

ah les jolies gambettes ! (Mantegna toujours)

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 22:13

Et maintenant le retour !

Le "concept" était de suivre autant que possible le cours du Danube, en remontant vers sa source, eh bien, croyez-moi, ça vaut le coup !

Nous sommes partis de Baja, charmante petite ville méridionale, située non loin de la frontière serbe, au confluent du Danube et de la Sugovica. Les habitués de ce blog doivent bien la connaître puisque plusieurs articles lui ont déjà été consacrés. Après des adieux émouvants à la maman de Ma Douce, nous avons pris la route qui longe plus ou moins le fleuve, appelé Duna en hongrois, jusqu'à Budapest. Là nous devions prendre en charge la soeur de Ma Douce, et aussi rencontrer quelques amis que nous n'avions pu voir jusque là. Après des adieux déchirants au papa de Ma Douce et aux amis, nous avons pris l'autoroute direction Vienne. Ah ! l'arrivée sur Vienne quand on vient de la Hongrie : une horreur ! C'est moche, bétonné, plein d'usines plus sales et effrayantes les unes que les autres, à se demander comment on a pu réunir autant de laideur dans un seul et même endroit ! Bref, il faut passer aussi vite que possible, et en fermant les yeux ! On a couché dans l'appartement d'une copine de la belle-soeur, dans le quartier des ambassades, pas loin du Belvédère. Eh bien, vous voulez que je vous dise ? Vienne aussi peut être assez moche et sinistre, quand on y fait un petit tour le soir ... même si, tout à la fin nous avons entrevu un grand château ...

Le lendemain nous avons déposé la belle soeur pas loin du centre et nous avons pris la direction de l'ouest. La sortie de ce côté est nettement plus jolie : après avoir dépassé le château de Schönbrunn on se retrouve presque aussitôt à la campagne ! Désireux d'avancer, nous avons à nouveau pris une autoroute jusqu'à Linz, où il pleuvait. Cela n'empêchait pas les habitants de faire la fête, une bonne grosse fête autrichienne, avec flonflons, baraques foraines, podiums géants et ... une multitude de secouristes ! Nous nous sommes promenés un peu au bord du fleuve qui s'appelait maintenant le ou la Donau, et nous en avons pris une photo :

024 Linz (17)

 

Puis nous sommes repartis par la petite route qui longeait le fleuve ...Nous sommes ainsi arrivés à Passau, une très belle ville située sur une presqu'île, entre Inn et Danube. Honnêtement, magré une météo toujours tristounette, ce fut mon coup de coeur ! Tant de belles choses à voir et à découvrir du côté de chaque fleuve ! Du médiéval, du Renaissance, du baroque : un vrai feu d'artifice ! Et puis cette réflexion un peu idiote : au confluent l'Inn est manifestement plus gros que le Danube, alors pourquoi est-ce le nom du plus petit qui a été conservé ?

 

026 Passau (18)

ça je crois bien que c'est l'Inn, en fait ...

 

Ensuite nous avons repris l'autoroute en direction de Regensburg (Ratisbonne !) mais nous en sommes bientôt ressortis parce qu'il était temps de se mettre en quête d'une gasthaus chaude et accueillante, coquette, et située juste au bord du Danube. Mais nous dûmes bientôt déchanter : il n'y en avait pas tant que ça, des gasthaus et nous avons été tout contents d'en trouver une à Wörth an der Donau, mais on se demande encore où était le Danube ! C'était pourtant bien chaud et accueillant : il y avait tant de monde que nous nous sommes assis à la même table qu'une mamie qui sirotait sa bière toute seulette. Elle a expliqué à Ma Douce (qui comprend assez bien l'allemand, grâce à sa parfaite éducation !) que son mari ne se sentait pas bien et qu'il était parti dans la chambre. Ainsi ce devait être le petit vieux qu'on avait croisé en arrivant et qui, en effet, n'avait pas l'air bien du tout ! Mais la mamie était tout sourire : ils s'arrêtaient régulièrement pendant leurs voyages entre l'Autriche et Hanovre, et elle ne tarissait pas d'éloges sur la cuisine, les chambres, le personnel ... qui était manifestement aux petits soins pour elle ! J'ai pensé à Judith que nous avions laissée à Innsbruck : avait-elle fait des connaissances ? s'était-elle allié les grâces d'un serveur ? d'une femme de chambre ? Ah, vieillesse, si tu savais ...

Le lendemain matin nous sommes allés directement au Walhalla, c'est le nom qu'on donne à un édifice fortement inspiré de l'Antique et qui contient des bustes de toutes les célébrités allemandes, ou peut-être devrait-on dire "germaniques", étant donné le côté légendaire et mythique du lieu. C'est grandiose, certes, mais personnellement ça me laisse un peu froid. Heureusement que de là-haut il y avait une très belle vue sur le Danube :

 

028 Walhalla (18)si vous connaissez le Danube à Budapest, vous voyez tout de suite la différence !

 

Puis il nous a bien fallu redescendre du "séjour des dieux et des héros" et nous avons pris une petite route qui nous a emmenés à travers une vaste forêt ... Nous avons gagné Regensburg qui était toute proche, et nous avons pris le temps d'en faire une visite : après avoir tourné un moment nous nous sommes garés dans le quartier juif, comme par hasard, et nous avons commencé par boire un café sur la belle place construite à l'emplacement du vieux ghetto. A Regensburg aussi il y en a des choses à voir ! Eglises, cathédrale, porte romaine, seul vestige d'une antique garnison, et un endroit tout à fait curieux et intéressant : l'ancienne maison de la gabelle (quand on voit sa taille, on comprend l'importance que revêtait le sel dans les anciens temps !) transformée en centre Unesco, vraiment un modèle de reconversion intelligente !

 

029 Regensburg (18)

Et puis bien sûr le Danube ... que nous continuons de remonter, je vous le rappelle !

 

Pour repartir c'est à nouveau une petite route qui nous emmène jusqu'à Kelheim, où se trouve un autre monument à la gloire de la nation germanique. Comme l'architecte du projet initial est mort en cours de route, c'est le même que celui du "Walhalla" qui a fini l'ouvrage : et franchement il ya comme un air de famille ! Mêmes références à "l'Antique" dans ce qu'il a de plus monumental, collection de célébrités qui cette fois ne sont plus des personnes mais des batailles ... toutes gagnées, bien sûr ! Et même si Ma Douce m'assure n'en avoir jamais entendu parler, je serais bien étonné qu'un gusse comme Hitler ne s'en soit pas servi un peu plus tard pour sa propre propagande !


030 Kelheim (55)

heureusement que là aussi il y a le Danube pour se calmer ...

 

Et puis le soir tombe, et c'est l'heure de la gasthaus ... Nous finissons, là aussi avec quelque difficulté, par en trouver une assez étrange dans un village appelé Hochsaft, où un Grec nous offre de la cuisine de son pays : Ma Douce se décide pour des brochettes et un tsatsiki ; quant à moi, prudent comme pas deux, je me contente d'une escalope viennoise et de frites !

Le lendemain direction Ulm où nous découvrons une cathédrale bien étrange : sur les murs par endroits sont regroupées des quantités de blasons, on dirait un peu comme un hall d'exposition ! Là aussi, comme à Linz, une belle alliance entre ancien et moderne, il est vrai que la ville a beaucoup souffert pendant la 2ème guerre. Nous nous promenons le long des remparts, croisons des canaux, découvrons un quartier de pêcheurs tout à fait agréable, admirons la synagogue ultra-moderne qui n'est pas finie d'être bâtie ...

 

032 Ulm (21)

en pleine ville d'Ulm, le Danube prend un de ces petits airs champêtres ...

 

De retour sur une route nationale, nous "ramons" derrière d'innombrables camions. Il paraît pourtant qu'ils paient une taxe en Allemagne, les routiers, ben croyez-moi, ça ne les empêche pas de se multiplier ! Nous nous échappons donc, comme nous aimons le faire et nous prenons donc une petite route qui suit la "haute vallée du Danube", ça tombe bien ! Est-ce que le beau nom de Sigmaringen évoque quelque chose pour vous ? Figurez-vous que c'est là qu'à la fin de la guerre, quand les carottes étaient archi-cuites que Pétain et sa suite ont trouvé asile, aux bons soins de leurs copains ! Et quand je dis "suite" il y avait quelques personnalités tout de même et parmi elles, un certain Céline ... Le château lui-même, où ils eurent leurs chambres d'hôtes, est plutôt moche mais l'endroit est assez mignon ...

 

035 Sigmaringen

 

Ensuite ce sont plutôt des gorges que traverse le Danube, signe que sa largeur va rétrécissant, et c'est dans un pays qui fait un peu penser à la Lozère que nous découvrons le monastère de Beuron, dernière perle rococo sur notre chemin !

Et puis c'est la chasse au Danube qui finit par nous occuper tout entiers : en effet il est bien indiqué sur la carte mais nous avons beau écarquiller les yeux nous n'en voyons pas souvent goutte, de ce beau Danube ! Et puis en suivant la ligne des arbres nous réalisons que notre route va bien tôt le croiser, vite préparer l'appareil photo, ouvrir la fenêtre, poser le doigt sur le déclencheur, être prêt au bon moment et :

 

038 Danube petite (3)

c'est bien lui, le Danube "bébé" ! le pauvre, s'il savait toute la route qui l'attend !

 

Nous renonçons à aller chercher "la" source qui, au delà du lieu aménagé pour les touristes (mais dont nous savons qu'il est fermé pour quelques mois : voir l'article sur le voyage aller), doit se trouver quelque part dans la forêt, et nous réalisons que nous venons de boucler la boucle puisque nous retrouvons bientôt la route que nous avons prise avec Judith et qui nous amène, dans l'autre sens, à Freiburg que, cette fois encore nous nous contentons de traverser.

Deux jours plus tard, après avoir dormi à Breisach, très joli lieu juste avant la frontière avec une belle vue ... sur le Rhin !, puis à Tonnerre où nous découvrons une très belle "fosse Dionne" véhiculant de nombreuses légendes, après avoir visité le chantier médiéval de Guédelon, nous arrivons chez nous à 18h37, pile poil pour un petit apéro ! Bien contents de ce périple, d'avoir rencontré de si beaux lieux et de si gentilles personnes, d'avoir découvert un peu de l'Autriche qui recèle encore beaucoup d'autres trésors, d'avoir oublié pour un temps la misère et la violence du monde dans lequel il nous faut bien vivre ... Tiens ... c'est pas l'heure du journal, au fait ?

Sziasztok !

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 20:55

Sziasztok !

 

Eh oui ! nous l'avons refait ! aller et retour entre France et Hongrie avec notre petite C3, qui a parcouru pas moins de 4376 kilomètres pour cela, mais il est vrai que nous avons fait quelques détours !!!Et Ma Douce a fait 1400 photos ...

 

Prenons les choses dans l'ordre : le voyage aller tout d'abord ... de Paris au lac Balaton ...

Jour 1 : Paris ---> Saint Dié des Vosges

Nous sommes d'abord allés à Paris pour chercher Judith, une vieille amie de 88 ans, que nous devions déposer dans un hôtel près d'Innsbruck. Le matin, nous prenons la route plein Est et notre premier arrêt est pour une curieuse petite ville, Vitry le François. Elle fait partie de ce qu'on peut appeler les "villes idéales", conçues entièrement d'après une idée, en l'occurrence celle de François 1er. Ceci explique la présence de la salamandre dans le blason de la ville, ainsi que sa devise : "Nutrisco et extinguo". Après une petite visite dans la "cathédrale" nous repartons vers Nancy où nous nous arrêtons plus longuement, en particulier sur la fameuse place Stanislas. Le temps s'est levé, le soleil est un peu chaud et nous laisse le temps d'admirer fontaines, grilles et balustres qui sont comme un avant-goût de tout le baroque qui nous attend...

 

002-Nancy---5-.JPG

Une bien jolie place, c'est sûr ...


Mais un coup d'oeil ici et là nous fait découvrir que Nancy c'est aussi bien autre chose et que, probablement, nous y reviendrons pour compléter notre exploration de cette jolie ville. Nous continuons ensuite, toujours vers l'Est, jusqu'à Saint Dié des Vosges où nous avons réservé une chambre d'hôtel. Le soir, comme c'est mon anniversaire, j'ai droit à un restau sympa au bord de la Meurthe, avec cadeaux, gâteau et soufflement de bougie !

Jour 2 : Saint Dié des Vosges ---> Ravensburg (Allemagne)

Avant de repartir nous visitons Saint Dié, dont nous apprenons que c'est la patrie de Jules Ferry ! Nous allons au musée, très joli, puis à la cathédrale de grès rouge, dynamitée par les Allemands en 1944. Il faut aller voir l'église primitive romane qui se situe au fond, après avoir traversé un cloître gothique. En sortant nous découvrons un tilleul du 13ème siècle, miraculeux survivant de la folie des hommes ! Enfin, comme Judith et Ma Douce sont des groupies de Le Corbusier (auquel, à force, je commence à m'intéresser) nous faisons un détour par une usine de bonneterie qu'il a construite et qui fonctionne toujours : encore une miraculeuse survivante !

Nous traversons les Vosges par un tunnel de presque 8 kms de long mais à la sortie il nous est malheureusement impossible de visiter Sélestat, complètement bouclée pour cause de fête au village. Avec la météo qu'il fait, bon courage à nos amis Alsaciens ! Ensuite, c'est la frontière, presque indétectable, puis Freiburg puis la Forêt Noire (Schwarzwald) et ses pentes couvertes de sombres conifères. Nous arrivons à Donaueschingen où nous comptons bien nous émerveiller devant la source du Danube : une fois encore, la visite s'avère impossible à cause de travaux sur le site qui ont entraîné le bouclage de tout le périmètre !

004-Donaueschingen---2-.JPG

Cela commence à devenir frustrant !

 

Nous tournons donc nos roues vers le Bodensee (ou lac de Constance) et cette fois nous pouvons faire découvrir à Judith toute la splendeur baroque de l'église de Birnau que nous avons visitée l'été dernier. L'avantage avec le baroque, c'est qu'on peut difficilement s'en lasser étant donné tout ce qui nous est offert à voir !

005-Birnau---2-.JPG

  Ah ... la magie de Birnau ... !


Pour finir cette journée nous aurions bien aimé visiter un peu Ravensburg, petite ville fortifiée qui a l'air bien intéressante, mais impossible de trouver un endroit où se garer dans la vieille ville et avec les cordes qui tombent, Judith qui est un peu fatiguée ... nous préférons nous replier dans nos appartements ... qui s'avèrent situés dans une ancienne brasserie reconvertie en auberge. Il y a là sept femmes mûres et bruyantes, qui mangent et boivent en riant. Nous essayons donc d'en faire autant mais je ne vous dis pas nos mines effarées devant les assiettes qu'on dépose devant nous ! C'est proprement pan-ta-gru-é-lique !!! Jamais vu une telle quantité de nourriture servie en une seule fois ! Nous faisons de notre mieux pour finir nos rations mais nous devons bientôt admettre que nous n'avons pas l'estomac assez allemand. N'importe, les gens de l'auberge sont gentils et desservent ... avec un léger sourire !

Jour 3 : Ravensburg ---> Seefeld (Autriche)

Comme nous avons pas mal de visites au programme, et un certain chemin à parcourir jusqu'à l'hôtel de Judith, nous commençons par rouler du mieux que nous pouvons sur une route nationale allemande. Je dis cela car ce n'est pas si facile d'avancer sur une RN en Allemagne ! Limitations de vitesse, trafic assez soutenu ... sans parler des camions qui se traînent, quelle que soit la situation, à 70 kms/h au maximum ! Pourquoi ? Qu'on ne me dise pas que nos cousins Germains ne sont pas capables de construire des moteurs moins poussifs ! Alors ? Une limitation spéciale ? Une prudence exagérée ? La différence, en tout cas, est flagrante avec les camions en France qui, eux, roulent sans sourciller à 90, voire plus ! Bref nous roulons tant bien que mal jusqu'à Wies, première étape de cette troisième journée. Là nous découvrons une splendide église perdue au milieu des champs, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO (je sais, ça devient un peu banal, ce classement). Et c'est là que je découvre ... le rococo !

 

006-Wieskirche---5-.JPG

é-pous-tou-flant, qu'on vous dit !!!

 

J'ai déjà parlé beaucoup du baroque dans des articles précédents (cf les deux articles d'août 2013), illustrés de somptueuses photos. Alors là ... comment dire ? Le "rococo" ce serait comme une étape ultime du baroque délirant avant qu'il ne se retourne vers un néo-classicisme de meilleur aloi. Mais pas seulement ! Parce que dans le rococo on va aussi vers une légèreté, une "joliesse" qui n'a plus la pesanteur tragique du "vrai" baroque, si vous voyez ce que je veux dire. Bref, quand on dit "rococo" on pense à quelque chose de pas très beau, de vieillot, d'un peu "cheap", mais quand on entre à Wies on est littéralement époustouflé !!!

 

006-Wieskirche---7-.JPG

Dirait-on pas qu'elle triture une Stratocaster ?

 

Reprenant nos esprits, nous réintégrons notre modeste C3 et nous dirigeons vers les fameux châteaux de Louis II de Bavière, à savoir Hohenschwangau (assez moche vu d'en bas) et surtout Neuschwanstein, qui fait tellement penser à Walt Disney ! Nous ne les avons pas visités à vrai dire, prenant prétexte des difficultés de déplacement de Judith. Nous sommes sagement restés en bas, au bord du lac, en nous disant que ce serait fort bon d'y revenir en automne. Un monde, en effet ! Des centaines de touristes, et parmi eux des hordes d'Asiatiques, désolé je ne trouve pas d'autre mot pour les désigner ! J'ai même trouvé quelque part un magasin de souvenirs de luxe dont tout le personnel venait manifestement d'Extrême Orient ! Dépaysement garanti, je vous jure !

007-Neuschwanstein---17-.JPG

Pas la peine de grimper là-haut : vous en avez plein les boutiques !

 


Nous reprenons donc assez vite le chemin de Seefeld en passant par Füssen (qui aurait sûrement mérité qu'on s'y arrête) et le col de Fernpass, ce qui représente notre première incursion dans les Alpes autrichiennes. Nous voulons ménager notre monture et nous faisons le détour par Imst et l'autoroute qui mène à Innsbruck mais pour arriver à Seefeld il nous faut quand même gravir une pente à 13 % ! Nous arrivons enfin dans ce drôle d'endroit où chaque maison, chaque bâtiment semble abriter soit un hôtel, soit une gasthouse, soit une pension. Après quelques recherches nous trouvons enfin celui de Judith, avec cinq étoiles et spa intégré. Nous y dinons le soir, dans une ambiance pas trop guindée, et regagnons ensuite notre chambre d'hôtes, bien plus modeste.

Jour 4 : Innsbruck

Avant de poursuivre notre route "en amoureux" (juste Ma Douce et moi) nous passons une journée avec Judith pour découvrir Innsbruck et ses environs. Il faut redescendre de Seefeld ... par une pente à 16 %, qu'il nous faudra remonter le soir ! Nous commençons notre exploration par le château d'Ambras, magnifique construction Renaissance de Ferdinand II, située à quelques kilomètres de la ville. Le bâtiment est vraiment très beau et il renferme tout un tas de choses superbes et intéressantes : collection d'armes, cabinet de curiosités, fresques et peintures murales, et même un cabinet de bain fonctionnant comme un hammam ! Ajoutez à cela un parc immense et très bien aménagé (avec cascade, sentiers, ...) et vous comprendrez que nous y passions une bonne moitié de la journée !

009-Innsbruck-Ambras---63-.JPG

alors ça ... heu ... c'est une grande salle toute, toute décorée de partout ...


Ensuite c'est la découverte d'Innsbruck, que je n'imaginais pas si belle : mausolée de Maximilien 1er, immense catafalque de marbre noir environné de 28 statues de bronze noir plus grandes que nature, impressionnant !

010-Innsbruck---21-.JPG

and this is the mausolée ...

 

, maison au Toit d'Or, cathédrale (baroque, bien sûr !) avec une très fine madone de Cranach. Beaucoup de maisons médiévales ou baroques, on voit qu'Innsbruck fut très riche, et peut-être l'est-elle encore ? En tout cas les touristes japonais, chinois, coréens, que sais-je encore ? doivent bien alimenter ses caisses ... ce serait la moindre des choses ! Puis c'est la remontée vers Seefeld et un nouveau dîner cinq étoiles, avec un service très long et une nourriture presque insipide ... est-ce une politique générale de la restauration de luxe : plus on paie cher et moins ça a de goût, de peur de déplaire à un seul client ? Rien à voir avec la saine nourriture roborative de Ravensburg, en tout cas !

Jour 5 : Innsbruck ---> Liezen (Autriche)

Après avoir fait nos adieux à Judith nous prenons l'autoroute direction Salzburg. Volonté d'avancer vite, contrariée par une circulation en accordéon puis par de véritables embouteillages dès que nous approchons de la grand-ville. Nous décidons donc de nous évader de cette prison enfumée et de prendre des chemins de traverse. Et c'est tant mieux ! Nous nous retrouvons sur de hauts plateaux avec, au loin, le magnifique panorama des Alpes enneigées ! Après avoir traversé de mignons petits villages et une campagne verdoyante, nous arrivons au "pays des lacs" (Salzkammergut), très joli également mais beaucoup plus bondé : pas de doute, ici, le moindre mètre linéaire de rive lacustre doit rapporter ! Nous ne nous attardons pas et nous octroyons un petit détour par Bad Ischl, station thermale qui fut célèbre en son temps pour avoir servi de lieu de rencontre entre Sissi et François Joseph, son futur mari d'empereur. Petite ville sympathique mais un peu endormie sur ses lauriers, apparemment. Une brocante est en train d'être remballée et je m'arrête pour demander le prix d'une culotte tyrolienne en peau : 1000 euros ! Me suis-je mal exprimé ? S'est-on trompé dans les chiffres ? Je reste perplexe, même si la culotte est très belle ! Puis nouveau détour par Hallstadt, où les choses sont très mal organisées du point de vue stationnement. Dommage, d'après les guides c'est un haut-lieu de la préhistoire et un endroit très curieux, niché dans un creux de la montagne au bord d'un lac.

013-Hallstatt---2-.JPG

Mais pour que Ma Douce puisse en prendre une toute petite photo nous ne trouvons pour nous garer qu'une place "handicapés" et il faut que je me tienne prêt à me contorsionner en bavant à la moindre question soupçonneuse ! Puis nouvelle déviation, non choisie celle là, qui nous oblige à grimper une côte gravillonneuse à 23 % en pleine forêt ! Brisés d'émotion, nous nous endormons à Liezen ...

Jour 6 : Liezen ---> Balaton (Hongrie)

Le matin, nous commençons par visiter le monastère d'Admont, à quelques kilomètres de Liezen. Un grand choc à nouveau en découvrant l'exceptionnelle bibliothèque !!! Des milliers d'ouvrages du sol au plafond, 1400 manuscrits, 530 incunables, des statues et des plafonds baroques, des décors "rococo", de quoi vous couper le souffle en tombant le cul par terre !!! D'autres belles salles également, avec des expos quelquefois modernes ..

014-Admont---30-.JPG

 

 

Ce mélange d'ancien et de contemporain nous allons le retrouver à Graz, dans d'autres dimensions : au coeur de la vieille ville, au milieu des riches habitations de la fin du 19ème on a érigé un musée hypermoderne, pour ne pas dire futuriste, qui tient du zeppelin et du hérisson, et cela va très bien ! De même, au milieu de la rivière non loin de là a été bâti un café tout en tubulures et structures métalliques et ça marche très bien aussi ! Bravo à Graz donc pour ces audaces réussies !!!

016-Graz---15-.JPG

 

Nous entrons en Hongrie par Szentgotthárd, où nous sommes accueillis en fanfare parce qu'on y fête l'anniversaire de je ne sais plus quelle bataille avec les Turcs. Dans la belle lumière du soleil déclinant nous retrouvons nos chères collines du Balaton, anciens volcans devenus collines et nous arrivons à la maison vers 19 heures, tout juste l'heure pour boire ma première Dreher !!! Elle est pas belle, la vie ? 

 

018-S--meg---1-.JPG

on the road again ... (air bien connu) ...

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 13:15

Szia szia !

 

J'espère que vous allez toutes et tous bien, depuis le temps ? Cette fois je voudrais juste écrire un petit article à propos d'un livre que je viens de finir et qui s'appelle : " Ce jour-là : 23 octobre 1956        Budapest "

Il a été écrit par Tibor Méray, et a paru chez Robert Laffont en 1966, soit seulement dix ans après les "événements" ...

 

Bon normalement le rapprochement Hongrie-1956 devrait vous dire quelque chose ... non ? C'est vrai que cela fait près de soixante ans et que les programmes d'Histoire sont traités si rapidement ... Alors un petit rappel pour celles et ceux qui ont beau chercher dans leur mémoire défaillante : le 23 octobre 1956 le peuple hongrois est entré en révolte contre l'occupation soviétique et le régime du parti unique et 13 jours plus tard, le 4 novembre, ce qui était devenu une révolution a été écrasé par les tanks de l'armée occupante .... ça y est ? 

 

Tout commence le 22 octobre par une réunion estudiantine qui regroupe 5000 personnes à l'Université : de revendications purement universitaires (tarif des transports, prix des manuels, ...) on passe assez vite à des demandes plus profondes, comme la longueur excessive des cours de marxisme, ou le désir d'étudier dans une langue autre que le russe. Puis, le soir, on parle de ce qui vient de se passer en Pologne : Gomulka, malgré l'encerclement de Varsovie par l'armée soviétique, a tenu bon et vient d'être élu premier secrétaire du Parti en affichant sa volonté de faire évoluer le pays vers une véritable démocratie. On parle aussi, bien sûr, du XXème congrès, qui a eu lieu huit mois plus tôt et au cours duquel Krouchtchev a révélé les crimes de Staline. Mais en Hongrie ? Malgré la récente éviction de Rákosi, rien ou si peu ... Alors il faut suivre l'exemple polonais, il faut faire revenir Imre Nagy, le Gomulka hongrois ! Il faut se souvenir de la révolution de 1848, et rédiger à nouveau "LES REVENDICATIONS DE LA NATION HONGROISE" !!!

 

Mais soudain je réalise que j'avais parlé d'un "petit article", et que je n'en suis même pas arrivé au commencement du début des "événements" ! Excusez-moi mais c'est si dur de résumer, d'aller vite quand chaque mot, chaque action, chaque minute de ces quelques journées comptent pour essayer de comprendre ! Il n'empêche, je vais faire un gros effort de (relative) brièveté, et pour les vraiment curieux, ils pourront toujours se reporter au livre de Méray ...qui est très bon !

 

Or donc, nous n'en sommes qu'au matin du 23 ... Toute la journée, "les Revendications" vont pleuvoir dru sur Budapest ! Elles tiennent en 14 points, et parmi eux : 4) "retrait de toutes les troupes soviétiques" (stationnées en Hongrie depuis 1947 pour "venir en aide à un pays ami") 9) "amnistie pour les condamnés politiques innocents" 12) "liberté totale d'opinion et de la presse" 14) "solidarité totale des uns envers les autres" (pp 55-56 du livre). Une analyse serrée des 14 points se trouve dans le livre de Méray aux pages 55 à 100. Le titre du chapitre ? "Anatomie d'une dictature" ...

 

Interdiction de manifester, mais manifestation, alors levée de l'interdiction ... la valse-hésitation commence ... elle durera jusqu'à la fin, hésitant sans cesse entre tolérance et répression, pour finir le 4 novembre par un brusque arrêt sur ce deuxième pas ...

 

Un 1er rendez-vous a lieu place Petöfi, poète national et âme de la révolution de 1848. Il est trois heures de l'après-midi et près de dix mille personnes sont là.

Le deuxième un peu plus tard devant la statue du général Bem, héros polonais venu prêter main forte aux Hongrois dans leur lutte contre les Habsbourg et le Tsar en 1848-1849.

Il est 17 heures et ils sont plusieurs dizaines de milliers. On découpe l'emblème soviétique qui figure au milieu du drapeau hongrois, on chante l'Internationale et la Marseillaise ...

buda231008-003.jpg

oh oh ... on dirait bien qu'il y avait quelque chose, là, au milieu ...


Comme on est devenu trop nombreux, on retraverse le Danube pour la grande place Kossuth Lajos, juste devant le Parlement. La foule réclame le retour de Nagy Imre et attend, en grossissant : il y a bientôt plus de deux cent mille personnes rassemblées. Et après diverses tergiversations (toujours la valse-hésitation des dirigeants qui savent de moins en moins sur quel pied danser, allant jusqu'à éteindre puis rallumer les lumières de la place !)) Nagy Imre peut enfin parler au balcon du Parlement ! Et là grosse déception : il commence son discours par Elvtársak ! c'est à dire "Camarades", appellation certes prudente (bien des oreilles sont à l'écoute) mais ô combien mal perçue en ce soir du 23 octobre ! Et puis il appelle au calme, à la discipline, à l'ordre, au retour chez soi, tranquille, il est encore temps de dîner ... Heureusement à la fin il entonne l'hymne national au lieu de l'Internationale, ce qui réchauffe un peu les coeurs. Et puis les gens quittent lentement la place, commencent à se regrouper autour des stations de tramways ... quand d'autres arrivent, criant des mots qu'on finit par comprendre : "on se bat à la Radio !!!"

Et c'est effectivement à la maison de la Radio que les premiers morts tombent, en ce soir du 23 octobre. Des gens y sont venus pour que les "14 points" soient diffusés sur les ondes nationales, d'autres y ont massé des troupes, et en particulier des AVO (abréviation de Államvédelmi Osztály, Section de la Défense d'État, la police politique), pour défendre cet endroit stratégique ; à 20 h, Gerö a prononcé un discours (retransmis à la radio, bien sûr !) dans lequel il assimile les manifestants à "des ennemis du peuple, des menteurs calomniant honteusement la glorieuse Union soviétique, des nationalistes essayant de semer le poison du chauvinisme", mais rien n'y fera, rien ne changera, notre parti continuera sa route vers une démocratie socialiste, circulez, y a rien à voir ! C'est évidemment ressenti comme une vraie provocation par tous ceux qui attendent depuis des années que les chefs du parti prennent un peu en compte la dureté de la vie quotidienne. Beaucoup d'ailleurs, et même une très grande majorité selon Méray, ne remettent pas en cause le socialisme en tant que tel mais ils veulent désormais, ici et maintenant, se libérer de "l'amitié" soviétique et reprendre en mains les rênes de leur propre pays.

Qui a tiré le premier ? D'où viennent les armes des assaillants ? Qui étaient-ils, ceux qui ont donné l'assaut de minuit jusqu'au matin ? S'agit-il d'une révolution populaire spontanée ou bien d'une contre-révolution "fascisante" minutieusement préparée, comme s'acharneront à le démontrer les responsables au pouvoir dans les années qui suivront ? Questions capitales auxquelles Méray consacre de longues analyses minutieuses (pp 148-164) que je ne reprendrai pas ici. A neuf heures du matin, les défenseurs, lâchés par le pouvoir, capitulent. Gerö a-t-il espéré un bain de sang justifiant l'intervention de l'armée soviétique ? "Messieurs, vous êtes libres !", voilà comment le chef des insurgés s'adresse à ceux qu'il vient de combattre ...

Mais pendant ce temps ... d'autres ne restent pas inactifs non plus ! Parmi les "14 points" l'un d'entre eux peut être réalisé sans tarder, c'est le numéro 13 : "Symbole de la tyrannie et du despotisme, la statue de Staline doit être ôtée sans délai." A 22 heures environ, il ne reste plus du colosse de bronze que ses deux bottes, posées sur un socle où on peut lire : "AU GRAND STALINE, LE PEUPLE HONGROIS RECONNAISSANT".

 

bottesstaline02.jpg

mais l'inscription sur le socle semble avoir disparu !

 

Et Kassák Lajos, un des plus grands poètes vivants, écrit Le Dictateur, premier poème de ce 23 octobre qui se termine ainsi :              

                          Voici que se fend en deux le ciel noir

                          Voici que perce le germe

                          Du grain nouveau.

 

Et à deux heures du matin, un grand bruit de ferraille se fait entendre dans les rues de Budapest : les tanks russes commencent leur première intervention ...D'où viennent-ils ? Pas seulement de Hongrie où ils étaient stationnés, s'il faut en croire les enquêtes qui eurent lieu ensuite. Qui les a appelés ? Probablement personne en particulier, même si leur intervention a été envisagée avant même le début de la révolution. Après la Pologne, l'URSS ne pouvait sans doute pas (se) permettre de laisser un autre pays "ami" glisser vers un socialisme de moins en moins orthodoxe ... Mais du coup, la question hongroise devient internationale et va bientôt représenter un sujet important pour les médias occidentaux, comme pour l'Assemblée générale des Nations Unies.

Du 24 au 29 octobre, c'est la période des "six jours de Vide" où plus personne ne dirige vraiment, où la grève générale se poursuit, où le face à face entre insurgés et troupes soviétiques tourne quelquefois à l'affrontement, d'autres fois, plus rares, à la fraternisation. Au soir du 29 on annonce le début du retrait des troupes, qui ne saurait tarder, et à minuit le Conseil de Sécurité de l'ONU écarte la question hongroise pour donner la priorité au canal de Suez ...

Les 30 et 31 octobre, c'est presque l'euphorie : Nagy Imre proclame l'abolition du système du parti unique, le gouvernement soviétique admet le retrait éventuel de ses troupes ... pour bientôt ... Mais dans la nuit du 31 au 1er novembre, c'est un revirement complet qui s'opère, pour différentes raisons dont la moindre, selon Méray, n'est pas l'intervention du gouvernement chinois ! Et à nouveau des bruits circulent sur des mouvements de troupes à partir des frontières vers l'intérieur du pays. Pourtant la vie semble vouloir encore retrouver son cours normal, le travail ne va pas tarder à reprendre, des comités sont désignés, des lois nouvelles sont élaborées ... Le 1er novembre à midi, le président Eisenhower déclare "Un jour nouveau se lève en Europe orientale ..." A 18h Nagy Imre fait savoir à l'ambassadeur soviétique que la Hongrie dénonce le pacte de Varsovie, et proclame la neutralité du pays, en s'adressant aux Nations Unies pour la sauvegarder. Pourtant les bruits continuent de circuler ... et les négociations sur le retrait de se poursuivre ... Le 3 novembre à 21h45 les plus hauts responsables militaires hongrois sont reçus avec tous les honneurs par les généraux soviétiques du GQG, l'ambiance est presque chaleureuse ... Á la même heure, en raison de l'incertitude sur la situation réelle, le Conseil de Sécurité décide de remettre au lundi matin, 10h30, l'examen du problème hongrois ...

C'est donc le dimanche 4 novembre, un peu avant 3 heures du matin, que la population de Budapest est réveillée par "un pilonnement d'artillerie intense et ininterrompu" (page 311). Nagy Imre demande aux responsables militaires de rejoindre leurs postes mais l'appel reste sans réponse pour la simple et bonne raison que ceux-ci ont été enfermés dans la cave du GQG, avant leur transfert en territoire soviétique ! Des combats acharnés ont lieu partout, contre les chars T-X 34, les plus modernes de l'époque, dont les occupants sont le plus souvent des Kirghiz, ignorant même où ils se trouvent ! L'Occident proteste, des milliers de politiques, de savants, d'artistes, d'intellectuels ... Mon meilleur ami se souvient que son père écoutait la radio en pleurant ... Récemment encore, une voisine, rencontrée par hasard dans une fête de quartier, m'affirmait que, quoi qu'elle fût très jeune à l'époque (un zeste de coquetterie, sans doute !), elle avait toujours dans l'oreille le bruit du canon retransmis par les ondes ...

Le 14 novembre Eisenhower fait une nouvelle déclaration selon laquelle " les États-Unis n'ont jamais encouragé et n'encourageront pas les révoltes ouvertes de populations sans défense contre des forces supérieures " ! Pourtant, malgré le silence forcé de Nagy Imre et ses amis, réfugiés à l'ambassade yougoslave, malgré le couvre-feu, malgré les bombardements et les déportations en masse vers l'Ukraine, la résistance se poursuit et s'organise, en particulier au sein des Conseils Ouvriers. Ceux-ci seront dissous le 9 décembre et la plupart de leurs chefs arrêtés et condamnés à de lourdes peines.

Le nouveau chef de gouvernement, et pour longtemps, se nomme Kádár János (à qui Méray consacre plusieurs pages, 307-311, et qui, en effet, les "mérite" !) et il semble d'abord vouloir temporiser, s'affirmant (à l'oral puis par écrit) prêt à s'entendre avec Nagy Imre. Celui-ci n'a donc plus de véritable raison de rester dans son asile. Le 23 novembre, à 18h30, il quitte l'ambassade yougoslave accompagné de sa famille et de ses amis. Tous montent dans un autocar qui est déjà en marche pour les ramener chez eux lorsqu'un officier du M.V.D. saute à l'intérieur et le détourne vers le GQG soviétique où il disparaît. Ailleurs les arrestations se multiplient et les Pobiéda noires de la police politique sillonnent la ville, de nuit, pour ramasser de nouvelles victimes. Les premières pendaisons sont annoncées. Alors commence un exode massif : le 30 novembre le nombre de réfugiés dépasse les 100 000 en Autriche ; au mois de février ils sont encore 70 000, et encore autant dispersés un peu dans tous les pays, le nombre de 8 000 en France est avancé par Méray. Mais dès janvier 1957 les Soviétiques rétablissent un véritable "rideau de fer" rendant toute évasion impossible. Le 15 du mois, visite à Budapest de M. Tchou En-Laï, premier ministre chinois ; 4 jours plus tard, des milliers de personnes sont arrêtées au cours de la même nuit, la terreur s'installe ...

Dans la nuit du 16 au 17 juin la radio annonce la nouvelle de l'exécution de Nagy Imre et de quelques compagnons ...

L'Occident proteste ... Le silence et la peur sont rétablis ... La restauration est accomplie ...et pour longtemps !

 

statuesoc10.jpg

ROMPEZ !!!

 

Alors ? Pourquoi le besoin d'écrire cet article ? et de vous l'écrire à vous ? Je sais bien qu'a priori on ne lit pas un "blog de voyage" pour encaisser une leçon d'histoire ! Mais je sais aussi à quel point la Hongrie est mal connue et, peut-être, mal aimée. Moi-même, qui me considère la plupart du temps comme un "véritable" homme de gauche (pour les "non-véritables", suivez mon regard), j'ai parfois du mal à supporter l'anticommunisme presque viscéral qui s'exprime dans certains témoignages. Et j'essaie de le comprendre ... comme on cherche à comprendre une ombre sur un visage aimé ?

 

Sziasztok !!!

 

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22 février 2014 6 22 /02 /février /2014 10:13

Un tout petit "szia" ce matin ... il ne fait pas beau ... la statue d'Eugène Sue est toujours à la même place ... et il y a toujours 1400 kilomètres entre nous et la Hongrie ...

 

Oh je sais, il suffit d'un tout petit effort de mémoire pour s'y retrouver ... pour retourner à Vörösmarty, à Deák, à Ferenciek ... pour revoir les ami(e)s au bord du Balaton ...nous asseoir à nouveau à une terrasse au bord de la Sugovica, ou bien en face de la grande synagogue, avec ce bon József, et boire des bières (une Dreher pour moi, kérek szépen !) en discutant tant bien que mal Histoire et Politique, et à la fin compter les anneaux de mousse dans nos verres : 8 ou 9 pour moi, 3 ou 4 pour lui, qui a vraiment une descente de Hongrois ! ... goûter le coucher de soleil sur la puszta, en route vers le soir de Debrecen ... découvrir enfin le nouvel appartement de Hanga, perché tout là-haut sur les toits de l'ancien quartier juif ... prendre le tram ou le métro, descendre à Déli, et retrouver le petit nid de Városmajor ...monter des escaliers hongrois, frapper à des portes hongroises, entendre le bruit de clefs hongroises dans des serrures hongroises, dire "szia" ou "jó napot" et sourire, regarder par des fenêtres hongroises dans des rues hongroises où des Hongrois et des Hongroises se débrouillent comme ils peuvent avec la vie en Hongrie ...aller aux bains Lukács et lire Le Monde en trempant dans l'eau soufrée ...savourer l'odeur du Danube, qui n'est pas bleu lui non plus, loin de là ... glisser un oeil curieux dans la pénombre d'un sörözö ... arpenter les collines de Buda, et sentir les mollets durcir ... se promener au Normafa, se gorger du panorama sur la ville et puis manger une bonne soupe bien chaude ...parler politique avec certains, en sachant pertinemment que cela n'y changera rien, n'en pas parler avec d'autres, tout en n'en pensant pas moins, les uns et les autres ! ...

Szia Magyarország, szia, viszontlátásra !!!

 

parcstatues02.jpg

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 00:00

Bon ... quand on est partis, il faut bien revenir, pas vrai ?

Après trois semaines en Hongrie, dont une à Budapest et une autre au bord du lac Balaton, nous voilà à Baja un dimanche, et voilà qu'on annonce pour le lendemain, jour prévu de notre départ, une température record de 43 degrés ! Comme la climatisation de la voiture ne fonctionne pas et que nous avons un peu de temps jusqu'au 3 août, date à laquelle nous devons assister à un mariage en France, nous décidons de repousser notre retour d'une journée ... Nous profitons de ce lundi, effectivement très chaud, pour essayer de faire réparer la climatisation, en vain car un tuyau est cassé et que nous ne disposons pas du temps nécessaire pour faire venir la pièce de remplacement, et pour nous mettre d'accord avec l'amie qui nous accompagnera sur les grandes lignes de notre voyage : 4 jours et 3 nuits en passant par la Croatie et l'Italie du nord ...

Et le mardi nous partons pour un nouveau trajet de presque 2000 kilomètres ...

Avant de passer la frontière croate, nous nous arrêtons à Pécs que nous retrouvons avec plaisir ( voir l'article du 6 août ... 2009 ) d'autant qu'il y fait presque frais, après quelques orages de nuit qui ont fait nettement chuter la température. Je ne connais pas encore la cathédrale, et Ma Douce nous ( n'oubliez pas que cette fois nous sommes trois, et que l'amie vient pour la première fois en Hongrie) y emmène.

Après l'énorme portail en fer forgé, on pénètre dans un immense édifice tout décoré mais assez froid. Ce n'est qu'en s'approchant de l'entrée de la crypte que l'on découvre des choses vraiment particulières et intéressantes :

 

MG 4419 relief Pécs (2)

des bas-reliefs qui ont quelque chose d'assyrien, vous ne trouvez pas ?

 

Nous poursuivons notre balade dans la ville par la découverte de quelques vestiges romains et paléochrétiens ( ils sont nombreux à Pécs) et par un retour à la grande mosquée transformée en église :

MG 4429 mosquée-église Pécs

dans le coin inférieur droit, un mihrab, et au plafond une série d'anges : coexistence pacifique !

 

Après avoir acheté quelques fruits, nous reprenons la route vers le sud. Ma Douce veut nous faire découvrir un mémorial, érigé à Szigetvár en souvenir d'une grande bataille magyaro-turque qui eut lieu en 1566. L'endroit est fort mal indiqué mais grâce aux informations données par Beau-Papa, qui est un féru d'Histoire, nous le trouvons sans trop de peine au bord d'une route de campagne : 

MG 4433 monument Szigetvár

Les deux adversaires d'autrefois, Zrínyi Miklós et Soliman le Magnifique, accueillent côte à côte les rares visiteurs. Ils moururent tous deux en 1566 à Szigetvár, le premier lors d'une sortie héroïque à la tête des 300 hommes (sur 2500) qui lui restaient, le second de maladie dans sa tente. La légende veut que le corps de Soliman ait été attaché à son trône pour cacher sa mort à ses troupes jusqu'à la victoire finale.

Nous traversons ensuite la petite ville qui semble assez jolie. Curieusement, alors que le mémorial reste très discret, le nom de Zrínyi y est utilisé à toutes les sauces : volonté d'occulter la défaite pour ne plus retenir que la figure du héros national ?

Et puis c'est la frontière, avec la petite appréhension dont on n'arrive pas à se défaire, bien que la Croatie fasse elle aussi partie de l'Europe depuis peu. Mais la douanière est jeune et jolie, et elle consent même, en souriant, à rajouter un tampon souvenir sur mon passeport.

Direction Zagreb : c'est d'abord une petite route avec de nombreux villages où nous n'avançons guère. Beaucoup de nids de cigogne sur les poteaux électriques et aussi beaucoup de maisons en briques non crépies et qui, du coup, paraissent inachevées. Pourtant des gens y habitent, comme le montrent les rideaux aux fenêtres. Alors ? mode croate ? manque d'argent ? amour de la brique brute et sans apprêt ? Puis c'est l'autoroute jusqu'à la capitale ... 

Pour ce que nous en avons vu, on circule assez facilement dans Zagreb mais c'est plus difficile de s'en sortir avec les parcmètres si on n'a pas des kuna en petite monnaie ! Nous nous réfugions donc dans un parking souterrain où nous espérons pouvoir payer avec une carte bancaire ... Au cas où, je change 20 euros, qui me font 144 kunas ...

Au début, terrasses bondées, rues piétonnes, boutiques internationales, on pourrait se croire dans n'importe quelle grande ville européenne ... Ce n'est qu'un peu plus loin, après nous être cassé le nez sur la visite de la cathédrale qui était déjà fermée (du moins c'est ce qu'un prof d'histoire qui faisait office de gardien nous a affirmé), que nous avons un aperçu du charme spécifique de Zagreb :

MG 4441 rue Zagreb

 

MG 4450 façade Zagreb

  joli effet de reflet, n'est-il pas ?

 

Nous errons un moment dans toutes ces rues baroques et tranquilles, et nous finissons par déboucher sur un grand terre-plein d'où l'on peut découvrir une bonne partie de Zagreb. Il y a là un café ombragé où il ferait bon boire une bière bien fraîche mais ma suggestion ne rencontre guère de succès ... Je ravale donc ma soif, et nous redescendons vers la ville basse par un long escalier qui fait un peu penser à celui de Fourvière quand on redescend sur Lyon. Vous avez peut-être déjà remarqué qu'il est plus facile d'entrer dans une ville que d'en ressortir ? Comme s'il y avait une volonté de retenir le visiteur ... Eh bien, à Zagreb, pas du tout, et nous n'avons aucune peine à trouver la direction de l'autoroute qui nous emmène directement à la côte adriatique.Chemin faisant nous traversons une belle région montagneuse et assez sauvage. D'ailleurs Ma Douce croit avoir vu un ours sur le bord de la route ! En fait il ne s'agit que d'un panneau de bois censé indiquer la présence du féroce plantigrade ... Il est vrai qu'Elle était en train de conduire ...

Nous arrivons à Opatija en début de soirée, et nous sommes accueillis par un couple qui nous loue très professionnellement un appartement complet pour la nuit. Heureusement celui-ci ne donne pas sur la route qui surplombe la côte car la circulation y est assez infernale ! Pas si facile à traverser pour rejoindre la plage en contrebas ... que nous atteignons pourtant sans encombre à la nuit tombante ... et nous empruntons le Lungomare (n'oublions pas qu'Opatija fut également Abbazia, une ville italienne) à la recherche d'un restaurant bon et pas trop cher. D'après Wikipédia, cette promenade de "bord de mer", longue aujourd'hui de 15 kms, a été aménagée dès 1900. Il faut dire qu'Opatija eut son heure de gloire à la fin du 19ème siècle, devenant la villégiature des rois, des empereurs et des petits princes. Elle en a gardé de beaux restes, comme l'hôtel Kvarner ouvert en 1885, ou toutes ces luxueuses villas donnant sur l'Adriatique et qui jalonnent notre chemin.

MG 4458 villa Opatija

 

Après la chaleur de la journée, l'air semble doux et presque frais ... La mer sent bon et clapote doucement à nos pieds ... Un pêcheur installé sur une plate-forme rocheuse surveille ses cinq ou six cannes, tendues dans autant de directions ... Au loin, de l'autre côté de la baie, nous apercevons les lumières de Rijeka/Fiume que nous visiterons demain ...

MG 4456 soir Opatija

 

Un grand moment de paix, juste un peu troublé par nos estomacs qui crient famine ... Alors nous découvrons une mignonne petite crique, abritant quelques voiliers et presque autant de restaurants. L'endroit est bruyant, artificiel et un rapide coup d'oeil sur les cartes nous l'apprend, trop cher pour nos modestes bourses ... Heureusement nous trouvons un peu plus loin un estaminet tout à fait correct et davantage en rapport avec nos moyens dans lequel je commande avant toute chose une grande bière bien fraîche, ce qu'elle est bonne à boire enfin !!!

Le lendemain, après la baignade des "filles", nous reprenons le Lungomare dans l'autre sens, vers le centre d'Opatija où nous apprécions la fraîcheur du jardin botanique, la tonicité active d'un marché couvert et l'amoncellement coloré des villas de tous genres ...

L'arrivée à Rijeka est un peu glauque : grands immeubles défraîchis datant probablement de l'ère socialiste, port industriel avec ses voies ferrées et ses terrains on ne peut plus vagues, on a hâte de voir autre chose de la mythique Fiume ! Après nous être garés sur un immense parking sans une goutte d'ombre (bonjour le four !) nous partons à la découverte du centre ancien. Tout près d'une haute tour d'allure médiévale, nous avisons une église qui ne paie pas de mine, mais quand nous y entrons .... mazette ! quelle émotion !

 

MG 4525 rokoko Rijeka

Ma Douce hésite un peu : peut-on, ou pas, parler de "rococo" ?

 

Comme Ma Douce a emmené un guide (en hongrois) nous pouvons assez facilement repérer l'emplacement des divers monuments. Le seul problème est que ledit guide est ancien et que pratiquement tous les noms de rues ont changé : fini les boulevards Staline, les places Lénine et autres avenues du Socialisme Triomphant ! Place à autre chose, même si on ne sait pas trop quoi ...

Nous parvenons néanmoins à une esplanade où trône une grande église ronde, dédiée à Szent Vitus, Saint Guy, le patron de la ville. L'intérieur est plutôt de style néo-classique, avec quelques touches de baroque pourtant ...

MG 4531 baroque Rijeka

 

Nous redescendons ensuite vers la mer par de petites rues où se sent, ici et là, la présence de l'antiquité romaine ... Sur le Korzo, grande avenue élégante du centre ville, c'est plutôt le passé austro-hongrois qui se fait sentir. N'oublions pas que jusqu'en 1918, Fiume fut le seul port maritime de ce vaste empire ! Encore une Histoire très compliquée et parfois sanglante, pour cette ville-territoire faisant l'objet de féroces convoitises.

Nous réintégrons tant bien que mal notre autocuiseur à quatre roues, et prenons la direction de Trieste, c'est à dire de l'Italie. Ce ne fut pas toujours le cas, et ici encore l'Histoire fut bien mouvementée ! Vous n'avez qu'à taper "foibe", par exemple, pour faire une recherche sur internet et vous verrez bien ...D'ailleurs l'arrivée dans la ville n'est pas des plus tranquilles non plus puisqu'une voiture de police barre la route vers le centre. Ceci nous oblige à un long détour, fait principalement de voies aériennes, d'où nous survolons des zones industrielles et des banlieues. Une longue cheminée crache son poison tout près des immeubles d'habitation ...à la Seveso, en quelque sorte ...

Nous parvenons enfin sur le front de mer et c'est peut-être le plus étonnant à Trieste, la façon dont l'eau côtoie la ville, au même niveau, et semble toute prête à entrer dedans ! Nul doute que les jours de tempête tout cela doit se mélanger un peu ..

Au fond d'une immense place, autour de laquelle s'alignent les "palazzi", nous remarquons une étrange fontaine :

 

MG 4557 fontaine Trieste

vous ne rêvez pas ! ce monsieur est bien un Indien d'Amérique !

 

C'est la fameuse "fontaine des quatre continents", construite au milieu du 18ème siècle alors que Trieste appartenait encore à l'empire autrichien. Située face au port, sur la plus grande place de Trieste, elle est bien sûr destinée à montrer la puissance et l'universalité de la domination habsbourgienne ! Passant sous les arcades du fond de la place nous montons vers une basilique où nous sommes à peu près certains, d'après notre guide antique, de trouver "du" Baroque. Mais juste avant cela nous ne pouvons nous empêcher de visiter une jolie église romane située tout près :

MG 4566 fenêtre Trieste

jolie fenêtre romane en fine dentelle de pierre ...

 

La basilique, dite des Jésuites, date du 17ème et elle est en effet très baroque. Avant de sortir, je remarque dans le coin d'un autel de marbre la statue d'un ange souriant, voire coquin de par son déhanchement ...MG 4570 ange Trieste

pour moi maintenant, une grande partie du Baroque réside là !

 

Nous enfilons ensuite une série de ruelles étroites qui ont le grand mérite d'être ombragées. Si l'on en doutait encore, à force de traverser des frontières, il suffit de lever les yeux pour s'assurer que nous sommes bien en Italie :

MG 4584 rues Trieste

En nous disant qu'il serait bon de revenir ici et de rester un peu plus longtemps, nous retournons sans nous presser à la voiture, à côté de laquelle nous nous octroyons un bref casse-croûte. Ceci nous donne l'occasion de faire connaissance avec deux mendiants : le premier est noir de peau et je lui offre un oeuf dur qu'il regarde avec un air déçu mais qu'il finit par manger en s'éloignant, le second est une naine qui a droit à des biscuits, ce qui semble la satisfaire. Alors que nous quittons Trieste, les deux, postés sur le trottoir, nous font de gentils signes de la main ! Oui il serait bien doux de revenir un jour à Trieste ...

Mais en attendant il nous faut continuer, d'autant que nous avons réservé pour le soir une chambre à Padoue !

Notre prochaine étape se nomme Aquileia, ce qui est un beau nom. Ma Douce connaît déjà, y étant allé petite, mais elle tient absolument à nous faire voir ce joyau de l'art roman. A l'origine, avant JC, Aquileia était une cité latine très importante de par son port fluvial non loin de l'Adriatique. Elle devint donc une plaque tournante entre le bassin méditerranéen et les régions de l'intérieur, rhénane ou danubienne. Elle servit également de base pour l'évangélisation vers l'Est, ce qui lui valut, en retour, d'être rasée par Attila en 452 !

Aujourd'hui, c'est un peu perdu, Aquileia, et on a du mal à en trouver le chemin. Soit dit en passant, c'est régulièrement le cas quand on voyage en Italie. Chaque pays semble avoir sa propre logique de signalisation qu'il faudrait pouvoir comprendre sur-le-champ ! Heu ... en Italie on a encore des progrès à faire !

Il n'empêche que nous finissons par trouver un grand parking quasi désert, face à un très haut portail après lequel nous nous engageons sur un long chemin bordé de cyprès, et au bord duquel s'échelonnent des ruines romaines.  Même si un accès plus direct existe de l'autre côté du site, comme nous nous en apercevrons plus tard, c'est une bien douce entrée en matière pour aborder cette fameuse basilique ...

 

MG 4647 vue Aquileia

 

Comme souvent le bâtiment actuel est le résultat de diverses reconstructions sur plusieurs siècles, ici du IVème (pour le sol) au XVème (pour le plafond) ! De l'église originelle subsiste la plus grande mosaïque paléochrétienne au monde, puisqu'elle fait 760 m2 :MG 4598 basilique Aquileia

 

MG 4605 mosaique Aquileia

l'inscription de l'évêque Théodore permet de dater la mosaïque : début du IVème siècle !

 

Il ne faut pas non plus manquer de visiter la crypte qui se trouve tout au fond, derrière le maître autel.  Une fois passé le "barrage" de deux petites femmes babillantes qui vous font acquitter le droit d'entrée, quel étourdissement, quelle slendeur !!!

 

MG 4617 crypte Aquileia

heureusement, avec le droit d'entrée est fourni un guide lecture des fresques car il y a de quoi perdre la tête, non ?

 

La structure de la crypte date du IXème siècle alors que les fresques sont du XIIème. Outre les scènes quasi obligatoires ( Christ en majesté, Passion, ...) elles racontent principalement l'histoire d'Hermagoras, un évangélisateur local qui mourut en martyre après avoir réalisé plusieurs miracles, dont celui d'avoir converti son gardien de prison ... Elles sont parfois d'une étonnante modernité :

MG 4624 fresque Aquileia

une descente de croix du 12ème siècle : le croirait-on ???

 

Après toutes ces saines émotions mais aussi toute cette chaleur accumulée (n'oubliez pas que pendant ce temps, sur le parking, l'autocuiseur fonctionne à plein) les "filles" ressentent le besoin d'un petit bain et c'est pourquoi nous piquons droit au sud vers Grado, petite ville bâtie sur une île en ... 452, allez savoir pourquoi !

Un petit coin bien accueillant, ce Grado, plein de ponts et de canaux qui rendent la circulation un peu compliquée mais si pittoresque à la fois. D'ailleurs je ne sais pas s'il y a un rapport étymologique dans les noms mais cela me fait un peu penser au Grau du Roi ... Ainsi, pendant que ces dames piquent une tête je m'en vais boire une bière bien fraîche à la terrasse d'un petit bistrot d'où je peux apercevoir la voiture, on ne sait jamais ... Cela me donne l'occasion d'observer les us et coutumes locaux, ce dont je ne me prive pas ...

Quand ces dames reviennent, rafraîchies et souriantes, nous prenons la route de Padoue où nous arrivons tout de même un peu tard ... mais Fiume, Trieste, Aquileia : quelle journée !

 

Le lendemain, nous quittons notre rez-de-chaussée d'un pavillon de banlieue (les aléas du B&B ...) pas trop tard pour entreprendre la visite du centre de Padoue. Ici encore, près d'une porte de la ville (qui était entourée de remparts), nous trouvons un grand parking déjà écrasé de soleil, pour lequel nous ne saisissons pas immédiatement le mode de paiement. En fait, après mûre réflexion et avec l'aide d'une jeune gitane dont ce semble être le gagne-pain, nous comprenons que la plaque d'immatriculation de la voiture a été photographiée à l'entrée : ultra-moderne, le stationnement à Padoue !

En essayant autant que possible de rester à l'ombre (qui veut voyager loin ...) nous contournons une immense place parsemée de statues d'allure antique, le Prato della Valle. Ici et là, des vendeurs noirs ont étalé leur bimbeloterie ...

 

MG 4674 place Padoue

 

Nous atteignons rapidement un bâtiment d'allure massive, et même un peu rébarbative, qu'on aperçoit à gauche sur la photo ci-dessus, c'est la basilique Santa Giustina, une des plus grandes d'Europe. Nous y découvrons à nouveau quelques beaux échantillons de Baroque :

MG 4659 baroque Padoue

MG 4666 fillette Padoue

l'apprentissage du Baroque commence tôt !

Continuant notre tour de la place, nous nous engageons dans des rues heureusement bordées d'arcades, et tout à fait pittoresques. L'animation y est intense, et pas seulement touristique : Padoue est une ville très vivante ... du moins avant la grosse chaleur ! Notre but, bien sûr, est la basilique de Saint Antoine qui renferme le tombeau du Saint. Malheureusement, et c'est bien dommage, les photographies y sont rigoureusement prohibées, et des moines sont là, entre autres, pour veiller à faire respecter l'interdiction. Pour ce qui est de la chapelle renfermant la tombe, honnêtement, je n'ai jamais vu un tel délire décoratif ! Autel, sculptures, hauts-reliefs, tout y est incroyablement travaillé ! Une file de pélerins s'aligne d'un côté du tombeau, chacun attend son tour pour poser la main sur une plaque grise qui se trouve au dos de l'autel et y murmurer une prière, c'est assez impressionnant ... Faute d'images, une fois n'est pas coutume, je me permets d'indiquer un lien : www.basilicadelsanto.org

Et puis, comment quitter Padoue sans voir les fresques de Giotto ? Nous reprenons donc, après avoir versé notre obole à la petite gitane, notre véhicule qui a eu tout le temps d'autocuire et nous mettons à la recherche de la chapelle des Scrovegni ... Pas si facile, de circuler dans le centre de Padoue ! Nous avons une idée assez précise de la direction à prendre mais il nous faut louvoyer un grand moment en raison de la multiplicité des sens uniques et autres petits canaux ... Finalement nous parvenons à stationner, à l'ombre en plus, non loin de la place Eremitani. Mais pas si simple, d'entrer dans la chapelle ! D'abord c'est très mal indiqué, enfin pour nous en tout cas ! Et puis une fois que nous avons trouvé le chemin d'accès, on nous vend des billets, cher, avec lesquels nous ne savons pas tout de suite quoi faire. En effet, les visites sont hyper-organisées : elles ont lieu toutes les 30 minutes environ, et se décomposent en deux temps : 15 mn d'un film explicatif dans une salle climatisée, histoire de faire baisser la température des visiteurs, si j'ai bien compris (et effectivement, nous la sentons baisser ...) et 15 mn dans la chapelle même, ce qui est trop peu quand on découvre la richesse des fresques. Là encore, quel émerveillement, quelle splendeur, et quelle douceur aussi de pouvoir se perdre quelques minutes dans un univers si ancien, si beau, et si humain !!! Mais là non plus les photos ne sont pas autorisées (on s'en serait douté ...), ce qui est assez étonnant quand on voit le nombre de clichés, y compris de particuliers, sur internet ... cette fois je vous laisse faire votre moisson ... ;)

Mais le temps, qui s'est arrêté un moment dans la chapelle, passe pourtant ! Le troisième jour de notre voyage, prévu en quatre, est déjà bien entamé et nous avons à peine dépassé la mi-chemin de notre trajet ! Nous conservons néanmoins la volonté de nous arrêter à Vérone, étape romantique s'il en est, après nous être résolus d'entrée à sacrifier Venise ...

C'est certain, Vérone attire beaucoup de monde : une foule de touristes, autour des arènes, dans les rues, sur les places et, bien sûr, aux terrasses des innombrables bistrots ! Nous nous frayons un passage vers la maison de Juliette que nous atteignons en même temps que beaucoup d'autres, et il nous faut attendre un long moment pour pouvoir photographier le balcon vide, car des greluches prennent un malin plaisir à s'y faire tirer le portrait !

 

MG 4697 balcon Véronesi si je vous assure, ceci est le VRAI balcon de la VRAIE Juliette !

 

Nous échappant de la foule sentimentale, nous errons un moment dans les petites rues de la ville. Finalement, en dehors du circuit "obligatoire", elles sont assez tranquilles. Nous remarquons beaucoup de belles choses ici et là et comme à Trieste, comme à Padoue, nous nous disons que ce serait une bonne idée de revenir ici quelques jours pour se donner le temps d'une meilleure découverte ...

 

MG 4703 façade Vérone

sur une façade, un mélange assez surprenant de styles de tous âges !

 

Nous ressortons de la ville par une porte antique avec, croirez-vous, une seule idée : faire le plus de kilomètres possible avant la nuit ! Ah mais non ! ce serait trop simple ! Ces dames ont eu chaud, figurez-vous, et ces dames ont bien besoin d'un petit rafraîchissement, et comme le lac de Garde n'est pas loin ... Va pour le lac, donc, va pour la dolce vita et tutti quanti ... C'est très joli d'ailleurs, même si la plage que nous trouvons est un peu encombrée de ragazzi ... Quant à moi, selon une tradition qui commence à s'établir, je m'attable à une terrasse devant une bière bien fraîche ...

 

MG 4750 pont Lac de Gardedernière image de ce voyage retour : une belle carte postale du lac de Garde ...

 

La fin du voyage n'est plus qu'une longue suite de kilomètres pour lesquels nous nous relayons à la conduite. Nous parvenons à dormir le soir pas trop loin de Turin, dans un motel comme il en existe tant. Au petit déjeuner, je me fais piéger par la machine à café qui ne sert que des doubles expresso. Pour atteindre la quantité de café nécessaire, j'appuie sept fois sur le bouton, je bois donc l'équivalent de quatorze cafés italiens, ce qui n'est pas rien ! Je conduis dans la banlieue de Turin, et je m'aperçois que ni les limitations de vitesse ni les lignes blanches n'ont le même sens que chez nous. Puis ce sont les Alpes, avec une nausée persistante probablement due à l'overdose de café. Le tunnel du Fréjus semble fermé (?) et nous franchissons la frontière à Montgenèvre, ce qui nous amène droit (façon de parler !) sur Briançon et son fort ...

 

Recherche du Baroque 4755 vue Briançonde Belfort à l'aller à Briançon au retour : un voyage sous le signe de Vauban, finalement !

 

 

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