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15 juin 2009 1 15 /06 /juin /2009 19:59
Avant de repartir de Debrecen, on s'est un peu promenés au soleil.
On a revu la Grrrande Eglise, d'un beau crémeux. On a vu des architectures curieuses. On a recherché une "pâtisserie française" qu'on nous avait conseillée, et qui s'est révélée n'avoir du "français" que dans son nom. On a parcouru un très joli marché aux fleurs ... On a vu le musée Déri (que son fondateur, malgré sa volonté, n'avait pas pu construire à Baja, sa ville natale), en assez mauvais état, et aussi un musée moderne qui avait l'air très beau, et sur le parvis duquel se déroulait un concours de majorettes.
Pendant un moment j'ai tenu compagnie à une statue dont la figure me disait quelque chose ...


Avant de franchir la frontière vers 13 h, on a fait quelques achats au Lidl installé au bord du dernier rond-point avant la Roumanie. Le parking était plein de "Dacia" qui sont, comme je l'appris, "les" voitures roumaines ; d'ailleurs c'était pratiquement l'unique modèle fabriqué pendant l'ère Ceaucescu.
Juste après être passés (Ma Douce était un peu tendue, elle se souvient encore des longues files d'attente provoquées par des douaniers méticuleux et moqueurs) il nous faut acheter une "vignette routière" qui donne droit à rouler sur tout le territoire. 3 euros pour 7 jours ! Et on s'étonne après ça que certaines routes soient en si mauvais état !

Maintenant que l'on va parler de lieux, j'aimerais être clair : personnellement je ne suis nationaliste d'aucun bord et surtout pas dans une affaire qui ne me concerne en rien ! Je ne veux pas dire par là que je m'en fiche mais que, comme le dit si bien JPL, "tout ceci ne me regarde pas". Ainsi, ne pouvant travailler sur deux lignes superposées, j'indiquerai d'abord le nom roumain, qui est "officiel", suivi du nom hongrois que certains, je le sais, jugent plus "authentique". Qu'ils n'y voient donc là aucune marque de préséance ...
Nous sommes arrivés assez vite à Oradea / Nagyvárad et là, à l'entrée de la ville, tout de suite un choc qui allait se renouveler à l'entrée d'autres villes : nous longeons un IMMENSE complexe industriel COMPLETEMENT désaffecté, avec des centaines de fenêtres explosées. Et quelquefois leurs cheminées pointent carrément à l'intérieur de la ville, collées aux habitations !
Nous commençons une longue balade à pied à partir du centre, en direction du fleuve. Je retrouve assez vite l'impression qui m'a bien des fois saisi à Budapest mais aussi en Slovaquie : celle d'un "beau passé", d'une civilisation se situant à la charnière entre noblesse et bourgeoisie (une des figures marquantes en est le comte Széchenyi) et qui devait sombrer dans la 1ère guerre mondiale.

est-ce bien la peine que je vous parle de la météo ?

Arrivés au bord du Körös (rivière, et non pas fleuve, qui prend sa source en Transylvanie) nous remarquons aussitôt la synagogue, une grande bâtisse imposante, et apparemment en assez mauvais état :
Nous nous en approchons, pour faire quelques photos qui ne soient pas traversées de fils électriques, suffisamment près pour être hélés de l'intérieur par un vieux bonhomme qui se présente comme le gardien. Il nous fait pénétrer dans le bâtiment, accompagnés de son chat. Manifestement il est très fier de "sa" synagogue qu'il nous présente tout simplement comme "la plus grande du monde", excusez du peu ! Il nous raconte longuement les dégradations et les pillages dont elle a fait l'objet, principalement du fait de Tsiganes installés dans le terrain vague qui la borde. Et c'est vrai que certains plafonds sont crevés, que des choses indéfinissables pendouillent ici et là ... Il n'empêche, elle a encore de beaux restes, la synagogue de Nagyvárad :
Les plaques qui bordent tout le pourtour du balcon portent les noms de celles et ceux qui sont parti-e-s et ne sont jamais revenu-e-s : sur les 20 000 juifs "néologues" d'Oradea/Nagyvád, 5 000 seulement ont survécu ... Et nous avons pensé que le vieux gardien, qui se fait bien du souci pour sa succession, était l'un d'eux ...
Sur ses indications, nous avons ensuite poussé jusqu'à la synagogue "orthodoxe", qui paraissait toute neuve et en plein état de fonctionnement. D'après ce qu'on a compris, les "orthodoxes" paraissent aujourd'hui beaucoup plus florissants que les "néologues", qui étaient plus ouverts et plus enclins à l'assimilation. Y a-t-il une moralité là-dedans ? Je ne saurais le dire ...

Puis, après avoir traversé un parc où de multiples couples de jeunes mariés se faisaient prendre sous toutes les coutures, nous avons continué notre chemin en direction de Cluj-Napoca / Kolozsvár. Sur le bord de la route, quelques "palais" gitans :

ça fait un peu "château en Espagne", non ?


On a ensuite longuement cherché l'église de Monasteri / Magyargyerőmonostor, au splendide plafond peint (dixit Ma Douce, qui en connaît un rayon, en plafonds peints) : on avait beau regarder la carte, et puis le paysage, et encore la carte, on aurait dit que la route indiquée avait disparu, qu'elle s'était tout bonnement volatilisée ! Finalement, après plusieurs essais et de multiples détours, nous y sommes enfin arrivés, à cette fameuse église ... pour constater qu'elle était fermée, et que donc on n'y verrait aucun plafond, peint ou pas ! Elle était pourtant bien jolie de l'extérieur, avec quelques bas-reliefs tout à fait intrigants :
vous voyez cette femme, à droite, qui semble allaiter deux serpents ?
L'arrivée à Cluj-Napoca / Kolozsvár fut assez sportive, à cause de travaux de réfection de la route qui interdisaient l'accès à l'hôtel, quel que soit l'itinéraire emprunté ! Après une courte phase d'énervement, on s'est calmés en faisant un tour dans la ville, et en allant dîner de saucisses dans un restaurant ... viennois !

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