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Choses vues, ressenties, rencontres, photos prises pendant mon séjour à Budapest, en Hongrie, puis lors de mes nombreux voyages entre la France et la Hongrie.

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"La Hongrie et les Hongrois" : suite d'une quête ...

On commence un peu à s'y perdre quand on essaie de saisir "l'âme hongroise" ces derniers temps ... Où est-elle donc passée ? S'est-elle rabougrie jusqu'à l'unique défense de la famille et de la patrie, ou bien erre-t-elle, sauvage et indomptée, dans les plaines d'Asie Centrale ? Pour essayer de nous y retrouver, revenons aux bases c'est-à-dire au livre de István Bart "La Hongrie et les Hongrois" (éditions Corvina, 2008) dont je me suis déjà servi pour un article précédent ...

Commençons par quelque chose de simple, le pesszimizmus ... D'après le livre sus-cité "c'est un trait psychologique typique des Hongrois (qui les paralyse souvent) que de s'attendre à des événements malheureux. Ce trait se nourrit des expériences amères dont la nation a souffert au cours de son histoire et qui a eu pour conséquence une perte compréhensible de confiance en soi et le développement d'un fort complexe d'infériorité." Personnellement je nuancerais ... D'abord, contrairement à une idée reçue, la Hongrie n'est pas le pays d'Europe où le taux de suicides est le plus élevé. D'après le site "atlasocio.com", qui a l'air bien renseigné, elle ne se classe en 2015 qu'à la 5ème place (ce qui n'est déjà pas mal) derrière la Lituanie, bonne première, la Biélorussie, la Pologne et la Lettonie. Mieux, comme pour beaucoup d'autres pays (mais pas tous), ce taux a continuellement baissé de 2000 à 2015, passant de 32,4 pour 100 000 habitants à 21,6 ! Alors ... merci qui ? :) Ensuite, de toutes les Hongroises et tous les Hongrois que j'ai côtoyé-e-s, je n'en vois aucun-e qui semble correspondre à cette définition : je les trouve plutôt confiants et, si je n'irais pas jusqu'à parler d'un"complexe de supériorité", tout de même assez conscients de leur valeur et plutôt fiers d'eux-mêmes. Mais peut-être cachent-ils bien leur jeu ?

Alors parlons du késés, le retard ... C'est drôle comme cette tolérance à l'égard du retard peut être significative. En Allemagne et aux États-Unis, par exemple, on est censé être ponctuel (à cause du "time is money" ?) mais au Maroc et à Madagascar, où j'ai vécu et travaillé, on est censé ne pas l'être. Je pense même que certains Marocains ou Malgaches mettaient un point d'honneur à être en retard, pour bien montrer qu'ils s'étaient libérés de l'emprise de la mentalité colonisatrice ! Et en Hongrie ? Bart nous apprend que "quand on est invité chez quelqu'un, il est de bon ton d'accorder à l'hôtesse, qui est peut-être en retard, un peu de temps supplémentaire", ce qui représente donc une forme de délicatesse et que, "pour une raison impénétrable, les invités du samedi soir devront arriver au moins une demi-heure après l'heure à laquelle ils ont été conviés".

Kohn bácsi oncle Cohen : "c'est le personnage principale des blagues juives, un homme sage mais sans défense qui réussit à se dépêtrer de toutes les situations inextricables dans lesquelles l'Histoire ne cesse de le mettre et qui, avec son esprit vif et ses remarques intelligentes, démasque l'hypocrisie du monde qui l'entoure." Un exemple ? "Oncle Cohen va au Ministère de l'Intérieur pour demander un passeport. On lui demande s'il veut émigrer, alors il demande un globe terrestre pour qu'il puisse choisir un pays qui lui convienne. Il ne cesse de faire tourner le globe jusqu'à ce qu'il lève la tête vers l'officier : c'est le seul que vous ayez ?" Moi ce que je me demande  c'est si ces blagues sont hongroises ou juives, je vais me renseigner.

Móricka petit Maurice : toujours dans le domaine des blagues, voilà un personnage bien connu. "C'est un petit garçon qui, en combinant sa naïveté et sa débrouillardise, en vient toujours à dire quelque chose d'irréfutable qui met à nu l'hypocrisie des adultes." Nous ne sommes donc pas très loin du précédent type de blague, où l'humour sert à lever le voile sur le monde comme il va. D'ailleurs, à l'origine "Mőric" avait un caractère juif qu'il a perdu peu à peu. 

kuplé chanson de cabaret : "au tournant du vingtième siècle, l'apparition de lieux de divertissement musical bon marché était l'un des signes de la transformation de Pest en métropole. Leurs chansons, caractérisées par des fautes de langue comiques, des grivoiseries et des rythmes enlevés, sont populaires encore aujourd'hui car elles évoquent l'époque désormais qualifiée de "paix paisible" et pour laquelle les gens éprouvent une nostalgie sans cesse renouvelée." Deux remarques à ce sujet : quand nous roulons en voiture en Hongrie, nous écoutons souvent la radio appelée "Danko" où passent des chansons tsiganes et probablement de ces fameux "kuplé". Ensuite vous aurez sûrement remarqué l'origine du mot, qui est simplement le mot "couplet" écrit à la hongroise. De tels emprunts ne sont pas rares en hongrois.

Passons à table, si vous voulez bien, et commençons, une fois n'est pas coutume, par le dessert. Un des plus typiques est le krémes. Là non plus pas besoin de vous faire un dessin quant à l'origine du mot, non ? Quand vous entrez dans une pâtisserie hongroise vous êtes submergé par tous ces gâteaux débordant de crèmes en tous genres et de toutes les couleurs. La dernière fois c'était à Balatonfüred, et j'ai été tout content de découvrir parmi ces amoncellements crémeux une almás pite, qui correspond plus ou moins à notre chausson aux pommes.

Mais comme je m'aperçois qu'il y a beaucoup à dire sur la table hongroise je vais m'arrêter là pour cette fois et vous donner rendez-vous pour le prochain épisode, szia mindenki !

 

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