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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 18:26

Hé oui, on l'a refait ! Cette année encore notre bonne vieille C3 nous a emmenés jusqu'en Hongrie, via une voie nouvelle, et nous a ramenés en France, via une autre voie ...

L'aller :

Au départ, nous n'étions pas pressés ... C'est pourquoi nous ne sommes pas allés très loin : nous avions décidé de mieux visiter Autun, qui vaut vraiment la peine qu'on s'y arrête. Bien sûr, il y a la cathédrale avec son magnifique portail

the portail of the cathédrale ...

mais aussi le musée Rolin (où nous avons découvert la "Tentation d'Eve", attribuée à Gislebert),

Assez lascive, cette Eve, n'est-il pas ?

des portes romaines de la ville (comme la Porta Nigra de Trêves, mais en plus petit),

En plus petit, mais quand même ...

un temple de Janus (que nous avons trouvé tout près de notre hôtel)

avec Autun en arrière-plan ...

 

et puis, en plus de tout ça, une petite ville où il fait bon se promener dans la douceur du soir ...

Douceur du soir ... petit chemin, où nous mèneras-tu ?

 

Le lendemain, puisque c'était sur notre route, nous avons visité l'église d'Audincourt (non loin de Montbéliard), édifice tout à fait particulier construit entre 1949 et 1951.

l'église, édifiée exprès dans un quartier ouvrier ...

Comme le dit joliment Wikipedia, elle "symbolise les attentes des chrétiens et artistes entre architecture minimaliste, utopie pacifiste et art sacré". Le baptistère et ses vitraux (créés par Jean Bazaine

une ambiance très particulière ...

alors que Fernand Léger a dessiné ceux de la nef, figurant la Passion) sont tout à fait remarquables !

y compris à l'intérieur de l'église ...

Après, cela faisait un moment que nous voulions visiter la "VitraHaus", située à la périphérie de Bâle, à la frontière germano-suisse. Nous l'avions déjà frôlée lors d'un de nos voyages et nous nous étions promis de nous y arrêter un jour, et voilà, le moment était venu ! C'est vraiment un lieu à l'architecture étonnante, comme vous le montrera le lien suivant : https://www.vitra.com/fr-fr/campus/architecture/campus-architecture

En fait il s'agit bien d'une "usine" de production de meubles, et de tout ce qui peut embellir un espace intérieur, augmentée d'un lieu d'exposition tout à fait surprenant (ces boîtes empilées dans tous les sens, présentées dans un des numéros de l'excellente série "Architectures" d'Arte)

étonnant, non ?

et d'autres réalisations architecturales signées Frank Gehry, Zaha Hadid ou encore Renzo Piano, pour ne citer que ceux-là !

un aperçu du site, avec une usine au fond !

 

Et cela me rappelle une discussion récente avec Ma Douce, cependant que nous cheminions dans la chaleur de l'été ... Pourquoi, nous disions-nous, n'y a-t-il pas davantage d'endroits utilitaires ET beaux ? Pourquoi tous ces cubes gris et quasiment identiques pour des usines, des hangars, des entrepôts, et même des grands magasins ? Et corollairement, de quel droit nous impose-t-on toute cette laideur ?

Après il nous fallait trouver une route que nous n'avions pas encore suivie et, après avoir un moment caressé l'idée du Lichtenstein (et de Vaduz, sa capitale), nous avons plus sagement opté pour le lac de Constance, Bodensee en langue indigène. Cela nous a donc amenés insensiblement sur une petite route de montagne au bout de laquelle nous avons trouvé un petit hôtel tout à fait charmant, du côté de Untermettingen ...

Village au fond de la vallée ... (air bien connu)

Le lendemain, direction le lac où nous voulions explorer l'île de Reichenau. On y trouve plusieurs monastères très anciens dont celui de Saint Pierre et Saint Paul, fondé en ... 724 ! Malheureusement nous n'avons pas pu le visiter car on n'y organise que de rares visites guidées pour des groupes à effectif limité. Bien sûr on peut le comprendre, surtout si c'est pour préserver la qualité des fresques mais bon, quand on est "sur le chemin" (et apparemment nous n'étions pas les seuls !) ce n'est pas forcément le plus pratique ... Cela ne nous a pas empêchés de visiter deux autres lieux saints, tout aussi beaux, puis de pique-niquer sous les arbres, au bord d'un parking, avant de reprendre la route ...

dommage que là il ait fallu faire très vite parce qu'il était midi et que ça fermait !
le collage entre les fresques médiévales du fond et le baroque devant, j'adore !!!

Toute petite la route, d'ailleurs, car après Constance nous sommes passés en Suisse où nous avons soigneusement évité les autoroutes. En effet, en Helvétie, il faut s'acquitter de l'achat d'une vignette annuelle (40 francs suisses, soit 38 euros quand même) pour emprunter les autoroutes et autres voies rapides. A l'année ce n'est pas cher mais quand on ne fait que passer ... Des petites routes donc jusqu'à Saint Gallen, ou Saint Gall, où nous voulions visiter, bien sûr, la fameuse bibliothèque du monastère ... fondé en 613 ! Eh bien ... comment dire ? Je crois que somme toute nous fûmes un peu déçus ... un accueil pas très sympa, avec des gens qui semblent "se la péter", beaucoup de chichis (obligation de mettre des pantoufles de feutre pour respecter le parquet, il est vrai magnifique) et puis puis cette fameuse bibliothèque de Saint Gâââll elle ne nous a pas autant impressionnés que cela, pas autant que celle d'Admont en Autriche, que nous avions visitée lors d'un précédent voyage ! Ben oui, qu'est-ce que vous voulez, à force de voir des merveilles, on devient difficile !!! En plus vous n'aurez pas de photos parce qu'il était interdit d'en prendre, les appareils étant carrément confisqués ! Heureusement un petit tour dans l'église de l'abbaye nous a rappelé toute l'intensité noire du baroque ...

Quelle violence ! Quelle épouvante !!!
Carrément flippante, l'abbaye, avec tous ces oiseaux noirs au plafond !!!

 

Puis nous sommes passés aussi vite que nous avons pu en Autriche, qui paraît tout de même beaucoup plus accueillante. Je dis "aussi vite" parce que pour éviter les autoroutes il faut en faire, des détours ! Pour avancer un peu, nous avions choisi la voie rapide vers Innsbruck mais au bout de quelques kilomètres on nous prévint d'une déviation ! Décidément il valait mieux prendre son temps ... Quand vous quittez la vallée, en Autriche, ça monte tout de suite bien raide. Et c'est ainsi qu'au soir nous nous sommes arrêtés dans un nouveau petit village, Saint Anton, qui s'était transformé en station de sports d'hiver : beaucoup d'hôtels, de chalets, et même des tire-fesses !

une jolie petite église du bord de la route ...

Le lendemain, nous avons décidé d'innover en passant par le col du Brenner, vers l'Italie. Très beau, le Brenner, même s'il faut payer une taxe supplémentaire pour l'emprunter ... Nous avons roulé un moment en Italie, en suivant une vallée tranquille puis retour en Autriche où, après Lienz nous avons pris l'autoroute (oui mais la vignette autrichienne ne coûte que 8,90 euros pour 10 jours !) qui nous a amenés à moins de 20 kms de la frontière hongroise. Comme il était un peu tard et que nous n'avions pas envie de rallonger encore le trajet du jour, nous avons décidé de dormir à Körmend, petite ville qui, il faut bien l'avouer, ne présente pas un grand intérêt ... si ce n'est celui d'abriter un des nombreux châteaux de la famille Batthyány, que vous devez probablement connaître, au moins de nom !

Le retour :

Sûrement qu'on est tous comme ça : il y a des noms, dans l'atlas de notre jeunesse, qui nous ont fait rêver plus que d'autres. Eh bien, moi, parmi tous ceux-là, il y avait Maribor ! C'est toujours beau de réaliser un rêve de jeunesse, pas vrai, et c'est donc vers cette ville de Slovénie que nous dirigeâmes nos roues ... Comme nous étions à Baja, il nous fallut un moment pour y arriver : Bátaszék, Pécs que nous contournâmes cette fois sans nous y arrêter, Szigetvár, que nous avions déjà visités, pour passer la frontière croate à Barcs. Et là le sketch ! Le douanier prit nous passeports, tapota sur son clavier, fronça les sourcils, qu'il avait fort épais, et sortit pour référer, comme on dit dans tous les jargons militaires. Il revint avec un chef, qui avait l'air aussi embêté que lui ... Enfin une demoiselle s'approcha de la voiture et me fit remarquer en anglais que mon passeport était périmé depuis plus d'un an ! je le savais, bien sûr, mais nous étions en Europe et je n'aurais jamais pensé (ou alors très peu, "vite fait" comme dirait mon plus jeune fils) que cela pouvait poser un problème ! Eh bien si ! Oh pas grave, le problème, puisqu'il a suffi que je me confonde en plates excuses pour qu'on nous laisse repartir mais quand même Ma Douce n'était pas très contente, c'est le moins qu'on puisse dire !

Ensuite nous avons pris la route n°2, qui longe la frontière jusqu'en Slovénie. Chaude, très chaude même, la n°2 ! Il devait faire pas loin de 40°, et nous n'avions toujours pas la climatisation ! Et puis, interminable avec ça, un village succédant à l'autre pendant une centaine de kilomètres ! Et puis, je ne sais pas, ce n'est pas la première fois que je me fais la réflexion, il y a un côté triste et laid dans ces villages bourrés de maisons pas finies, en briques nues, sûrement pour ne pas payer les impôts ? Nous nous sommes arrêtés un moment (pas assez pour Ma Douce!) dans la ville de Varaždin, qui fut un temps capitale de la Croatie, figurez-vous ! On y trouve un beau château

THE beau château ...

et aussi probablement tout un tas de choses intéressantes que nous ne prîmes pas le temps de voir ... il faut dire que le nom de Maribor me trottait de plus en plus dans la tête ! Bah, nous reviendrons, nous dîmes-nous comme souvent... Puis ce fut la frontière slovène, et une nouvelle remarque sur mon passeport ...

Quelques kilomètres plus loin, nous avons fait une halte à Ptuj, pour faire quelques photos de son gros château. Là encore, sûrement, d'autres choses à voir ... et puis, enfin, enfin, ce fut Maribor !!! Et ... heu ... comment dire ? peut-être que j'avais un peu trop rêvé ? En tout cas, Maribor, sans être moche (quoique dans certains quartiers ...) était loin d'être aussi belle que je l'avais imaginée. Nous avons marché un moment au bord de la Drava, sur laquelle flottaient des cygnes

Les cygnes sur la Drava à Maribor ... (snif !)

puis dans le quartier ancien

ce qui donne ça ... (bouououh ...)
mais aussi ça, avec un Saint Sébastien pas piqué des hannetons !

et puis ... nous sommes repartis ! Pas grave, j'étais bien content d'être venu quand même ...

Direction l'Autriche donc, qui est quasi incontournable entre la France et la Hongrie. Et le fait est que nous apprécions de plus en plus ce pays, dont nous commençons à entrevoir toutes les richesses ! Avant de passer la frontière pourtant nous nous sommes arrêtés dans un hôtel de Dravograd, sur la terrasse duquel nous avons pris notre dîner. Il faut dire que c'était le 10ème anniversaire de notre rencontre et que l'idée de le fêter sur la route, dans un bled de montagne slovène dont nous n'avions jamais entendu parler, nous paraissait on ne peut plus romantique ! Ce romantisme fut encore accentué par un orage soudain et violent, comme il arrive en montagne, et qui nous obligea à déplacer notre table pour être un peu plus à l'abri des bourrasques qui nous encerclaient !!!

Sur la route ... un beau grenier à séchage ...

Retour en Autriche donc, où nous avons fait le plein pour pas cher du tout avant de passer en Italie où les prix sont carrément exorbitants ! Nous avons repris la route de Klagenfurt et de Villach mais dans l'autre sens, c'est d'ailleurs le seul tronçon que nous avons suivi dans les deux sens. Puis nous avons poursuivi vers Arnoldstein pour atteindre Travisio. Eh bien je peux vous dire que la traversée des Alpes, dans ce coin-là, est on ne peut plus cool, ce dont la C3 ne s'est pas plainte, bien sûr !

Et puis un peu plus loin nous avons découvert une petite ville dont nous n'avions jamais entendu parler, Venzone ! Une étonnante ville fortifiée de 3 remparts, avec sa cathédrale, son baptistère abritant une collection de momies, et sa maison communale du 14ème siècle.

Les remparts de Venzone : il y faisait très chaud !!!
Dans la cathédrale, une très émouvante Déploration ...

Le plus étonnant peut-être est que cette ville fut quasiment détruite par un tremblement de terre en 1976 (y compris la cathédrale) et qu'elle fut reconstruite à l'identique grâce au courage et à la ténacité de ses habitants !

Comme si on n'avait pas encore assez chaud on a poursuivi vers le sud, en direction d'Udine; Mais comme il fallait commencer à se diriger vers la France on a coupé vers l'ouest pour prendre l'autoroute à Portogruaro. Et puis, pouf, d'une seule traite jusqu'à Bergame, où nous sommes arrivés vers 18 heures. Là encore, un nom qui me faisait rêver, peut-être à cause de la bergamote ou des "bergamasques" de Paul Verlaine ? Il y a deux villes à Bergame : la basse, plutôt moderne d'après ce que nous avons pu en voir en la traversant, et la haute, ancienne, près de laquelle nous nous empressés de nous garer. Après avoir grimpé une très longue rue en pente nous sommes arrivés dans le centre ancien, où de nombreux panneaux indicateurs permettent de se repérer. Et c'est ainsi qu'au delà d'une grande place , tout près de la cathédrale, nous avons découvert la chapelle Colleoni qui était une des raisons de notre visite ...

voici la façade dans son ensemble ...
et un détail pour que vous ayez une petite idée du boulot !!!

Un grand délire typique de la Renaissance, cette façade !!! on aurait pu rester des heures à observer chaque détail. Bien sûr cela faisait furieusement penser à celle de la Chartreuse de Pavie, et nous ne fûmes pas surpris d'apprendre qu'elles étaient toutes deux des oeuvres du même artiste, Giovanni Antonio Amadeo.

Et puis nous avons fait un grand tour dans la vieille ville en suivant des rues pavées, et en notant au passage nombre de choses étonnantes et belles ...

vous la voyez, la différence avec Maribor ? (re-snif ...)

En regagnant la voiture le long des remparts, nous nous sommes fait la réflexion que Bergame, d'une certaine manière, ressemblait un peu à Pampelune ... C'est ça, quand on voyage, on en arrive à faire des parallèles saisissants !

un petit air de Pampelune, en effet, pour ceux qui connaissent !

Le rêve de Ma Douce c'était d'aller à Vigevano. Après Maribor et Bergame, je pouvais bien lui accorder ça ... Mais pourquoi Vigevano ? Vous avez déjà entendu parler, vous, de ce Vigevano ? Moi pas. Eh bien je peux dire maintenant que ça vaut le coup d'y aller, à Vigevano ! On arrive assez rapidement à une grande place centrale :

La Piazza Ducale, vraiment très grande, et très belle aussi ...

Le Duomo, au fond, est d'époque baroque mais tout le reste date de la Renaissance, du temps de Ludovic Sforza, dit Il Moro. Et c'est sous les arcades de droite qu'on trouve un escalier qui mène au château et à la tour de Bramante. Nous débouchons sur une vaste esplanade entourée de plusieurs bâtiments et comme Ma Douce est une fan absolue de Léonard de Vinci (parfois cette adoration me semble teintée d'un rien de gérontophilie mais comment être jaloux d'un tel génie ?) nous commençons par visiter les écuries qui ont été réalisées d'après ses plans.

ça en jette, pas vrai ?

Ensuite nous visitons une deuxième écurie qui sert de cadre à un musée d'archéologie locale, puis nous arrivons au bâtiment qui abrite le musée Leonardiana. Et devinez à qui il est consacré, ce musée, hein ? hein ? En tout cas une surabondance d'utilisation des "nouvelles technologies" mais d'une manière assez traditionnelle, ce qui entraîne parfois un pesant didactisme. Mais là aussi interdiction de faire des photos !

... sauf de l'extérieur, bien sûr !

Puis nous avons arpenté un long passage couvert qui, il y a des siècles, permettait d'accéder au vieux château, aujourd'hui disparu ...

vraiment long, le passage ... mais couvert !

Puis nous avons crapahuté dans un souterrain sans autre intérêt que celui de sa fraîcheur relative ... Je vais vous dire un truc : c'est que quand Ma Douce visite quelque chose elle le fait vraiment de fond en comble, de A à Z, de long en large et même en travers ! D'ailleurs elle m'a planté là, en train de finir ma pizza, pour retourner photographier un truc qu'on avait eu le malheur de ne pas encore voir ... Bon, j'ai fini ma pizza ...

Et évidemment le temps passe pendant ce temps-là ... Alors comme il fallait qu'on soit en France le même soir, pour cause de baptême le lendemain on a regagné l'autoroute vers Novara et on l'a suivie pratiquement jusqu'à la frontière qu'on a traversée au col de Montgenèvre avant de redescendre sur Briançon ...

une belle image des Alpes, pour se quitter en beauté !

Voilà ... j'espère que vous aurez pris autant de plaisir à suivre ce voyage que nous en avons eu à l'effectuer ... mais ça m'étonnerait ! :)

Sziasztok !!!

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9 juin 2017 5 09 /06 /juin /2017 23:16

Eh bien décidément ça marche bien, mon petit commerce autour du dictionnaire ! Alors pourquoi ne pas continuer, hein ? Seulement cette fois, pour alléger un peu le côté aride de la chose, je vais essayer de vous mettre des photos personnelles en rapport avec chacune des notules glanées ici et là dans ce charmant ouvrage dont je vous rappelle (on n'est jamais trop prudent) les références : "La Hongrie et les Hongrois", dictionnaire abrégé des faits et des croyances, des mythes et des coutumes, par Istvan Bart, publié aux éditions Corvina en 2008 ... voilà ... voilà ...

Et cette fois je commencerai par :

le hussard ! ça vous dit quelque chose, non ? le hussard, symbole de virilité, voire de machisme, ne dit-on pas " à la hussarde", c'est à dire, d'après mon Petit Robert, "brutalement, sans retenue ni délicatesse" ?

D'après Wikipédia le mot huszár viendrait de "husz" qui veut dire "vingt" en hongrois, parce qu'au temps de la guerre contre les Turcs chaque village devait fournir un homme équipé pour vingt manses de terre, et de "ar" qui veut dire "payer". Mais le mot existe dans chaque langue européenne, ce qui démontre le succès remporté à la fois par la tenue et les méthodes de combat de ces soldats très souvent mercenaires. D'ailleurs une autre origine possible du mot (signalée dans Wiktionary cette fois) est le serbe "gusar" qui veut dire "bandit, pirate" ... N'a-t-on pas dit aussi "vivre à la hussarde", c'est à dire de pillage ?

Mais en Hongrie, point de doute, le "hussard" est une gloire nationale ! Et dans beaucoup de festivités on trouve aussi bien des petits hussards :

 

 

 

LA HONGRIE ET LES HONGROIS (3)

que des grands hussards, généralement très sérieux :

LA HONGRIE ET LES HONGROIS (3)

Et après les Hussards, soyons fous, ... les Tziganes ou cigányok !!!

D'après le petit ouvrage auquel je me réfère, les Tsiganes vivent en Hongrie depuis le Moyen Age, et c'est au 18ème siècle qu'apparaît la figure du "Tsigane musicien", que l'on peut encore trouver aujourd'hui dans quelques lieux publics réservés aux touristes. Ceci dit, il nous est arrivé un matin très tôt de croiser une charrette surchargée de musiciens et de chanteurs braillards et souriants, qui revenaient probablement d'une noce dans le voisinage ! D'ailleurs ne dit-on pas cigányozás ("jouer au Tsigane") pour s'amuser, faire la fête dans un restaurant, chanter des chansons populaires, ...? L'image du Tsigane est donc pour le moins ambiguë : si elle a gardé cet aspect romantique de liberté sauvage et non apprivoisée, la représentation actuelle évoque plutôt la misère et la criminalité. Les Tsiganes sont devenus des "suspects au teint basané" selon le langage policier politiquement correct et l'expression "C'est parti sur le chemin des Tsiganes" signifie tout simplement qu'on a avalé de travers !

D'ailleurs, si vous voulez mieux comprendre la façon dont les Tsiganes ont vécu cette décadence sociale, en particulier au "beau temps" du communisme intégral, je ne peux que vous conseiller la lecture d'un livre de Béla Osztojkán, intitulé "Jóska Atyin n'aura personne pour le lui rendre" et édité chez Fayard en 2008. C'est tout bonnement un ouvrage fantastique !!!

Mais je voulais vous parler d'autre chose aussi ... En Hongrie existe une coutume appelée "lomtalanitás", et qui consiste, quartier par quartier, à se débarrasser de tous les encombrants en les empilant devant sa porte sur le trottoir. Et c'est jour (ou nuit) de grande réjouissance pour les Tsiganes, ces rois de la débrouille et du recyclage ! Des brigades entières se répandent dans la ville, cherchant à repérer les tas les plus intéressants, qu'elles s'empressent de s'approprier en campant dessus, l'air farouche, jusqu'à ce qu'une succession de va-et-vient avec fourgonnette, remorque ou même poussette les fasse disparaître peu à peu ...

vers 4 heures du matin, la récup' bat son plein !!!

vers 4 heures du matin, la récup' bat son plein !!!

Enfin, élevons-nous jusqu'à la sacro-sainte figure du "travailleur" ou munkás ! C'est pour lui que la grandiose révolution a déroulé son tapis sanglant, c'est à lui que tout le pouvoir a été théoriquement remis. En réalité les travailleurs hongrois, dont la majorité était des paysans chassés de leurs terres dans les années cinquante, durent s'entasser dans les lakótelep (quartiers d'habitation équivalant à nos "cités") en particulier pour échapper aux nouvelles coopératives de producteurs. Ils n'avaient pas de syndicat indépendant malgré le fait que le Parti, qui avait regagné le pouvoir après la révolution de 1956, essayât de gagner leur faveur, le plus souvent par la terreur... Leur situation était caractérisée par le taux de mortalité terriblement élevé des hommes d'âge moyen travaillant en ville, et qui se tuaient littéralement au travail !

Il n'empêche, l'image du munkás était belle, était forte ...

Bonne journée Mon Chéri, ne rentre pas trop tard !

Bonne journée Mon Chéri, ne rentre pas trop tard !

Et bonne journée à vous aussi, lecteurs de mon cœur !!!

Sziasztok !!!

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Published by Léo - dans ça et là
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11 mai 2017 4 11 /05 /mai /2017 08:54

Szia !

Eh bien oui ... comme j'ai constaté, figurez-vous, que le 1er article de même intitulé avait plu ... je me suis dit : Pourquoi pas ? pourquoi ne pas repiquer au truc, et explorer à nouveau, ensemble, ce charmant dictionnaire ?

Voyons voir ...

kadarka vin rouge léger de couleur claire (notre piquette, quoi !) produit non pas dans les régions traditionnellement viticoles (c'est bien ce que je disais !) mais principalement dans la Grande Plaine --> Alföld (ah ... la Grande Plaine, vous connaissez ? on va y revenir ...) Il est appelé "vin de sable" à cause de la terre sur laquelle il est cultivé. On l'utilise pour confectionner des "giclées" --> fröccs (ben voyons!) qui ne seraient pas aussi agréables avec un vin plus lourd.

Alföld littéralement bas pays. Là, je dois dire que l'auteur du dictionnaire est un peu dur. Après une localisation géographique de bon aloi, il énonce toute une série de clichés, du moins c'est ainsi qu'il les appelle : "paysage romantique", "où souffle un vent de liberté infinie", "le petit hameau avec le nid et le couple de cigognes". Il concède néanmoins pour finir que "le caractère des habitants [...] diffère considérablement de ceux de la Transdanubie ---> Dunántúl où la densité de population est nettement supérieure.

Evidemment il y a du vrai et l'on tente bien d'exploiter ce qui pourrait être un atout touristique, tout en conservant les coutumes. Comme en Camargue, par exemple ... Mais ici les gardians ---> csikós ont de longs fouets et les bestiaux de sacrées longues cornes ! J'y suis allé : des ciels magnifiques, une nuit improbable dans une tanya, où nous fûmes reçus par un ours, et où il nous fallut ensuite escalader le lit pour dormir ..., et comment ne pas penser à Petőfi dont l'ombre se déplace, tel un nuage poussé par le vent ...?

fröccs, (essayez de prononcer "frrreueutchtch" ...) Comme vous l'avez deviné, il s'agit d'une onomatopée, où le son dit le sens ... Apparemment c'est une coutume austro-hongroise (mais j'ai vu ça à Venise aussi) que d'ajouter de l'eau gazeuse à du vin léger, blanc ou rouge, et plus pour se désaltérer. Il existe différentes variétés suivant les proportions de vin et d'eau : la petite giclée, la grande, le long pas ... et le concierge !

Pour finir, un peu d'histoire ...

Millenium, a. Millénaire, le. Celui de 1896, bien sûr, qui célébrait le 1000ème anniversaire de la conquête de la Hongrie (ah si vous saviez ! quelle histoire !). Tous les Hongrois savent de quoi il s'agit car c'est le souvenir d'une époque prospère, où tous les espoirs étaient encore permis ... On fit moult célébrations, moult expositions et moult démolitions et constructions, en particulier à Budapest, un peu à la Haussmann ...

Allez, je vous laisse ... jusqu'à la prochaine fois !

Szia !

 

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24 avril 2017 1 24 /04 /avril /2017 23:12

Ne vous inquiétez pas ! Il ne s'agit pas ici de vous faire subir un exposé sérieux et complet sur le sujet, ce dont je serais bien incapable ! En fait il s'agit de vous présenter un livre qu'on m'a offert, et dont la page de couverture annonce :

 Les mots-clés de l'histoire et de la vie quotidienne

 DICTIONNAIRE ABREGE

des faits et des croyances, des mythes et des coutumes par

 ISTVÁN BART

et qui a été publié aux éditions Corvina en 2008.

Un dictionnaire donc, et forcément une lecture pas facile quand on ne sait pas exactement ce qu'on veut chercher ! Quelles portes choisir pour "entrer" dans une culture, et surtout comment se nomment-elles ... puisque tous les mots dudit dictionnaire sont des mots hongrois ? La solution est bien sûr de picorer d'un  mot à  l'autre, en s'aidant des quelques connaissances que l'on a déjà. On est encouragé par le fait qu'il y a souvent un ou plusieurs renvois dans un article. Pour un peu on se croirait sur le ouèbe ! Voici quelques-unes de mes découvertes.

A peu près au milieu (page 94) je suis tombé sur :

köztársaság, république : l'actuelle république de Hongrie, établie en1989, est la troisième dans l'histoire du pays. La première fut déclarée pendant la révolution de 1918 (-->forradalom, 1918) et la seconde en 1946... la République de 1918 fut suivie six mois plus tard de la République des Conseils ( -->Tanácsköztársaság) et la république de 1946 fut renversée trois ans plus tard par la didacture dite République du peuple. Entre les deux  républiques, il y a eu une monarchie sans roi avec Miklós Horthy (le dernier amiral de la marine austro-hongroise) comme chef de l'Etat, assumant la fonction de Gouverneur.

Voilà, je vous ai recopié (presque) tout l'article pour que vous vous fassiez une idée. Comme vous voyez, c'est simple (peut-être trop ?), clair, et il y a deux renvois pour le même article. Pour ceux que l'histoire intéresse ... et j'en fais d'ailleurs partie, surtout en ce qui concerne la Hongrie, où elle semble avoir tant d'importance !

Le mot forradalom, révolution, par exemple, qui désigne celles de 1848, de 1918 et de 1956, est une bonne "entrée" dans la mentalité hongroise ...

Mais allons à :

kiskapu, petit portail : deux portails s'ouvrent sur les cours des maisons villageoises, l'un, haut et large, pour les carrioles, ("le grand portail"), l'autre, plus étroit et plus bas, pour les piétons ("le petit portail"). C'est la source de la sagesse populaire selon laquelle, à proximité de tout "grand portail" légal, il doit y avoir un "petit portail" correspondant par lequel, grâce à un avocat habile ou à des relations, on peut passer quand le"grand portail" n'est pas praticable. Ainsi, dénicher un "petit portail" dans la loi ... n'est pas considéré comme une irrégularité mais comme une chance.

Et il faut bien dire également que ce genre de pratique a été fortement encouragé par le système socialiste où la recherche de passe-droit était devenu un sport national et quasiment obligatoire !

et terminons avec un verre de :

pálinka, eau-de-vie : quand vient l'automne, dans (presque) toutes les maisons de (presque) tous les villages de Hongrie, quelques litres d'eau-de-vie maison sont distillés, pour lesquels des taxes sont payées ou non. C'est l'élément incontournable d'un accueil chaleureux. On a plaisir à la boire par un froid matin d'hiver ou à la prendre pour une rage de dents ou des maux de ventre et ses grandes qualités antiseptiques sont très appréciées. Le type le plus courant, ironiquement appelé kerítésszaggató ("briseur de clôtures"), est composé de toutes sortes de fruits tombés des arbres ... Il existe un dicton selon lequel " le paysan boit de la pálinka le matin, l'homme du monde le midi et l'idiot la nuit".

Ajoutons que les "vrais hommes" (comme mon beau-père) boivent leur petit verre de pálinka en une seule  fois, en rejetant violemment la tête en arrière. Pour ma part, je me contente de siroter, en arrondissant des yeux admiratifs.

Voilà, ce sera tout pour cette fois ! C'était juste pour vous signaler l'existence de ce livre, et vous donner un aperçu de son contenu. Et puis pour parler un peu de la Hongrie, aussi ...

Sziasztok !

 

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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 22:52

Sziasztok !

"Vegyes" en hongrois, ça veut dire "mélangé", composite, fait de choses et d'autres ...

par exemple, ça, c'est une "vegyes bolt", c'est-à-dire une boutique où l'on vend de (presque) tout !

par exemple, ça, c'est une "vegyes bolt", c'est-à-dire une boutique où l'on vend de (presque) tout !

et c'est bien ce que cet article va être, un mélange de petits faits et de réflexions, glanés ici et là lors d'un nouveau séjour en Hongrie à l'occasion du 70ème anniversaire de "Anyós", c'est à dire de belle-maman ...

L'anniversaire d'Anyós :

Ah Anyós, ou Anyu comme l'appellent ses enfants, elle en a de la chance d'être aimée à ce point ! Figurez-vous que pour son 70ème anniversaire Ma Douce, son frère et sa sœur lui avaient préparé une surprise de 1ère catégorie : ils ont carrément loué un wagon du "train des enfants" (appelé Gyermekvasút en hongrois) dont je vous ai déjà parlé dans un article précédent (voir "Dans les collines de Buda"). Créé en 1948 il s'agit là d'une survivance curieuse de la période communiste où il s'agissait dès le plus jeune âge d'intégrer les valeurs de rigueur et de travail bien fait, et c'était un honneur que de pouvoir participer à son fonctionnement. Aujourd'hui, dans la mesure où il traverse les collines de Buda c'est un itinéraire conseillé aux touristes, propre à découvrir le panorama sur Budapest ...

Quand on est arrivé au terminus d'Hűvösvölgy pour prendre livraison du wagon ça s'annonçait plutôt mal ... Après quelques recherches dans un dépôt désert, mais sévèrement gardé par des chiens, on a fini par trouver une porte grillagée à laquelle on a frappé. On nous a dit d'entrer et on a découvert 3 personnes posées devant leurs bières, et qui manifestement n'avaient pas trop envie de bouger de là ...Il faut dire qu'on était samedi, qu'il était presque 15h et que le week-end était déjà entamé ... Finalement, après quelques explications, on est tous sorti sur les voies et on nous a montré ... ça !

 

hé oui, c'est bien votre serviteur qui vous accueille à la porte !

hé oui, c'est bien votre serviteur qui vous accueille à la porte !

C'est sûr que ce n'était pas l'Orient Express qu'on nous proposait là ! Mais quand on a découvert l'intérieur on a été plutôt rassuré : c'était "vintage" à souhait, probablement que rien n'avait été changé depuis 1948, même pas les 2 étagères vitrées et poussiéreuses contenant des collections de minéraux ! On a tout installé vite fait : les boissons, les gâteaux, les décorations, et puis une locomotive est venu nous prendre pour nous emmener à Hűvösvölgy, la gare de départ, et puis les invités sont arrivés et puis, bonne dernière, Anyós, accrochée au bras de son grand fils, dont les yeux se sont arrondis en découvrant le train. Il faut dire que pendant des années elle avait travaillé pour la M.A.V., qui est la SNCF hongroise ...

Alors, tout en cheminant parmi les collines de Buda, on a bu et mangé, on a ri et chanté, on s'est demandé et donné des nouvelles et on a souri, bref, c'était vachement sympa ! Pour les enfants qui étaient là, un vrai bonheur que d'avoir tout un wagon à soi, par les fenêtres duquel ils pouvaient faire fièrement coucou à des passants médusés !

Et puis on est arrivé au terminus de Széchenyihegy, à l'autre bout de la voie, où on est resté une demi-heure, le temps que le train suivant vienne nous chercher. Cela m'a laissé le temps de faire une curieuse découverte. J'étais dehors, en train de fumer une cigarette, quand j'ai vu arriver un petit groupe conduit par ce qui ressemblait à un chef de gare. Casquette vissée sur la tête, clope au bec, il était tout petit et marchait d'un petit pas pressé ... Un des invités de la fête, qui faisait partie du groupe, m'a fait signe de suivre le mouvement. Un peu plus loin, on est arrivé à une espèce de bâtiment carré qui abritait un poste d'aiguillage, avec de grandes manettes à roues dentées. Le petit chef s'est bientôt évertué sur un téléphone avec une manivelle qu'il s'est mis à tourner comme un fou sans que cela produise le moindre résultat : ma parole il n'y avait que dans les films sur la deuxième guerre mondiale que j'avais vu ça !

Et puis la nuit est arrivée, elle arrive vite en Hongrie, alors on s'est embrassé et séparé, on est remonté dans nos petites voitures et on a regagné la ville ...

Une expo au Vigadó :

Un matin, avec Após, que ses enfants appellent Apu, (vous aurez compris j'espère qu'il s'agit cette fois de "beau-papa"), on a décidé d'aller au Vigadó pour voir une expo ...

Le Vigadó c'est vraiment un endroit impressionnant, immense et très beau, presque "trop". Quand on entre là, on est soufflé par les dorures, les marbres, les décorations qui se bousculent pour vous chavirer l'œil...

voilà ! ça c'est le grand escalier du Vigadó !

voilà ! ça c'est le grand escalier du Vigadó !

et ça, c'est le petit, un genre d'escalier de service, quoi !

et ça, c'est le petit, un genre d'escalier de service, quoi !

Après nous être baladés un peu partout, après en avoir bien pris plein les mirettes de toute cette splendeur, nous sommes donc allés voir cette expo. Il s'agissait de découvrir l'œuvre d'un certain Prutkay Péter, né en 1947 à Budapest, toujours vivant, dont je n'avais fichtre jamais entendu parler ...

Dans la 1ère salle figuraient quelques gravures, dont certaines m'ont paru très intéressantes :

on sent déjà poindre une certaine ironie ... non ?

on sent déjà poindre une certaine ironie ... non ?

Dans la très grande salle suivante une série d'"objets", c'est ainsi qu'ils sont identifiés, et qu'on pourrait assimiler à des collages en 3 dimensions. Je vous en ai fait une toute petite sélection parmi les quelques dizaines qui y étaient présentées :

 

Un article "vegyes" ...

Celui-ci tout d'abord, qui pourrait faire penser à une collection de médailles, ou à un arbre généalogique ...Sur la rangée inférieure, sur la plaque en 2ème position à partir de la gauche, est écrit "Nem ! Nem ! Soha !" ce qui veut dire "Non ! Non ! Jamais !", cri de refus du traité de Trianon et de ses désastreuses conséquences, le territoire de la Hongrie ayant été de ce fait amputé des deux tiers ... La légende indique qu'il s'agit d'un artefact archéologique, ce qui me fait furieusement penser à un article intitulé "Empilement et sédimentation" qui est paru dans ce blog ...

Cet autre ...

A la mémoire des informateurs ...

A la mémoire des informateurs ...

Un peu grinçant, n'est-ce pas ? Les informateurs, bien sûr, ce sont ceux qui prêtaient main forte aux services de sûreté de l'État, les "indics" du pouvoir ... Dans cette composition harmonieusement symétrique vous pouvez trouver tous les moyens utilisés pour ce faire : les yeux qui guettent par le trou de la serrure, les oreilles, le téléphone, la machine à écrire. En bas une plaque de récompense où figurent l'étoile rouge et l'inscription "Jó munkáért", ce qui signifie "Pour le bon travail" ..., scellée de la date de l'année fatidique, 1956 ...

Et enfin celui-ci :

le "match du siècle" !!!

le "match du siècle" !!!

On n'a pas pu s'empêcher, avec Após, de regarder les 6 buts de l'équipe nationale hongroise, emmenée par l'immense Puskás, et il y en avait de superbes, croyez-moi ! Ah, on devait avoir l'air fin, serrés l'un contre l'autre, nos yeux rivés sur le minuscule écran, au milieu de cette grande salle toute vide ! N'empêche, c'était un bon moment ... et une exposition très intéressante aussi, qu'en dites-vous ? Je précise pour finir que ces quelques photos n'ont pas été prises dans la salle d'exposition, mais sur le catalogue, édité par la Magyar Művészeti Akadémia (MMA 2017)

Retour à Déli :

Ah, pourquoi est-ce que je vous impose ça ? Déli, c'est Déli pályaudvar, la gare du Midi, qui est moche comme tout, mais que moi j'aime beaucoup, je ne sais pas pourquoi ... On parle depuis longtemps de la démolir, cette pauvre Déli et beaucoup de travaux ont été réalisés à Kelenföld, qui est censée la remplacer. Et puis aux dernières nouvelles, non, on va la garder ... mais ça n'arrête pas de changer ! Moi j'y suis retourné par une après-midi bien grise et j'y ai trouvé comme un mélange d'affairement et d'abandon ...

Un article "vegyes" ...

ça c'est l'esplanade en contrebas de Déli ... Il y a une dizaine d'années, quand je vivais à Budapest, c'était un vrai petit centre commercial où toutes les boutiques étaient ouvertes ... combien le sont encore aujourd'hui ?

Un article "vegyes" ...

et ça c'est le tableau des trains au départ et à l'arrivée ... on voit donc que ça bouge encore à Déli ! Pendant la petite heure durant laquelle j'ai tourné dans la gare il y a au moins 2 trains qui sont arrivés et 3 autres qui sont partis, allons il y a encore de l'espoir pour Déli !!!

Et pour finir ... un trousseau de clés !

alors il y a un machin bleu  qui permet de se servir de l'ascenseur. Ensuite, et dans l'ordre des aiguilles d'une montre :

- la clé qui sert à ouvrir la porte du vestibule, qui est commun à l'appartement d'Após et à celui de sa voisine

- deux clés qui servent à ouvrir la grille en fer qui protège la porte de l'appartement

- la clé qui sert à faire tourner la barre en fer sur toute la largeur de la porte

- deux clés qui servent à ouvrir la porte elle-même (c'est bizarre, il devrait y en avoir trois, il en a peut-être perdu une ?)

- en haut, regroupées, la clé de la boîte aux lettres, celle de la cave, et deux ou trois autres dont il ne sait plus à quoi elles servent mais qu'il est toujours bon d'avoir dans la poche ...

Moralité : quand vous habitez en Hongrie, essayez de ne pas oublier le parapluie avant de sortir et de fermer toutes les serrures, et tant pis pour vous si vous avez trop envie de faire pipi en rentrant chez vous !!!

Sziasztok !

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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 17:50

Szia everybody !

Aujourd'hui je voudrais vous faire part d'une lecture récente qui m'a bien plu ...

D'ailleurs cela fait plusieurs fois que je me dis que je pourrais vous faire découvrir un peu la littérature hongroise (celle traduite en français, bien sûr !), dont la richesse et l'intérêt ne cessent de m'étonner. Alors peut-être cet article sera-t-il le premier d'une série ... Allez savoir ce qui peut passer dans la tête d'un retraité !

Bon, soyons clairs, il ne s'agit pas ici de faire de la "chronique littéraire", j'en serais bien incapable ! Juste vous faire partager quelques moments de plaisir, et vous donner envie, à votre tour, de vous plonger dans la lecture ...

Or donc est paru récemment, aux excellentes éditions Viviane Hamy, un roman intitulé "Le passage de Vénus", écrit par Róbert Hász.

Le personnage principal en est un jeune Jésuite, János Sajnovics, que nous retrouvons tout d'abord au monastère de Nagyszombat, où il a emménagé en janvier 1766 et où il se sent un peu exilé. Il a en effet l'imagination passablement fiévreuse, ce cher János, et en dehors des œillades de Vilma, la femme de l'apothicaire, il ne trouve pas grand-chose pour la stimuler !

Mais un jour une lettre arrive de Vienne, émanant de Maximilianus Hell, l'astronome impérial dont il était l'assistant ! Le cher vieux maître compte sur lui pour l'accompagner dans un voyage jusqu'à la petite île finlandaise de Vardø, située au-delà du Cercle Polaire. Là, ils pourront, en juin 1769, observer le passage de Vénus devant le Soleil et ainsi, par tout un tas de calculs savants, mesurer avec plus d'exactitude la distance entre celui-ci et la Terre. Par la même occasion János pourra étudier de près les curieuses ressemblances entre le hongrois et le lapon ...

Une grande partie du roman (de la page 38 à la page 213) suit donc nos deux Jésuites dans leur pérégrination vers le Nord ... Ce sera l'occasion pour le plus jeune de faire quelques découvertes et rencontres (pas toujours souhaitées ni souhaitables pour un séminariste pas encore déniaisé ...) et de s'apercevoir qu'être Jésuite en ce dix-huitième siècle finissant n'est pas toujours le gage d'un accueil très chaleureux !

A la fin de l'été c'est l'arrivée dans l'île, et il faut se préparer pour la longue nuit qui vient. Le territoire n'est pas inhabité, loin de là : János y fait la connaissance du commandant de la forteresse, de sa jolie fille Dorothea et surtout de Raskovitz, un proscrit condamné à rester sur l'île, avec qui il finira par avoir quelques échanges très intéressants ...

Pour finir, précisons que les personnages principaux de ce livre ont réellement existé (sauf peut-être le proscrit Raskovitz ?) et que vous pouvez trouver leurs notices sur Wikipedia. L'expédition scientifique a réellement eu lieu, ainsi que les recherches linguistiques de Sajnovics qui ont conduit à l'apparition d'un groupe "finno-ougrien" ... Peut-on pour autant parler d'un roman "historique" ? Je crois que l'auteur va plus loin dans la mesure où il nous fait voir et ressentir les choses à travers les yeux et la sensibilité du jeune János, à travers sa foi et ses doutes, ses rêves et ses angoisses ...

Voilà, je ne vais pas vous en raconter davantage mais j'espère vous avoir donné envie de découvrir ce livre, et de passer quelques bonnes heures en sa compagnie !!!

Sziasztok !

 

et quand on va sur Google Maps on retrouve les traces de la forteresse de Vardø !

et quand on va sur Google Maps on retrouve les traces de la forteresse de Vardø !

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Published by Léo
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17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 17:09

Hello mindenkinek !

(Faut pas croire ... je progresse en hongrois !)

Alors vous avez peut-être déjà lu 2 articles de ce blog s'intitulant : 1) "Inventaire à Moszkva tér", 2) "Budapest ville du futur" ?

Sinon je vous invite à le faire sans délai, pour avoir une meilleure idée de ce qui va suivre ...

Or donc, autrefois, il n'y a guère, existait à Budapest une place très importante appelée "Moszkva tér" ... Vous vous doutez bien que le nom n'était pas innocent, et rappelait à celles et ceux qui étaient assez âgé(e)s pour s'en souvenir (et même aux autres) les temps douloureux où le "Grand Frère" se penchait avec bonhomie et férocité (ça dépendait des moments) sur la petite nation hongroise, qui avait régulièrement tendance à n'en faire qu'à sa tête ... (vous pouvez lire également un autre article du même blog intitulé cette fois : "Budapest ... octobre 1956", ce qui vous montre que ledit blog est quand même d'une cohérence redoutable !)

Malgré l'effacement progressif d'un grand nombre de noms rappelant cette époque, et en premier lieu tout ce qui commençait par "Stal" ou "Lén"et finissait par "ine", le nom de Moszkva tér est resté assez longtemps, en tout cas elle s'appelait toujours ainsi en 2008-2009, année que j'ai passée en Hongrie aux côtés de Ma Douce ...

En effet ce n'est qu'en 2011 que la place a été rebaptisée du doux nom de Széll Kálmán, ancien premier ministre hongrois, et c'était déjà ainsi en ... 1929 ! Comme vous le savez sûrement, en Hongrie le passé n'est jamais très loin, sinon (re)lisez l'article "Empilement et sédimentation" ... On peut se demander pourquoi on a tant tardé, et pourquoi aussi beaucoup de Budapestois continuent au moins à employer les deux noms ... malgré toutes leurs fibres patriotiques ! Peut-être que, comme moi, ils étaient attachés à cette place anti-touristique au possible, mais ô combien indispensable dans la "vraie" vie de la cité ?

D'ailleurs, en faisant quelques recherches sur internet pour être sûr (autant que possible) de ne pas vous dire de bêtises, j'ai découvert qu'un film portant le nom de cette place avait été réalisé en 2001, et qu'il est visible sur youtube en suivant le lien : https://www.youtube.com/watch?v=8lPrF4aotPE Malheureusement il n'est pas sous-titré ... mais les premières images vous donneront une idée de ce qu'était cette place, avec son horloge carrée, ses tramways, et sa station de métro ...

Alors, qu'en est-il aujourd'hui ? Bien sûr la station de métro est toujours là, même si, bien sûr, elle a changé de nom :

Classée, et donc intouchable ...

Classée, et donc intouchable ...

L'intérieur de la station, lui, n'a pas trop changé. Peut-être est-il plus spacieux et lumineux, mais il faut toujours autant s'armer de courage pour affronter les monstrueux escaliers roulants qui semblent vouloir vous emmener dans les entrailles de la Terre ...

sans parler d'une bonne écharpe pour les courants d'air de l'hiver !

sans parler d'une bonne écharpe pour les courants d'air de l'hiver !

Le "Grec", lui aussi, a miraculeusement survécu, peut-être parce qu'il est situé juste en bordure de la place ? J'y allais manger autrefois, quand j'en avais assez du Chinois de la rue Csaba ...

Gyros = sandwich grec, il l'a échappé belle !

Gyros = sandwich grec, il l'a échappé belle !

En dehors de ces deux institutions, tout a changé, ou presque ... Disparue, la vieille horloge carrée sous laquelle les amoureux se donnaient rendez-vous, exit le palmier souffreteux, qui a probablement fini de souffrir des hivers rigoureux, démoli le petit bistrot un peu louche où on pouvait faire un billard jusqu'au petit matin, envolée la statue symbolique (mais de quoi ?) moitié-flamme et moitié-fleur ...

comment voulez-vous vous donner rendez-vous SOUS une horloge pareille ?

comment voulez-vous vous donner rendez-vous SOUS une horloge pareille ?

Qu'en est-il aujourd'hui ? Széll Kálmán tér est resté un "nœud de communication", pas de doute si l'on voit tous les bus, trolleys et tramways qui y circulent ... et tous les passagers qui s'y croisent dans tous les sens !

pour vous donner une petite idée de l'intensité du trafic, et encore tout n'est pas indiqué !

pour vous donner une petite idée de l'intensité du trafic, et encore tout n'est pas indiqué !

Mais tout ceci se fait maintenant dans un ordre nouveau, chacun(e) allant son chemin au milieu de bâtiments modernes et d'arbres qui ne demandent qu'à grandir ... Fini le bazar de Moszkva, avec ses buveurs impénitents de bibine à deux sous, ses vendeuses de colifichets, de petits bouquets, de portefeuilles en faux cuir et autres babioles, ses amoureux transis avec des poèmes plein la tête ... Tout est désormais bien propre, nettoyé, et pour ainsi dire aseptisé... Circulez ! il n'y a plus grand-chose à voir ... place Széll Kálmán !!!

Sziasztok !

on canalise par un escalier roulant ... et ça marche !

on canalise par un escalier roulant ... et ça marche !

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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 10:29

Après avoir fait la réservation d'un logement pour le soir sur booking.com, nous avons repris la route en direction de l'Allemagne et de Trier, que nous autres appelons Trèves, où nous sommes arrivés trop tard pour visiter quoi que ce soit. Il faut dire (mais nous le savions déjà : voir articles précédents!) que la circulation n'est pas toujours aisée en Allemagne : ou bien vous choisissez l'autoroute, régulièrement encombrée de travaux et saturée de camions (un peu plus tard nous avons réussi à capter une radio où on débitait une liste d'embouteillages divers d'un ton parfaitement blasé) ou bien vous optez pour les routes plus petites, encombrées de villages, de tracteurs et de limitations de vitesse … Nous avons fait un tour dans la ville, quelques courses pour manger le soir dans le home réservé à quelques kilomètres de là. Nous sommes arrivés à la nuit tombée dans un quartier résidentiel où nous avons fini par dénicher l'adresse indiquée : aucune lumière, pas de réaction au coup de sonnette, répondeur au numéro donné … on a commencé à se sentir mal … allions-nous être obligés de chercher un autre logement ? À cette heure ? Assis sur les marches de l'escalier, on a donc téléphoné à booking.com à Paris pour leur signaler le problème. Une gentille dame devait avoir un autre numéro à joindre car au bout de quelques minutes la porte s'est ouverte et le propriétaire est apparu et nous a expliqué qu'ils étaient en train de jouer aux cartes dans le jardin de l'autre côté et qu'ils n'avaient rien entendu ! Bon … un peu léger quand même ! Mais on a fait des sourires en disant que ce n'était pas grave … d'ailleurs le proprio n'avait visiblement qu'une hâte, c'était d'empocher son billet de 50 euros ! Nous avons dîné de chou en conserve (à déconseiller si vous devez dormir dans la même pièce!) et d'un vin local dont je préfère vous taire le nom …

Le lendemain nous avons commencé une visite approfondie de Trier et, croyez-moi, cela en vaut le coup ! D'abord, la Porta Nigra, imposant vestige romain, qui était une des trois portes de la ville, du temps de l'empire du même nom. Incroyable qu'une église complète ait été bâtie dessus, c'est pourtant ce que montrent quelques colonnes formant triforium et ayant échappé à la destruction.

les restes du triforium, ce sont les minces colonnes sur la deuxième tour

les restes du triforium, ce sont les minces colonnes sur la deuxième tour

Après nous être rapprochés du centre (et nous être garés à nouveau dans un parking souterrain : attention, dans les villes allemandes, beaucoup de places sont réservées aux résidents!) nous sommes tombés en arrêt devant un splendide palais rococo dont nous n'avons pas pu visiter l'intérieur en raison de travaux. Le curieux, dans l'affaire, c'est que ce bâtiment du 18ème est collé contre la basilique de Constantin qui, elle, date du 3ème - 4ème siècle ! Aujourd'hui on pinaille, on chochote pour intégrer le nouveau à l'ancien mais il fut une époque où l'on faisait fi de ce genre de scrupules !

hein ? qu'est-ce que vous dites de ça ?

hein ? qu'est-ce que vous dites de ça ?

Immense, la basilique … d'ailleurs elle servait de salle du trône impérial et pour montrer leurs biscottos les Romains n'hésitaient pas devant la démesure … Là encore une petite surprise : un monsieur s'est mis au micro et s'est mis à lire l'Evangile, accompagné par quelques mesures d'orgue … Ne jamais bouder son plaisir …

vous le voyez, le petit monsieur ?

vous le voyez, le petit monsieur ?

Décidés à visiter Trier de fond en comble, nous avons poursuivi par la visite de la cathédrale (que les Allemands appellent « Dom », je ne sais pas pourquoi) où nous en avons pris plein les yeux d'un mélange exubérant de tous les styles : des merveilles de plafond, de marqueteries, de statues, d'autels débordants d'angelots et de saints lascifs ou torturés, des orgues dont le « cul » (pardonnez le mot mais je n'en vois pas d'autre!) ressemblait vraiment à une montgolfière …

le "cul" des orgues vu d'en dessous !

le "cul" des orgues vu d'en dessous !

Pratiquement collée à la cathédrale, il y a une autre église assez curieuse au plan presque circulaire, et qui partage un cloître avec sa glorieuse voisine. Malgré la chaleur qui nous attendait à la sortie, nous sommes allés jusqu'aux archives de la ville qui contenaient une exposition d'incunables et de codex, je ne vous dis que ça ! Des manuscrits superbement enluminés, et pour les débuts de l'imprimerie une grosse bible de Gutenberg himself …

le "dom" + l'église jumelée à côté

le "dom" + l'église jumelée à côté

Toujours pas rassasiés, nous avons poussé jusqu'au musée régional où nous avons pu constater l'importance du passé antique de Trier : songez que cette ville, à une époque, était la capitale d'un empire s'étendant de l'Afrique du nord jusqu'aux îles Britanniques ! Une collection de tombeaux grands comme des maisons, des fresques, des mosaïques … bref, tout l'attirail romain ! Et une dernière surprise avant de quitter la ville : nous avons découvert que Trier abritait la maison natale de ce bon vieux Karl Marx, devant laquelle je me suis fait photographier, poing levé et mine farouche ! Plutôt cossue la maison, d'ailleurs …

une sculpture romaine de 4 mètres de long, au moins ...

une sculpture romaine de 4 mètres de long, au moins ...

Et nous avons repris la route, direction Worms ...

D'abord, évidemment, la cathédrale, qui date du temps des carolingiens ! Elle est très reconnaissable, comme sa cousine sise à Speyer (que nous verrons plus tard), grâce à ses quatre tours destinées à montrer l'égalité entre le Pape et l'Empereur : deux à l'est pour le premier, normal, mais aussi deux à l'ouest (le « westwerk ») pour le deuxième, comme ça pas de jaloux !

le côté de l'Empereur, à la lumière du couchant ...

le côté de l'Empereur, à la lumière du couchant ...

Comme nous sommes arrivés un peu tard, le bâtiment était déjà fermé et nous n'avons pu qu'en faire un tour extérieur ce soir-là. Cela nous a permis de découvrir un hôtel tout proche dans lequel, cassant notre tirelire, nous avons pris une chambre et mangé. Et nous avons donc dormi avec « vue sur la cathédrale » … Le lendemain nous n'avions que deux pas à faire pour approcher ce joyau : à l'intérieur beaucoup de baroque surajouté, contrairement à Speyer, comme nous le verrons plus loin. Dans l'ensemble, malgré la monumentalité, ou à cause d'elle ?, je n'ai pas été super-impressionné, pas touché par ce haut-lieu de la chrétienté primitive …

joli, certes, mais un tout petit peu chargé ...

joli, certes, mais un tout petit peu chargé ...

Moins touché que par la petite église Saint-Martin que nous avons visitée ensuite, plus modeste mais aussi plus chaleureuse … D'ailleurs peut-être est-ce dû à l'environnement de la cathédrale … si l'on observe une maquette de l'ancien domaine qui était le sien on s'aperçoit du massacre qui a été commis au fil du temps : la plupart des bâtiments ont disparu, dont un baptistère qui semblait tout à fait intéressant, pour être remplacés par des bâtisses pseudo-modernes, et sans aucune âme. Et le pire est que ça continue ! Entre l'hôtel où nous étions et la cathédrale, c'est à dire tout contre elle, se construisait, si nous avons bien compris, un parking souterrain !!!

à part la cathédrale ... :(

à part la cathédrale ... :(

Avant de quitter Worms, nous sommes allés visiter la synagogue et son bain rituel, et découvrir un « musée multimédia » consacré à la légende des Nibelungen car, oui, c'est bien par là qu'ils sévissaient …

l'entrée du bain, très ancien ...

l'entrée du bain, très ancien ...

l'escalier central du musée, très moderne ...

l'escalier central du musée, très moderne ...

Sur la route de Speyer (Spire) nous nous sommes arrêtés à Lorsch, ancienne abbaye surpuissante dont il ne reste pas grand-chose, si ce n'est une jolie porterie (et vous ne savez pas combien de kilomètres Ma Douce est prête à faire pour ça!) … Par ailleurs une petite église en hauteur : intérieur moderne et quelconque, mais cadre charmant, abritant une collection de Paeonia, plus simplement appelées pivoines … Nous en avons profité pour pique-niquer à l'ombre, agréablement rafraîchis par une brise continuelle …

ce qui reste de l'abbaye, vu depuis la porterie ... c'est à dire à l'ombre !

ce qui reste de l'abbaye, vu depuis la porterie ... c'est à dire à l'ombre !

Fut-ce la brise ? Ou le pique-nique ? Toujours est-il que, comme un c..., je proposai de passer par Heidelberg … Quel nom prestigieux, pas vrai ? Et puisqu'on passait pas loin de là … pourquoi ne pas en profiter … ? Toujours se méfier quand ce maudit verbe vient trop facilement à l'esprit … Je dois dire que je fus servi, et que je m'en mordis fort les doigts ! Après avoir fait tours et détours dans une ville assez insignifiante nous nous approchâmes enfin du château … perché tout en haut d'une colline plutôt raide. Et là, que faire d'autre, pour profiter, que de grimper des escaliers malcommodes, aux marches qui tuent presque autant que celles des Romains ? Et il y en avait, des marches ! Et en haut, un tas de belles ruines, c'est vrai, mais qu'on n'a pas eu le temps ni même le goût de visiter … Et la redescente ne fut pas vraiment plus facile …

de belles ruines, d'accord, mais mince il faut les mériter !

de belles ruines, d'accord, mais mince il faut les mériter !

Et puis ce fut Speyer (que nous autres appelons Spire) où, cette fois, nous sommes arrivés assez tôt pour visiter la cathédrale avant la fermeture. Très très belle, d'une pureté, d'une simplicité, je dirais presque d'une humilité, malgré les dimensions, qui m'a fait un peu penser aux cisterciens … hé oui, qu'est-ce que vous voulez, l'avantage, quand on n'y connaît rien, c'est de pouvoir mélanger les genres !

Speyer à comparer avec Worms, un peu plus haut ...

Speyer à comparer avec Worms, un peu plus haut ...

Et puis une immense crypte, dans un style aussi dépouillé, où s'alignent les tombeaux des rois les plus fameux, ce qui en fait l'équivalent de notre basilique Saint Denis.

touchants, ces tombeaux impeccablement rangés, depuis combien de temps ?

touchants, ces tombeaux impeccablement rangés, depuis combien de temps ?

Et une autre surprise : alors que nous nous apprêtions à quitter l'endroit, un apprenti organiste s'est mis aux claviers, bientôt rejoint par un maître qui lui donnait des conseils … Dans l'ensemble Speyer nous a fait bien meilleure impression que Worms, à laquelle on ne peut pas s'empêcher de la comparer, j'espère que vous aurez compris pourquoi. Une ville beaucoup mieux conservée, « restée dans son jus » en quelque sorte, où la vie s'écoule paisiblement … Pour vous dire, sur la place qui longe la cathédrale, des gens jouaient aux boules, tranquillement … ce n'est pas à Worms qu'on aurait vu ça !

touchante aussi, cette leçon d'orgue dans la grande cathédrale !

touchante aussi, cette leçon d'orgue dans la grande cathédrale !

Le soir, cassant une fois de plus le cochonnet, nous avons mangé et dormi dans un hôtel campagnard, dont la principale originalité consistait à servir les clients dans des tonneaux couchés dont le dessus avait été découpé en forme de guichet. Probablement voulait-on signifier par là le passé viticole de l'endroit ? Car il y en a des vignes, dans la région, et du bon vin aussi, comme on a pu s'en rendre compte ce soir-là ! Au matin nous avons fait un petit tour au château dominant le village, ce qui nous a permis un point de vue intéressant sur les vignobles environnants …

so "pittoresque", isn't it ?

so "pittoresque", isn't it ?

Le but de la journée suivante était d'arriver pas trop tard à Munich où nous devions visiter des amis avec enfants. Malgré les difficultés prévisibles de circulation (cf supra, comme on dit …) ceci ne nous a pas empêché de faire quelques détours, comme à Schwäbisch Hall par exemple, où nous avons eu probablement la plus belle surprise de ce voyage. En effet nous y étions allés sur une indication assez vague, en somme : comme le nom l'indique cela se situe dans le pays des Souabes, et les Souabes et la Hongrie c'est toute une histoire puisque nombre de ces Allemands ont émigré vers le pays magyar qui, après l'occupation ottomane, se trouvait un peu dépeuplé. Donc, allons-y pour savoir à quoi ça ressemble, le pays des Souabes ! Eh bien, c'est très joli, figurez-vous ! D'abord on n'a pas eu trop de mal à se garer et rien que cela, ça fait du bien … Ensuite nous avons descendu une mignonne vieille petite rue qui nous a menés directement à un des plus beaux musées que nous ayons vus (et pourtant on en a vu!) : une église transformée de manière à abriter une collection de chefs d'oeuvre, essentiellement fin Moyen Age, début Renaissance. Cranach, Holbein, bien d'autres encore : de pures merveilles ! Dommage qu'on ne puisse pas faire de photos …

Nous sommes ressortis des étoiles plein les yeux … Puis nous avons traversé la ville : une grande place entourée de hautes maisons à colombages, un pont de pierres, un grand escalier au sommet duquel se trouvait une très belle église gardée par un archange Saint-Michel ...

la très-grande-place ..

la très-grande-place ..

et tout en haut du grand escalier ...

et tout en haut du grand escalier ...

quelle dentelle ! quel réseau !

quelle dentelle ! quel réseau !

Voilà, chers lecteurs, nous sommes presque arrivés au terme de ce parcours, qui nous aura quand même pris cinq jours. Ensuite ce fut l'autoroute, miraculeusement désencombrée, jusqu'à Munich, où nos amis nous attendaient : les enfants avaient préparé des morceaux de pomme au sucre sur des piques, et les parents un assortiment de bières locales, que nous avons soigneusement sifflées avec de drôles de saucisses !

Et le lendemain, l'autoroute à nouveau jusqu'à Budapest où nous sommes arrivés pas trop tard, grâce à notre petite C3,chargée comme une mule !

En espérant vous avoir donné envie de nouvelles découvertes, sziasztok et portez-vous bien !

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 22:57

Hé oui, chers et bienheureux lecteurs de ce blog, une fois de plus nous avions décidé, Ma Douce et moi, de faire le trajet jusqu'à Budapest dans notre chère et fidèle petite C3, qui venait de franchir allègrement le cap des 200 000 kilomètres, quand même !

Deux différences par rapport aux trajets précédents : la première c'est que je suis néo-retraité, ce qui nous a permis de partir au mois de septembre, et donc d'échapper aux hordes juillettistes et aoûtiennes … la deuxième c'est que, toujours avides de découvertes, nous avons choisi d'explorer une voie plus au nord que celles que nous avons prises jusque là et c'est ce que vous allez découvrir maintenant …

La première raison de notre choix c'est que nous sommes partis du Havre, où nous avions passé un week-end avec mon beau-père, un homme charmant avec qui nous avons mangé des moules, bu du vin blanc, et écouté le dimanche un concert charmant et un peu suranné d'un cithariste fameux au château d'Etelan, situé en baie de Seine. Cela nous avait donné l'occasion de voir passer au loin un cargo, qui semblait glisser doucement sur l'herbe …

vous le voyez, au loin, le cargo ?

vous le voyez, au loin, le cargo ?

Et le lundi, compteur à zéro, réservoir plein, direction … Charleville-Mézières ! Car l'autre raison c'est que ces derniers temps Ma Douce (et moi-même par l'occasion) a beaucoup travaillé sur les « villes idéales », c'est à dire, pour résumer, des villes basées sur un concept d'ordre, d'harmonie, et donc de bien-être pour ses habitants. Il y a là bien sûr une dimension utopique (du nom de l’œuvre de Thomas More parue il y a … cinq cents ans!) mais quelquefois aussi des réalisations bien concrètes comme on peut le voir à Sabbioneta, Palmanova en Italie (voir articles précédents) ou encore Zamosc en Pologne (voir un prochain article?).

Mais un des plus grands plaisirs, quand on voyage, si ce n'est le plus grand, c'est de se laisser surprendre par l'imprévu, et de faire des détours ne figurant pas au programme. C'est ainsi que notre premier arrêt fut pour Guise, pour voir à quoi ressemblait le fameux familistère mis en place par Godin pour les ouvriers de son usine. C'est grand un familistère : des immeubles d'habitation bien sûr (dont l'un contenait l'appartement de Godin lui-même), mais aussi un théâtre, une piscine, des jardins, bref tout ce qu'il fallait pour que le bon peuple ouvrier se sente bien … et travaille mieux ! Une ville idéale à l'échelle d'un quartier, en somme !

le théâtre au fond + un plan général sur une colonne

le théâtre au fond + un plan général sur une colonne

Cependant certaines de ces villes créées ex nihilo avaient essentiellement une vocation militaire, comme Rocroi, lieu de notre première halte programmée. C'est tout petit, Rocroi, et bâti selon un plan radiocentrique où toutes les rues aboutissent à une place centrale, d'où l'on peut voir les remparts qui encerclent la ville. C'est situé tout près de la frontière belge actuelle et au cours des siècles ça a bataillé ferme dans un endroit comme celui-là, comme dans bien d'autres d'ailleurs … C'est ce que nous a montré un petit tour sur les fortifications qui se sont ajoutées les unes aux autres aux 16ème, 17ème et 19ème siècles, finissant par former un immense dédale de fortins, tunnels, et castelets aujourd'hui recouverts d'une belle herbe, épaisse et grasse. Çà et là, des ouvertures béantes dans lesquelles on ne s'est pas risqué à entrer … De retour en ville, nous avons été frappés par la simplicité et la gentillesse des habitants, qui n'hésitaient pas à nous saluer de quelques mots. Nous sommes repartis en gardant l'impression d'une bulle hors du temps, à l'intérieur de laquelle la vie s'écoulait tout doucement …

magnifique terrain de jeux pour les enfants, vous ne trouvez pas ?

magnifique terrain de jeux pour les enfants, vous ne trouvez pas ?

Et donc nous sommes arrivés en fin d'après-midi à Charleville-Mézières, où nous avons bu un pot sur la Place Ducale, toute baignée d'une lumière dorée. L'effet est étrange de voir « en vrai » un lieu sur lequel vous avez lu, réfléchi et écrit quelque temps auparavant : nous y avons retrouvé cette symétrie classique dont parlent les livres, la comparant à la Place des Vosges de Paris (bien que nous soyons pour l'heure dans les Ardennes …) mais aussi une vie dont les livres ne peuvent pas parler : un manège qui est en train de fermer, des terrasses de bistrots qui se remplissent, un groupe de punks un peu braillard, une petite vieille qui se hâte lentement sur les pavés séculaires … Le soir nous avons dormi dans un « AirB'B » situé en périphérie de la ville où nous avons été très bien accueillis.

et votre fidèle scripteur, au beau milieu de tout ça !

et votre fidèle scripteur, au beau milieu de tout ça !

Le lendemain, nantis d'un sac de noisettes « du jardin » offert par notre hôtesse, nous sommes retournés faire un tour en ville … Nous sommes passés devant le musée Rimbaud, installé dans un somptueux moulin rénové, en bord de rivière : je ne suis pas certain que le rebelle Arthur aurait apprécié ce choix ! Dur de passer du statut de réprouvé à celui de gloire locale …

Après quelques hésitations sur le chemin à suivre, nous avons décidé de passer par Sedan, où nous avons eu un peu de peine à trouver le château … C'est pourtant la plus grande forteresse d'Europe ! Mais le lieu est assez mal indiqué, et assez peu mis en valeur. Nous y sommes entrés par la porte des Princes, et nous avons découvert rapidement qu'il s'agissait du lieu de naissance de Turenne, qui s'appelait aussi Henri de la Tour d'Auvergne, il n'y a pas de hasard, fameux chef de guerre de Louis XIV. D'ailleurs nous devions apprendre peu de temps après que ledit Turenne avait fait commettre des massacres sans nombre dans certaines provinces d'Allemagne (le fameux "ravage du Palatinat"), faisant raser des villages entiers, exécuter tous leurs habitants, et suscitant ainsi la réprobation d'une bonne partie de l'Europe. Mais ça on n'en parle pas trop dans nos manuels d'histoire … Puis nous nous sommes baladés librement jusqu'à l'autre entrée qui donne sur la ville. Pas de doute il régnait sur cette forteresse comme un petit air d'abandon...

To Budapest again : la voie du nord (1)

Ensuite nous sommes passés en Belgique, du côté de Virton, sans l'ombre d'un contrôle. Sûrement qu'il est difficile de surveiller tous les points de passage entre la France et la Belgique ( à la limite ce serait plus simple de construire un bon vieux mur, comme certains n'hésitent pas à le faire !) mais on ne peut pas s'empêcher de penser que les terroristes, et autres passe-frontières, ont encore de beaux jours devant eux ! Nous sommes passés sans transition à Luxembourg : un joli paysage, assez vallonné puis la ville elle-même qui a comme un petit air de Suisse, propret et coquet.

Je ne sais pas vous, mais moi, à cause du nom peut-être je m'en faisais une montagne, de Luxembourg ! Je m'imaginais des rues peuplées de mecs et de nanas comme dans les publicités, couvert(e)s de bagouzes et de montres rutilantes, laissant derrière elles et eux des effluves de parfum coûteux … mais pas du tout ! C'est finalement assez simple, au Luxembourg, et puis pas cher du tout, du moins pour ce qui nous a concerné : du diesel à 0,938 le litre, un parking souterrain (très conseillé étant donné le nombre et le comportement des bus qui règnent en maîtres absolus sur la circulation !) à 3 euros pour les 2 heures où nous sommes restés … Nous avons fait un grand tour dans la ville haute, en commençant par une très curieuse cathédrale, séparée en deux parties bien distinctes : une moderne, très « néo » et assez moche et une autre datant de bien plus loin, avec beaucoup d'éléments Renaissance. C'est bien sûr dans celle-là que nous nous sommes attardés, malgré la présence d'un guide qui hurlait ses explications à l'adresse d'un groupe de Brésiliens qui n'en pouvaient mais …

carrément maniériste, n'est-il pas ?

carrément maniériste, n'est-il pas ?

Nous avons vu le palais ducal, les vieux quartiers, les ruines du château primitif, tout ceci paraissant bizarrement imbriqué, et nous sommes revenus par la corniche qui domine la ville basse, comme de vrais bons touristes. Au bout du compte, plutôt sympa, la halte au Luxembourg !

drôle de mélange, avec le quartier de l'Europe au fond à gauche !

drôle de mélange, avec le quartier de l'Europe au fond à gauche !

Mais restez en ligne, chers lecteurs, car bien sûr ce n'est pas fini ! La suite dans le prochain numéro !

 

 

 

 

 

 

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16 juillet 2016 6 16 /07 /juillet /2016 12:23

Sziasztok !!!

Je ne sais pas chez vous mais ici, bien qu'on soit le 3 juillet, il pleut, il fait froid ... bref un temps à chercher un peu de réconfort dans la poésie ... alors voilà...

Et maintenant nous sommes le 16 juillet, et je ne vous dis pas l'ambiance, vous la connaissez comme moi, alors voilà encore plus ...

L'automne est passé par Paris (1906)

Hier, à Paris, l'automne s'est glissé sans bruit.

Il descendait la rue offerte à Saint Michel

Et, sous les arbres qui dormaient dans la chaleur,

Il est venu vers moi.

M'en allant à pas lents j'approchais de la Seine.

Dans mon âme chantait le feu dans du bois mort

Et la chanson était étrange, pourpre, grave

Et parlait de ma mort.

L'automne m'a rejoint. Il a dit quelque chose

et le boulevard Saint Michel a frissonné.

Tout le long du chemin des feuilles guillerettes

S'amusaient à danser.

Ce ne fut qu'un instant. L'été n'a pas bronché

Et l'automne en riant quittait déjà Paris.

Il est passé. Je suis le seul à le savoir

Sous les arbres pesants.

Párizsban járt az Ősz

Párizsba tegnap beszökött az Ősz.

Szent Mihály útján suhant nesztelen,

Kánikulában, halk lombok alatt

S találkozott velem.

Ballagtam éppen a Szajna felé

S égtek lelkemben kis rőzse-dalok

Füstösek, furcsák,búsak, bíborak,

Arról, hogy meghalok.

Elért az Ősz s súgott valamit,

Szent Mihály útja beleremegett

Züm, züm : röpködtek végig az úton

Tréfás falevelek.

Egy perc : a Nyár meg sem hőkölt belé

S Párisból az ősz kacagva szaladt.

Itt járt, s hogy itt járt, én tudom csupán

Nyögő lombok alatt.

Ady Endre ( 1877-1919)

Ady Endre (André) est né le 22 novembre 1877 à Ermindszent – ce village qui porte désormais son nom - Il va abandonner des études de droit pour devenir journaliste à Nagyvàrad. Il mène une vie de bohème entre cafés, boîtes de nuit et articles ravageurs et tapageurs dans cette petite ville très moderne et imprégnée de la mode parisienne.

Il rencontre à Nagyvàrad la femme de ses poèmes et de sa vie Adel Brull, dite Léda, Adel à l’envers, une juive hongroise mariée à un homme d'affaires cossu.

Elle sera sa formatrice et elle l’entraînera hors de son horizon étroit. Léda venait de Paris qu’elle ne pouvait oublier. Totalement subjugué et attaché à Léda, complexe et d’une perversité raffinée, il va se laisser modeler par elle qui voulait dégrossir « ce paysan hongrois », et par Paris, ville des vies nouvelles.

Faisant des aller-retours entre Budapest qu’il aimait peu, et Paris qu’il appelait « son maquis », il ne voulait ni ne pouvait se fixer. Nomade il était, fougueux il vivait. Toujours fauché, toujours avide de femmes et de drogues, il se détruisait consciencieusement. Miné par une maladie vénérienne, il était le déraciné, l’errant, le barbare.

Il ne pouvait habiter que dans les corps des femmes.

Pourtant il va se marier en 1914 avec une inconnue touchante, Berta Boncza qui s’offre comme une rédemption, ses vingt ans et sa pudeur paysanne, son innocence, tout entier donnés. Il y trouva un calme apparent et mit son désespoir sous le boisseau. Il la rebaptisera d’un nom polonais Csinska, car il aimait tout retourner.

Il quitte ainsi l’étoile noire de Leda, pour la douce régression de Berta.

Ainsi vécut Ady, toujours au bord du gouffre de l’extase, de la transgression. Il était un cœur furieux. Destruction et auto-destruction l’habitaient.

Extraits biographiques copiés du très bon site :

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/ady/ady.html

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