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18 février 2009 3 18 /02 /février /2009 14:42

A Moszkva tér  ...



il y a :

- beaucoup de gens, tout le temps

- les terminus des "grandes" lignes 4 et 6, qui font le tour des boulevards intérieurs (suivez un peu, enfin !)

- le terminus du tramway n°18 et celui du 41, mignons comme tout, ces deux-là. Sur chacun des deux quais, en tête de rame, un compteur lumineux égrène les secondes avant le départ

- un pont et des escaliers qui mènent à la rue Csaba, qui passe au-dessus

- quelques mendiants, quelques personnes ivres, quelques policiers

- une station de métro (l'éventail tout moche sur la photo) dont les escaliers mécaniques sont TRES lents

- des masses de pigeons

- de l'autre côté de la rue Csaba, juste au-dessus, l'ancienne poste qui a été vendue (pour en faire quoi ? un hôtel de luxe ? une résidence ? des bureaux ?) et pour l'instant inoccupée. Tout juste existe-t-il un local avec quelques photocopieuses au rez-de-chaussée ... On dirait un château de carton-pâte, un décor pour films médiévaux




- des snacks, dont un "Grec" (quoique je n'aie pas bien compris ce que cet établissement  avait à voir avec ce beau pays), sis à une des trois pointes de la place, qui me change quelquefois du "Chinois" de Déli pályaudvar

- un MacDo où je n'ai jamais mis les pieds

- une horloge sous laquelle on se donne rendez-vous




- de grosses enseignes au néon sur les toits

- de larges avenues qu'il faut vite traverser avant que le feu ne repasse au vert

- des boutiques de journaux (mais pas un seul journal français, ni même étranger je crois), des vendeuses de broderies et dentelles, des fourgueurs de portables

- une statue allégorique bizarre, dont on ne saurait dire si elle est belle ou laide




- pas mal d'accidents avec les bus.

La dernière fois c'est un chauffeur qui a eu une attaque : le bus, vide à part lui, s'est mis à zigzaguer, à emboutir des autos ... Une autre fois, des freins avaient lâché. Je crois que le parc des bus (dont le réseau est superbe !) est dans un état assez pitoyable mais ... y a pas de sous !

- à part quelques arbustes maigrichons sur certains côtés, un seul arbre sur toute la place de Moszkva tér, et c'est un ... palmier !!!


si c'en est vraiment un, on le plaint, pas vrai ?


Sziasztok !

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16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 14:27

Si vous avez lu "Une vie de fou !", vous savez pourquoi j'ai de plus en plus de mal à trouver du temps pour écrire dans ce blog ... En particulier, la préparation du Master de Français Langue Etrangère est vraiment  de plus en plus "chronophage", comme on dit maintenant !


Mais j'ai trouvé l'occasion de "faire d'une pierre deux coups" (hé hé !) : j'avais à produire un devoir "interculturel" faisant état des stéréotypes circulant en Hongrie au sujet des Français et de la langue française ET je (un peu aidé par Ma Douce, il est vrai ...) me suis dit que cela pourrait éventuellement intéresser les lectrices/lecteurs de ce blog. Je vous en reproduis donc l'essentiel ci dessous ...


Après 5 mois de vie en Hongrie, je pense pouvoir affirmer, en espérant ne pas verser à mon tour dans le stéréotype, que les Hongrois forment un peuple dont on pourrait dire, dans l’ensemble, qu’il est plutôt humble et respectueux. Ceci s’explique par l’Histoire qui, d’un point de vue hongrois, est une longue succession d’échecs et de déconvenues, par la géographie puisque la Hongrie est un « petit » pays, avec ses 93 000 km2 et ses 10 millions d’habitants, mais aussi par la mentalité des gens, qui est assez individualiste (est-ce une réaction aux 40 années de collectivisme forcé ?) et donc peu soucieuse des autres en général. On est d’ailleurs en droit de se demander quelle est la part du respect et celle de l’indifférence …

Un autre fait important est que je ne parle pas encore le hongrois, ce qui fait que la majorité des stéréotypes récoltés l’ont été auprès de gens cultivés, ayant voyagé, donc capables de recul, et parlant soit le français soit l’anglais. D’autres sont venus s’y ajouter, auprès de gens plus modestes, mais au prix d’une traduction laborieuse, source de filtrage et même de biaisement. Encore une fois, je pense qu’il est difficile, voire gênant, pour un-e Hongrois-e d’ « avouer » des stéréotypes sur la France et les Français à un Français


Sur la langue française


On aurait pu s’attendre, venant d’un pays comme la Hongrie (qui fonctionne un peu comme un « babaorum linguistique » avec ses dix millions d’habitants, en plein cœur de l’Europe, qui s’obstinent à parler une langue à laquelle nulle autre n’est apparentée !) à une foison de stéréotypes défensifs destinés à valoriser, au moins « en creux », la langue hongroise. D’après mes recherches, il n’en est rien. La stratégie adoptée semble plutôt inverse : on ne se moque pas des autres, ils nous laisseront tranquilles

Ainsi du français :

Le français est considéré comme une « très belle » langue, « une des plus belles ». Les auteurs français classiques, même s’ils sont le plus souvent lus en traduction, sont très connus et il est possible, par exemple, que Jules Verne (dont le nom a été magyarisé en Vern Gyula) soit pris pour un auteur hongrois par une bonne partie de la population.

Le français est-il assimilé à « la langue de l’élite » ? Ce ne serait pas surprenant étant donné son usage dans les milieux aristocratiques puis bourgeois des 19ème et 20ème siècles. Je n’ai cependant pas pu en avoir une confirmation vraiment nette. A noter qu’un jeu est assez courant chez les enfants, celui qui consiste à « parler français » (francia nyelvi paródia), ce qui consiste à énoncer des phrases hongroises absurdes dont les sonorités rappellent celles du français :

Exemple : « Pap ül a padon, lábán szőr lekopott, de már nő » … en essayant de ne pas rouler les « r » et en faisant des mines précieuses, avec bouche « en cul de poule » et regards de commisération.

Une expression est couramment employée : « c'est la vie », quelquefois formulée en hongrois : « Ilyen c'est la vie »~ « comme ça, c'est la vie » Elle semble le reflet d’un certain fatalisme mais je ne pense pas que l’on puisse parler pour autant de résignation. Elle contient en effet une nuance de sagesse amusée qui conduit souvent à relativiser la gravité de ce dont on parle

Sur les Français :

 


Si l’on se rappelle le jeu enfantin, on ne s’étonnera pas que les Français apparaissent un peu « maniérés », un peu « précieux ». Il subsiste un côté « Grand Siècle » qui fait peut-être dire que les Français préfèrent se parfumer plutôt que se laver. Or les bains ont une certaine importance dans la culture hongroise, et pratiquement tous les Hongrois y vont au moins une fois par semaine.

Il y a également un côté « fin 18ème » dans le fait que les Français sont perçus comme « bavards », « superficiels », « pouvant parler de tout » et « ayant une opinion sur chaque sujet ». On n’est pas loin de Voltaire …N’oublions pas que pendant 40 ans les Hongrois-es ont été empêché-e-s de s’exprimer, et même de penser, …d’où un agacement amusé devant le « papillonnage » français ?

On dit même que les Français sont « prétentieux » et « donneurs de leçon ». Ceci est peut-être lié au Traité de Trianon qui fut signé en 1920. C’est là que la Hongrie perdit les 2/3 de son territoire et le chef d’orchestre en fut, paraît-il, Clémenceau. Du coup, il semble que beaucoup de Hongrois, même parmi les jeunes générations, gardent « une dent » contre les Français.

Mais « le » Français est aussi quelqu’un d’intelligent, de cultivé, et qui attache de l’importance à l’art. Cette image est plutôt le fait de gens eux-mêmes cultivés, mais elle peut être déclinée selon le même thème épicurien. Le Français a du goût pour s’habiller, mais il sait aussi apprécier toutes les bonnes choses de la vie comme le vin, le fromage, la bonne cuisine, le sexe ! Bref le Français « sait vivre » ! Là encore on peut rappeler la situation de « pénurie organisée » qu’a subie le pays pendant longtemps, et bien propre à susciter des fantasmes. Tout comme la femme française d’ailleurs …

De façon tout à fait moderne, il semble bien que plusieurs de ces stéréotypes se cristallisent dans le personnage … d’Hercule Poirot ! Il s’agit en effet d’une série télévisée anglaise diffusée sur « m1 », la 1ère chaîne nationale, et qui remporte un grand succès. Dans la mesure où ce personnage ne peut s’empêcher de ponctuer ses interventions de « merci bien », « comme il vous plaira », … en français (on retrouve ici un autre stéréotype qui veut que le Français soit incapable de parler autre chose que le français) il y a de grandes chances pour que ce petit homme excessivement soigné, supérieurement intelligent et « donneur de leçons », soit identifié par certains comme l’archétype du Français … même s’il est Belge !

On retrouve la même idée de plaisir dans plusieurs objets identifiés de par leur nom comme « français » :

la salade française, sorte de macédoine crémeuse et très douce ;

le « franciakremes », gâteau hyper-crémeux, comme son nom l’indique ;

le lit français, c’est celui qui contient deux places, amis pas trop éloignées, et où on peut faire l’amour « à la française »

le « francianegy » : « 4 français », espèce de quadrille

les cartes françaises

On peut signaler également la fenêtre française (qui équivaut à notre porte-fenêtre) et la clé française (qui équivaut à notre clé anglaise !)

 

On trouve quelques blagues directement liées aux stéréotypes relevés.

Exemples : « Est-ce que c’est vrai que les Français ne veulent parler que le français ?

          -Non, mais c’est mieux s’ils n’essaient pas ! »

Ou encore : « en France, le meilleur endroit pour cacher un gros billet, c’est sous le savon ! »

 

Une catégorie de blagues bien particulière est celle des « histoires de Jean », dans lesquelles Jean est le valet français de « Uram » (« Monsieur » en hongrois). Ce sont des blagues populaires des années 30 (époque très troublée de la Hongrie) qui fonctionnent toutes selon un schéma à peu près identique : question de Uram // réponse de Jean, très souvent par oui/non // explication absurde et comique de Uram.

Exemple : « Jean, qui frappe à la porte ?

        -Ce n’est que la pluie, Monsieur

        -Alors dites-lui d’entrer, autrement elle sera trempée. »     

Jean joue plutôt le rôle de « répondant » à Uram, sa concision et sa retenue contrastant avec le délire bavard de l’autre. Je pense donc que ces blagues visent plutôt à discréditer les parvenus, les « nouveaux riches » de l’époque plutôt que se moquer des Français.

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8 février 2009 7 08 /02 /février /2009 16:49
Miklós Radnóti est mort en 1944, tué d'une balle dans la nuque parce qu'il ne marchait plus, quelque part dans l'ouest de la Hongrie. On a exhumé ses derniers poèmes, restés dans sa poche.

Entre tes bras  (Két karodban)

Entre tes bras je me balance                             Két karodban ringatózom
doucement.                                                      csöndesen.
Mes bras te bercent en silence                          Két karomban ringatózol
longuement.                                                     csöndesen.
Dans tes bras comme un tout-petit                     Két karodban gyermek vagyok
que dirais-je ?                                                   hallgatag.
Mes deux bras où tu te blottis                            Két karomban gyermek vagy te
te protègent.                                                     hallgatlak.
C'est de tes bras que tu m'embrasses                 Két karoddal átölelsz te,
quand j'ai peur.                                                  ha félek.
Dans mes bras ta présence efface                      Két karommal átölellek
ma frayeur.                                                        s nem félek.
Tes bras je n'y crains plus l'immense                  Két karodban nem ijeszt majd
et noir silence                                                   a halál nagy
de la mort.                                                        csöndje sem.
Dans tes bras la mort n'est qu'un songe              Két karodban a halálon,
d'où je déplonge                                                mint egy álmon
sans effort.                                                        átesem.




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31 janvier 2009 6 31 /01 /janvier /2009 08:22
Sziasztok !

Je n'y peux rien : j'adore les chevaux et j'adore JOUER. Donc, quoi qu'il m'en coûte au niveau de mon image, j'adore les courses de chevaux,  et même ... le tiercé ! En plus j'aime tout particulièrement le "trot attelé", où de gros patapoufs (dont je connais tous les noms) assis dans des petites voitures se font tirer par des chevaux qui ont l'air de souffrir en courant ... Nobody's perfect ...

Il y a même eu une époque, longue de plusieurs mois, pendant laquelle j'ai acheté Paris Turf TOUS les jours et où, chaque jour, je jouais "fictivement" en inscrivant mes gains et mes pertes dans un fichier d'ordinateur. J'avais dans l'idée de me préparer ainsi une retraite ludique et, si possible, dorée. Finalement je me suis aperçu qu'au bout du compte gains et pertes s'équilibraient, ce qui me permettrait au moins de jouer sans liquider ma maigre pension ... Fort de cet enseignement, j'ai donc laissé tomber ... momentanément, cela va de soi !

Pendant les fêtes, j'ai mis les pieds à l'hippodrome de Vincennes pour la première fois. Pas facile d'y aller quand on n'a pas de voiture ! Il faut prendre le RER jusqu'à Joinville le Pont, et marcher un bon bout de temps en longeant le bois. On passe devant l'Ecole Nationale de Gendarmerie, avec un tas de chenils alignés. Pas de joggeurs de ce côté-là !
Le bâtiment lui-même fait un peu Parc des Princes, style années 70, mais à l'intérieur le grand hall d'accueil est assez moderne (verre et bois). J'ai tout de suite vu une queue immense, qui barrait le hall sur une bonne partie de sa longueur. Je me suis dit, ben mince si c'est comme ça pour parier je risque de ne pas jouer beaucoup ! Mais non, j'ai vu que la queue se dirigeait vers une estrade monumentale, sur laquelle une galette des rois GRATUITE était servie ! Et en effet, bien loin des falbalas du Prix d'Amérique que l'on nous sert chaque année à la télé, ce sont plutôt des "petites gens" qui fréquentent l'hippodrome ... et le font vivre. On ne les voit pas tout de suite en fait (sauf quand ils attendent pour un bout de galette), car c'est dans le "Petit Hall" qu'on parie, une espèce de large couloir, bordé de chaque côté par les guichets, et séparé de la piste par des doubles portes battantes. Ils sont là, les petits joueurs, plantés devant les écrans qui affichent les partants et les cotes, qui retransmettent les courses et puis qui affichent les gains. Les pertes, bien sûr, pas besoin de les afficher : chacun les connaît. C'est un jour ordinaire de Vincennes, un lundi je crois, sans grande course, rien que le quotidien. L'ambiance est plus besogneuse que fiévreuse, avec pas mal d'yeux éteints ...

A Budapest, ce dimanche-là, c'était l'ouverture de la saison de trot. Comme il faisait beau, on a pris le métro jusqu'à Pillangó utca (maintenant on a trouvé un moyen bien simple et instructif de faire passer le temps du trajet : j'essaie de déchiffrer les publicités et Ma Douce me corrige et m'explique) et on a marché un bon bout de temps jusqu'à l'hippodrome ... Le quartier lui-même est un peu glauque : trottoirs défoncés, rails abandonnés, usines vaguement affectées ... Et puis on arrive au parc Kincsem ("mon trésor"), du nom de la fameuse jument qui a couru 54 fois sans jamais arriver deuxième ! D'ailleurs la voilà :


Et là, vous vous dites tout de suite : ah quand même ! à Budapest c'est autre chose que les années 70 ! ce charme classiciste, voire néo-baroque, des pays de l'Est ! un peu vieillot, mais tellement "classe" ! Certes je ne peux qu'abonder ... dommage que tout le monde ne soit pas du même avis. Certains ont jugé, un beau jour, que l'ancien bâtiment de l'hippodrome ne convenait plus (peut-être était-il trop loin de la piste ?) et qu'il fallait en construire un autre. Oui mais voilà, comme souvent en Hongrie, d'autres n'étaient pas d'accord, mais alors là pas du tout. Et comme chacun se tient par la barbichette, voilà le résultat :
Non, non, il ne s'agit pas d'un trucage et vous ne rêvez pas : derrière l'ancien bâtiment et devant le nouveau, la piste étant sur la droite évidemment ! Vous avez sous les yeux la photo d'une situation qui me paraît caractéristique de la Hongrie, telle que je suis en train de l'apprendre. Et il faudra bien qu'un jour ou l'autre je tente un article sur "la Hongrie en couches" ou "de l'importance de la sédimentation dans le fonctionnement hongrois", quoique cela ne semble guère plaire à Ma Douce !
On assiste là, en quelque sorte, à une espèce de "phagocytose" immobilière, la nouvelle construction "digérant" l'ancienne, qui n'a plus aucune raison d'être et qui finira, un jour ou l'autre, par disparaître ... Même si elle est classée "monument historique"!

Mais foin de ces considérations, nous étions là pour JOUER ! Et là, croyez-moi, jouer pour la première fois dans un hippodrome inconnu, dans une langue inconnue, et qui fonctionne selon d'autres règles, c'est loin d'être évident ! Evidemment j'étais accompagné, mais comme Ma Douce n'était venue qu'une seule fois et qu'elle n'avait fait que suivre les consignes d'une amie pour jouer, nous étions bien avancés ! Il y avait bien des écrans, comme à Vincennes, et des guichets. Ne comprenant rien aux premiers, nous nous adressâmes aux seconds. Plusieurs fois ... Et là il faut dire que les dames guichetières furent d'une patience et d'une gentillesse infinies. En plus un petit monsieur avec de grosses lunettes entreprit de nous expliquer tout ça en s'aidant du programme vendu sur place. Bref, au bout d'un moment, il nous a semblé comprendre à peu près de quoi il retournait. On a donc commencé à JOUER dans la 3ème course, le handicap de Vincennes (je vous jure que c'est vrai !). J'ai joué 1000 forints sur Inspe, favori logique, et 1000 sur Juste de Guerre, un tocard dont le nom me plaisait. Tous les deux placés, c'est à dire qu'il fallait qu'ils arrivent dans les trois premiers pour me rapporter quelque chose. Inspe a gagné et Juste de Guerre, après un bon effort final, est arrivé 5ème. Hé, hé ... pas si mal pour un début ...


Après (était-ce pour ça que ce jour avait été choisi pour l'ouverture de la saison ?) c'était ... le Grand Prix d'Amérique à Vincennes ! Retransmis en direct, et sur lequel on pouvait parier. Je n'ai eu besoin que d'un coup d'oeil pour voir que Frank Nivard drivait Meaulnes du Corta et que si elle partait bien et que Nivard n'était pas obligé de "faire la course" pour Offshore Dream, l'autre pensionnaire de l'écurie Levesque, elle avait toutes les chances de l'emporter. J'ai donc misé sur le 15 les 1000 forints gagnés avec Inspe. Aux 1000 mètres Meaulnes du Corta était déjà en tête, bien calée à la corde. Dans le dernier tournant, elle s'envola alors même que les autres faisaient leurs efforts pour revenir, elle tint tout au long de la ligne droite (c'est ça qui est excitant avec le trot attelé, il arrive que des chevaux sur le point de gagner se mettent soudain au galop et soient éliminés) et elle remporta le Prix d'Amérique, le championnat du monde des trotteurs, les sabots dans les naseaux ! Ma Douce me regardait avec de grands yeux pleins d'un amour admiratif et respectueux ... Il me fallait donc continuer, et tenir !

Dans la 5ème, il m'a semblé qu'Hóvirág, le 4, avait une bonne chance. Ma Douce, émoustillée par le Prix d'Amérique peut-être, a décidé de jouer également mais sur Jópofi, le n°9. A l'arrivée, Hóvirág a gagné facilement ; quant au 9 ...


Il fallait quand même que je fasse un peu attention. C'est vrai, ça finit par être énervant, quelqu'un qui gagne tout le temps, surtout quand on ne gagne pas soi-même ! Pour calmer un peu nos esprits surchauffés, d'un commun accord on a décidé de se promener un peu avant que le soleil ne se couche. On a exploré l'ancien bâtiment, dont toutes les portes étaient soigneusement fermées.

oui, oui, c'est bien moi ! j'ai profité des soldes pour m'acheter un GRAND manteau noir !

Evidemment, elle était un peu triste, cette grande bâtisse vide, et condamnée à plus ou moins brève échéance. Ici, une foule fiévreuse s'était pressée, de belles dames en grande toilette avaient monté les escaliers, une ombrelle à la main, accompagnées de beaux messieurs en frac et haut-de-forme ... Ici, des fortunes s'étaient faites, et d'autres avaient été liquidées ... sur fond de sabots ...


Et dans cette tribune présidentielle, (ou royale, ou même impériale, pourquoi pas ?) là, en haut à droite, peut-être que Sissi avait posé ses mignonnes petites fesses ? ou l'amiral Horthy son auguste postérieur ?

Mais le jour tombait déjà, pour ajouter à la mélancolie des lieux.


On a donc retraversé la pelouse inutile et on a retrouvé les joueurs (presque pas de femmes, au fait, beaucoup moins qu'à Vincennes en tout cas, je me souviens, dans la navette du retour, j'étais assis à côté d'une vieille dame noire chaussée de grosses lunettes, qui n'arrêtait pas de décliner des chiffres à voix basse ...). L'alcool aidant, ça commençait à parler fort, là-dedans ! On avait envie d'un chocolat chaud, mais au comptoir c'était plutôt la bière qui coulait à flots ! En haut des tribunes (voir photo n°2) on avait remarqué une grande baie vitrée qui semblait abriter des salons un peu plus fréquentables. A Vincennes il faut payer pour accéder à ce genre d'endroits ; ici non, on a juste eu un peu de mal à trouver comment entrer mais personne ne nous a rien demandé.

C'était nettement plus chic, avec serveurs portant tablier et quelques nouveaux riches aux rires gras. Mais dans l'ensemble c'était plutôt feutré, et paisible. On s'est installés tout au bout, à la seule table libre. A cet étage aussi, bien sûr, on trouvait écrans et guichets. C'est même là qu'on a enfin compris comment fonctionnaient les cotes : le tableau indiquait, pour une mise de 10 forints, la somme remportée par un cheval "gagnant", c'est-à-dire qui arrive premier. Autrement dit, plus la somme était basse, et plus le cheval était favori. Le seul problème était qu'on ne donnait pas les gains pour des chevaux "placés", ce que, pour des raisons de haute stratégie qu'il serait vain de vouloir ici vous expliquer, je joue toujours. Par exemple, pour 1000 forints misés sur Inspe (voir plus haut) dans la 3ème, j'avais gagné ... 1000 forints ! Ce qui n'arrive quasiment jamais en France, même pour un hyper-favori ! Pour les 1000 forints sur Meaulnes du Corta, j'en avais gagné ... 2600 ! Pour Hóvirág ... 1000 à nouveau !!! Il n'y avait vraiment pas de quoi pavoiser, ni offrir le meilleur restau à qui vous savez ...

En attendant le chocolat (ou plutôt le serveur, qui ne se décidait pas à arriver) on a joué un peu, mais (avec la nuit ? le changement d'endroit ?) l'excitation n'était plus la même. Ma Douce a fait fort cependant : dans le Grand Prix d'Ouverture (de la saison, soyez un peu attentifs !) elle a joué un "boulet", le 2, qui lui a rapporté presque 4000 forints pour une mise de 200 ! Moi j'avais joué le 5, beaucoup plus crédible, mais qui s'est mis au galop et donc fut "distancé".


Il faut bien admettre que la photo n'est pas très nette !

Alors il fut temps de rentrer. On a refait le chemin dans la nuit, la pelouse, le vieux bâtiment, les allées du parc Kincsem, la grande avenue et ses dépôts vides, ses trottoirs troués de flaques, tiens ! un jeune gars regarde sa voiture hissée sur la remorque d'une dépanneuse, le pauvre, il n'a pas l'air très content, forcément ... la station de métro toute neuve de Pillangó utca, les panneaux publicitaires dans le wagon ...
Pas de doute, au printemps on y retournera !

Szia !


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25 janvier 2009 7 25 /01 /janvier /2009 07:41
Jó reggelt ! good morning ! buenas mañanas !

C'est bien le moment de le dire : il est 7h43 du matin, et c'est dimanche. J'ai quitté mon lit tout chaud, tout doux et ... tout habité, et tout ça pourquoi ? Pour venir vous dire quelques mots, chère lectrice et cher lecteur de mon cœur ! (ndlr : ne vous fiez surtout pas à ces grandes déclarations lyriques : la démarche ici est, bien sûr, purement égoïste et "intéressée" !)
Par amour, j'ai tout quitté, appartement, boulot, ami-e-s, pour venir vivre à Budapest. Je me suis mis,comme on dit, "en disponibilité" ... Mon plan était relativement simple : ayant réussi à mettre de côté quelques euros, j'avais prévu certes de travailler un peu, mais surtout d'avoir du temps pour découvrir la Hongrie et les Hongrois, pour me promener, pour écrire (sur le blog, principalement) et pour aimer, aimer, aimer ... Ah oui ! je me suis inscrit également au Master FLE "à distance" de l'université Stendhal de Grenoble, histoire de "boucler" mes études ...
Et puis voilà, une chose en entraînant une autre, je vais bientôt avoir des semaines aussi chargées que quand je travaillais à plein temps au rectorat !
Qu'on en juge :
- lundi matin : cours de hongrois à la HLS jusqu'à 12h30
- lundi après-midi : à partir de 13h00 leçon de français dans une ambassade (heureusement que ce n'est pas très loin !)
- mardi après-midi : leçon de français à l'antenne d'une grosse société laitière française
- mercredi : comme lundi, sauf qu'en plus il faut que j'arrive à caser une leçon de français pour un prof d'anglais hongrois !
- jeudi : comme mardi
- vendredi : journée "Master" (en principe)
Vous allez me dire : mais c'est cool, c'est relax, ça, comme emploi du temps, il y a plein de trous dedans ! Ouais ... mais ces leçons de français, il faut les préparer, il ne me suffit pas d'arriver les mains dans les poches, surtout si je veux garder mes "clients". Mais le Master demande de plus en plus de temps, et encore je ne fais pas sérieusement tout ce que je devrais faire. Par exemple, je devrais tenir un "blog d'apprentissage" sur mon identité d'apprenant en ligne, ou quelque chose comme ça, ben nul doute que je préfère mille fois écrire sur celui-ci, ce qui demande également, vous vous en doutez bien, une certaine disponibilité !
Et pourquoi est-ce que je travaille, d'abord ? Eh bien mais pour gagner quelques forints, pardi ! 2500 pour un cours de 45mn, exactement, soit au cours actuel environ 8,5 euros. Pas vraiment le Pérou, d'autant que la vie n'est pas si "donnée" en Hongrie : un abonnement mensuel pour les transports en commun coûte 9000 ft (plus de 30 euros), un litre d'essence environ 300ft (un peu plus d'un euro), un pain entre 200 et 400, un kilo de viande entre 2000 et 3000, etc ... Il n'y a que pour les cigarettes que ça vaut le coup : 660 fts le paquet ... de 19 ! L'autre jour on a fait des courses au supermarché : un demi-chariot sans aucun produit de luxe, paf ! 20 000 forints ! Quand on sait qu'un professeur de lycée gagne à peu près 110 000 fts par mois, on comprend vite l'obligation de donner des leçons particulières ...
Alors, est-ce que je vais me plaindre ? Non, certainement pas ! C'est juste que je commence à me poser de bonnes vieilles questions : à partir de quelle quantité hebdomadaire le travail devient-il aliénant ? à partir de quel moment la routine prend-elle le dessus, et vous bouffe-t-elle la vie ? et quels sont les facteurs qui vont faire pouvoir faire varier cette quantité dans un sens ou dans l'autre ? C'est sûr qu'en ce moment un seul baiser de Mon Amie efface une journée entière de dur labeur (ndlr : mais demain ? mais plus tard ?) même s'il m'a fallu, pour rentrer, prendre le métro entre Forgách utca et Déli pályaudvar, particulièrement long et déprimant (facteur aggravant).
Heureusement que le métro permet de lire : je vous signale donc l'excellent "Jóska Átyin n'aura personne pour le lui rendre" de Béla Osztojkán, paru chez Fayard, qui narre les tribulations d'une communauté tsigane du nord-est de la Hongrie dans les années cinquante. Pas si facile à lire, dans la mesure où l'on passe de la peau d'un personnage à une autre, d'un souvenir à un autre (on pourrait presque parler d'un roman "brodé" avec des fils qui se cachent et réapparaissent), mais très instructif sur la manière dont les Tsiganes ont été traités au glorieux temps etc ... Sur la manière dont ils ont ressenti les choses aussi, puisque l'auteur était (il est mort en 2008) Tsigane également.

Voilà, ce sera tout pour cette fois, sans photo, rien, allez, si, juste une petite alors, parce que, vous l'aurez compris, je n'ai pas que ça à faire !


Salut !

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15 janvier 2009 4 15 /01 /janvier /2009 17:51
Sziasztok ! Salut à tou-te-s !

Aujourd'hui ça va être du lourd ...

Figurez-vous qu'un jour Ma Douce m'a dit : "Habille-toi, mets ton manteau, je vais te montrer quelque chose !" avec un grand sourire. Et quand elle me sourit ...

On a marché jusqu'à Moszkva tér, et là on a pris le tram n°6 (l'un des deux, avec la ligne n°4, à faire le tour de Pest par les grands boulevards, je vous en ai déjà parlé, alors soyez un peu attentifs s'il vous plaît) jusqu'à Blaha Lujza tér. Là on avait d'abord rendez-vous avec un homme assez surprenant, responsable d'une école de langue. Il n'a pas pu nous recevoir longtemps parce qu'il attendait 20 personnes à manger le soir même. Et dans la pièce voisine sa secrétaire (?) épluchait des pommes de terre à côté de son ordinateur ! Avec un grand sourire ...
A juste titre il était très fier de la fenêtre de sa salle à manger :
On s'est donc quittés assez vite, en promettant de se revoir. Il paraissait plutôt content que je fume moi aussi.

Dehors Ma Mie a repris son air mystérieux ... On a contourné la petite place, éventrée par les travaux du creusement de la 4ème ligne de métro et complètement cernée de palissade ou de grillage (ndlr : il faudra bien qu'un jour je vous dise quelque chose de ces travaux ...), et on a pris la direction du 8ème arrondissement. Au passage Mon Amie me montrait des petites choses : 

    

























                         














  


                            C'est vrai que dans l'ensemble c'était un peu en mauvais état ...













Et puis on est arrivés dans le 8ème ...


Ah non ! pardon, ça c'était le 8ème arrondissement il y a quelques années, au moment où des photos ont été prises pour sa conservation. C'était un quartier de gens simples, "bosseurs", avec aussi des Tsiganes et des retraité-é-s. Un quartier où les gens se connaissaient, comme cela arrive encore dans certains coins de Paris. Un peu le 19ème, peut-être ?
Aujourd'hui le 8ème ça ressemble plutôt à ça :

Et encore, là c'est propre ! (à part la décharge, évidemment).

On lamine, dans le 8ème, on excise, on expurge, on démolit ! (et on dépose ses ordures, accessoirement).
On cisaille, on pilonne, on convoie et on jette !

Parfois, à force de d'entailler, de creuser, de purger, on fait apparaître des murailles, des ksars, qui prennent des allures de forteresse des Templiers.

Des forteresses plantées en plein désert ...


Oui mais vous allez me dire : c'est nécessaire, ça, c'est le progrès ! le développement ! la croâssance ! Il le faut bien, hélas, parce qu'il faut travailler pour pouvoir gagner de l'argent pour pouvoir consommer pour pouvoir faire tourner la machine et donc pour pouvoir travailler, pas vrai ? Et il en faut de plus en plus, évidemment, pour pouvoir élever le niveau de vie : travailler plus pour gagner plus pour faire tourner la machine plus vite et donc pouvoir travailler davantage, c'est pas compliqué, quand même ! Oui mais pourquoi il faudrait gagner plus ? Alors là soit vous pouvez consommer davantage (donc faire tourner la machine plus vite, etc..), soit vous consommez pareil parce que les choses sont plus chères. Alors pour pouvoir consommer ne serait-ce qu'un petit plus, ou au moins autant, les "travailleurs" sont trop contents de pouvoir taper 8 heures par jour dans la pierre historique, et les investisseurs de se remplir les poches.
Et là, on rentre dans le lourd ...
Figurez-vous que récemment un gros scandale a éclaté dans le 7ème arrondissement, qu'on appelle aussi "l'ancien quartier juif" (classé au patrimoine mondial de l'Unesco, soit dit en passant). Deux politiciens de la municipalité auraient "monté" des sociétés fictives (au nom de l'épouse, par exemple) auxquelles ils auraient vendu, à des prix défiant toute concurrence, des dizaines de maisons du 7ème. De manière à éviter tout appel d'offres (obligatoire au-dessus d'une certaine somme) les maisons auraient été systématiquement sous-évaluées, avec la complicité d'experts, évidemment. Ensuite, il ne restait plus qu'à les vendre, beaucoup plus cher, à de véritables entrepreneurs. Et le pire, c'est que tout ça s'est fait sans même que les occupants des maisons en soient informés ! Et tenez-vous bien, quelque temps plus tard, c'est-à-dire il y a quelques jours, un autre scandale du même tonneau a éclaté dans le 6ème, concernant des maisons situées des deux côtés de l'avenue Andrassy (classée elle aussi), les Champs-Elysées de Budapest  : là encore des politiciens véreux les auraient vendues à des gens de paille avec qui ils se seraient partagé ensuite les bénéfices de la revente.
Bon, il n'est pas question ici d'affirmer : "tous pourris", ce serait trop facile, et probablement inexact. Pas question non plus de suspecter qui que ce soit dans les opérations du 8ème, et de toutes façons, ce n'est pas mon boulot !
Mais ce qui est certain, c'est que toutes ces opérations se font dans une atmosphère de violence, au prix de combats gagnés, perdus, suspendus, oubliés parfois ...
Violence contre les gens, d'abord, qui se voient expulsés et, au mieux, relogés dans des quartiers périphériques. Certains tentent bravement de résister :
la plupart, déjà bien fatigués, ne veulent pas d'ennuis supplémentaires et préfèrent renoncer ...
Quelquefois on comprend que, pour une raison ou une autre, un lieu a été épargné, et donc habité, un peu plus longtemps. Des affaires traînent encore, qu'on n'a pas encore jetées. Un arbre continue de pousser au milieu d'une cour jonchée de débris.


Certaines habitations ressemblent à des Forts Chabrol, aux fenêtres mitraillées, au toit crevé, à moitié carbonisé ...


D'autres sont miraculeusement épargnées, généralement parce qu'un poète a vécu dedans (ndlr : sur l'importance accordée aux poètes en Hongrie, le lecteur est prié de se reporter à l'article "Un peu de poésie hongroise"). Cela peut donner des voisinages étonnants :

Mais presque toujours la "logique économique" est la plus forte : il faut donner du travail aux électeurs si 'lon veut être réélu, il faut donner dans le modernisme pour soigner son image d'homme (ou de femme) de progrès, il faut donner dans le pragmatisme pour tenir à flot les caisses de l'arrondissement.
Et un bon gros centre commercial, doublé de bureaux et d'immeubles résidentiels, quoi de mieux pour jouer sur les trois tableaux à la fois ?



Curieux comme cette photo, après coup, fait penser à celle de la maison abandonnée un peu plus haut : l'arbre a été remplacé par une grue, voilà tout ! Et ceux-ci ? Ces orgueilleux piliers de béton flambards et flambant neufs, dans combien de temps seront-ils laissés à leur sort de ruines, avant d'être remplacés à leur tour ? Peut-être pas si longtemps après tout quand on voit que dans une autre opération immobilière importante dans le 6eme arrondissement, on a tellement lésiné sur les matériaux qu'à peine finies, les constructions commencent déjà à se lézarder ! Et devinez quoi ? Les gens qui ont payé (cher) pour y acheter un appartement n'ont pas le droit d'y habiter ... pour des raisons de sécurité !

Et celle-ci ? combien de temps avant de tourner à la muraille de forteresse ? 50, 20, 10 ans ?

Un peu dégoûtés, on ne disait plus grand-chose ... Pour nous changer un peu les idées, Ma Douce nous a guidés vers Pál utca (la rue Paul) où les garçons du fameux roman de Molnár Ferenc jouent aux billes sur le trottoir devant l'école :
Mais ils avaient beau être en bronze, ou dans je ne sais quel autre matériau, on ne pouvait pas s'empêcher de se demander combien de temps ils seraient encore là. Ils semblaient si fragiles, tout à coup, dans leurs poses de forfanterie !
Décidément, pour chasser ces mauvaises pensées, il nous fallait mieux et plus fort que cela ! C'est pourquoi, bien que la nuit commençât à tomber, on a dirigé nos pas vers l'Iparművészeti Múzeum, ou Musée des Arts Appliqués ...

ce qui avait tout de suite une autre gueule, je vous prie de me croire !

Allez ... que tout ceci ne vous empêche surtout pas de "marcher dans la beauté", comme disent les Navajos !

Salut !


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8 janvier 2009 4 08 /01 /janvier /2009 17:46
Bonne année, chères lectrices et lecteurs fidèles !

C'est drôle, ces fêtes, hein ? Ça fait comme une pause flottante dont on a un peu de mal à sortir. (D'ailleurs les Russes prolongent ça jusqu'au 10 janvier, d'après RFI !)
Et ce n'est pas les compagnies aériennes qui font accélérer le mouvement : on est rentrés hier de Paris à 11 heures du soir, avec 5 heures de retard sur l'horaire prévu ! En vérité, je vous le dis, Belles Dames et Beaux Messieurs, l'avion c'est plus ce que c'était ! Avant, c'était carrément magique par rapport au train, sans parler de la voiture. Mais maintenant, avec les navettes, les attentes, les contrôles, et les retards ... Heureusement, comme on était à l'aéroport de Beauvais, on s'est échappés un moment pour aller visiter la cathédrale. Moi je ne l'avais jamais vue : la vache ! grandiose !!!


A l'aller on a partagé un taxi avec un gars qui allait à la gare, au retour on a pris le bus de ville n°12 devant la mairie : 0,90 € chacun jusqu'à l'aéroport !

N'empêche, j'aime l'avion, même si ça pollue beaucoup ; c'est pas bien, hein ?

Je suis donc chez nous depuis 21 heures-durée environ (ndlr : 5 jours maintenant !), et je flotte toujours (ndlr : ça va mieux, merci !). Aussi, comme je suis bien content de ce blog (je n'ai pas eu "zéro lecteur" depuis bien longtemps, merci à vous !), mais que je n'ai pas envie cette fois de vous parler de "lointain", je vais vous entretenir d'un rayon plus intime ...

Chez nous, comme je vous l'ai déjà dit, c'est rue Varosmajor, côté Buda de Budapest. Ce n'est pas un quartier "joli", pas touristique pour deux sous, mais vraiment vivant avec des commerces, des gens, la gare de Déli (du Sud) juste à côté, la station de métro, plein de tramways, sans parler de toutes les ambulances !


bon, la photo n'est pas très bonne, mais on habite la maison blanche un peu "ventrue", tout en haut, là où il y a le petit balcon

Le balcon c'est bien pratique, surtout quand on veut fumer.


mais c'est joli aussi, quand on y met des fleurs ...


ou quand la rampe d'escalier de l'immeuble d'en face s'éclaire, la nuit ...


Une fois, Ma Douce m'a emmené au grenier d'un air mystérieux ... Elle voulait qu'on monte à la lucarne pour regarder la lumière se couchant sur les collines de Buda. Elle est montée tout en haut de la grande échelle, et moi je suis resté tout en bas ... Mais après je me suis ressaisi et je suis monté sur une autre échelle qui conduisait à une autre lucarne.

Je crois en effet que pour Ma Douce la lumière est très importante. Elle a beaucoup travaillé avec Lucien Hervé, un photographe de renom, elle fait elle-même de la photo,



et elle met des bougies un peu partout ! Le balcon dont je vous parle est orienté sud-sud-ouest et s'il n'y avait pas un gros immeuble moche juste en face,

on serait les rois du pétrole !

N'empêche, quelquefois la lumière est bien jolie chez nous ...


On a fait accorder le piano il n'y a pas longtemps, par un monsieur très gros et très sympa. C'est un Ibach, de marque allemande, (le piano, pas le monsieur !) honnête, sans plus, d'après l'accordeur. De temps en temps Ma Douce joue quelque chose, mais pas assez souvent à mon goût. Heureusement elle a retrouvé tout un tas de partitions dans un déménagement à Baja, donc il y a de l'espoir !

tiens ! on dirait qu'elle s'apprête à refermer la trappe ... déjà ?

Dans le salon on a aussi un canapé pour écouter le piano, regarder la télé, discuter, manger, boire l'apéro, se mettre au chaud, lire, profiter de la lumière de l'après-midi ...


Et dans la salle à manger ... on y mange, pardi ! On s'y assoit sur des chaises d'un autre âge, et d'ailleurs nos repas ont quelque chose de "délicieusement ancien" : on met les fourchettes et les couteaux à la bonne place, on boit du vin (de temps en temps seulement, même s'il y a de délicieux vins hongrois) dans des verres à pied, on attend d'être prêts tous les deux, et on se souhaite bon appétit avant de commencer. Quand on est "en famille" Ma Douce peut dire sa prière à haute voix mais elle m'a avoué récemment qu'il lui arrive de la faire silencieusement quand nous sommes tous les deux ...la porte grise que vous voyez juste derrière la chaise, c'est celle de la "kamra", sorte de réserve où l'on entrepose les provisions, les conserves, et vraiment typique de l'appartement hongrois

Côté nord, c'est la chambre à coucher ... heureusement nous avons une bonne couette ! La fenêtre donne sur un jardin qui pourrait être assez grand et assez sympa ... s'il n'était subdivisé entre tous les immeubles qui l'entourent. Du coup chacun se retrouve avec un bout de terrain qui ne ressemble à rien et qui tourne à la friche ... Mais de ce côté aussi la lumière peut être belle, certains soirs d'été ...
Voilà, on a presque fini le tour de "chez nous". Je passerai, si vous le permettez, sur les WC et la salle de bains, qui sont des lieux VRAIMENT intimes. Il me reste à vous montrer la cuisine, plutôt petite mais pratique, comme il se doit. Votre serviteur eut l'honneur d'y faire quelques travaux de peinture ...
Quoi d'autre ? Ah oui, le "bureau", ainsi nommé parce que j'y travaille : c'est là que je m'échine le plus régulièrement possible sur ce blog, que je prépare mes leçons de français, que je révise mes leçons de hongrois, que je me connecte à l'université Stendhal de Grenoble pour suivre, tant bien que mal, mes cours de Master de F.L.E.... On y a aussi un autre canapé pour accueillir les ami-e-s, hein ? Comme j'avance en âge, j'ai peur d'oublier des choses parfois alors je me colle des petits mots sur le mur pour ne pas oublier l'essentiel :


Salut !






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27 décembre 2008 6 27 /12 /décembre /2008 13:28

HYMNE NATIONAL HONGROIS


A magyar nép zivataros századaiból
Isten, áldd meg a magyart
Jó kedvvel, bőséggel,
Nyújts feléje védő kart,
Ha küzd ellenséggel;
Bal sors akit régen tép,
Hozz rá víg esztendőt,
Megbűnhődte már e nép
A múltat s jövendőt !


Őseinket felhozád
Kárpát szent bércére,
Általad nyert szép hazát
Bendegúznak vére.
S merre zúgnak habjai
Tiszának, Dunának,
Árpád hős magzatjai
Felvirágozának.


Értünk Kunság mezein
Ért kalászt lengettél,
Tokaj szőlővesszein
Nektárt csepegtettél.
Zászlónk gyakran plántálád
Vad török sáncára,
S nyögte Mátyás bús hadát
Bécsnek büszke vára.


Hajh, de bűneink miatt
Gyúlt harag kebledben,
S elsújtád villámidat
Dörgő fellegedben,
Most rabló mongol nyilát
Zúgattad felettünk,
Majd töröktől rabigát
Vállainkra vettünk.


Hányszor zengett ajkain
Ozmán vad népének
Vert hadunk csonthalmain
Győzedelmi ének!
Hányszor támadt tenfiad
Szép hazám, kebledre,
S lettél magzatod miatt
Magzatod hamvvedre !


Bújt az üldözött, s felé
Kard nyúlt barlangjában,
Szerte nézett s nem lelé
Honját e hazában,
Bércre hág és völgybe száll,
Bú s kétség mellette,
Vérözön lábainál,
S lángtenger fölette.


Vár állott, most kőhalom,
Kedv s öröm röpkedtek,
Halálhörgés, siralom
Zajlik már helyettek.
S ah, szabadság nem virul
A holtnak véréből,
Kínzó rabság könnye hull
Árvák hő szeméből !


Szánd meg Isten a magyart
Kit vészek hányának,
Nyújts feléje védő kart
Tengerén kínjának.
Bal sors akit régen tép,
Hozz rá víg esztendőt,
Megbűnhődte már e nép
A múltat s jövendőt !

 

Vous voilà bien avancé-e-s, n'est-il pas vrai ? Allez, je vous livre la version française :


Bénis le Hongrois, Ô Seigneur,
Fais qu'il soit heureux et prospère,
Tends vers lui ton bras protecteur
Quand il affronte l'adversaire!
Donne à qui fut longtemps broyé,
Des jours paisibles et sans peine;
Ce peuple a largement payé
Pour les temps passés ou à venir.


Aux Carpates, sur ton conseil,
Nos aïeux osèrent s'étendre.
Quelle belle place au soleil
Tu aidas nos pères à prendre !
Aussi loin de la Tisza
Et du Danube le flot danse,
Aux fils héroïques d'Arpad,
Tu as prodigué l'abondance...


Tu fis onduler, à l'instar
Des mers, les épis dans nos plaines,
Et tu permis que du nectar
De Tokay, nos coupes soient pleines.
Grâce à toi, nos drapeaux ont pu
Flotter chez le Turc en déroute,
Les murs de Vienne être rompus
Par Matyas et ses noires troupes.


Hélas ! nos fautes, trop souvent,
Ont fait éclater ta colère,
Et de tes nuages ardents
Tu as fait jaillir le tonnerre.
Alors ce furent les Mongols,
Leurs dards sifflants et leurs pillages,
Puis le Turc qui sur notre col
Posa le joug de l'esclavage.


Que de fois, sur l'amas sanglant
Des cadavres de nos armées,
Par les cris orgueilleux d'Osman
La victoire fut proclamée!
Que de fois, Ô patrie, enfin,
Tes propres enfants t'attaquèrent!
Et par leurs crimes, tu devins
L'urne funèbre de leurs frères.


Fuir ! Mais d'asile il n'est point
Contre le fer et sa furie.
Dans son propre pays, en vain
Le fuyard cherchait sa patrie.
Il allait par monts et par vaux,
Pour compagnon, douleur et doute,
Pour horizon du sang à flots,
Et des flammes pour clef de voûte.


Là, ces ruines furent un fort,
Autrefois y régnait la joie.
A sa place, un râle de mort
Et des plaintes de cœur qu'on broie.
La liberté ne fleurit point,
Hélas dans le sang des victimes!
Les yeux de l'orphelin sont pleins
Des pleurs de ceux que l'on opprime.


Prends pitié du Hongrois, Seigneur !
Si souvent il fut dans les transes !
Tends vers lui un bras protecteur
Dans l'océan de ses souffrances !
Donne à qui fut longtemps broyé
Des jours paisibles et sans peines.
Ce peuple a largement payé
Pour les temps passés ou qui viennent.

 

Voilà voilà ... beaucoup moins cosy, n'est-ce pas ? Et quand on pense que cet hymne fut écrit en 1823, c'est-à-dire AVANT la Révolution de 1848 (écrasée par les Autrichiens et les armées russes du tsar), AVANT la guerre de 14-18 (perdue aux côtés des Autrichiens, puisque c'était la monarchie "austro-hongroise"), AVANT le traité de Trianon qui s'en est suivi, amputant la Hongrie des 2/3 de son territoire, AVANT la guerre de 39-45 (perdue aux côtés des Allemands, mais là encore il semble que les Hongrois n'ont guère eu le choix), AVANT la Révolution de 1956 (écrasée par les troupes soviétiques), ben mince, on peut se demander s'il est sourd, le Bon Dieu, ou quoi ! Ou peut-être qu'Il ne comprend pas bien le hongrois ?

Car, vous l'aurez remarqué, il s'agit bien d'une prière. Il est intéressant d'ailleurs de remarquer que cette prière est restée en vigueur, même aux glorieux temps de l'ère socialiste. Il y a bien eu une tentative pour faire écrire un hymne nouveau, mais cet essai a vite avorté ... allez savoir pourquoi ...  

Alors, de quoi nous parle ce texte ? Eh bien en quelque sorte il fait la revue de quelques faits historiques, dont l'enchaînement conduit au quasi-anéantissement. Au début, tout va bien : les tribus d'Árpád s'installent entre le Danube et la Tisza, les premiers Hongrois se goinfrent de blé en buvant du Tokay, c'est le paradis ! Après ça commence à se bagarrer avec le roi Mátyás qui tape dur sur les Turcs et sur les Autrichiens. Mais voilà, ça ne dure pas. Mátyás disparu, c'est la grosse bagarre pour la succession et les Turcs en profitent pour revenir à la charge : ils occuperont le pays, jusqu'à Buda et au-delà, pendant pratiquement un siècle et demi. Et puis toutes ces luttes intestines, ces essais de révolte contre l'occupant autrichien, chacun alors choisissant son camp, le frère se battant contre le frère ...

Cela me rappelle un livre que je viens de finir : "Les trois fils de Coeur-de-Pierre" de Jókai, un écrivain "classique" de la littérature hongroise. Ce livre raconte la Révolution de 1848 et son écrasement. Un chapitre m'a particulièrement frappé : il y est dit que le 20 juin 1849, un pasteur du nom de Bertrand Lánghy a rassemblé une armée citoyenne pour s'opposer à l'avancée des troupes du Tsar. "Ils" ne devaient pas franchir la Tisza. Mais dans le ciel apparaît un phénomène extraordinaire et rarissime : un double halo solaire. Constatant que ce signe commence à provoquer un sérieux "coup de mou" au moral de ses troupes, le brave Bertrand s'empare du drapeau à croix rouge, monte sur une petite butte, et fait un beau discours ... à Dieu. Il le conclut en ces termes : "Seigneur, si vraiment c'est notre soleil qui doit disparaître aujourd'hui, et que celui qui reste c'est celui des adversaires de la liberté, alors je t'en prie, Seigneur, fais qu'à l'instant même je ne vive plus". Eh ben pour une fois le Seigneur comprend le hongrois : le pasteur, frappé d'apoplexie, est tombé et il est mort, alors. Du coup, la troupe, trop dégoûtée, a jeté au loin faucilles et marteaux, et s'en est retournée chez elle. Les Russes ont pu franchir la Tisza. On connaît la suite ...Est-ce que ce personnage a réellement existé ? Des recherches sur Internet n'ont conduit qu'au personnage du roman. Mais ce qui me paraît le plus important ici, c'est bien sûr le rôle joué par Dieu, qui semble désavouer le combat pour l'indépendance et la liberté et qui met fin, d'un seul coup, à ce beau rêve ...

 

Pour vous remonter un peu le moral, vous pouvez écouter cet hymne sur Youtube :

http://www.youtube.com/watch?v=SR6Z0X9ALgA

 

Vous allez voir, enfin entendre, c'est vachement beau !


Salut !

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24 décembre 2008 3 24 /12 /décembre /2008 17:17
Sziasztok !

Gerbeaud, c'est le nom d'une grande et fameuse pâtisserie sise au centre de Pest, place Vörösmarty. Evidemment, le nom n'est pas hongrois ! C'est Henrik Kugler qui a créé la "Maison du café" en 1858 et qui, n'ayant pas d'héritier, l'a revendue à Emile Gerbeaud, membre d'une grande famille pâtissière suisse.

oui, oui ! TOUT ÇA c'est le café Gerbeaud !

Tout ce que l'Empire comptait de "beau linge" est allé chez Gerbeaud et Sissi l'impératrice y a fait de fréquentes visites. Mais les 2 guerres sont passées par là, Emile est mort en 1919, sa veuve a tenu le café jusqu'en 1940. Au cours de l'ère communiste, comme le reste, il est devenu propriété de l'Etat et a été rebaptisé "café Vörösmarty", ce qui était quand même plus original, vous ne trouvez pas ? En 1984, la famille Gerbeaud a pu racheter le café et son nom d'origine et en 1990, le lieu a retrouvé tout son éclat et ses nombreux visiteurs, étrangers principalement. Nous y sommes allés une fois parce que Ma Douce avait perdu un pari, la salle ci-dessous était pleine et, à part les serveurs, et Ma Douce, je crois bien qu'il n'y avait pas un-e seul-e Hongrois-e !


Eh bien, chères lectrices et chers lecteurs, pour vous récompenser de votre fidélité, Budablog est heureux en cette fin d'année 2008 de vous présenter, en exclusivité mondiale, la recette du gâteau qui a fait la renommée de cette prestigieuse maison, telle que concoctée par l'assistante du papa de ma Douce, qui est dentiste de son état :

Ingrédients pour la pâte :
- 500 g de farine
- 200 g de margarine
- 200 g de sucre en poudre
- 20 cl de crème fraîche
- 1 oeuf entier
- 1 sachet de levure
Ingrédients pour la garniture :
- 350 g de poudre de noix
- 350 g de sucre en poudre
- 1 grand pot de confiture d'abricots
- 150 g de chocolat noir
- 2 cuillères à soupe d'huile

Mélanger bien le sucre et la margarine. Ajouter l'oeuf puis la crème fraîche de manière à obtenir une crème épaisse et lisse. Mélanger la farine et la levure et les incorporer à la crème de façon à obtenir une pâte homogène et souple. Partager le tout en 3 parties égales.
Etendre le 1er tiers à l'aide d'un rouleau bien enfariné sur une surface bien lisse et enfarinée également. Après avoir enduit votre plaque du four de margarine et de farine (ou bien d'un papier sulfurisé) y déposer la pâte étendue. Tartiner toute la surface de la pâte avec une bonne couche de la confiture d'abricots. Puis répartir là dessus une moitié du mélange que vous aurez fait avec le sucre et la poudre de noix.
Répéter l'opération d'étendage avec le 2ème tiers de la pâte, et déposer le résultat pour former une couche supplémentaire du gâteau. Répéter l'opération de garniture : confiture + mélange sucre-noix.
Etendre le 3ème tiers et le déposer ... devinez où ? Piquez toute la surface supérieure du gâteau pour permettre à la vapeur de s'échapper. Mettre le gâteau dans le four préchauffé et faites cuire à 170 ° pendant 25 à 30 minutes.
Quand plus rien ne colle à la fourchette, c'est cuit et, en principe, le gâteau est "blond".
Sortir le gâteau et le laisser tiédir. Faire bouillir de l'eau de manière à  faire fondre le chocolat à la vapeur. Mélanger le chocolat fondu avec les 2 cuillères d'huile et étaler le tout sur la surface du gâteau, et c'est prêt !

Et voilà le résultat !!! Régalez-vous, chères lectrices et fidèles lecteurs !!!
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18 décembre 2008 4 18 /12 /décembre /2008 08:40
Sziasztok !

Franchement, moi, Noël ... c'est pas trop mon truc ! D'abord je ne suis pas ce qu'on pourrait appeler quelqu'un de fondamentalement "religieux", ensuite tout ce qui revêt un caractère disons "obligatoire" a tendance à me provoquer des éruptions cutanées, enfin, et c'est paradoxal, ces fêtes sacrées qui se transforment en foires à la consommation... Bref, rien de très original là-dedans ...
C'est pourquoi j'appréhendais un peu Noël ("Karácsony") en Hongrie : religion, tradition, consommation, tout me semblait réuni pour faire naître en moi un profond ennui. Et puis ...

Et puis, un dimanche, nous avons pris le bus jusqu'à Nagytétény, autrement dit le bout du bout de Buda, vers le sud. Il y a là un petit château baroque
dans lequel devait se donner un concert de musique ... baroque comme il se doit ! Malheureusement, en bus c'est vraiment très long pour arriver jusque là et quand on s'est présentés à l'entrée le concert était déjà presque fini. Que faire ? Reprendre le bus en sens inverse pour rentrer en ville ? se mettre sous la couette ? aller au cinéma ? Finalement on a décidé, puisqu'on était là, de visiter l'exposition permanente consacrée au "mobilier hongrois de la Renaissance au 19ème".

Beaucoup de jolies choses :    

      
de très jolies choses :


Et tout à coup on s'est aperçu qu'entre les meubles


il y avait des sapins de Noêl, plein ! il y en avait partout !


Plus moyen de prendre la photo d'un meuble sans qu'un sapin vienne se mettre là, au beau milieu !


Vous avez vu celui-là ? tout juste s'il ne fait pas le beau pour qu'on lui tire le portrait !

Certains sapins étaient un peu étranges :


pour ne pas dire plus ...


mais le tout baignait dans une ambiance générale de bienveillance et de sérénité. Il y avait pas mal de visiteurs mais chacun marchait tranquillement, en parlant peu et bas.

Quelques sourires un peu tendres


même le décor était d'une surprenante douceur :


Etais-je en présence de ce qu'on appelle couramment "la magie de Noël" ?


Mes yeux s'embuaient, mon pouls se faisait plus lent, tinta à mes oreilles comme le bruit d'un traîneau...

Les boules de Noël devenaient des bulles ...


des moutons s'envolaient d'un arbre où d'autres étaient sagement posés ...


des hippocampes jouaient à saute-aiguille parmi les branches ...


des fermetures-éclairs s'ouvraient comme des étoiles de mer ...


chaque coeur avait un oeil, et il me regardait ...


des coeurs, des coeurs, beaucoup de coeurs ! Certains, comme dans les contes, étaient en pain d'épices :


là-haut un oiseau attend sagement qu'on lui dise de manger ...



eh oui, mes amis ! c'est ça la magie de Noël, le lion parle avec la gazelle et tous les pitbulls ont des dents en mousse, comme me disait une copine il n'y a pas longtemps !

Alors profitez-en bien, et Boldog Karácsonyt, comme on dit ici !!!


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