Choses vues, ressenties, rencontres, photos prises pendant mon séjour à Budapest, en Hongrie, puis lors de mes nombreux voyages entre la France et la Hongrie.
On aurait dû se méfier ... Une terrasse déserte, comme ça, en pleine ville, c'était bien pratique pour dîner en amoureux mais quand même ... Pourtant Ma Douce, qui n'était pas affamée, avait commandé une soupe simple, et tout ce qu'il y avait d'innocente ... Pour ma part je m'étais octroyé un solide ragoût à la Brasov / Brassó / Kronstadt arrosé d'une Ursus, la bière locale ... Le croiriez-vous ? C'est elle qui fut malade !
Après une nuit faite d'allers et de retours, elle parvint tout de même à se lever en souriant faiblement ... Dans un voyage un peu long, il est probable qu'il y ait inévitablement un jour comme celui-là, où le programme se fait modeste et doux en attendant de flamboyer à nouveau : eh bien, nous y étions, ce fut le huitième jour ...
On s'est traînés (enfin, elle surtout !) jusqu'à un salon de thé pour y prendre un solide petit déjeuner (enfin, moi surtout) et là, sur la place, je n'ai pas pu résister à l'appel du szocreál :
Quel peut bien être le sens de ce truc ? L'intrépide travailleur du futur s'opposant courageusement à l'affreux dinosaure du capitalisme préhistorique ? En tout cas, c'était vraiment très laid ...
Le temps lui-même était au diapason, et ce fut sous un ciel maussade que nous arrivâmes à Dalnic / Dálnok, village natal de Dózsa György, un de mes héros favoris. Mais peut-être ne le connaissez-vous pas ? En deux mots, ce fut lui qui prit la tête d'une grande révolte paysanne au début du16ème siècle. Pour prix de son échec, et pour narguer ses prétentions, il fut assis sur un trône en fer chauffé à blanc, avec une couronne chauffée à blanc sur la tête et un sceptre chauffé à blanc dans la main, jusqu'à ce que mort s'ensuive. Je me plais à imaginer qu'il ne desserra pas les dents ...

C'est drôle : les gens de Dalnic / Dálnok avaient tous l'air contents de nous voir, comme si ça leur faisait plaisir que "leur" héros ne soit pas complètement oublié. Pourtant il existe une station de métro (bien rétro, il est vrai) et deux places, quatre routes, et trois rues qui portent son nom à Budapest (sans parler de toutes celles qu'on trouve dans les villes et villages de Hongrie), et aussi une énorme statue de lui au pied du château mais peut-être en parla-t-on un peu trop dans les temps socialistes ? C'est sûr que comme exemple pour la jeunesse pionnière il devait se poser un peu là !
Nous avons même pénétré dans la petite église du village, en nous faufilant par l'entrée de derrière, celle qui donne sur la tribune où se tient l'orgue :

Emouvant de penser que le petit György a peut-être fait sa première communion dans cet endroit ...

franchement, je n'aurais pas aimé être à la place du gars qui s'occupait de la location des pédalos !