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28 juin 2009 7 28 /06 /juin /2009 15:29
Après une deuxième nuit à la Diófa Panzió ... on s'est levés encore plus tard ! Est-ce que la fatigue commençait déjà à se faire sentir ? Heureusement il ne nous a pas fallu aller très loin pour découvrir ce qui restera pour moi comme un des clous de ce voyage : l'église fortifiée de Prejmer / Prázsmár / Tartlau (oui, en prime, vous avez droit aussi au nom allemand, cette fois) ... une véritable forteresse, celle-là !


C'est un endroit assez incroyable, posé au bord d'une route banale, et l'on a du mal à s'imaginer pourquoi les gens du lieu ont éprouvé le besoin, à une époque, de bâtir quelque chose d'aussi grand et d'aussi hermétique.
                                           l'entrée principale (et unique) vous donne une idée de l'épaisseur de la muraille !

Une fois arrivés dans la cour la plus intérieure, celle où se trouve l'église, on s'est aperçu que l'envers de la muraille était tapissé de dizaines de portes auxquelles on pouvait accéder par des coursives et des escaliers :


Nous avons pu vérifier que chaque porte donnait sur un local clos, plus ou moins grand, dont la plupart servait en fait de "garde-manger" en cas d'attaque et de siège. Ce n'était pas le cas pour tous cependant et certains ont pu avoir, à un moment ou à un autre, un usage différent :


Je ne sais pas si la salle de classe aux murs peints était prévue dans le schéma initial, mais je n'ose imaginer le sort de ces élèves de Prejmer / Prázsmár, obligés de passer des heures dans ce local sombre et glacial, cependant que le Turc frappait à la porte !
On a passé un grand moment dans ce labyrinthe d'escaliers, de couloirs, de passages montants et descendants, qui n'était pas sans rappeler parfois certaines gravures de Max Escher. Puis nous n'avons pas omis, bien sûr, de visiter l'église qui était très belle, et un peu étrange :

une partie de la voûte est faite en "nids d'abeille" de terre cuite, comme de la brique ...

Avant de partir, il faut noter que le tout était dans un très bon état de conservation. D'ailleurs, c'est sur le chemin de la sortie que nous nous sommes fait interpeller par une femme assez revêche qui nous a demandé si nous avions payé le billet d'entrée ... ce qui n'était indiqué nulle part, si ce n'est en haut d'un escalier qui semblait conduire à un petit musée. Alors nous avons payé, et de bon coeur, et nous en avons profité pour visiter le musée, qui s'est révélé assez pauvre en fin de compte.
Après avoir retraversé l'imposante muraille, nous nous sommes aperçus que le temps était devenu lourd et menaçant ... et qu'il y avait des cigognes un peu partout sur les cheminées de  Prejmer / Prázsmár / Tartlau :

cette cigogne-là, plus "branchée", a choisi un carrefour de communication ...

Après cette très impressionnante découverte, le plan de route de ce jour-là prévoyait celle du château de Dracula, direction plein sud. Ouiche, mais pour ça il fallait traverser Brasov / Brassó / Kronstadt (ça continue !) ... Et ce n'est pas une mince affaire, croyez-moi ! Il est vrai qu'on a dû le faire vers 13h30, ce qui n'est peut-être pas l'heure la plus tranquille, mais quand même ...  Imaginez des feux de circulation dont on ne sait, dont on ne peut savoir s'ils sont rouges, orange ou verts, ou quoi que ce soit d'autre, des files de circulation qui n'ont de files que le nom, des dizaines, des centaines de véhicules de tous genres et de tous acabits qui ne suivent qu'une seule loi "Pousse-toi de là que je m'y mette !" et vous aurez une idée du stress éprouvé par un étranger relativement respectueux des règles dans la traversée de Brasov / Brassó / Kronstadt ... Il n'empêche, on s'en est sortis sans une seule égratignure à la Ford Escort obligeamment prêtée ...
Le château de Dracula donc (rappelez-vous que j'étais quand même venu pour ça !) ... ouais ... il SERAIT situé à Bran / Törcsvár, là encore aux confins (sud cette fois) du royaume de Hongrie ... Et effectivement quand vous mettez pied à terre devant le château, vous êtes accueilli par une multitude de vendeurs qui "font" du Dracula : masques grotesques en plastique mou, panoplies et déguisements à deux balles, et même des bouteilles de vin portant la mention "cuvée Dracula" ! Mais il faut bien que le monde vive, n'est-ce pas ? C'est sûrement pour cette raison qu'outre le prix d'entrée il fallait payer un supplément pour faire des photos ...
Un joli petit château par ailleurs, tout en escaliers, cours intérieures et recoins :


Des détours et des tours, en veux-tu, en voilà, des enfilades verticales de pièces "cosy" dont les murs étaient parsemés de photos "début de siècle" où revenait sans cesse la physionomie de la reine Marie de Roumanie dont c'était une des demeures favorites ... comme Sissi avec le château de Gödöllő ? Rien de bien inquiétant donc, pas de portes grinçantes, ou de traces de sang vieilles de plusieurs siècles, rien que quelques andouilles qui s'efforçaient, avec un succès plus que mesuré, de faire frémir et couiner leurs petites amies en poussant de pitoyables hurlements.
Personnellement, après le choc de Prejmer / Prázsmár / Tartlau, j'ai trouvé ce "château de Dracula" un brin factice et décevant ...
Mais il était temps de regagner ... Brasov / Brassó / Kronstadt que, de toutes façons, nous devions retraverser pour ensuite aller dormir une 3ème nuit à la Diófa Panzió, bien pratique pour rayonner tout alentour. Etait-ce déjà l'habitude ? ou l'heure (moins frénétique) à laquelle nous sommes arrivés ? Il m'a semblé que ce deuxième parcours dans la ville était bien moins éprouvant que le premier. Après nous être garés un peu à l'écart (quand même !) nous avons commencé par longer les remparts en nous promenant le long d'une colline boisée. Brasov / Brassó / Kronstadt, c'est TRES fortifié, un peu comme Carcassonne ... en plus petit. On a fini par trouver une porte qui nous a permis d'entrer dans la ville : rues piétonnes, terrasses, pas de doute, la ville se veut aussi TRES touristique. Nous avons donc sagement joué les touristes, admirant "l'église noire" (ainsi nommée parce qu'elle a brûlé), de belles façades du 19ème, une superbe porte dans les remparts. Et puis nous avons continué un peu en dehors de la ville car nous voulions voir l'église orthodoxe et là, nous n'avons pas été déçus :

les églises orthodoxes sont facilement reconnaissables grâce à leurs multiples clochetons et à leurs "drôles de croix"

Là encore, quelle richesse dans les peintures murales ! quelle explosion de couleurs ! quelle débauche (si je puis me permettre) de scènes et de personnages, plus sacrés les uns que les autres ! N'étant pas, loin de là (je n'étais même pas tout à fait certain que les orthodoxes étaient AUSSI des chrétiens ... !) un spécialiste des religions, je me garderai bien d'entrer dans des détails et de subtiles distinctions. Ce que j'ai compris c'est que, comme leur nom l'indique, les "orthodoxes" sont restés fidèles aux rites et aux pratiques ancestrales qui sont strictement codifiés et scrupuleusement respectés. Cela se traduit aussi dans leurs peintures où chaque geste, chaque posture délivre un message symbolique clair et univoque :


Après ce petit tour en "orthodoxie", il ne nous restait plus qu'à nous restaurer un peu avant de reprendre la route. On a fini par trouver un endroit sympa dont la terrasse était complètement déserte ... On aurait dû se méfier ...

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