Choses vues, ressenties, rencontres, photos prises pendant mon séjour à Budapest, en Hongrie, puis lors de mes nombreux voyages entre la France et la Hongrie.
Jó napot kívánok !
Je sais qu'il est rarement considéré comme "de bon goût" de parler de la mort à des Français. A fortiori, peut-être, sur un "blog" comme celui-ci, faisant partie de la catégorie "voyages", censé adopter un ton léger, et enjoué ? Vous aurez sûrement déjà compris que je m'efforce d'avoir un regard autre que "touristique" dans le pays où je vis. Ce qui m'importe, en vivant au Maroc, à Madagascar, et maintenant en Hongrie (tiens ! c'est bizarre : Al Maghrib, Repoblika Malagasy, Magyarország. Que des pays commençant par Ma- ! Ce sera quoi, le prochain : Malte ou Madère ? Le Mali, ou le Malawi ? Il reste encore plein de possibilités ...) c'est observer, et essayer de comprendre, comment des gens vivant dans d'autres pays, d'autres cultures, s'occupent des grandes questions de la vie : l'amour, les enfants, et bien sûr, la mort.
Chez nous, en France, c'est l'oubli qui prévaut : on fait comme si la mort n'existait pas, comme si on devait "vivre immortels". Bien sûr, il vient un temps où même celui qui ne veut plus quitter plus ses Adidas sent que ça vient ... Le corps se met à rechigner, l'envie et le désir s'affaiblissent. Que faire alors ? D'abord et surtout, ne pas en parler ! Garder ça comme un secret honteux, en espérant jusqu'à l'ultime seconde que quelqu'un LA découvrira bien, cette fichue formule ! Et puis ... est-ce vraiment la peine d'en faire tout un plat ?
Je me souviens de mon premier enterrement à Madagascar. On était toute une équipe de coopérants et de collègues malgaches, entassés dans le Toyota 4x4, et on "faisait une descente" à Ambanja, petite ville de la côte Nord Ouest. On roulait dans une large avenue bordée de grands arbres quand on a vu, au loin, une foule qui occupait toute la route. On a donc été obligés de rouler au pas pendant un long moment, juste derrière ceux du dernier rang, et on a pu observer. Les gens chantaient, rigolaient, bref, avaient l'air carrément joyeux ! Et puis on a remarqué le manège d'un homme qui poussait un vélo sur lequel était juché un gros bidon en plastique. De temps en temps, il s'arrêtait près d'un-e participant-e, calait son vélo contre lui, et plongeait un verre dans le bidon, qu'il tendait ensuite à l'assoiffé-e. Nos collègues nous expliquèrent qu'il s'agissait bien là d'une fête parce que le mort avait eu une longue vie, et qu'il l'avait bien remplie. Les gens se saoulaient donc (avec le contenu du gros bidon), chantaient, dansaient. Il y avait même une tradition qui voulait qu'on se moque du mort, en lui adressant de grossières plaisanteries. En revanche, j'appris un peu plus tard qu'un des fils du responsable de l'éducation dans la province s'était tué dans un accident de voiture. Ses parents n'assistèrent pas à son enterrement parce qu'il n'était pas "naturel" que des parents enterrent leur enfant.
Et en Hongrie, alors ? Pour observer, et essayer de comprendre, je me suis rendu dans 2 cimetières : celui d'Óbuda dans l'après-midi du samedi 1er novembre, et dans celui de Farkasrét en fin de matinée du dimanche 2.
1ère évidence : il y a un monde fou dans les cimetières hongrois au jour dit de la Toussaint, et à son lendemain !



