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27 octobre 2008 1 27 /10 /octobre /2008 14:17
L'autre jour, Ma Douce avait beaucoup à faire. Elle poursuit ses recherches autour du travail de Lucien Hervé, un artiste d'origine hongroise qui fut, en particulier, le photographe "attitré" de Le Corbusier. D'ailleurs c'est un peu lui qui nous a permis de nous rencontrer puisque c'est au musée du Havre qui présentait une exposition sur les "villes nouvelles" (Le Havre, Brasilia, Chandigarh) comprenant nombre de ses clichés que cela se fit, le 2 août 2007, aux alentours de 16 h. Elle y accompagnait Judith, la veuve de Lucien Hervé, et j'y allais mû par mon goût pour la photo et l'architecture. Et voilà !
Bref, Ma Douce n'avait pas beaucoup de temps à me consacrer et comme il faisait beau, j'ai pris mon appareil et je suis parti faire un tour dans les collines de Buda. Je vous mets un petit plan pour que vous puissiez suivre :


Or donc, nous habitons en bas de la rue Varosmajor, tout près de Déli pályaudvar, où il y a aussi une station de métro : vous y êtes ? Pour monter dans les collines, j'ai pris à droite dans la rue Kék Golyó, autrement dit la rue de la "boule bleue". Juste avant l'hôpital, j'ai tourné à droite dans un petit chemin pour voir si Józsi était bien parti à Hambourg, comme Judith nous l'avait dit. Son dernier domicile (que nous avions découvert par hasard, lors d'une autre balade), c'était là :


et la vue qu'il avait de sa fenêtre, c'était ça :


avec la rue Kék Golyó tout au bout, vous y êtes ?
Donc, il n'était pas là. A Hambourg peut-être bien, quoiqu'il nous eût parlé de Rotterdam la dernière fois qu'on l'avait vu, au coin de la rue Kék Golyó et de la rue Városmajor justement. A en croire Judith, il avait le projet d'épouser une Allemande pour changer de nationalité ! Et aussi faire des enfants ...
En sortant, j'ai repris la rue à droite et, la vache, il faisait vraiment beau.


Au milieu de la rue à peu près, j'ai découvert une drôle de construction, verte, où c'était l'hiver. Comme un phalanstère, avec une cour intérieure plongée dans l'ombre, et au milieu un vieil arbre, humide et noir :


Je suis vite sorti de là pour retrouver le soleil. Au bout de la rue, j'ai pris à droite, toujours en montant, dans Istenhegyi út. "Út", ça veut dire boulevard, et "utca" (prononcer outsa), ça veut dire rue. "Hegy", ça veut dire montagne, et "Isten" ... dieu ? Alors ce serait la montagne de Dieu ? ou du dieu ? ou des dieux ? Ma Douce me dira ça ... (Elle m'a dit : c'est bien la montagne de Dieu)
Istenhegyi út, en tout cas c'est grand, ça roule beaucoup, vite, c'est plein de bagnoles garées sur les trottoirs, comme souvent à Budapest. La preuve :


Mais l'avez-vous reconnue, là, au milieu ? La Trabant, la mythique TRABANT, dont quelques jolis exemplaires circulent encore à Budapest, ou même à la campagne ! N'empêche, quand vous "tombez" derrière une Trabant sur une route nationale, je ne vous dis pas l'impatience. Pourtant j'ai bien envie de m'en payer une, des fois. Peut-être bien qu'elle ressemblera à ça, la voiture de l'avenir ?
J'ai quitté le boulevard aussitôt que j'ai pu, à droite encore, dans Ügyész utca : la rue de la "sinistre affaire" ?! à voir avec Ma Douce ...(en fait, c'est la rue du Procureur, ce qui n'est pas très étonnant dans la mesure où une espèce de "cité judiciaire" existait dans le quartier il n'y a pas si longtemps) Curieusement, alors que dans la foule les gens regardent de manière assez directe, l'usage semble être, lorsqu"on se croise dans une rue isolée, de ne pas se saluer, à peine de se regarder. C'était le vendredi du pont du 23 octobre, et on serait cru un dimanche ...


Plus je montais et plus j'avais de vue sur les collines environnantes, évidemment. Mais comme d'habitude dans ces circonstances, j'ai raté mes photos :


pas terrible, hein ? ben ouais, je sais ...
N'empêche, Budapest, enfin Buda en tout cas, me fait un peu penser à Rio, avec des "montagnes" au milieu de la ville, délimitant des quartiers bien définis. L'avantage ici, c'est qu'on peut facilement passer d'une colline à l'autre ; à Rio les frontières m'ont paru beaucoup plus étanches. (S'il y en a que ça fait réagir, qu'ils n'hésitent pas à le faire !) J'ai donc continué mon bonhomme de chemin dans Goldmark Károly utca, vous suivez ? J'y ai vu un joli mur 


Arrivé à la rue Csaba ( le nom d'un des fils d'Attila, mais on n'est pas complètement sûr qu'il ait vraiment existé) j'ai vu qu'à gauche elle se prolongeait par un escalier, tout en gardant son nom de rue. Ce n'est pas la première fois que je vois ça. Mais pensez que la rue Csaba va pratiquement jusqu'à Moszkva tér ! à l'autre station de métro, vous voyez ? Bref, j'ai monté l'escalier et en haut je me suis retrouvé un peu nulle part. Après avoir un peu hésité, je me suis décidé à monter sur la colline qui était pratiquement en face, et nous volià donc sur Kissvábhegy ! Le nom est intéressant. "Hegy", vous connaissez déjà, c'est montagne, (enfin montagne pour les Hongrois, hein, parce que quand vous venez des Alpes, évidemment ...). Kissváb, maintenant : "kis" (prononcer "quiche") ça veut dire petit. Et "sváb" ? Eh bien mais "Souabe" tout simplement ! Mais qui sont les Souabes, me direz-vous ? Je pourrais vous dire de prendre votre dictionnaire mais comme j'y suis, je vais prendre le mien, ce sera plus vite fait. Or donc il faut savoir que la Souabe (qui a donné son nom à ses habitants, n'est-ce pas ?) est le nom d'une province allemande méridionale, administrativement rattachée à la Bavière. Avec une histoire assez sanglante, d'après le dictionnaire ... Ce qu'il ne dit pas, c'est qu'à une époque, après la libération de la Hongrie du 'joug ottoman", donc au 18ème, certaines régions du pays étaient si dépeuplées qu'on fit appel à des colons souabes (mais aussi à d'autres nationalités ?) pour les revitaliser. Ils sont toujours là, très attachés à leurs traditions, leur culture, leur religion. La preuve : ils ont des représentants à la mairie du XIIème arrondissement, que nous arpentons présentement.

C'était vraiment la campagne, tranquille, calme ...
Je suis passé de l'autre côté de la colline et, au bout de Kissvábhegy utca (n'oubliez pas de prononcer "outsa"), j'ai rejoint la rue Álom, la rue du Rêve, d'après mon autre dictionnaire. Là j'ai eu la mauvaise idée de tourner à gauche dans la rue Pethényi, et je me suis vite retrouvé à nouveau dans Istenhegyi út, toujours aussi bruyant et peu intéressant, que j'ai donc quitté aussitôt pour entamer la longue rue Zsolna, rectiligne et pas très belle. Mais assez significative : d'un côté un alignement d'immeubles identiques et très moches, datant des années 70 (avec des balcons bordés d'un plexiglass qui fut orange, si vous voyez ce que je veux dire) et de l'autre une suite de résidences beaucoup plus modernes, mais toutes pareilles également. Malheureusement mon appareil ne pouvait pas prendre une photo assez large pour en rendre compte. Au coin de la rue Zsibói, j'ai trouvé ça :


ce qui représente une autre survivance du système communiste. Le magasin ABC était "anonyme" en quelque sorte, et on était censé y trouver tous les produits de base de la vie quotidienne (alimentation notamment), et de toutes façons, il n'y avait pas d'autre endroit où les trouver. Vous voyez que pour le pont du 23 octobre, ils n'hésitent pas à faire des efforts ! Vous voyez aussi que ça monte dur, dans les collines de Buda ...
Au bout de la rue Zsolna, je n'avais pas trop le choix, j'ai pris à gauche dans Istenhegyi lejtö, soit la "côte de la montagne de Dieu" ! Et en effet ça grimpait assez raide jusqu'à un escalier qui débouchait à nouveau sur Istenhegyi út. Juste avant de regagner le boulevard, j'ai remarqué ça :


ce qui m'a fait penser à un bouquin de Boris Vian, l'Arrache-coeur je pense, dans lequel un homme tente laborieusement de construire une arche pour emmener ses enfants ...
Comme on sort de la page de mon petit guide, je vous mets une photo de la page suivante :


Désolé, c'est un peu moins net ... Donc, au bout de Istenhegyi lejtö, on retrouve l'inévitable Istenhegyi út, OK ? Mais en même temps on longe la petite ligne (marquée en rouge sur la carte) du "chemin de fer" à crémaillère qui va de Széchenyi-hegy (Széchenyi est un grand nom de l'histoire hongroise contemporaine dont j'aurai bientôt l'occasion de vous reparler) à Városmajor, terminus visible sur le plan n°1.
Au bout d'un moment, j'ai fait une petite halte à la gare de Gyöngyvirág (essayer de prononcer quelque chose comme Djieundjvirag ; "virág", c'est la fleur et "gyöngy" la perle mais "gyöngyvirág" ... c'est le muguet ! ), vous la voyez ? J'ai pris quelques photos ...
et comme j'étais justement à un endroit où les deux voies se fondent en une seule, j'ai pu assister, médusé, au mouvement très-silencieux, et très-bien huilé, des rails qui se sont positionnés pour permettre à la rame descendante de trouver sa voie. J'ai donc attendu un peu pour voir à quoi il ressemblait, ce petit train, et je n'ai pas été déçu :
Vous voyez ? au passage, le chauffeur nous salue ... de manière réglementaire !
Après toutes ces émotions, j'ai eu comme un moment de flottement. J'étais là, sur Istenhegyi út, le jour commençait à baisser nettement et pour redescendre sur Városmajor, j'avais le choix entre le prochain petit train ou le bus, dont j'avais pu voir plusieurs arrêts sur Istenhegyi út ... Mais non, j'avais des fourmis dans les jambes, décidément, et j'ai traversé le boulevard pour prendre en face dans ... Adonisz utca, au nom tellement séduisant ! Juste au moment où le bus arrivait ...
Et franchement, grand bien m'en a pris. J'ai bientôt tourné à droite dans Gyöngyvirág utca (et donc on peut reprendre le plan n°1, allez, on se dépêche ...), que j'ai suivi jusqu'à Diana (très mythologique, le coin, décidément !) utca. Ensuite j'ai pris à gauche, dans le sens de la descente. Il y avait une vue superbe sur la ville, inphotographiable, malheureusement (ou heureusement, d'ailleurs ?).

Mais là, un peu plus loin, sur la droite, regardez ce que j'ai trouvé :


J'en suis resté baba ! Un véritable palais romain, enfin à mes yeux d'amateur en tout cas, car Ma Douce m'a expliqué qu'il s'agissait en fait d'une "villa" néo-classique du 19ème. Il n'empêche ! découvrir une bâtisse comme celle-là, perdue en pleins champs ou presque, et tournant lentement à la décrépitude ... c'est quand même un sacré choc esthétique, voire émotionnel !
Du coup, je ne me rappelle plus bien la fin de la balade. De toutes façons il faisait déjà bien nuit, et Ma Douce commençait à me manquer sérieusement. Toujours dans le sens de la descente, j'ai pris à gauche dans Óra út jusqu'à retrouver, dans Istenhegyi út, le bus 190 qui m'a ramené à Déli Pályaudvar, tout près de chez nous.
Viszontlátásra !

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