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10 octobre 2018 3 10 /10 /octobre /2018 09:27

Bon ... avant de vous emmener en Italie, laissez-moi vous parler un peu de cette région autour d'Innsbrück, et de la passe du Brenner.

Innsbrück tout d'abord, que nous n'avons fait qu'effleurer pour cette fois. Mais redisons-le, c'est une ville magnifique, regorgeant de merveilles à (re)découvrir ! D'ailleurs si vous voulez en avoir une petite idée, voici le lien conduisant à l'article que je lui avais consacré lors d'un précédent voyage :

http://budablog.over-blog.com/article-aller-en-hongrie-en-traversant-l-autriche-124461458.html

Et tout autour d'innsbrück donc un tas de chouettes lieux qui n'attendent que vous et votre besoin de beauté : le château d'Ambras et son fantastique cabinet de curiosités (voir le même article), Hall, Schwaz, ...et puis tous ces paysages, ces châteaux, ces citadelles dont nous allions voir une collection en descendant vers l'Italie ...

Et il y a le Brenner, culminant à 1375 m, passage très pratique (et donc très emprunté) pour franchir les Alpes. Une route superbe, qui monte progressivement, ce qui est très bien pour une petite C3, et qui est presque entièrement suspendue à flanc de montagne, ce qui donne ça :

Je ne sais pas si vous le voyez clairement (ce n'est pas faute d'avoir essayé de prendre une photo potable !) mais au fond vous pouvez deviner le dessous de la route, et c'est comme ça pendant des kilomètres ! On comprend mieux pourquoi il faut payer un petit quelque chose supplémentaire pour l'emprunter. Mais qui dit passage dit protection, dit surveillance, dit péage y compris dans les anciens temps. C'est pourquoi tout au long de la route vous pouvez voir forts et citadelles de toutes époques et en tous genres ...

au Moyen Âge

ou plus près de nous ...

Une fois passée la frontière, nous nous sommes arrêtés à Vipiteno. Pourquoi cela ? Eh bien figurez-vous que le Mentor de Ma Douce y avait passé des vacances il y a bien longtemps et qu'elle avait envie d'y faire un petit pélerinage sentimental ... Une raison très suffisante donc, en plus c'est joli comme tout, Vipiteno ... même si on a eu un peu de mal à trouver le centre ! Nous nous sommes donc installés pour pique-niquer dans la cour d'un énorme bâtiment identifié comme le Musée de la ville, mais qui avait été autrefois une commanderie de Templiers :

et puis, après avoir soigneusement ramassé nos papiers gras, nous sommes allés visiter l'église voisine. Tout au long de la façade s'étageaient des plaques mortuaires, n'oubliez pas que nous sommes encore tout près de l'Autriche ! D'ailleurs Vipiteno s'appelle aussi Sterzing, c'est tout dire ! D'une manière générale l'influence autrichienne se fait sentir même au-delà, jusqu'à Bressanone, appelée aussi Brixen am Eisack, nous aurons l'occasion d'y revenir.

Au plafond de cette église une belle voûte gothique "habillée" en baroque, comme souvent en Autriche ...

et dissimulé au milieu de toutes ces enchevêtrures, qui voyons-nous ? je vous le donne en mille !

Eh bien oui, c'est bien lui, Saint Sébastien en personne, plus alangui que jamais, ah le coquin !

Et en allant sur Wikipedia pour vous communiquer quelques informations supplémentaires, je m'aperçois qu'on a presque tout raté de Vipiteno, restant au bord sud de la ville mais je ne me souviens pas d'avoir vu la moindre indication d'un quelconque centre-ville ...

La halte suivante, Bressanone, nous a été conseillée par une amie hongroise qui en parlait avec des étoiles plein les yeux, et c'est vrai que nous n'avons pas été déçus. Bon, très touristique, c'est vrai, avec pas mal de monde dans les rues, mais on comprend assez vite pourquoi ... Vous connaissez déjà mon goût pour les beaux toits :

Pas mal, celui-là, qu'en dites-vous ? agrémenté en outre de lucarnes et de cheminées tout à fait pittoresques ... Nous avons donc suivi des rues anciennes, mettant nos pas dans les pas anciens, nous gorgeant de beauté autant qu'il était possible de le faire. Et puis et puis nous sommes arrivés à un endroit comme vous n'en voyez pas souvent dans toute votre vie ...

Il s'agissait d'un cloître, bien sûr, mais d'un cloître entièrement peint ! avec des fresques des XIV et XVèmes siècles d'une qualité et d'une fraîcheur proprement extra-ordinaires !!! Et là, excusez-moi mais je ne peux pas m'empêcher de vous en infliger quelques photos parce que vraiment c'était TROP beau :

Alors qu'est-ce que vous en dites ? ça saoûle un peu, non, tant de beauté ? en tout cas merci à la copine hongroise, on comprend mieux les étoiles dans les yeux ! Et de tout cela, bien sûr, rien ou presque sur les différents sites ayant trait à la ville ... mais chut ! silence le vieux con !

Un peu étourdis, un peu "sonnés", nous sommes ressortis dans les vieilles rues et leurs arcades, bien agréables par toute cette chaleur ...

Et vous allez voir que je ne suis pas qu'un vieux con tout entier empreint de nostalgie, et que je suis capable d'apprécier quelque chose de moderne aussi ! Regardez ça :

Ah ah ... ça vous coupe la chique, hein ? Ben oui, il s'agit d'un bel hôtel tout ce qu'il y a de contemporain, pour lequel les architectes ont eu l'heureuse idée de bâtir ce mur-miroir, où on peut admirer le paysage environnant. Remarquez, pour être tout à fait honnête, c'est Ma Douce qui a attiré mon attention là-dessus. Je ne sais pas si tout seul ...

Et puis voilà, il était temps de quitter Bressanone si nous voulions être à Brescia le soir-même. Ma Douce a quand même pris le temps de s'arrêter dans une boutique équitable : elle avait repéré en vitrine un joli vêtement qu'elle voulait essayer. Moi je l'ai attendue dans la rue et j'ai écouté les gens parler : eh bien je peux vous assurer que cela ressemblait plus à de l'autrichien qu'à de l'italien !

Une fois le joli vêtement acheté, un dernier clin doeil à l'Histoire avant de partir :

Un éléphant à Bressanone, ça alors ! Les férus d'Histoire le savent déjà : Hannibal himself est passé par là ... eh bien, non, pas du tout, il s'agissait en fait du cadeau du roi du Portugal à l'empereur Ferdinand 1er et c'est en 1550 (au mois de décembre en plus) que le débonnaire pachyderme fit sa traversée alpestre pour arriver jusqu'à Vienne. Et la peinture sur la façade de l'hôtel date de cette époque-là ... Allez, sans rancune, vous êtes presque arrivés au bout de ce voyage !

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 18:41

C'est en redescendant dans la vallée que nous nous sommes aperçus que le temps avait bien changé et en arrivant à Schwaz il pleuvait doucement, et nous avions perdu une bonne vingtaine de degrés par rapport à la veille. En vérité je vous le dis, il faut être costaud pour voyager !

Schwaz est une ville étrange : le long de la route principale, celle qui va vers Innsbrück, c'est moche comme tout : une série de bâtiments tous plus laids les uns que les autres mais dès que vous dépassez cette espèce de barrière esthétique vous découvrez une petite ville jolie comme tout, avec ruelles médiévales, monuments et tout le reste ... Pas bête au fond : il n'y a que les visiteurs qui se laissent un peu de temps qui peuvent en profiter ! Ceci dit quelque chose de plus lointain avait attiré notre attention la veille : une église ? un monastère ? un château ? en tout cas c'était perché à l'écart et ça donnait bien envie d'en savoir un peu plus :

et quand je dis "perché" vous voyez que ce n'est pas juste une image ! Mais bon, de là où on était, pas moyen de reconnaître précisément ce que c'était ... Et comme des fois il faut faire des choix quand on voyage (une vérité que Ma Douce a bien du mal à admettre !) et que c'était loin, et pas au programme, eh bien le mystère demeurera, du moins pour cette fois ... Nous avons suivi la route principale jusqu'à une grande église, et nous y sommes entrés :

Ouf ! quel luxe ! quelle richesse ! pas étonnant dès lors que l'on sait que Schwaz, au Moyen Âge, fournissait, grâce à ses nombreuses mines, 85 % de l'argent dans le monde ! Ce n'est qu'avec la découverte du Nouveau Monde et le pillage organisé de tout l'or qui s'y trouvait que les profits ont commencé à baisser.

Mais au milieu de tous ces ors, nichée dans un coin de tout ce déploiement extravagant, nous avons découvert une petite statue naîve et rafraîchissante :

Probablement a-t-elle un rapport avec les moissons ? en tout cas les bras dépassant de la plate-forme qui la supporte montrent qu'on doit la mener en procession, en espérant sans doute une multiplication des épis et des grains ...

Nous n'en avions pas complètement fini avec le Tyrol et avant de quitter l'Autriche nous avons fait une dernière halte à Hall, qui se trouve vraiment tout près d'Innsbrück. C'est vraiment très joli, Hall im Tirol, là aussi tout empreint de nostalgie d'une gloire passée ... Alors bien sûr on fait tout ce qu'on peut pour les visiteurs de passage, Mais oserais-je le dire ? Personnellement je sens quelque chose de morbide dans l'âme autrichienne, et cela ne date pas de cette visite, les visiteurs réguliers de ce blog s'en souviendront peut-être ...

Voilà ce qu'on appelle un "transi", et un beau ! Il ne s'agissait donc plus, dans cette période pour le moins troublée, entre guerres et épidémies, de représenter le gisant béatement souriant et bienheureux mais de fouiller, de fouailler au plus profond de la chair, comme le feraient des vers ... Memento, pauvre toi, memento ...

et ça, qu'est-ce que vous en dites ? Oui, oui, vous voyez bien, il s'agit d'une collection de crânes humains entreposés dans la vitrine d'une belle église et tous surmontés ... de quoi ? d'une couronne ? d'une auréole ? et à quelle fin ? généalogique ? historique ? philosophique ? vous savez quoi ? moi ça me fait penser au Mexique et à son culte des morts, et pourtant à Hall im Tirol, on en est loin, du Mexique ! Et le plus étonnant est que tout ceci n'est pas triste ... cela donne à penser tout de même ...

Nous avons encore découvert une belle église, assez déserte, dans laquelle la richesse du décor faisait un contraste un peu pénible avec la rareté des gens venus pour l'admirer ...

vous voyez ce décalage entre l'axe de la nef et celui du choeur ?

Et là, permettez-moi de jouer un peu au "vieux con", ce n'est pas si souvent que cela me prend, enfin, j'espère ! Je trouve ça pitoyable, toutes ces beautés négligées, tous ces chefs d'oeuvre oubliés ... au profit de quoi ? si je tape "Hall im Tirol" sur internet pour enrichir un peu ma présentation, qu'est-ce que je trouve ? des avis de bars, restaurants et hôtels, bien sûr, il faut bien que tout le monde vive, mais aussi de la réclame pour une course de VTT, pour un parcours de boules (spécialement pour les enfants) ... et rien, ou si peu, sur le "vrai" patrimoine, celui qui peut nous enrichir non seulement les yeux mais aussi la sensation d'appartenir à une espèce capable de créer tant de beauté ...

Allez Nepo, ne nous en veux pas, nous autres frères humains sommes si légers et inconséquents ...

 

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6 octobre 2018 6 06 /10 /octobre /2018 15:57

Et voilà qu'à nouveau nous mettons notre petite C3 à contribution : il s'agit cette fois de revenir en France en passant par l'Autriche et l'Italie du nord ...

Pour ce voyage de retour notre plan était assez simple : d'abord un long trajet en autotroute jusqu'à Innsbruck, puis une verticale nord-sud jusqu'à Brescia, et enfin une horizontale est-ouest pour passer la frontière à Montgenèvre. Vous aurez donc droit à 3 articles supplémentaires, bande de petits veinards !

Pour ce qui est de l'autoroute, évidemment pas grand-chose à dire, si ce n'est que ça n'est vraiment pas cher en Autriche : une vignette dans les 8 euors vous permet de rouler tout votre saoûl et nous ne en sommes pas privés : Budapest, Vienne, Linz, avec de temps en temps un coup d'oeil sur la vallée du Danube et ses beaux monastères, Salzburg, et parès tous ces kilomètres avalés (brave petite voiture !) nous décidons de faire une petite halte à Kufstein, endroit de sinistre mémoire pour les Hongrois :

C'est pourtant une jolie petite ville, Kufstein, mais complètement écrasée par la forteresse qui la domine et où furent emprisonnés, aux doux temps de la monarchie autrichienne, bon nombre de rebelles magyars, en particulier après la révolution de 1848 ... Même Sándor Rózsa, le "Robin des bois" hongrois, y a été détenu entre 1859 et 1865 ! Et c'est vrai que quand on s'approche un peu ...

elle fait carrément peur ! N'importe quelle prison est impressionnante, c'est vrai, mais imaginez un peu le moral de ceux qu'on conduisait là-dedans ... A mon avis, ils n'étaient pas près de revoir le jour ... Tout ceci ne nous a pas empêchés de vouloir faire une petite visite, malgré l'heure tardive mais une dame pas très aimable nous a signifié que c'était complètement impossible, même de s'approcher du pied des tours ... Peut-être qu'elle était gardienne dans une autre vie ? Nous avons donc fait une petite balade dans la ville, suivi les bords de l'Inn, visité quelques églises et là, qui avons-nous retrouvé ?

mon chouchou en personne, ce brave Saint Seb avec ses flèches dont il se moque bien ... Avant de reprendre la voiture nous sommes passés par des toilettes publiques (très propres), hé oui je ne vous cache rien, après quelques centaines de kilomètres c'était devenu plus que nécessaire, et là qu'avons-nous remarqué sur un mur ?

ben oui, vous voyez que je ne vous cache décidément rien ... Même si comme moi vous ne comprenez pas grand-chose à l'allemand, je suis sûr que vous comprendrez le message ... pas très accueillant !

Le soir commençait à tomber et il nous restait quelques dizaines de kilomètres à faire pour atteindre le lieu où je nous avais réservé une chambre qui, nous l'espérions nous reposerait de ce long trajet. Quelques jolies choses sur la route d'ailleurs, et en particulier une jolie ville du nom de Schwaz, où nous nous promettons de revenir le lendemain. Et puis ça, que Ma Douce a photographié alors que nous étions arrêtés à un feu rouge :

avec un curieux mélange de trompe-l'oeil quasiment Renaissance et de lampes ... art déco ?

Et puis, à Wattens, nous avons tourné vers les montagnes et nous avons suivi une petite route qui montait, qui montait, qui tournait, qui tournait, et nous sommes arrivés enfin à notre auberge, rustique à souhait. On était bien à Wattenberg,1000 mètres d'altitude, il faisait frais et croyez-moi, après une journée passée à rouler dans une C3 sans climatisation c'est appréciable ! Nous avons été très bien accueillis et une très gentille dame nous a montré notre chambre avec une petite terrasse qui donnait sur les montagnes ...

quel calme ! quelle tranquillité ! quel bonheur ! le soleil se couchait tout doucement, disparaissant peu à peu derrière les reliefs lointains ... Nous soupirions d'aise, Ma Douce et moi ... Ensuite nous avons mangé un dîner assez simple mais roboratif : nous nous étions installés à l'extérieur et, au bout d'un moment nous avons été tout contents de mettre une petite laine ... le pied intégral !!!

Après une nuit bien reposante, nous avons pris un solide petit déjeuner, où même le café était bon ! Vous avez dû remarquer l'habitude qu'ont les hôtels de vous servir un vrai "jus de chaussettes", sûrement pour faire des économies : je trouve qu'on devrait créer une expression du genre "café d'hôtel" pour désigner ce genre de lavasse à peine buvable. Mais peut-être que ça existe déjà ? Alors que je fumais ma première cigarette, des cloches se sont fait entendre et j'ai bientôt vu de saines jeunes filles qui guidaient leurs vaches vers les alpages. Saines, elles ont intérêt à l'être et avec des mollets costauds aussi :

voilà la pente telle que nous pouvions la voir depuis la terrasse du restaurant et, croyez-moi, il n'y a aucun trucage là-dedans ! Quelle vie ce doit être dans ces montagnes, bloqués par la neige une grande partie de l'année, avec des voisins à 2 kms à vol d'oiseau mais à 10, 20 par la route ! La veille, par exemple, il y avait une tablée d'hommes qui buvaient pas mal et qui parlaient fort, l'un d'entre eux surtout. Comment a-t-il fait pour rentrer chez lui ? est-ce qu'on lui a prêté une chambre pour la nuit ?

Mais nous, nous étions frais et dispos, et nous avons repris notre route ...

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1 octobre 2018 1 01 /10 /octobre /2018 23:25

Bon ... vous ne commencez pas à en avoir assez, que je vous trimballe deci-delà, cahin caha, en Hongrie, au gré de nos besoins et de nos fantaisies ? Non ? Alors c'est parti pour un dernier séjour à Budapest ...

Comme je vous l'ai dit précédemment, Ma Douce avait des choses à faire et des gens à voir ... Il ne faut pas oublier qu'elle est Hongroise, elle, et qu'avant de me connaître elle a vécu une bonne vingtaine d'années dans cette belle capitale. Les choses à faire, c'était surtout des rendez-vous pour son boulot, elle organise des expositions de photos, elle participe à des colloques, enfin vous voyez, elle n'avait pas vraiment besoin de moi pour ça ... Les gens à voir, c'était surtout des anciens copains et d'anciennes copines, et là quelquefois je l'accompagnais et d'autres fois non, surtout quand il s'agissait de se retrouver dans un salon de thé pour échanger des confidences de filles en grignotant des petits gâteaux ...

J'en ai donc profité pour prendre le large avec l'appareil photo, avec l'intention d'explorer des endroits que je ne connaissais pas encore.

Comme il faisait encore très chaud j'ai commencé par une église où je n'étais jamais rentré, bien qu'elle soit vraiment centrale, puisque posée juste à côté du pont Elisabeth. C'est l'église paroissiale de la Cité, le plus vieil édifice religieux de la ville. Il faut dire qu'elle est longtemps restée fermée pour cause de travaux. A l'entrée une gentille dame m'a demandé si je venais pour visiter ou pour prier ! Comme je suis un garçon honnête je lui avoué mon intention touristique, ce qui m'a valu de payer un droit d'entrée... L'église elle-même n'est pas super-intéressante (un avis que Ma Douce conteste vivement !) mais elle contient tout de même quelques éléments de valeur :

dont cet autel archi-baroque, et ô combien expressif !!!

Comme il faisait encore un peu chaud, même dans la nef, je suis descendu dans la crypte où probablement l'essentiel des travaux a été fait. L'endroit est en effet aménagé de façon à faire apparaître les vestiges d'une forteresse romaine, preuve que le choix du lieu ne doit rien au hasard !

Plusieurs personnes priaient face à un autel assez somptueux mais comme je ne voulais pas les déranger je suis remonté assez vite sans prendre de photos ... En reprenant mon tour de l'église là où je l'avais laissé, j'ai découvert :

autre morceau de choix baroque, où ça grouille, ça se trémousse, ça s'entremêle  ça tend les mains, ça roule des yeux, ça crie, ça supplie, ça s'extasie pour les siècles des siècles, amen. Fantastique tout de même, non ?

Poursuivant mon chemin, j'ai rencontré autre chose de beaucoup plus doux, mais tout aussi intense :

une fresque du XIVème siècle redécouverte sur un mur de l'église, et représentant une scène de crucifixion (on aperçoit le flanc sanguinolent du Christ dans la partie droite de l'image). Moi qui ne suis pourtant pas croyant (du moins je ne crois pas !) j'a été touché par ces trois figures féminines alliant la délicatesse à la naîveté, et exprimant des sentiments que l'on a du mal à définir, même s'ils sont très présents. De la tristesse, certes, mais aussi de la colère, de l'amour et même, dirait-on, de l'espoir ......

Un autre jour j'ai découvert, grâce au frère de Ma Douce qui m'a indiqué cette piste, un endroit complètement différent. Pour cela il fallait prendre le tram direction Hűvösvölgy ... souvenirs, souvenirs : dix ans plus tôt combien de fois avais-je fait de même, l'appareil photo en bandoulière, et sillonnant Buda et Pest par les transports en commun ...Cette fois il s'agissait donc du quartier de Pasarét ... J'y ai d'abord visité une église Art Déco, dont la grande cohérence ornementale m'a frappé :

Malgré les travaux en cours (cf l'échafaudage à droite de l'image) je suis resté un bon moment dans cette église, et pas seulement à cause de la chaleur à l'extérieur. Il y avait là une fraîcheur, une simplicité tout à fait agréables, et bien loin des tourments infernaux ou des martyres sanglants qui décorent bon nombre d'églises anciennes ...

J'ai ensuite suivi Pasaréti utca, une rue plutôt résidentielle, j'ai dépassé un stade de foot, une équipe de terrassiers qui s'échinaient en plein soleil, les pauvres, et je suis arrivé dans le quartier indiqué par mon beau-frère. En fait, si j'ai bien compris, il s'agit d'un lieu expérimental où des architectes modernistes ont été conviés à bâtir une maison dans un style qui leur convenait. Une stèle en porte témoignage :

Vous comprenez donc qu'en 1931, 18 architectes ont cherché à concrétiser leur idée de LA maison, ce qui, peu à peu, a formé un quartier entier et assez surprenant. Bien sûr les styles des bâtiments sont parfois assez différents mais on ressent en même temps une certaine cohérence due à l'époque et aux réflexions architecturales en cours :

Celle-ci, par exemple, est toute en briques, savamment utilisées pour former des créneaux, bandeaux, reliefs en tous genres. Et que dire de cette inclusion, quasi anachronique ? On remarquera que le motif du mouton figurait également sur la tribune de l'église visitée plus tôt, comme on le voit sur l'avant-dernière photo.

Mais plusieurs autres font farouchement penser à Le Corbusier, que ce soit dans les formes ou les couleurs :

celle-ci pour les formes

ou encore cette autre

et cette dernière plutôt pour les couleurs puisque, comme vous le savez sûrement, "Corbu" était un grand amateur des couleurs primaires : rouge, jaune et bleu ...

Ce qui est dingue, et je viens seulement de l'apprendre maintenant, c'est que ce programme a été conçu à partir du modèle de Stuttgart, que nous avons visité lors de notre voyage aller !!! (voir l'article correspondant: http://budablog.over-blog.com/2018/08/on-ze-road-eugene-2eme-partie-speyer-maulbronn-et-stuttgart.html)

Finalement cette escapade dans les années 30, aussi bien à l'église que dans ce surprenant quartier, m'a permis de ressentir l'ambiance particulière de cette époque, faite de soulagement bien sûr (plus jamais ça !) mais aussi d'espoir et de recherche d'une beauté nouvelle, complètement détachée de l'ordre ancien. Pendant ce temps d'autres pensaient à établir un ordre nouveau qui devait, hélas, conduire "l'homme nouveau" sur le chemin de la barbarie ...

Mais nous, plus modestement, nous nous acheminons vers notre retour en France, ce qui fera l'objet des prochains articles.

Sziasztok !

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29 septembre 2018 6 29 /09 /septembre /2018 09:53

Après avoir accompagné notre amie prof à l'aéroport vers 5h15 le lundi matin, nous avons repris la route du Balaton. En effet je m'étais engagé à faire un peu de maçonnerie pour un ami dans un village du Káli Medence ... Si vous ne savez pas ce que c'est, allez voir un des articles précédents !

Pourquoi de la maçonnerie ? Il faut vous dire que dans une "vie antérieure" (comme l'on dit plaisamment) j'ai dû apprendre à construire des murs, réparer des toits, retaper de vieilles bicoques pour des gens qui en avaient les moyens. Je vivais dans le sud de la France, une région où, pour gagner sa croûte, il n'y avait guère que 3 solutions : les saisons agricoles, le tourisme, et la maçonnerie. J'ai donné pour les premières : vendanges bien sûr, récolte des asperges, des cerises, des abricots, taille de la vigne (ah ! ces journées seul en plein champ, en plein vent, en plein mois de décembre ...). J'ai rapidement zappé le deuxième secteur : pas assez aimable pour être serveur, j'ai passé quelques soirées à faire la plonge et ça m'a suffi. J'ai beaucoup plus accroché sur la 3ème solution pour laquelle, petit à petit, j'ai gravi les échelons : arpète, manoeuvre, maçon, et enfin artisan capable de prendre des chantiers à son compte. Cela m'a pris huit ans mais je ne le regrette pas, surtout pas quand, quarante ans plus tard, je me sens toujours en mesure de venir en aide à un ami qui en a besoin !

voilà LE mur sur lequel, avec deux amis, nous avons travaillé pendant dix jours ...

Une dizaine de jours donc, pas très loin du Balaton, pendant lesquels il a fait beau, il a fait chaud ... Les premiers jours du chantier, on avoisinait les 38° quand même ! Mais n'importe c'était bon de travailler avec des amis (avec qui on parlait un mélange d'anglais et de hongrois) et de voir le résultat immédiat de ce que nos petites mains pouvaient faire !

le même mur ... en pleine (re)construction !

Mais ... Ma Douce, pendant ce temps-là, me direz-vous ? Eh bien savez-vous qu'un chantier comme ça, mine de rien, demande beaucoup de logistique ? Faire le chauffeur, les courses, la cuisine, les photos, ce n'est pas rien ! Et sans Elle, nul doute que les choses auraient été beaucoup plus difficiles !

Il faut dire aussi qu'assez vite la maman de Ma Douce est venue nous rejoindre et que donc toutes les deux elles ont aussi profité des joies de la campagne et du Balaton : jardin, bains de soleil, baignades, ...

ah non, tiens, elles ne sont pas là ...

S'étaler au soleil, les yeux mi-clos, laisser la chaleur pénétrer chaque pore, écouter pousser l'herbe, les fleurs et les pommes ...

une récolte qui s'annonce excellente !

regarder l'araignée qui tisse sa toile ... le voilier qui glisse sur le lac ...

les voiliers qui font une course paresseuse, du moins vue du bord !

car pendant que nous étions là, une grande course s'est déroulée sur le Balaton : la fameuse Kékszalag (le Ruban bleu), la 50ème du genre, avec 662 bateaux ! Inutile de vous dire que pendant tout ce temps ce fut le défilé perpétuel sous nos fenêtres ... D'ailleurs, au bout de quelques heures, plus moyen de savoir dans quel sens se déroulait la course les bateaux allaient et venaient tout autour du lac, les retardataires croisant les premiers ...

Et puis il y avait les soirées également, de longues soirées sur la terrasse à admirer les étoiles, les lumières de l'autre côté du lac, la lune qui était de plus en plus pleine ...

Qu'est-ce que vous dites de cet effet de flou ? Voulu, notez-le bien !

Oui, nous avons vécu là, sans trop bouger, des heures délicieuses, agrémentées de visites familiales ou amicales, qui avec des petits gâteaux faits maison, qui avec une bonne bouteille ... faite maison également ! La belle vie, quoi ...

Nul doute qu'on serait bien resté plus longtemps mais déjà le temps du retour approchait et avec lui les retrouvailles avec mon plus jeune fils, son épouse et sa petite fille que j'avais hâte de serrer dans mes beaux bras bronzés et musclés !

Mais avant cela, nous devions retourner quelques jours à Budapest où Ma Douce avait des gens à rencontrer et des choses à faire ...

dernière image d'un été hongrois à la campagne ...

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25 septembre 2018 2 25 /09 /septembre /2018 22:35

Puisque nous avons dormi chez la sœur de Ma Douce, et que celle-ci habite pas très loin du "quartier juif", c'est donc à Pest que nous allons consacrer une visite aujourd'hui ...

Quelques jours sans toucher au blog ... il faut vous dire que je suis tombé d'un arbre samedi, et que je me suis vautré comme un vrai sac de patates ! heureusement que ce n'était pas trop haut ...Il y a ça , je récupère doucement, et puis ... il y a aussi le fait que je ne sais pas trop comment vous parler de Pest, en fait.

Je vous l'ai dit récemment : Buda c'est un peu la "belle endormie" mais à Pest ça bouge, ça remue et ça se transforme sans arrêt ! Ben tiens oui, c'est peut-être là-dessus que nous allons baser notre visite ... sur les liens entre passé et futur ...

Si l'on examine cette photo par exemple, prise pas loin du quartier juif, que voit-on ? Un chantier, avec échafaudages, barrière et cabane du gardien ... et puis une façade, rien qu'une façade maintenue par lesdits échafaudages ... moi ça me fait un peu penser à Cinecitta, que j'ai eu la chance de visiter en accompagnant un voyage scolaire ! Alors voilà c'est sûr qu'il y a la volonté de donner une belle apparence à beaucoup d'endroits mais derrière ? qu'est-ce qu'il y a ou qu'est-ce qu'il y aura ?

Et puis zut ! si j'ai du mal à continuer à écrire sur la Hongrie, c'est aussi à cause de ce qui s'y passe actuellement ... Oh, rassurez-vous, je ne vais pas vous faire un laïus politique, de toutes façons j'en serais bien incapable, vu que je ne dispose pas, moi, de toutes les cartes pour le faire et que moi j'en suis conscient ... Mais quand même on a rencontré beaucoup d'amis pendant notre séjour, des "cultureux" en général, donc bien souvent "de gauche" au sens où on l'entend en France, et croyez-moi ce n'est vraiment pas la joie de les écouter parler ! Que de talents gâchés ou ignorés au nom d'une idéologie qui se veut unique et souveraine ! Bon, allez, j'arrête là ... mais c'est d'autant plus lourd qu'on l'aime, notre Hongrie (excusez-moi, à force, je commence à me sentir un peu Hongrois !) et qu'on voudrait bien que plus de gens l'aiment aussi ...

Reprenons ... où j'en étais déjà ? ah oui, Pest, le passé et le présent ... ça, par exemple :

Vous noterez, j'espère, la ressemblance avec l'image précédente. Une autre façade, donc, mais celle-ci avant travaux (on peut donc supposer que des gens vivent derrière), comme il en existe encore quelques-unes à Pest, quoique de moins en moins. Ce qui m'a paru intéressant ici, c'est la présence de tous ces trous, qui pourraient être des impacts de balles, traces de la révolution de 1956. Oui mais alors pourquoi la façade voisine est-elle intacte ? Il ne s'agit peut-être que de l'usure du temps ?

Il y a pourtant des éléments qui résistent :

comme cette très belle porte "Art déco" du Théâtre de la Ville

et d'autres qui résistent moins :

une très belle façade rénovée mais dont le balcon commence à partir en morceaux !

Bref, Pest c'est un grand mélange un peu étourdissant, d'ancien vraiment ancien, d'ancien modernisé, de moderne vieillissant, et de tout à fait moderne ... pour ce dernier point je me permets de vous renvoyer à un article que j'ai intitulé "Budapest, ville du futur" http://budablog.over-blog.com/2015/05/budapest-ville-du-futur.html

Du coup, et pour changer complètement de sujet, savez-vous ce qu'est un "skanzen" ? Eh bien il s'agit de ce qu'on appelle un "musée ethnologique" à ciel ouvert, et ce nom vient de Skansen, quartier périphérique de Stockholm, où le premier musée de ce genre a été bâti en ... 1891 ! Mais il y en a un aussi à Szentendre, charmante petite ville située à une vingtaine de kilomètres de Budapest ... Nous y accompagnons la sœur de Ma Douce qui doit faire des photos pour un mariage prévu dans ce lieu particulier. Le Skanzen est un peu à l'écart de la ville et nous comprenons tout de suite en arrivant que c'est vraiment très grand ! En fait nous y resterons 3 heures et nous ne parviendrons à voir qu'un tiers environ des maisons qui y sont présentées ... car le Skanzen est une espèce de "modèle réduit" de toute la Hongrie, pour lequel on a démonté tout un tas de maisons traditionnelles, que l'on a ensuite remontées sur place, en les rangeant soigneusement par province. C'est donc à la fois un saut dans le passé et un cours de géographie on ne peut plus concret ! Sans parler du côté esthétique de la chose ...

parce qu'on a beau dire, ils avaient quand même le chic pour construire de belles choses, les anciens ! une architecture simple, presque dépouillée, mais en même temps très fonctionnelle et où il devait faire bon vivre. Quand on voit aujourd'hui dans les villages hongrois ces alignements de cubes identiques, fruits de la période socialiste ou dans nos banlieues ces immeubles et ces entrepôts gigantesques, fruits de la société de consommation ...

De jolis objets de la vie de tous les jours y sont exposés également :

des assiettes peintes, des ustensiles de cuisine, des outils agricoles, tous alliant la beauté à la fonction. Je ne sais pas si vous arriverez à lire sur la broderie de la photo, mais c'est marqué "Guten Morgen", ce qui montre que nous sommes en présence d'une maison saxonne, les Saxons ayant été "invités" à repeupler la Hongrie à la fin de l'invasion ottomane. Nous y avons rencontré des gens également, qui étaient là pour nous raconter l'histoire de la famille qui vivait dans les lieux, ou pour nous faire une démonstration de leur savoir-faire, en fabriquant des bougies par exemple. Bref c'était tout à fait charmant !

une petite école où, en fermant les yeux, on peut entendre le martèlement des sabots ...

Une vraie parenthèse hors du temps, dans laquelle nous étions presque les seuls visiteurs ! Mais tout a une fin, même les parenthèses, et c'est ce qu'un gardien à moto est venu nous signifier vigoureusement, nous faisant redescendre subitement de notre nuage ... Nous avions encore le temps de flâner un peu dans Szentendre ...

Cette petite ville, assez touristique, est réputée pour son côté "artiste". C'est là que de nombreux peintres, écrivains, sculpteurs ... venaient chercher le calme et l'inspiration, à seulement une heure de la capitale. Mais c'est également une ville au passé très complexe, et à la population très diverse : Allemands (Saxons et Souabes), Grecs, Serbes, Dalmates, un vrai "melting-pot" .. dont certains feraient bien de se souvenir ! On le remarque à certains détails :

Regardez ce beau portail, typique de la Transylvanie ! et puis bien sûr il y a les flèches et les bâtiments des églises orthodoxes, les noms des rues, des musées, des galeries et par-dessus tout un petit air de liberté qui flotte et qui vous rend léger ...

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13 septembre 2018 4 13 /09 /septembre /2018 19:52

Adieu Balaton ... pour quelques jours ! Le vendredi nous prenons la route de Budapest où nous resterons jusqu'au lundi matin, de manière à accompagner notre amie à l'aéroport ... avant de revenir au Balaton ...

Mais pouvez-vous penser un seul instant que nous soyons allés directement du Balaton à Budapest, en prenant l'autoroute, par exemple ? Après tous ces détours et tous ces chemins de traverse ? Que nenni ! Nous avons d'abord replongé dans l'antiquité romaine, en passant par le site de Baláca, qui se situe à une dizaine de kilomètres de Veszprém. Ben oui les Romains furent par là aussi, dites donc ! Alors bon, le site est beaucoup plus modeste qu'à Carnuntum mais quand même bien intéressant :

Il y avait donc cette grosse villa romaine, avec plein de mosaïques, un péristyle, des fresques et l'on voyait bien que des efforts avaient été faits pour la reconstituer du mieux possible ... D'ailleurs les travaux ne sont pas encore terminés, si l'on en juge par les bruits qui nous parvenaient du toit. Mais je crois que ce que j'ai préféré là-bas c'est le musée lapidaire où des pièces quelquefois étonnantes ont été rassemblées :

Celle-là, par exemple, qu'est-ce que c'était ? un rébus ? une charade ? un morceau de zodiaque ? Étrange tout de même, n'est-ce pas ?

Et puis voilà qu'on se retrouve à Budapest ! Ses avenues, ses boulevards, ses voies à grande circulation, ses déviations, ses files uniques, ses sens interdits, obligatoires, je me demande comment Ma Douce fait pour s'y retrouver dans tout ça, et je redoute toujours le moment où, pour une raison ou une autre, elle me demandera de la relayer au volant au beau milieu de la ville ... Mais nous avons envie d'atterrir en douceur cette fois et comme il est encore tôt nous décidons de commencer par manger au Normafa ...

Ah ah ... si jamais il existe un(e) fidèle qui suit ce blog depuis son tout début il ou elle reconnaîtra sans trop de peine la photo que j'ai publiée dans mon tout premier article ! Il s'appelait "intro" et date du 10 septembre 2008, soit pratiquement il y a dix ans jour pour jour ! Il ou elle verra aussi que la qualité des photos s'est un peu améliorée pendant ce temps ... Ah on pourrait en dire des choses, sur cette photo ! Au premier plan les collines verdoyantes de Buda, avec quelques villas nichées ici et là ... Buda la belle, l'élégante, la discrète ... Buda l'historique, avec le Château, avec ses ruelles pavées, ses escaliers romantiques ... Et puis vous discernez une ligne verte horizontale qui coupe l'image en deux : ce sont les arbres qui bordent le Danube, dont vous apercevez par moments le mince filet bleu ... Et au delà c'est Pest, Pest la plate, la moderne, l'industrieuse, Pest et ses avenues, ses carrefours, ses magasins, ses banlieues ... Et encore plus loin vers l'Est c'est la Plaine qui commence, qui conduit à la Transylvanie, à la Mer Noire, aux steppes d'Asie Centrale ... Là d'où les Hongrois seraient venus il y a plus de mille ans ...

Quel bonheur d'être ici à nouveau, et de revoir tout cela comme il y a dix ans, mieux qu'il y a dix ans !

Après le déjeuner nous allons donc au Château. Il s'agit bien sûr d'un haut lieu historique et touristique de la capitale, que nous voulons montrer à notre amie. Et puis on s'y sent bien, même s'il y a un peu trop de monde à mon goût ... Et puis on découvre toujours des choses qu'on n'avait pas encore vues, surtout quand on s'éloigne des chemins battus ...

Ainsi de ces stèles juives, que nous avons trouvées regroupées dans un couloir, après avoir poussé la lourde porte en bois d'une vieille maison ... Il est vrai qu'au bout du couloir une jeune fille languissait sur une chaise, attendant d'improbables visiteurs pour la petite synagogue dont elle faisait payer l'entrée ... Et vous savez quoi ? Il s'agissait de la vieille synagogue du Château qui vient de rouvrir après 400 ans de fermeture, en présence du Président de la République !!!

Et puis il a bien fallu aller au bastion des Pêcheurs, où les gens se bousculent pour avoir la meilleure vue sur le Danube, le Pont des Chaînes et le Parlement. Pour tout cela, désolé, pas beaucoup d'images, vous trouverez facilement ce genre de cartes postales sur internet ! Allez, je vous en mets juste une :

Si vous aviez vu comment les Asiatiques se sont précipités sur le parapet pour faire des selfies avec l'arc-en-ciel ! Donc à gauche c'est un bout du Château, en bas, le Pont des Chaînes (Lánchíd), le premier à relier Buda et Pest en 1849, et au fond, derrière le grand bâtiment blanc du Palais Gresham, la basilique de Deák tér ... Comme notre amie voulait ramener des petits souvenirs, nous avons "fait" des boutiques, beaucoup de boutiques, un marché artisanal mais Ma Douce lui a affirmé que c'étaient vraiment des attrape-touristes et qu'il y avait moyen de trouver mieux et moins cher en allant ailleurs ...

Mais je m'aperçois que je ne vous ai pas parlé du gros oiseau en haut et à gauche sur la photo ! Il a pourtant son importance, le bougre ! En effet c'est le Turul, un oiseau mythique, voisin du faucon ou de l'aigle, un oiseau de proie en tout cas, qui a un rôle protecteur dans les plus anciennes légendes. Aujourd'hui on le trouve encore sur les uniformes de l'armée hongroise, par exemple ...

Et voilà que la journée est déjà terminée ! Sziasztok, à demain !

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12 septembre 2018 3 12 /09 /septembre /2018 23:05

Là encore, en ce jeudi 19 juillet, matinée plutôt tranquille : c'est bon de profiter de la maison, de son grand jardin, de la vue sur le Balaton ... Mais la route nous appelle encore !

Nous commençons nos visites du jour par Balatonfüred qui, comme son nom l'indique ("füred" est une forme de "fürdő", qui veut dire "bain") est une ancienne station thermale sise au bord du lac. Contrairement à ce que j'ai dit dans l'article précédent (mais il n'est pas rare de se contredire quand on parle de la Hongrie) on est donc plutôt sur un chapitre élégant, dont on trouve sans difficulté les traces :

Vous avez ici une vue de l'hôpital où l'on soigne, en particulier, les problèmes cardiaques.

Nous avons pique-niqué sur un banc, face au lac, en regardant manœuvrer les bateaux chargés de touristes ...

Vous voyez en haut de la presqu'île à droite, c'est l'abbaye de Tihany !

Nous jetons un coup d’œil également à la villa Vaszary, élégante demeure du 19ème ainsi appelée du nom de l'abbé bénédictin qui en avait la jouissance ... Quand on pense qu'à une époque elle a été occupée par l'armée hongroise puis par les soldats soviétiques, on se dit qu'elle l'a échappé belle ! C'est aujourd'hui un musée tout ce qu'il y a de distingué ...

Puis passant à l'autre extrémité du bassin de Káli, du côté est, nous arrivons à Veszprém. Malgré les festivités qui s'y déroulent (on dirait bien qu'il se passe toujours quelque chose à Veszprém), nous trouvons à garer la voiture pas trop loin du centre ancien. L'avantage de connaître un peu la ville, où nous sommes déjà venus plusieurs fois. Il faut dire que nous y avons de très gentils amis, qui se montrent toujours contents de nous revoir ! Comme ils travaillent tous les deux à cette heure, nous nous promenons un peu dans la ville en attendant de les rencontrer ...

La vieille ville de Veszprém, qui se situe sur un piton rocheux, est indubitablement très ecclésiastique ... Ce ne sont partout qu'églises, chapelles, palais de chanoines, d'archevêques, et de tout ce que vous pouvez imaginer portant soutane.

voilà ... genre bien propre et bien cossu !

Et 'est vrai qu'au bout d'un moment c'est un tout petit peu étouffant, d'autant qu'avec la chaleur renvoyée par les pierres ... c'est pourquoi il est conseillé d'aller tout au bout de la rue principale, là où le vent souffle toujours, si fort que vous avez intérêt à cramponner vos chapeaux de soleil ...

quand je vous parlais de piton ...

On aime beaucoup cet endroit, non seulement parce qu'il est aéré, mais aussi parce qu'il surplombe la ville en vous donnant un peu l'impression d'être à la proue d'un bateau ... En contrebas, quelques maisons, un jardin public traversé par un petit ruisseau, les ruines d'un monastère très ancien et, au loin, la chaîne des monts du Bakony ...

Nous avons retrouvé notre amie qui avait fini de travailler, et qui nous a rejoints dans une très belle exposition consacrée à la Hongrie de la Renaissance, et qui se tenait dans une ancienne église. Compliquée l'histoire de la Hongrie, et ça ne date pas d'aujourd'hui ! Mais bon je ne vais pas vous infliger un pensum historique, d'ailleurs j'en serais bien incapable ! Ce que j'ai retenu, en gros, c'est que le roi Matthias (né en 1443, mort en 1490, roi de 1458 à sa mort) avait pour emblème un corbeau (on l'appelait d'ailleurs Matthias Corvin) tenant un anneau dans son bec ... Il est toujours très aimé et très respecté aujourd'hui ...

Ensuite, grâce à notre amie qui travaille aux Archives, nous avons pu visiter une petite chapelle du XIIème siècle, où l'on voyait encore quelques fresques murales, et puis un reste de monastère dont on tentait de reconstituer quelques éléments ... et le jour tirait déjà à sa fin ... nous avons bu un verre à une terrasse, moi j'ai bu une bière sicule, les filles des machins sans alcool, évidemment !

Sur la route qui ramenait à la maison familiale, dans la belle lumière du soir, nous ne nous sommes arrêtés qu'une fois, à Nagyvázsony, petit village où subsistent également les ruines d'un château :

et devinez un peu ce que c'était que ça ?

Eh bien oui, plaqués contre le donjon, l'édicule des toilettes et leur tuyau d'évacuation : où l'on voit que "la chose" est devenue assez vite une affaire privée, finalement !

A demain pour de nouvelles découvertes !

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11 septembre 2018 2 11 /09 /septembre /2018 19:31

Oui, je sais, j'ai un peu triché : cet article aurait dû être publié avant celui concernant le " Káli- medence". Oui mais voilà, je n'avais pas les photos nécessaires pour illustrer notre passage à Tihany. Il m'a donc fallu aller les chercher chez notre amie accompagnatrice, ce que je viens de faire, et voilà donc l'article au complet !

Si vous avez suivi nos aventures jusque là (voir la série "on the road Eugène") vous devez vous douter de l'état de fatigue dans lequel nous étions en ce samedi 14 juillet au soir ... ainsi que celui du dimanche 15 juillet au matin ...

Et pourtant le 15 juillet 2018 ce n'était pas n'importe quelle date ! Non ? ça ne vous dit déjà plus rien ? Hé oui, la finaaaale de la Coupe du Monde de football !!! Alors en plus il fallait garder quelques forces pour supporter l'équipe nationaaaale comme il se doit ...

On a donc commencé doucement doucement ... lassan-lassan comme on dit en hongrois ... Petit déjeuner tardif, petite promenade en ville pour ces dames : Ma Douce, sa maman qui nous avait gentiment accueillis la veille, et notre amie. Elles ont eu la chance de trouver l'église serbe qui était ouverte :

très belle église, malheureusement pas en super-état ...

et puis la synagogue qui était fermée :

beau bâtiment néo-classique, avec les étoiles de David sur le toit ...

Normal qu'elle soit fermée d'ailleurs puisqu'on était dimanche, et qu'elle est devenue bibliothèque municipale ... Très peu de Juifs sont revenus à Baja ... Wikipedia indique qu'il y a aujourd'hui environ 45 000 Juifs en Hongrie alors que "Holocaust encyclopedia" donne un chiffre de 447 000 en 1939 ... Beaucoup de synagogues désaffectées donc, et quelquefois c'est bien triste : ainsi lors d'une visite à celle de Nagyvárad (aujourd'hui Oradea en Roumanie), nous avons rencontré un vieux monsieur qui était le gardien des lieux, et qui n'avait que ses chats à qui parler ...

Moi, pendant ce temps ? je ne sais plus trop, je devais errer dans quelque limbe. Puis se fit rapidement jour l'idée d'une promenade touristique en bateau sur la Sugovica, la petite rivière qui coule à Baja, ce que nous n'avions encore jamais fait ... Moi je dis "pourquoi pas ?" ... à condition d'être revenus à temps pour le match ! Comme on me fournit toutes sortes de promesses et de garanties, y compris la jeune fille qui prend les billets à l'entrée de la passerelle, allez, en route, voguez jeunesse ! Nous embarquâmes ...

ah non, là c'est le débarquement !

Oui je sais, il suffit d'imaginer le mouvement inverse, les gens qui descendent, qui franchissent la passerelle, qui entrent dans le petit bateau ... Le plus important c'est quand même d'avoir une idée du cadre : rivière, arbres, bateaux ...

Nous avons donc accompli un trajet assez long (1h30 environ) autour des îles qui parsèment l'espace entre Danube et Sugovica. C'était très, très tranquille ...

tellement tranquille ...

... que j'en avais du mal parfois à me rappeler qu'il y avait une finale qui arrivait, qui était presque là !!! Quand je pense qu'en d'autres lieux, dans plein d'autres endroits, on commençait tout juste à ingurgiter des litres de bière, histoire de se chauffer les poumons et les neurones, qu'on se racontait déjà les meilleurs souvenirs de 98 ... Et moi j'étais là, sur la Sugovica, à admirer les bateaux brise-glace :

"jég" ça veut dire "glace" et "törő" ben devinez quoi ?

Donc, d'après la photo (absolument authentique, je vous le rappelle) qui figure ci-dessus, il y a au moins sept bateaux brise-glace à Baja, ce qui n'est pas rien ! A moins que les tout premiers ne soient déjà partis à la casse ... La glace, en effet, peut être épaisse sur le Danube quand la température chute à - 18, - 20 ° ... Et le port de Baja sert d'abri aux péniches (le plus souvent) qui se trouvent coincées sur leur chemin vers la Serbie, la Roumanie, ou même plus loin ...

à gauche le Danube, à droite la Sugovica ... qui mène à Baja !

D'ailleurs, vous devinez peut-être que sur la photo, juste devant le monument consacré à István Türr (gloire locale à la vie très intéressante dont il faudra que je vous parle une autre fois, rappelez-le moi) figure un petit panneau sur lequel est inscrit : "Baja Téli kikötő", ce qui veut dire "Baja, port d'hiver". Vous ne me croyez pas ?

bien sûr il vous faudra zoomer un peu ... débrouillez-vous !

Et donc, après avoir fait le tour des îles, nous sommes revenus par la Sugovica ...

Au fond, Baja, ses maisons, son clocher si caractéristique ... bon, je sais que tout ça fait un peu carte postale et guide touristique, mais difficile de faire autrement avec cette si jolie petite ville, si calme, si douce, si tranquille ... Et puis, étant donné l'omniprésence de l'eau sous toutes ses formes (sources, canaux, rivière, fleuve, il ne manque guère que l'océan) on ne s'étonnera pas que la fête locale soit celle du poisson ... d'eau douce ! On ne s'étonnera pas non plus que Ma Douce aime tant nager et qu'à côté d'elle je ne ressente durement ma nature profonde de fer à repasser ...

La finale ? ouais, on a gagné. Pas grand-chose d'autre à dire à ce sujet, désolé ...

Nous sommes restés deux jours à Baja, à profiter des bons repas de "belle-maman", à récupérer du voyage, à écouter le carillon de l'église égrener ses chansonnettes dix minutes avant chaque heure ...

Et puis le mardi nous avons repris la route, direction le Balaton. Vous savez déjà, si vous connaissez ce blog, que la famille de Ma Douce, comme nombre de familles hongroises, possède une maison au bord de ce lac qui est comme une mer intérieure, et c'est là, bien sûr, que nous allions pour continuer notre été. Mais sur la route nous nous sommes arrêtés plusieurs fois, d'abord à Simontornya :

sur la route on a vu pas mal de cigognes aussi ..

le château de Simontornya, donc ...

Un lieu intéressant, ne serait-ce que parce qu'il fait partie des rares châteaux hongrois qui ont survécu aux vagues de destruction : la 1ère avec les Turcs qui, je vous le rappelle, ont occupé la Hongrie de 1529 à 1686 et, en un siècle et demi, ils ont eu le temps d'en raser, des châteaux, et la 2ème avec les Autrichiens qui, surtout après l'insurrection de Rákóczi début 18ème, n'ont eu de cesse d'éliminer toutes les places de résistance potentielles. Tout ça fait qu'il n'en reste pas beaucoup, des châteaux hongrois et que par conséquent les Hongrois y sont très attachés. C'est le cas également pour Ozora que nous avons visité ensuite.

Là encore les relations de Ma Douce se sont avérées très utiles puisqu'elle a retrouvé sur place d'anciennes collègues, et que du coup nous avons eu droit à une visite guidée privée, et à tarif réduit, qui plus est ! Ici le plus intéressant a été sans doute l'histoire de "Pipo", seigneur du lieu né Filippo Scolari. Arrivé en Hongrie à l'âge de 13 ans, il se fait vite remarquer pour ses qualités et finit par devenir un diplomate de renom. Notons également qu'il a participé à pas moins de 18 expéditions contre les Turcs ... la diplomatie ce n'est pas tout non plus !

Et après nous sommes arrivés au bord du Balaton et nous nous sommes offert une fois de plus le plaisir de le traverser en ferry, au niveau de Tihany :

un petit coup de fraîcheur bien agréable !

Ce n'est pas cher, ça ne dure pas longtemps, mais cela suffit pour vous mettre vraiment dans l'ambiance Balaton, avec le vent, l'eau, les oiseaux, les voiliers ...

Puis Tihany donc, haut lieu de l'histoire hongroise, avec son abbaye fondée en 1055, lieu de sépulture du roi András Ier qui y fit également édifier un monastère bénédictin.

voilà l'abbaye telle qu'on la découvre au sommet de la presqu'île

Si vous avez la plus petite idée de l'histoire des styles architecturaux, vous devez être un peu surpris. En effet, l'abbaye érigée en 1055 et le monastère ont été détruits au moment de l'occupation turque et ce n'est qu'au 18ème siècle que les deux bâtiments ont été reconstruits dans le style baroque, d'où l'apparence actuelle. Et encore l'extérieur reste somme toute assez sobre, mais à l'intérieur ...

on a du beau baroque bien doré comme il faut !

Même s'il y a toujours un peu de monde il est bon de se balader dans les rues en pente de Tihany, avec ici et là les échappées sur le lac Balaton. Un endroit touristique, certes, mais il me semble pourtant que ce sont surtout des Hongrois qui sont là, parce qu'ils sont très attachés à cet endroit. Et puis ... en dehors des Tsiganes qu'est-ce qui est vraiment typique en Hongrie ? Allez, réfléchissez un peu ... c'est rouge et ça se mange ... le nom commence par un "P" ...

Hé oui ! le Poivron, qu'on appelle ici Paprika, et qu'on met à toutes les sauces en Hongrie !

Ensuite, nous sommes allés jusqu'à la maison familiale, où nous nous sommes enfin reposés !

 

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10 septembre 2018 1 10 /09 /septembre /2018 11:46

Ce qu'on appelle le "Káli Medence" est une très belle région, qui s'étend au nord du lac Balaton. Comme son nom l'indique, c'est un ancien bassin géologique dont la principale caractéristique est d'être parsemé de volcans, tous plus mignons les uns que les autres. C'est doux de rouler par là, au milieu des collines couvertes de vignes (le vin y est très bon) et parsemées de petites maisons. J'ai vu que certains parlaient de "Toscane hongroise" mais personnellement je pencherais plutôt pour la Suisse ...

do you see what I mean ?

Nul doute que la région est assez riche : les maisons y sont jolies et les champs bien entretenus ... Mais c'est le tourisme aussi qui s'y est beaucoup développé, et même dans une certaine mesure le "retour à la terre" de citadins excédés par l'agitation et la pollution de Budapest. Et des citadins plutôt fortunés dans l'ensemble, ce qui explique que dans beaucoup de villages on trouve des maisons récemment (et soigneusement) restaurées :

celle-ci dans le village de Szentbékkálla ...

Une nouvelle richesse culturelle également qui se traduit par nombre d'expositions, de festivals, de "performances" pour parler franglais ... Et c'est ainsi qu'on pourrait presque parler de "fracture" (même si le mot paraît un peu fort) entre les rives du lac elles-mêmes, plus populaires, plus "cheap" (décidément !) et cet arrière-pays plus discret et plus chicos, où l'on semble cultiver un certain entre-soi. Mais tout ceci ne nous a pas empêchés, bien sûr, d'errer de ci de là, poussés par notre soif de beauté ...

L'avantage de ces petits volcans c'est qu'on peut assez facilement monter dessus, et une fois qu'on est au sommet du Hegyestű, par exemple, découvrir cela :

Vous voyez c'est comme un peu comme une chaîne des puys, en plus petit. La différence c'est qu'au fond à gauche vous apercevez les eaux du lac Balaton ...

Comme nous avions quelques courses à faire nous sommes allés jusqu'à Tapolca, petite ville qui se situe à l'ouest du bassin de Káli. On aime bien, c'est tranquille et il y a toujours de belles choses à (re)découvrir ...

Ainsi de ce Saint Sébastien, à l'extase fichtrement baroque ! Ne me demandez pas pourquoi, mais peu à peu il est devenu MON saint préféré. Je l'imagine souvent en train de harceler les archers pour qu'ils lui plantent encore une ou deux flèches dans le corps : il a tellement l'air d'aimer ça, le pauvre !

En quittant Tapolca, nous sommes passés près du Badacsony, autre volcan célèbre de la région puis nous sommes montés, par une pente bien raide, jusqu'au Kisfaludy kilátó. En fait non, pas tout à fait ... nous nous sommes garés sur le parking (qu'un mec qui n'avait rien d'officiel faisait payer, d'ailleurs) en haut de la pente mais pour aller au belvédère, pour admirer le panorama, il aurait encore fallu tricoter des gambettes, ce qui ne nous faisait pas vraiment envie ... Nous sommes donc allés plus sagement jeter un coup d'oeil sur la maison de Kisfaludy, poète du 19ème siècle assez célèbre en Hongrie. Un poète avisé d'ailleurs, qui épousa une fille de bonne famille, ce qui leur permit de couler des jours tranquilles ... mais poétiques !

le voici en compagnie de sa charmante épouse : sont-ils pas mignons ?

Mais n'oublions pas que nous sommes dans une région tou-ris-ti-que, fréquenté en particulier par des Allemands (beaucoup d'Allemands de l'est ont gardé leurs habitudes balnéaires datant d'avant le "changement", comme on dit en Hongrie) et les touristes, ça a des attentes, monsieur, et si on veut qu'ils reviennent, il faut les satisfaire, ces attentes. Or pour un touriste lambda, qu'est-ce qui est vraiment typique de la Hongrie ? Hein ? Hein ?

Ben oui, les tsiganes, bien sûr ! On a d'abord entendu leur musique et puis on les a découverts, au fond d'une terrasse de restaurant, qui jouaient avec application mais sans beaucoup d'entrain ... Peut-être qu'il était encore trop tôt dans la soirée ?

En tout cas pour nous il était grand temps de manger !

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